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  • : Amicale Philatélique de Nanterre
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  • : Les réunions sont ouvertes à tout philatéliste, même non adhérent, mais qui souhaite partager sa passion autour du timbre et de la lettre. Réunions 1ers et 3èmes dimanches de chaque mois. Villa des Tourelles 9, rue des Anciennes Mairies à Nanterre. Adresse E-mail : apn92@free.fr
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  • Réunions de l'Amicale Philatélique de Nanterre - 1ers et 3èmes dimanches - 4èmes samedis de chaque mois
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L’association philatélique est le lieu privilégié pour partager sa passion, développer des échanges trouver la convivialité et l’amitié autour d’un loisir commun. Au-delà, elle permet de véhiculer l’information, de découvrir, d’échanger par l’intermédiaire de services structurés. L’association philatélique rompt l’isolement et intègre le collectionneur dans un groupe de contact.

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16 juillet 2015 4 16 /07 /juillet /2015 20:58

C’est aux îles de KERGUELEN qu’en 1974, comme Volontaire à l’Aide Technique (VAT), j’effectue mon Service National (Service Militaire) lors de la 24ème mission, en tant que technicien rayons cosmiques d’une part et sismologie d’autre part.

 

LE VOYAGE EN BATEAU Depuis la France jusqu’au Cap

 

Le 3 décembre 1973, j’embarque à Marseille sur le « Marion Dufresne » (celui de 1973-1995 et non pas l’actuel), navire des Messageries Maritimes qui ravitaille les trois districts des TAAF (iles Crozet, Kerguelen et Amsterdam) qui vient de remplacer « le Gallieni ».

 

Après un jour de mer, le bateau double Gibraltar, puis prend la direction des Canaries pour une escale de 6 heures à Santa Cruz de Ténérife afin de faire le plein de combustible (premier choc pétrolier oblige…). Ensuite, après avoir longé pendant quelques heures les côtes du Sénégal vers Dakar, le Marion Dufresne se dirige vers Le Cap en Afrique du Sud.

 

Le passage de la ligne (de l’équateur) se déroule le 21 décembre 1973 lors d’une fête organisée par le commandant et son équipage. La chaleur est étouffante et très humide, une chaleur équatoriale normale.

 

Pour tromper l’ennui sur le bateau, avec deux autres volontaires (dont un est océanographe), je participe à une « manip » de pompage d’eau de mer 24h/24 consistant à récupérer toutes les heures un filtre sur lequel s’était déposé du plancton pour étude et analyse ultérieure dans un laboratoire.

Puis vient l’arrivée au Cap le 29 décembre en début d’après-midi, suivie d’une visite de la ville pendant quelques heures par un très beau temps (été austral) dans une ambiance surprenante pour nous Français puisque le régime politique de l’Afrique du Sud est alors celui de l’apartheid. Après une nuit sur le bateau, nous restons sur le quai jusqu’au départ vers les terres australes, le dimanche 30 décembre en début de soirée.

Timbre N° 174 commémorant  les 20 ans du Marion Dufresne

Timbre N° 174 commémorant les 20 ans du Marion Dufresne

Le Marion Dufresne à l’ancre  devant Port-Aux-Français.

Le Marion Dufresne à l’ancre devant Port-Aux-Français.

Le voyage du Cap à Crozet,
puis jusqu’à Kerguelen

 

Le « Marion Dufresne », après avoir déposé 4 sud-africains sur l’île du Prince Edouard, fait route vers les 40èmes rugissants et les 50èmes hurlants pour finalement faire escale et ravitailler la base Alfred Faure de Crozet dont c’est le 10ème anniversaire.

 

La base Alfred Faure est située en hauteur sur un monticule surplombant l’anse du marin sur laquelle se trouve une très importante colonie de manchots royaux qui s’y reproduisent pendant l’été austral.

 

Après deux jours à Crozet, le Marion Dufresne reprend la mer jusqu’à Kerguelen.

 

 

Enveloppe 1er jour triptyque des 10 ans de la base Alfred Faure à Crozet.

Enveloppe 1er jour triptyque des 10 ans de la base Alfred Faure à Crozet.

Vue partielle de la manchotière à Crozet.

Vue partielle de la manchotière à Crozet.

Feuille des timbres N° 630 et N° 631 des TAAF  (Carte des KERGUELEN).

Feuille des timbres N° 630 et N° 631 des TAAF (Carte des KERGUELEN).

Carte des KERGUELEN.

Carte des KERGUELEN.

L’arrivée à Kerguelen

 

J’arrive sur la base de Port Aux Français (latitude 49° 21’ Sud et longitude 70° 12’ Est) à Kerguelen le 12 Janvier 1974. Dans le jargon des « taafiens », Port aux Français est souvent appelée en abrégé « PAF ». Dans le même genre d’abréviation, le chef de district est appelé le « Disker ».

 

PRESENTATION GENERALE DES ÎLES KERGUELEN

 

L’archipel de Kerguelen est constitué d’une île principale appelée Grande Terre ainsi que de très nombreuses petites îles, et de fjords très découpés. On a l’habitude de dire que les Kerguelen ont la superficie de la Corse avec autant de longueur de côtes que la France. Les Kerguelen présentent la particularité d’être couvertes à l’Ouest par une calotte glacière (Cook). Le point culminant est le Mont Ross (1 850 m) qui se trouve au Sud. Il a été escaladé pour la première en janvier 1975.

 

Le climat est surtout caractérisé par des vents dominants d’Ouest continus et parfois violents de 150 Km/h, parfois jusqu’à 200 Km/h. Ce vent, à longueur d’année, est fatiguant, mais n’oublions pas que les Kerguelen se trouvent sur les 50èmes hurlants et que ces îles avaient été nommées « Îles de la Désolation ». La température moyen-ne annuelle y est de 4 à 5° C avec des maxima absolus de 20° C et de -10° C, mais je ne me souviens pas particulièrement d’avoir eu froid. Par contre, il n’est pas rare d’avoir les 4 saisons dans la même journée.

 

La faune est particulièrement diversifiée car les eaux environnantes sont très riches en krill, ce qui permet le développement de nombreux poissons et par conséquent d’oiseaux et de mammifères ayant besoin de la terre ferme pour se reproduire.

 

De très nombreux timbres émis par les TAAF représentent cette diversité (albatros, cormorans, skuas, pétrels, manchots, éléphants de mer, otaries, etc.…).

 

Les paysages au niveau de la mer ressemblent à la toundra, mais la végétation est peu importante du fait de la pauvreté de la terre et de l’introduction d’espèces importées (notamment des lapins). On trouve une espèce végétale endémique (le chou de Kerguelen).

 

L’étendue importante de rochers (même à très basse altitude) et de  la rudesse du climat, résume le champ de vision à des lichens et des mousses.

 

On voit, par contre, de très importants champs sous-marins d’algues appelées Macrocystis et Durvilléas. Ainsi, devant Port-Aux-Français, dans la baie du Morbihan, une très grande prudence doit être observée pour la navigation, pour éviter que les hélices ne se prennent  dans les algues.

MEMOIRES DES TERRES AUSTRALES ET ANTARCTIQUES FRANCAISES (T.A.A.F)
Timbres N° 11 et N° 48 des TAAF  (Chou de Kerguelen).

Timbres N° 11 et N° 48 des TAAF (Chou de Kerguelen).

LA BASE DE PORT AUX FRANҪAIS (en 1974)

 

La base scientifique de Port-aux-Français fonctionne en continu depuis 1950. En 1974, environ 100 personnes hivernent tandis qu’environ 40 personnes supplémentaires sont présentes pendant la campagne d’été qui dure de début janvier à fin mars.

 

La recherche scientifique

 

A – Les mesures géophysiques

 

Au moment de l’année géophysique internationale (de mi-1957 à fin 1958), 8 bâtiments ont été construits pour abriter les systèmes de mesures et d’enregistrement des caractéristiques physiques de la Terre. Ils servent également de logement aux techniciens. Certains de ces systèmes qui existaient déjà ont été rénovés ou changés. Dans le cadre d’un programme international, ils concernent principalement :

 

¨ Le géomagnétisme (mesures du champ magnétique terrestre).

 

¨ Les mesures relatives à l’ionisation par le rayonnement du soleil des atomes et molécules de la haute atmosphère terrestre de 80 km à 500 Kms (ionosphère).

 

¨ Le rayonnement cosmique (flux de particules de haute énergie circulant dans le vide interstellaire).

 

¨ La radioactivité naturelle de l’air.

 

¨ Les mesures des vibrations du sol (par 3 sismographes répartis sur la Grande Terre).

 

L’ensemble de ces installations est suivi par le CNRS ou par différents laboratoires d’universités françaises tels que l’Institut Physique du Globe. Chaque jour, des données simplifiées leur sont transmises par radio en France tandis que les enregistrements définitifs sur bandes magnétiques, sur papier ou autre support leur sont envoyés dans des caisses à la fin de l’hivernage (donc une fois par an).

Timbres N° 610 et N° 611 de la base  de sismologie de Kerguelen.
Timbres N° 610 et N° 611 de la base  de sismologie de Kerguelen.

Timbres N° 610 et N° 611 de la base de sismologie de Kerguelen.

B – La météorologie

 

Une station météorologique fonctionne à Kerguelen. En dehors des relevés classiques (température, pression, vitesse du vent, pluviométrie, etc.…), les météorologues envoient chaque jour un ballon sonde gonflé à l’hydrogène avec suivi de sa trajectoire par radar. Compte tenu du vent violent, le lancer du ballon était sportif et ne réussissait pas toujours bien qu’il y ait un mur pare-vent. Une usine de fabrication d’hydrogène existe en 1974 à Port-aux-Français.

 

La station de météorologie a accès aux photos satellite du continent antarctique et de l’océan indien.

Timbre N° 95 ballon météo  de 1986.

Timbre N° 95 ballon météo de 1986.

C – Le laboratoire de biologie marine

 

Ce laboratoire en 1974 est de construction récente. Les expériences pendant mon hivernage consistent principalement en :

 

¨ L’étude des algues pour essayer de déterminer la biomasse correspondante.

 

¨ L’étude du crabe des îles Kerguelen Halicarcinus planatus.

 

Le tout comprenant des relevés réguliers des caractéristiques de l’eau (salinité, température, qualité, etc…

 

¨ Des opérations de baguage des oiseaux (notamment les albatros hurleur et albatros à sourcils noirs).

 

D – Le pas de tir

 

Enfin, la base de Kerguelen comporte un pas de tir de fusées-sondes comprenant les hangars d’assemblage des fusées et de leurs coiffes.

 

En janvier et Février 1975, deux fusées Eridan ont été lancées lors du programme franco - russe ARAKS.

Enveloppe 1er jour du 26 janvier 1975, programme ARAKS.

Enveloppe 1er jour du 26 janvier 1975, programme ARAKS.

Les moyens (bâtiments, logistique, etc...)

 

La base comprend en plus des bâtiments abritant les différents laboratoires :

 

¨ Les services techniques (centrale électrique, communication, station pompage eau...)

 

¨ Les services logistiques (intendance, restaurant, cuisines, logements, véhicules et garage, magasin général, chalands, etc…)

 

¨ Les services de construction avec ses matériels et engins…

 

¨ L’hôpital

 

Les TAAF ont émis entre autres les timbres N° A 14 et N° A 26 représentant la base.

Timbre N° A14 des TAAF  (Base Port-aux-Français).

Timbre N° A14 des TAAF (Base Port-aux-Français).

Triptyque timbre N° A26 des TAAF (Base Port-aux-Français).

Triptyque timbre N° A26 des TAAF (Base Port-aux-Français).

Les 3 photos de la base, que j’ai prises en 1974 sont intéressantes à comparer avec les timbres.   

Au fond, bâtiments construits pour l’année géophysique internationale.

Au fond, bâtiments construits pour l’année géophysique internationale.

Base vue de ma chambre.

Base vue de ma chambre.

Base vue d’hélicoptère.

Base vue d’hélicoptère.

Vue débarquement avec chaland à Kerguelen.

Vue débarquement avec chaland à Kerguelen.

Les opérations de ravitaillement

 

Le ravitaillement des bases des Terres Australes (Crozet, Kerguelen et Amsterdam) est assuré par des rotations du Marion Dufresne pendant la campagne d’été (en général 2 à 3 passages du bateau entre début janvier et fin mars).

 

A Kerguelen, le Marion Dufresne se met à l’ancre devant Port-aux-Français. Puis, le déchargement des caisses et conteneurs est effectué par les grues du bateau sur deux chalands.

 

Ensuite, les chalands gagnent le quai de débarquement du port de la base, port en eaux peu profondes, où ils sont déchargés sur des camions.

 

Les hélicoptères

 

A l’arrière (poupe) du Marion Dufresne se trouve un local à l’abri des intempéries dans lequel étaient rangés en 1974 deux hélicoptères du type Alouette II.

 

Leur tout premier rôle était de transporter le courrier, opération primordiale pour les hivernants.

Puis les hélicoptères transportent les équipements sur les différentes îles ou sites afin qu’ils soient montés et mis en service. Ensuite vient le ravitaillement de quelques cabanes.

Appontage Alouette II sur le Marion Dufresne.

Appontage Alouette II sur le Marion Dufresne.

Montage d’une antenne.

Montage d’une antenne.

Hélicoptère Alouette II.

Hélicoptère Alouette II.

Alouette II (Timbre TAAF N°s 92 et 93).
Alouette II (Timbre TAAF N°s 92 et 93).

Alouette II (Timbre TAAF N°s 92 et 93).

Les TAAF ont commémoré la présence de ces hélicoptères (Alouette II) en émettant les timbres n°92 et n° 93.

 

Arrivé sur la base de Port Aux Français à Kerguelen le 12 janvier 1974, j’en repars le 3 février 1975.

Tampon sur le passeport du 3 février 1975.

Tampon sur le passeport du 3 février 1975.

A suivre ...

 

APN - Jean-Louis BIZET

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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 08:00

L’idée de cet article était en germe depuis bien longtemps déjà lorsqu’enfant j’admirais une photo d’aviateur chez mon grand-père.

 

Plus tard en déchiffrant l’inscription manuscrite de la photo je découvris que Marcel Doret était un ami de mon grand-père disparu en 1955. (Figure 1).

"Manuscrit inédit de Marcel Doret de 1952 trois ans avant sa disparition sur photo dédicacée : « c'est grâce à vous, Gabriel RAGET, si 25 ans après mon moteur Hispano Suiza répond à tous mes désirs et toute ma confiance et surtout ma sincère amitié. Marcel Doret 1952 ». Jusqu'en 1954 un an avant sa disparition Marcel Doret continuait la voltige sur des avions équipés de moteurs Hispano-Suiza dont le banc d'essai à Bois Colombes était dirigé par Gabriel Raget.''

"Manuscrit inédit de Marcel Doret de 1952 trois ans avant sa disparition sur photo dédicacée : « c'est grâce à vous, Gabriel RAGET, si 25 ans après mon moteur Hispano Suiza répond à tous mes désirs et toute ma confiance et surtout ma sincère amitié. Marcel Doret 1952 ». Jusqu'en 1954 un an avant sa disparition Marcel Doret continuait la voltige sur des avions équipés de moteurs Hispano-Suiza dont le banc d'essai à Bois Colombes était dirigé par Gabriel Raget.''

D’abord mécanicien puis pilote d’instruction à la fin de la Grande Guerre, pilote de voltige, pilote d’essais et surtout de grands raids, il est l’une des grandes figures des pionniers de l’aviation entre 1914 et 1940 et peut-être l’un des trois pilotes les plus complets avec Byrd l’américain et l’allemand Fieseler.

 

Il a survécu à quatre accidents (Trois lors des tentatives Paris-Tokyo et un en tant que pilote d’essai).

 

1. Du mécanicien au pilote acrobatique :

 

Marcel Doret est né le 3 mai 1896 à Paris. En 1910, il est apprenti mécanicien. Il s'engage à 18 ans, dès le début de la Grande Guerre dans l'artillerie et combat à Verdun. Il est blessé 3 ans plus tard et reçoit la médaille militaire. Une fois guéri, il demande son transfert dans l'aviation et rejoint Dijon puis Chartres. Il est breveté pilote militaire en 1918, à l'âge de vingt-deux ans, et il poursuit sa formation à l'École de chasse et d'acrobatie de Pau. À la fin de la guerre, il est ouvrier chez Renault, mais Émile Dewoitine le remarque dans un meeting aérien. Le 1er juin 1923, Doret entre comme pilote d'essai dans ses usines à Toulouse, et devient rapidement chef pilote d'essai. Jusqu'en 1939, il met au point quarante-trois prototypes d'appareils très différents, ce qui lui donne une maîtrise presque totale du pilotage. (Figure 2)

Le roi de l’acrobatie. Carte postale ayant voyagé postée à Dugny (Seine) Càd 23/10/1930 sur semeuse lignée 50c orange représentant Marcel Doret sur le point de décoller avec son  avion d’acrobatie Dewoitine D 37 (le médaillon le montre en tenue d’aviateur) et inscriptions ‘Aérodrome du Bourget-Dugny Le roi de l’acrobatie – Doret’ éditions Farineau.

Le roi de l’acrobatie. Carte postale ayant voyagé postée à Dugny (Seine) Càd 23/10/1930 sur semeuse lignée 50c orange représentant Marcel Doret sur le point de décoller avec son avion d’acrobatie Dewoitine D 37 (le médaillon le montre en tenue d’aviateur) et inscriptions ‘Aérodrome du Bourget-Dugny Le roi de l’acrobatie – Doret’ éditions Farineau.

2. L’homme des raids aériens Paris-Tokyo :

 

Avec la production des appareils de ligne, comme le D.332 Émeraude, il est amené à les convoyer dans des pays de plus en plus lointains et devient un des premiers pilotes de ligne.

 

Titulaire de 18 records internationaux, il bat le record du monde de distance en circuit fermé en juin 1931 avec Joseph Le Brix, sur le D33 « Trait d’union ». (Figure 3)

''Carte postale représentant Doret et Le Brix devant le Trait d'Union avec lequel ils tenteront Paris-Tokyo, auréolés du record du monde en circuit fermé battu en Juin 1931 : 10372 kms.  Le Brix dont l'effigie est sur le timbre PA 55 trouvera la mort en Oural dans la seconde tentative Paris-Tokyo le 11 Septembre 1931 ".

''Carte postale représentant Doret et Le Brix devant le Trait d'Union avec lequel ils tenteront Paris-Tokyo, auréolés du record du monde en circuit fermé battu en Juin 1931 : 10372 kms. Le Brix dont l'effigie est sur le timbre PA 55 trouvera la mort en Oural dans la seconde tentative Paris-Tokyo le 11 Septembre 1931 ".

Première tentative Paris Tokyo le 12 juillet 1931

 

Les deux hommes, accompagnés du radio Mesnin s’attaquent alors à la première liaison Paris-Tokyo sans escale sur le même Dewoitine D33 « Le Trait d’Union n°1 » équipé d’un moteur Hispano 650CV. Tout se passe parfaitement jusqu’à l’Oural où ils doivent éviter une zone orageuse mais après 49 heures de vol et arrivés près du lac Baïkal, le givrage fait perdre de la puissance au moteur et après que Le Brix et Mesnin aient sauté en parachute, Doret atterrit sur les arbres sibériens. Il est sain et sauf et les trois hommes sont récupérés ainsi que les 33 kg de courrier par les villageois  de Chiberta près de Nijni-Oudinsk. (Figures 4 et 5).

Deux lettres accidentées à Nijni-Oudinsk lors de la première tentative Paris-Tokyo (12-14 juillet 1931) sans escale par Doret, Le Brix et Mesnin sur le Trait d'Union, avion Dewoitine D33 équipé d’un moteur Hispano-Suiza.  Doc 4 : Enveloppe spéciale affranchie avec n° 272 Càd « Bourget Aviation » 12/07/1931 et cachet soviétique sibérien Nijni-Oudinsk en cyrillique daté du 14/07/1931". Doc 5 : lettre originale signée Calves affranchie par un TP 50c exposition coloniale n° 272, Càd Bourget-Aviation 12/07/1931, au verso nom de l'avion : ' Le Trait d'Union'
Deux lettres accidentées à Nijni-Oudinsk lors de la première tentative Paris-Tokyo (12-14 juillet 1931) sans escale par Doret, Le Brix et Mesnin sur le Trait d'Union, avion Dewoitine D33 équipé d’un moteur Hispano-Suiza.  Doc 4 : Enveloppe spéciale affranchie avec n° 272 Càd « Bourget Aviation » 12/07/1931 et cachet soviétique sibérien Nijni-Oudinsk en cyrillique daté du 14/07/1931". Doc 5 : lettre originale signée Calves affranchie par un TP 50c exposition coloniale n° 272, Càd Bourget-Aviation 12/07/1931, au verso nom de l'avion : ' Le Trait d'Union'
Deux lettres accidentées à Nijni-Oudinsk lors de la première tentative Paris-Tokyo (12-14 juillet 1931) sans escale par Doret, Le Brix et Mesnin sur le Trait d'Union, avion Dewoitine D33 équipé d’un moteur Hispano-Suiza.  Doc 4 : Enveloppe spéciale affranchie avec n° 272 Càd « Bourget Aviation » 12/07/1931 et cachet soviétique sibérien Nijni-Oudinsk en cyrillique daté du 14/07/1931". Doc 5 : lettre originale signée Calves affranchie par un TP 50c exposition coloniale n° 272, Càd Bourget-Aviation 12/07/1931, au verso nom de l'avion : ' Le Trait d'Union'

Deux lettres accidentées à Nijni-Oudinsk lors de la première tentative Paris-Tokyo (12-14 juillet 1931) sans escale par Doret, Le Brix et Mesnin sur le Trait d'Union, avion Dewoitine D33 équipé d’un moteur Hispano-Suiza. Doc 4 : Enveloppe spéciale affranchie avec n° 272 Càd « Bourget Aviation » 12/07/1931 et cachet soviétique sibérien Nijni-Oudinsk en cyrillique daté du 14/07/1931". Doc 5 : lettre originale signée Calves affranchie par un TP 50c exposition coloniale n° 272, Càd Bourget-Aviation 12/07/1931, au verso nom de l'avion : ' Le Trait d'Union'

Seconde tentative le 11 Septembre 1931

 

Le même équipage tente la liaison avec un avion identique ‘Trait d’Union n° 2’ et un moteur Hispano revu pour éviter le givrage.  Le grand drame intervient le lendemain au-dessus de l’Oural : en raison de conditions météo épouvantables, l’avion perd soudainement de l’altitude et Doret qui en a perdu le contrôle a tout juste le temps de se jeter de son poste de pilotage en parachute. Malheureusement Mesnin n’en portait pas et Lebrix a voulu l’aider à le mettre mais trop tard ! Ils gisent tous les deux inertes au milieu des débris de l’appareil (Figure 6).

Carte postale neuve avec  l’équipage et l’avion de la seconde tentative Paris-Tokyo 11/09/1931  « Le Trait-d’Union », avion de raid Dewoitine D.33 moteur Hispano-Suiza 650 CV  et son glorieux équipage (de G. à D.) Marcel Doret, Le Brix et Mesnin’ cliché André, Le Bourget. Rappelons que le navigateur Le Brix et le radio Mesnin sont décédés lors du crash de l’appareil en Sibérie dont Doret s’était extrait de justesse en parachute.

Carte postale neuve avec l’équipage et l’avion de la seconde tentative Paris-Tokyo 11/09/1931 « Le Trait-d’Union », avion de raid Dewoitine D.33 moteur Hispano-Suiza 650 CV et son glorieux équipage (de G. à D.) Marcel Doret, Le Brix et Mesnin’ cliché André, Le Bourget. Rappelons que le navigateur Le Brix et le radio Mesnin sont décédés lors du crash de l’appareil en Sibérie dont Doret s’était extrait de justesse en parachute.

Troisième tentative, cette fois - ci avec escale le : 22 Mai 1937

 

Après l’échec d’André Japy en 1936 et en compagnie de Jérôme Micheletti sur Simoun ils quittent Villacoublay le 22 mai 1937 pour emprunter la route du sud car l’URSS refuse dorénavant le survol de son territoire. La distance s’en trouve augmentée de 5000 kms ce qui ne permet plus à l’époque par rapport aux capacités du matériel disponible, de réaliser un vol direct.   

Après avoir fait escales à Athènes, Bagdad, Karachi, Allahabad (Inde), Akyab (Inde), Vientiane (Laos), Hanoï, l’avion donne des signes de faiblesse. L’escale de Fort-Boyard (Nord Vietnam) ne permet pas de déceler les problèmes. Puis tout se passe bien jusqu’à Shanghai après 13.000 kms parcourus.

Le dernier tronçon ne sera pas achevé car arrivé au cap Nagasaki  et abandonné par les navigateurs nippons le Simoun doit atterrir en catastrophe sur une plage sur l’île Shikoku à 500kms du but après 86 h de vol. Le Caudron 635 F-APMS capote sur le sable mou de la plage Koshi. L’avion est détruit, les deux pilotes sont saufs, le radio Micheletti est blessé.

Le rêve de rallier Tokyo en moins de 100 heures ne sera pas réalisé.

Ce raid figurait parmi les vols postaux de 1937. Il emportait quinze lettres à destination de  Shangaï (bien arrivées le 26/51937 après 72h de vol et 7 escales cachet arrivée Shangaï du 26/5), et le même nombre à destination de Tokyo (Figures 7 et 8).

Deux lettres du vol de 1937 Paris-Tokyo 3ème tentative via Hanoï & Shangai avec Micheletti, accidentées sur l'île Koshi :  Doc 7 : Lettre sans texte pour ‘Monsieur l’Ambassadeur de France à Tokio avec double affranchissement   : - français au départ : TP n° 338 Mermoz et le PA n° 11 oblitérés par le Càd Le Bourget-Aviation Seine 22/05/1937 6h - japonais à l’arrivée avec le TP n° 244 avec surtaxe au profit de l’aviation annulé par le Càd Imperial Hotel Po, Tokio 26 mai 1937  NIPPON (même Càd au verso). Doc 8 : lettre originale signée Calves  affranchie avec PA 13 par Càd "Le Bourget-Aviation 20/01/1937" à destination de Tokyo ; au verso Càd arrivée Hanoï RP Tonkin 23/01/1937, signée R. Calves : Deux lettres du vol de 1937 Paris-Tokyo 3ème tentative via Hanoï & Shangai avec Micheletti, accidentées sur l'île Koshi :  Doc 7 : Lettre sans texte pour ‘Monsieur l’Ambassadeur de France à Tokio avec double affranchissement   : - français au départ : TP n° 338 Mermoz et le PA n° 11 oblitérés par le Càd Le Bourget-Aviation Seine 22/05/1937 6h - japonais à l’arrivée avec le TP n° 244 avec surtaxe au profit de l’aviation annulé par le Càd Imperial Hotel Po, Tokio 26 mai 1937  NIPPON (même Càd au verso). Doc 8 : lettre originale signée Calves  affranchie avec PA 13 par Càd "Le Bourget-Aviation 20/01/1937" à destination de Tokyo ; au verso Càd arrivée Hanoï RP Tonkin 23/01/1937, signée R. Calves :
Deux lettres du vol de 1937 Paris-Tokyo 3ème tentative via Hanoï & Shangai avec Micheletti, accidentées sur l'île Koshi :  Doc 7 : Lettre sans texte pour ‘Monsieur l’Ambassadeur de France à Tokio avec double affranchissement   : - français au départ : TP n° 338 Mermoz et le PA n° 11 oblitérés par le Càd Le Bourget-Aviation Seine 22/05/1937 6h - japonais à l’arrivée avec le TP n° 244 avec surtaxe au profit de l’aviation annulé par le Càd Imperial Hotel Po, Tokio 26 mai 1937  NIPPON (même Càd au verso). Doc 8 : lettre originale signée Calves  affranchie avec PA 13 par Càd "Le Bourget-Aviation 20/01/1937" à destination de Tokyo ; au verso Càd arrivée Hanoï RP Tonkin 23/01/1937, signée R. Calves : Deux lettres du vol de 1937 Paris-Tokyo 3ème tentative via Hanoï & Shangai avec Micheletti, accidentées sur l'île Koshi :  Doc 7 : Lettre sans texte pour ‘Monsieur l’Ambassadeur de France à Tokio avec double affranchissement   : - français au départ : TP n° 338 Mermoz et le PA n° 11 oblitérés par le Càd Le Bourget-Aviation Seine 22/05/1937 6h - japonais à l’arrivée avec le TP n° 244 avec surtaxe au profit de l’aviation annulé par le Càd Imperial Hotel Po, Tokio 26 mai 1937  NIPPON (même Càd au verso). Doc 8 : lettre originale signée Calves  affranchie avec PA 13 par Càd "Le Bourget-Aviation 20/01/1937" à destination de Tokyo ; au verso Càd arrivée Hanoï RP Tonkin 23/01/1937, signée R. Calves :

Deux lettres du vol de 1937 Paris-Tokyo 3ème tentative via Hanoï & Shangai avec Micheletti, accidentées sur l'île Koshi : Doc 7 : Lettre sans texte pour ‘Monsieur l’Ambassadeur de France à Tokio avec double affranchissement : - français au départ : TP n° 338 Mermoz et le PA n° 11 oblitérés par le Càd Le Bourget-Aviation Seine 22/05/1937 6h - japonais à l’arrivée avec le TP n° 244 avec surtaxe au profit de l’aviation annulé par le Càd Imperial Hotel Po, Tokio 26 mai 1937 NIPPON (même Càd au verso). Doc 8 : lettre originale signée Calves affranchie avec PA 13 par Càd "Le Bourget-Aviation 20/01/1937" à destination de Tokyo ; au verso Càd arrivée Hanoï RP Tonkin 23/01/1937, signée R. Calves :

Ce sera sa dernière tentative sur cette distance.

 

Air France vous transporte maintenant à Tokyo en moins de douze heures !

 

Marcel Doret poursuivra une carrière de pilote d’essai (Figure 9) qu’il a retracé dans l’ouvrage qu’il a publié en 1954 : « trait d’union avec le ciel », réédité en 2002. (Figure 10).

Carte postale neuve Marcel Doret en tenue de pilote d’essai avec au bras son pingouin (sa mascotte préférée) devant un Dewoitine éditions A.N., Paris.

Carte postale neuve Marcel Doret en tenue de pilote d’essai avec au bras son pingouin (sa mascotte préférée) devant un Dewoitine éditions A.N., Paris.

"Couvertures du livre de Marcel Doret  'Trait d'Union avec le Ciel' paru en 1954 et de sa réédition en 2002. "Couvertures du livre de Marcel Doret  'Trait d'Union avec le Ciel' paru en 1954 et de sa réédition en 2002.

"Couvertures du livre de Marcel Doret 'Trait d'Union avec le Ciel' paru en 1954 et de sa réédition en 2002.

Diplôme avec la médaille de l’aéronautique décernée à Gabriel Raget le 4 octobre 1950 par le secrétariat aux Forces Armées – Air. Le Secrétaire d’Etat était André Maroselli. Jules Moch était alors ministre de la Défense du premier gouvernement de René Pleven.

Diplôme avec la médaille de l’aéronautique décernée à Gabriel Raget le 4 octobre 1950 par le secrétariat aux Forces Armées – Air. Le Secrétaire d’Etat était André Maroselli. Jules Moch était alors ministre de la Défense du premier gouvernement de René Pleven.

Anniversaire des 50 ans de la traversée Atlantique Est-Ouest de Costes & Bellonte les 1er et 2 septembre 1930 sur le Point d'Interrogation un Bréguet  19 équipé d'un moteur Hispano-Suiza 650 CV en Octobre 1980 à l'usine Hispano-Suiza à Bois Colombes : Photo du haut : Maurice Bellonte (à G) disparu le 14 janvier 1983 et à sa droite Gabriel Raget qui avait mis au point ce moteur. Photo du bas : l'auteur de l'article avec Maurice Bellonte à sa droite et trois autres invités.
Anniversaire des 50 ans de la traversée Atlantique Est-Ouest de Costes & Bellonte les 1er et 2 septembre 1930 sur le Point d'Interrogation un Bréguet  19 équipé d'un moteur Hispano-Suiza 650 CV en Octobre 1980 à l'usine Hispano-Suiza à Bois Colombes : Photo du haut : Maurice Bellonte (à G) disparu le 14 janvier 1983 et à sa droite Gabriel Raget qui avait mis au point ce moteur. Photo du bas : l'auteur de l'article avec Maurice Bellonte à sa droite et trois autres invités.

Anniversaire des 50 ans de la traversée Atlantique Est-Ouest de Costes & Bellonte les 1er et 2 septembre 1930 sur le Point d'Interrogation un Bréguet 19 équipé d'un moteur Hispano-Suiza 650 CV en Octobre 1980 à l'usine Hispano-Suiza à Bois Colombes : Photo du haut : Maurice Bellonte (à G) disparu le 14 janvier 1983 et à sa droite Gabriel Raget qui avait mis au point ce moteur. Photo du bas : l'auteur de l'article avec Maurice Bellonte à sa droite et trois autres invités.

APN - Juillet 2015 - Christian Raget

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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 20:06
Figure 1 - Feuille entière du Thermalisme Chiffres rouges. Une rareté que l’on ne voit pas souvent.

Figure 1 - Feuille entière du Thermalisme Chiffres rouges. Une rareté que l’on ne voit pas souvent.

Histoire d’une découverte par un philatéliste ordinaire :

Le timbre consacré au Thermalisme est mis en vente par La Poste le lundi 21 novembre 1988, après la traditionnelle vente anticipée du 19 à Paris et à Enghien (Figures 2 et 3).

 

Figures 2 et 3 - Les deux cachets Premiers Jours (Figure 4). de Paris et Enghien du 19 novembre 1988, date de la vente anticipée.
Figures 2 et 3 - Les deux cachets Premiers Jours (Figure 4). de Paris et Enghien du 19 novembre 1988, date de la vente anticipée.

Figures 2 et 3 - Les deux cachets Premiers Jours (Figure 4). de Paris et Enghien du 19 novembre 1988, date de la vente anticipée.

C’est donc ce jour-là, vers 11h00, que, faisant la queue au guichet philatélique de Nanterre, j’entends le préposé en service indiquer à la personne qui me précédait qu’« à son guichet, on servait le Thermalisme qu’avec le chiffre de la faciale couleur bleue », mais que, « d’après quelqu’un qui l’en avait informé, on servait au bureau de la Poste Principale de Puteaux le même timbre dont le chiffre de la faciale était rouge ».

À cette heure-là, la différence qui allait déclencher toute l’aventure de ce timbre était donc révélée, mais n’avait pas encore atteint le milieu philatélique.

Je pris immédiatement la direction de la Poste Principale de cette ville limitrophe. Sur place, la file d’attente était plus longue qu’au bureau de Nanterre, mais personne ne semblait être au courant d’une quelconque variété de couleur du chiffre du timbre émis. Un coup d’œil jeté furtivement en entrant, sur le présentoir des émissions, m’avait confirmé que la valeur faciale du Thermalisme vendu localement était bien rouge. Que faire ? L’impatience était bien réelle. Combien d’exemplaires achèterais-je ? Il était évident que la mise en vente de deux versions de la couleur du chiffre de la faciale ne pouvait être qu’une erreur de la Poste, et le hasard et ma réactivité étaient en train de me combler. Mais quelle était donc la bonne couleur et laquelle était “l’autre” ? Considérant qu’une feuille se composait de 50 timbres, et que la valeur faciale était de 2,20 F, correspondant à celle de la lettre d’usage courant au tarif urgent, une planche entière coûterait 110 francs. Ce n’était excessif, mais ce n’était pas rien non plus ! Si j’avais acheté la version rouge, et qu’il se révélait par la suite que “l’autre”, la fautée, était en fait la version bleue ? Trop tôt pour le
savoir ! J’en conclus qu’il me fallait acheter autant de feuilles dans les deux versions ! C’est ainsi que, le moment venu, je pris “courageusement” presque tout le stock restant, après qu’on est allé chercher toutes les feuilles déposées dans le coffre-fort.

Le même jour, je fis le tour d’autres bureaux de poste locaux et de certaines villes environnantes, où je ne vis que de la faciale bleue.

Un collectionneur averti composera dès le lendemain une enveloppe « mixte » revêtue du cachet du point philatélique de Nanterre. Une originalité datée du 22 novembre 1988, sur un courrier n’ayant probablement pas voyagé. (Figure 4).

Figure 4 - Enveloppe souvenir revêtue des deux types du Thermalisme annulés du TAD du point philatélique de la Recette Principale de Nanterre le 22 novembre 1988, le lendemain de la mise en vente officielle.

Figure 4 - Enveloppe souvenir revêtue des deux types du Thermalisme annulés du TAD du point philatélique de la Recette Principale de Nanterre le 22 novembre 1988, le lendemain de la mise en vente officielle.

L’approche du marché et l’envol de la cote

Sans faire de mauvais jeu de mots, je crois pouvoir affirmer que, depuis, j’en ai vu de toutes les couleurs, à propos du Thermalisme rouge.

Pour commencer, pour prendre la température du “qu’en dit-on”, la semaine suivante je me rendis avec mes planches au fameux Marché aux Timbres parisien de Marigny. Une étrange petite agitation était palpable notamment en haut du couloir central des stands des négociants, juste après la zone dénommée “les Pieds mouillés”. Tout le monde parlait du “Thermalisme rouge”, mais sans que presque personne ne l’eût encore vu. Tout le monde voulait savoir “où on en avait trouvé” et se demandait “où on pourrait en trouver”.

Timidement et pour voir l’effet que cela faisait, je commençais à proposer à quelqu’un l’un de mes exemplaires pour 20 francs, puis pour 40 francs à un autre, puis enfin 70 francs. Mon prix était jugé toujours excessif, quand il ne déclenchait pas un petit sourire de suffisance. Quelqu’un dont j’ai su plus tard qu’il était là pour le compte d’un grand négociant de la rue Drouot me lança : « Tu parles, avec ton prix ! Moi, j’en ai une pleine valise, chez moi ! ». Mais ce fut un autre “du métier”, – je le sus la semaine suivante, quand il m’achèterait un bloc de quatre pour l’un de ses clients, me dit-il -, qui le remit proprement à sa place : « Allez, arrête tes conneries ! Tu le sais très bien que ta valise est vide ! ».

Une évidence m’apparut assez vite : une fois n’est pas coutume, seuls de rares philatélistes détenaient l’essentiel du stock du Thermalisme rouge. Quant aux négociants, j’eus vite l’impression qu’ils avaient du mal à admettre cette réalité. Après tout, le Thermalisme bleu venait seulement de sortir, l’incertitude la plus totale troublait tout le monde, ils ne disposaient pas du moindre stock de Thermalisme rouge : alors, ils faisaient de “la résistance”, ils ne facilitaient pas la mise sur le marché de ce dernier. Les “petits” hésitaient, attendaient de voir ce que feraient les “grands”. Pendant un moment, les uns et les autres ont espéré que Périgueux réimprimerait la version en rouge. La profession faisait, paraît-il, pression sur La Poste pour un nouveau tirage en rouge. À ce moment, les propositions d’achat atteignent tout juste les 20 Francs l’unité.

L’un d’entre eux m’ayant enfin acheté les premières feuilles, le Thermalisme rouge commença à être mis sur le marché, certes à une petite échelle, mais professionnelle. Le comportement des négociants coïncidait avec l’attitude curieuse des auteurs de catalogues français. Il a fallu attendre longtemps avant que le Thermalisme rouge ne soit dûment catalogué. Les négociants préféraient mettre en avant une autre “variété” du même timbre, dite « aux doigts coupés », issue de planches au chiffre de la valeur bleue (case 28) et qui, comparée au Thermalisme rouge, pourrait être qualifiée d’insignifiante. (Figure 5).

Figure 5 - La variété dite « aux doigts coupés » que l’on trouve à la case 28 de la quasi totalité des feuilles du timbre avec chiffres bleus et qui n’existe pas en chiffres rouges.

Figure 5 - La variété dite « aux doigts coupés » que l’on trouve à la case 28 de la quasi totalité des feuilles du timbre avec chiffres bleus et qui n’existe pas en chiffres rouges.

Zoom sur la variété dite « aux doigts coupés ».
Zoom sur la variété dite « aux doigts coupés ».
Zoom sur la variété dite « aux doigts coupés ».

Zoom sur la variété dite « aux doigts coupés ».

Les deux variétés ont été longtemps cataloguées à égalité avec des « a » et « b ».

Le Thermalisme rouge, était-il un timbre à part entière ou une simple variété ? Ce qui paraît évident, c’est que la couleur rouge du chiffre n’est pas née d’un mouvement d’humeur de l’un des responsables administratifs de la Poste. Ce choix est celui du dessinateur et graveur de la figurine Jean Delpech, avant son décès le 30 mai 1988.

C’était la vision très exacte que l’artiste avait de sa création. Le magazine de philatélie Timbroscopie publia dans son n° 53, de décembre 1988 (p. 87), les trois projets proposés par Jean Delpech à La Poste : on y retrouve sur chacun d’eux la couleur rouge du chiffre (Figure 6).

Figure 6 - Les trois projets du dessinateur Jean Delpech proposés à La Poste : les valeurs faciales sont toujours en rouge.

Figure 6 - Les trois projets du dessinateur Jean Delpech proposés à La Poste : les valeurs faciales sont toujours en rouge.

Malgré les réticences du milieu philatélique, le Thermalisme rouge fit peu à peu son chemin jusqu’à être « épinglé » par le Canard enchaîné, qui dans un article du 1er février 1989, rend compte d’une visite au Carré Marigny où le prix du timbre s’affiche à 850 Francs et indique que « cent » feuilles ont été expédiées dans les bureaux de poste des Hauts-de-Seine.

Trois mois plus tard, une publicité, la première d’une longue série, de l’important négoce parisien Drouot Philatélie, à la veille de PhilexFrance (du 7 au 17 juillet 1989), parue dans le Monde des philatélistes (n° 430, mai 1989, page 57), propose le Thermalisme rouge au prix de 1800 F. À ce stade, le timbre vient certes de franchir un cap commercial important, mais surtout il s’affirme comme une vraie valeur en tant qu’objet de collection. C’est ce que résume un commentaire du même Monde des Philatélistes (n° 431, page 51) :

« Un timbre-poste appelé à un bel avenir : le “Thermalisme” avec valeur faciale rouge au lieu de bleu. “Variété”, proclament certains, “timbre-type” rétorquent d’autres… Or les deux versions diffèrent également par la qualité de papier (couché pour le 2,20 F bleu, ordinaire pour le 2,20 F rouge) […]. Une collection complète de l’année 1988 devra donc compter avec ce 2,20 F rouge ! ».

La cote de ce timbre va progressivement monter et on la retrouve à hauteur de 2400 F en 1997 chez un grand négociant parisien.

Aujourd’hui, sa valeur s’est tassée et la plupart des ventes la situent autour de 150 € à 200 €, bien que la cote Y&T reste obstinément fixée à 600 €.

Les clés du mystère :

Compte tenu de l’effervescence née de la découverte inopinée de ce timbre, certains ont essayé de comprendre ce qui avait pu se passer.

Après un communiqué avancé hâtivement par La Poste au début de 1989 (résumé Timbroscopie  de février 1989 n° 55, page 79), c’est une interview de Jean Ginefri, le directeur technique de Périgueux, qui, au moment de son départ en retraite « après trente ans de carrière à l’imprimerie des timbre-poste » est publiée dans Timbroscopie, en octobre 1989 (n° 62, pages 29 et 30) :

“ La couleur de la faciale n’était pas décidée au moment du bon à tirer. Nous avons fait le choix sur machine, c’est-à-dire après avoir imprimé des feuilles d’essai dans les deux couleurs ”, explique Jean Ginefri. “ Mais les vérificatrices n’étaient pas prévenues. Elles ont éliminé toutes les feuilles fautées, dans les deux tirages, sans remarquer l’existence des deux couleurs. Nous avons découvert le phénomène un peu trop tard : plusieurs centaines de feuilles, sans doute (impossible de les chiffrer précisément) étaient déjà acheminées avant que nous éliminions le stock. L’Administration a bien envisagé ensuite l’hypothèse d’une réimpression. Mais le matériel d’impression était déjà détruit : un nouveau tirage aurait probablement présenté des différences par rapport au premier. Ce qui aurait encore compliqué les choses …”.

“ Les vérificatrices ignoraient que le timbre avait fait l’objet d’essais de couleur pour la faciale. Elles ont vérifié en même temps les deux types de feuilles. Avec leur coup d’œil habituel, elles ont éliminé les exemplaires mal centrés, mal perforés, les rebuts de réglage … sans prêter attention à la couleur de la faciale, mais simplement à la qualité globale de l’impression”.

Admettons ! Pourtant, si, par la voix de son journaliste Pierre Salanne, la direction de Timbroscopie a estimé « tardive [et] insuffisante » la réponse du directeur technique de Périgueux, c’est que les arguments de Jean Ginefri ne lui semblaient pas convaincants.

Force est de constater que, les propos de Jean Ginefri soulèvent bien des questions : Combien de milliers de feuilles d’essais de couleurs fallait-il imprimer pour enfin effectuer le choix définitif de la couleur de la faciale ?

Comment s’est déroulée la séance des essais de couleurs, avec quelle alternance, et à quel moment de l’impression ? La direction de Périgueux ne pouvait pas ne pas disposer de suffisamment d’éléments, fournis par ses propres employés au cours de l’enquête administrative diligentée aussitôt le problème connu, c’est-à-dire dès le premier jour de l’émission du timbre.

Maintenant, avec les peu de moyens dont je dispose, j’avance quelques éléments de réflexion. Mon point de départ est la même interview ci-dessus citée, accordée par Jean Ginefri au journaliste de Timbroscopie, intitulée « Variétés : la parole est à l’imprimeur ». Parmi les questions-réponses il y a celles-ci (TS = Timbroscopie, et JG = Jean Ginefri, page 30) :

« TS. Le mot revient régulièrement dans le milieu des collectionneurs. On évoque, depuis tout temps, des “fuites” de variétés ».

« JG. Je m’insurge totalement contre ces propos. Il est rigoureusement impossible que la moindre feuille quitte irrégulièrement l’imprimerie, pour la simple raison que toutes les feuilles sont comptabilisées ».

« TS. Même les feuilles d’essai ? »

« JG. Bien sûr. Il faut savoir que les machines sont équipées de composteurs infalsifiables, que l’on ne peut en aucun cas revenir en arrière. Ces compteurs tournent en permanence, dès le premier cylindre. Même les feuilles blanches sont numérotées ».

« TS. Et après l’impression ? »

« JG. Un préposé ramasse les feuilles et les apporte au service stockage-vérification, où elles sont toutes recomptées, y compris les feuilles fautées. [Etc. …] ».

Puisque « toutes les feuilles sont comptabilisées », que tout est garanti par des « composteurs infalsifiables », et que « même les feuilles blanches sont numérotées », que peuvent nous révéler les quelques exemples que je donne ci-après ? Aussi minime soit l’échantillonnage, ce qui est important, c’est l’observation des chiffres à l’encre noire des coins de feuille, toujours imprimés dans l’angle inférieur gauche des planches de 50 timbres : 00 615 (chiffre bleu), 22 321 (chiffre bleu, version non dentelée), 41 728 (chiffre bleu), 70 648 (chiffre rouge), 70 720 (chiffre bleu), 70 751 (chiffre bleu), 70 795 (chiffre bleu), 70 797 (chiffre rouge), 70 802 (chiffre rouge), 70 848 (chiffre bleu), 84 900 (chiffre bleu). (Figure 7). Ajoutons que la feuille (chiffre rouge) conservée au Musée Postal porte le 70 812.

Jean Ginefri  dit que « la couleur de la faciale n’était pas décidée au moment du bon à tirer » et que « le choix [a été fait] sur machine, c’est-à-dire après avoir imprimé des feuilles d’essai dans les deux couleurs ». Je ne crois pas qu’il soit d’usage de tirer 70 000 feuilles d’une couleur avant d’essayer la suivante. Si l’on s’en tient aux numéros de planches ci-dessus cités, il semblerait que c’est seulement très tard que l’essai du chiffre rouge soit intervenu, en alternance avec le bleu. « Par ailleurs nous avons connaissance que la feuille n° 70 920 comporte le chiffre rouge ».

Le roman inachevé du Thermalisme rouge
Le roman inachevé du Thermalisme rouge
Le roman inachevé du Thermalisme rouge
Le roman inachevé du Thermalisme rouge
Le roman inachevé du Thermalisme rouge
Le roman inachevé du Thermalisme rouge
Le roman inachevé du Thermalisme rouge
Le roman inachevé du Thermalisme rouge
Le roman inachevé du Thermalisme rouge
Le roman inachevé du Thermalisme rouge
Le roman inachevé du Thermalisme rouge
Le roman inachevé du Thermalisme rouge

Dans mes exemples, j’en compte trois, qui sont issus à mon avis de deux impressions différentes. La première est celle comportant le chiffre 70 648. La seconde est celle comportant les chiffres de planches qui sont à cheval entre la fin de la série 70 000 et le début de la série 80 000 : je crois savoir que c’est elle qui a été vendue à la Poste Principale de Puteaux. L’heureux possesseur de la feuille portant le numéro 70 797, et peut-être des trois ou quatre feuilles suivantes, n’a pas acheté le reste du stock, ce que je fis en revanche plus tard moi-même. Des essais de couleur à ce stade avancé de la production, au risque de devoir incinérer tant de milliers de feuilles ? Mais pourquoi tant de mal à nous expliquer ce qui s’est précisément passé ce jour-là sur la presse T.D.3–13 ?

Si j’insiste sur cet aspect, notamment sur l’alternance réitérée des essais de couleur, ainsi que l’intrusion de feuilles non dentelées, c’est parce qu’une autre question importante se pose, qui n’a pas été posée au directeur technique de Périgueux. Cela concerne le type de papier spécifique, dit “couché” (comme cela est d’ailleurs précisé dans les catalogues), utilisé pour le seul Thermalisme rouge, au lieu du papier “normal” utilisé pour le Thermalisme bleu. Est-ce à dire qu’à chaque changement de l’essai de couleur l’on aurait aussi changé systématiquement de papier ? J’assume mon ignorance et j’avoue que j’aurais aimé avoir une réponse à mes interrogations. Or, ce “détail” concernant le papier constitue, avec la couleur du chiffre, l’une des deux caractéristiques majeures du Thermalisme rouge, ce qui fait qu’on peut le reconnaître rien qu’en observant sa face du verso.

Des rumeurs alimentées par “les couloirs bien informés” de la Poste ont circulé disant que “voici ce qui, en fait, s’était tout simplement passé” :

La décision avait été prise selon laquelle le chiffre bleu était destiné au timbre à émettre, tandis que le chiffre rouge était destiné au timbre des feuilles non dentelées.

Par une succession d’erreurs, les feuilles non dentelées avaient été perforées, puis insérées dans les paquets des feuilles bleues destinées à la vente, puis échappées aux contrôleuses.

Aussi vraisemblable que cela puisse paraître, cela serait du ressort d’un constat d’intentions d’une part et d’un éventuel vrai cafouillage d’autre part, mais ne constitue pas une explication de ce qui s’est réellement passé. Cela ne répond pas aux questions relatives à la succession de la numérotation des planches. Ni n’explique le problème posé par l’alternance rapprochée de la qualité du papier utilisé.

Ni ne justifie le nombre excessif de timbres non dentelés primitifs imprimés avec le chiffre rouge (avant d’être perforés “par erreur”) ; cela d’autant plus que le premier timbre non dentelé dont nous avons connaissance porte le chiffre bleu (22 321, dans mon exemple) et que c’est seulement très tard qu’intervient l’impression des exemplaires avec le chiffre rouge (entre 70 648 et 70 802 dans mon exemple).

Enfin, concernant le contrôle des feuilles imprimées, on peut raisonnablement être surpris que l’œil professionnel très aiguisé des vérificatrices, n’ait pas perçu la différence de couleur qui émane des feuilles qui ont le chiffre bleu et de celles qui ont le chiffre rouge. Car l’impact visuel des deux versions est tel qu’il paraît impossible à la plus distraite d’entre elles de ne pas réagir face à cette différence. Mais que le lecteur en décide lui-même en connaissance de cause, au vu de l’image du scan que je lui montre ! Il est rare de voir ainsi côte à côte, sous forme de feuilles entières, les deux versions. Ma réaction sur le plan chromatique, toute personnelle, est que le bleu du chiffre accompagne et accentue la tonalité liquide et un peu froide de cette version du timbre, là où il émane chaleur et clarté depuis le chiffre de couleur rouge : n’était-ce pas aussi l’avis de l’auteur du timbre, qui avait voulu que ce chiffre fût de cette couleur quand il avait confié son œuvre à la Poste, peu avant son décès ? (Figure 8).

Figure 8 - Les deux feuilles avec les deux types côte à côte : le bon à tirer du 9 8 1988 et la feuille fautée annulée par le Musée Postal. La différence de couleur pouvait-elle échapper aux vérificatrices ?
Figure 8 - Les deux feuilles avec les deux types côte à côte : le bon à tirer du 9 8 1988 et la feuille fautée annulée par le Musée Postal. La différence de couleur pouvait-elle échapper aux vérificatrices ?

Figure 8 - Les deux feuilles avec les deux types côte à côte : le bon à tirer du 9 8 1988 et la feuille fautée annulée par le Musée Postal. La différence de couleur pouvait-elle échapper aux vérificatrices ?

Le mystère demeure !

La conclusion est que l’on n’a certainement pas encore tout dit sur les conditions dans lesquelles le Thermalisme rouge a vu le jour. Le roman est donc inachevé.

Mais, ce qui paraît certain, c’est que, considéré a posteriori comme un “essai de couleur” par l’Administration postale, en fournissant des raisons non convaincantes selon l’avis des professionnels de la philatélie, et du mien aussi modeste soit-il, ce produit est bien un timbre-type, à part entière, comme première version de l’émission dite Le Thermalisme, acheté régulièrement à certains guichets philatéliques de la Poste notamment en Île-de-France. Par conséquent, il doit se voir attribuer son numéro propre dans les catalogues de philatélie, et non un sous-numéro du genre “variété”, à l’instar de ce que font d’ailleurs tous les grands catalogues, à l’exception de l’Yvert & Tellier.

Avec la faciale rouge, le Thermalisme n’existe, ni sous forme de non dentelé, ni d’épreuve de luxe. Avec la faciale rouge, le Thermalisme est un classique moderne de France, dont le temps confirmera sa réelle rareté.

Un petit sourire s’est esquissé sur mes lèvres quand j’ai vu le Prêt à Poster paru en mars 2007. Il met tout le monde d’accord : il n’a pas de valeur faciale ! (Figure 9).

Figure 9 - Prêt à Poster paru en mars 2007. Pas de valeur faciale, donc pas de débat !

Figure 9 - Prêt à Poster paru en mars 2007. Pas de valeur faciale, donc pas de débat !

Figure 10 - Envoi daté du 7 décembre 1989.

Figure 10 - Envoi daté du 7 décembre 1989.

APN - Antoine Sidoti

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17 mai 2015 7 17 /05 /mai /2015 07:32

Il y a plus d’une dizaine d’année, nous avons acquis en commun un lot de timbres et de lettres à Drouot avec un ami collectionneur. Au moment du partage, il m’a bien volontiers laissé le seul ballon monté présent dans ce lot qui m’intéressait.

J’avais, bien sûr, entendu parler de la guerre de 1870-71 ainsi que du siège de Paris ; mais je dois dire que je n’étais pas du tout familier de cette page d’histoire postale pour identifier le pli que j’avais maintenant en ma possession. Voici ce que fut ma démarche.

 

A la recherche du FULTON …

Certes, la mention imprimée « par ballon monté » m’indique avec certitude la nature de ce pli et l’affecte à la période de la guerre de 1870-71.

 

1 Petit rappel historique…

Le 19 juillet 1870 La guerre avec la Prusse est déclarée.

Le 2 septembre 1870, l’empereur Napoléon III est fait prisonnier à Sedan.

Le 4 septembre 1870, la République est proclamée et un gouvernement de Défense nationale est constitué ayant à sa tête, le général Trochu.

Le 18 septembre 1870, Paris est complètement assiégé par les Prussiens et leurs alliés. Plus aucune communication avec la province n’est possible, il n’y a plus de ravitaillement pour les deux millions de Parisiens encerclés. Dès lors, il est primordial de trouver un moyen de communication avec les armées de province et de sauver Paris. C’est à la tête d’un groupe d’hommes téméraires et volontaires que Nadar fit décoller le premier ballon place Saint Pierre, au pied de la butte Montmartre. C’était le 23 septembre 1870. Cet envol, scelle la création de la première compagnie des aérostiers militaires.

Pendant le siège de Paris du 18 septembre 1870 au 27 janvier 1871, ce sont 67 ballons qui se sont élevés dans les airs, mais seulement 56 ont transporté du courrier. La majorité de ces ballons se sont posés en France, mais aussi en Belgique (5), en Allemagne(2), en Norvège(1), et deux ont fait naufrage en mer. L’un au sud de Plymouth en Angleterre et l’autre au large d’Arcachon. 20 ballons atterrissent dans les lignes ennemies, en zone occupée.

Le 28 janvier 1871, c’est la capitulation de Paris, l’armistice est signé.

 

2 Description du pli :

Revenons à notre pli transporté par ballon monté et observons le.

Il est adressé à M Salneuve, Vice-président du tribunal civil, 17 rue ?? à Clermont – Ferrand

A la recherche du FULTON …

Il est affranchi par un 20 centimes bleu (YT n°37) de l’émission dite du siège de Paris. Ce timbre est annulé par le cachet d’oblitération  Etoile 1  de la place de la bourse (n°3651). Il faut savoir, qu’au terme d’un décret, le transport de lettres était confié aux aérostats montés. L’affranchissement obligatoire était fixé à 20 centimes pour la France et l’Algérie. Le poids d’une lettre ne devait pas dépasser 4 grammes.

L’oblitération Etoile 1 est accompagnée de son cachet a date type 17 des bureaux de quartiers de Paris (n° 1530) correspondant à celui de la place de la bourse. Il indique qu’il s’agit de la sixième levée du 29 octobre 1870.

Au dos du pli, le cachet à date type 17 de Clermont – Ferrand indique l’arrivée du pli en date du 4 novembre 1870.

Il est intéressant de noter que le cachet utilisé par la Poste de Clermont-Ferrand possède l’indication de la levée, ce qui nous amène à nous interroger sur la considération qui était faite à propos de ce pli ?

Le bureau de Clermont-Ferrand possédait surement un cachet à date sans indication de levée qu’il utilisait comme cachet d’arrivée. L'utilisation d’un cachet comprenant l’indication de la deuxième levée peut vouloir nous indiquer l’heure de réception du pli ? (10h00) ou encore qu’il était, vu son transport spécial, pris comme un nouvel envoi vers son destinataire.

 

A la recherche du FULTON …

3 La correspondance :

Jetons maintenant un coup d’œil à la partie correspondance. Elle est divisée en deux, avec une partie pré-imprimée et l’autre réservée à la partie manuscrite privée.

 

3. 1 La lettre journal

A la recherche du FULTON …A la recherche du FULTON …

La partie pré-imprimée est une lettre – journal imprimée sur papier pelure, dite aussi « Gazette des Absents », relatant les évènements quotidiens vécus par les parisiens.

Celle qui nous concerne est la troisième lettre-journal en date du 29 octobre 1870 qui relate les évènements des 25, 26, 27 et 28 octobre 1870.

 

Extraits :

A la recherche du FULTON …

Les faits relatés chaque jour sont repartis en chapitres :

Rapport militaire, les subsistances, les approvisionnements, les distractions, les ballons, les fausses nouvelles, les dépêches…

A la recherche du FULTON …

Et l’on donne même des nouvelles sur les ballons montés qui sont partis précédemment !

A la recherche du FULTON …

Ainsi que du courrier…

A la recherche du FULTON …

Cette troisième édition de la Gazette des Absents permet à son auteur D. Jouaust de faire le point sur la forme et le succès rencontré. L’édition de lettre – journal ne s’arrêtera pas avec  l’armistice du 28 janvier 1871 et continuera de paraitre sur du papier blanc plus fort jusqu’au 22 février 1871. Pendant l’ensemble de cette période ce sont 40 numéros et leurs 8 suppléments qui ont été édités.

 

3.2 La correspondance privée :

 

Regardons maintenant la partie de correspondance privée. L'expéditeur écrivait dans le maximum de place qu'il avait à sa disposition. Puis la lettre était pliée de telle façon qu'elle faisait enveloppe.

A la recherche du FULTON …

L’auteur de ce courrier commence par inscrire la date : samedi 29 octobre 1870… et fort sympathiquement pour nous, le récipiendaire de cette lettre a écrit juste après : lettre reçue le 4 novembre. La même date qui  correspond au cachet d’arrivée ce qui signifie que le facteur l’a distribuée le jour même.

 

Certaines parties du texte manuscrit sont intéressantes :

 

A la recherche du FULTON …

Dernière lettre pareille à celle-ci écrite mercredi 26 courant. Elle a dû s’envoler dans les airs par l’un des ballons partis de Paris.

 

Résumons les dates portées par ce courrier

  • Cette Gazette des absents relate les faits des 25, 26, 27 et 28 octobre 1870.
  • La lettre est écrite le samedi 29 octobre 1870
  • Elle arrive à Clermont-Ferrand, sa destination, le 4 novembre 1870.
  • La mention manuscrite du destinataire atteste la réception du courrier le 4 novembre 1870.

Et maintenant plongeons nous dans l’ouvrage majeur de Gérard Lhéritier (Les ballons montés) et cherchons parmi l’ensemble des aérostats partis de Paris quel est celui qui est susceptible d’avoir transporté par les airs notre courrier.

Le vingt et unième ballon à partir pendant le siège est : Le Colonel Charras, il décolle le samedi 29 octobre 1870 à 12h00 de la gare du nord.

Le vingt deuxième ballon est : Le Fulton qui décolle le mercredi 2 novembre 1870 à 8h45 de la gare d’Orléans.

Le vingt troisième ballon est : Le Ferdinand Flocon qui décolle le vendredi 4 novembre 1870 à 9h30 de la gare du nord.

Il n’est donc pas possible que le  vingt troisième ballon, Le Ferdinand Flocon, ait transporté ce courrier puisqu’à cette date le pli était déjà à Clermont-Ferrand… Reste les deux autres ballons…

Notre expéditeur a écrit et posté son courrier le samedi 29 octobre 1870 et ce dernier a fait parti de la sixième levée de la journée.

Horaires des levées dans les bureaux de quartier à Paris

Première levée - 7 heures 30 aux bureaux de quartier.

Deuxième levée - 10 heures aux bureaux de quartier.

Troisième levée - midi aux bureaux de quartier.

Quatrième levée - 2 heures aux bureaux de quartier.

Cinquième levée - 4 heures aux bureaux de quartier.

Sixième levée - 5 heures 30, 5 heures 45* ou 6 heures* aux bureaux de quartier.

Septième levée - 9 heures 30 aux bureaux de quartier.

* 5 heures 45 dans les bureaux bénéficiant des levées exceptionnelles, et jusqu'à 6 heures aux bureaux 1 et 24, puis 11 (en 1865).

C’est donc en fin d’après-midi du 29 octobre 1870, entre 16 et 18heure que le pli a été déposé à la boite aux lettres du bureau de quartier de la place de la bourse et enregistré. A cette heure-ci, le vingt et unième ballon, Le Colonel Charras, est déjà parti ! Nous pouvons donc affirmer maintenant que ce courrier a été transporté par le vingt deuxième ballon : Le Fulton.

 

4 Le ballon monté le Fulton

Le Fulton est un ballon de 2000 m3. Il décolle le 2 novembre 1870 de la gare d’Orléans à 8h45 pour atterrir après  5h15 de vol et 345km à Chanzeaux, petite commune située a mi-chemin entre Angers et Cholet. Ce ballon était piloté par l’aéronaute Le Gloarnec et avait comme passager Ernest Cézanne, ingénieur des ponts et chaussées ; 6 pigeons voyageurs et 250 kilos de courrier avaient été aussi embarqués. Ernest Cézanne avait été chargé par le gouvernement de la Défense nationale d'une mission auprès de la Délégation de Tours, relativement au ravitaillement de Paris. Il devait assurer l'achat de 26000 t de comestibles représentant la consommation de Paris pour 15 jours. Cette nourriture, payée 42 millions ne parvint jamais à destination.

Le marin le Gloarnec, huit jours après son arrivée à Tours, est mort d'une fluxion de poitrine. Ses funérailles ont été imposantes. Les aéronautes présents à Tours, et les délégués des membres du gouvernement ont suivi jusqu'au cimetière le corps du jeune et courageux marin.

Peut-être que le nom de ce ballon monté a été décerné en hommage à Robert Fulton (1765 - 1815), ingénieur et inventeur américain qui conçut le premier bateau à vapeur opérationnel et inventa la torpille.

 

5 Bibliographie et sources incontournables :

  • Le catalogue Yvert Spécialisé des timbres de France Tome 1 – 1975
  • Paris Oblitérations de Jean Potion 1984
  • France Oblitérations de Jean Potion 1985
  • Les ballons montés de Gérard Lhéritier -1990
  • La fabuleuse histoire des boules et ballons de la délivrance de Jean-Claude Lettré – 2006
  • Le site internet de Jean-Francois Estel    http://jef.estel.pagesperso-orange.fr/index.htm

 

6 Le destinataire, Monsieur SALNEUVE

Qui était M.SALNEUVE, le destinataire de ce courrier ?

A la recherche du FULTON …

Mathieu-Marie-Claude SALNEUVE est né à Aigueperse (Puy-de-Dôme) le 15 janvier 1815. Il fait ses études au collège Bourbon, est reçu licencié en droit en 1836, et docteur en 1841. Inscrit au barreau de Riom la même année, il entre dans la magistrature, le 28 février 1847, comme juge-suppléant au tribunal de Riom, devient successivement substitut, procureur de la République, juge, puis juge d'instruction à Riom, et, le 21 octobre 1865, Vice-président du tribunal de Clermont-Ferrand.

Le 4 septembre 1870, il refuse le poste de procureur-général, et est Président du comité de la défense dans son département. Il obtient, sans être élu, le 8 février 1871, d’être candidat à l'Assemblée nationale dans le Puy-de-Dôme, Il recueille 39,576 voix sur 96,000 votants, puis, à l'élection complémentaire du 2 juillet suivant, motivée par la démission de M. Girot-Pouzol, il est élu représentant du Puy-de-Dôme, par 67,743 voix sur 92,015 votants et 170,459 inscrits, contre 22,985 à M. Auberjon, conservateur. Il prend place à la gauche républicaine, soutient la politique de Thiers, et vote contre la pétition des évêques, contre le pouvoir constituant, pour le service de trois ans, contre la démission de Thiers, contre la septennat, contre le ministère de Broglie, pour l'amendement Wallon, pour les lois constitutionnelles. Il est été admis à la retraite comme magistrat, le 8 août 1874, avec le titre de vice-président honoraire. Le 30 janvier 1876, il est élu sénateur du Puy-de-Dôme par 286 voix sur 569 votants. Il siége à gauche dans la Chambre haute.

Il décède le 18 septembre 1889.

7 Retranscription de la correspondance

Cette correspondance adressée à Monsieur Salneuve, alors vice-président du tribunal civil à Clermont – Ferrand (et bientôt sénateur, mais cela, il ne le sait pas encore !) est un témoignage important de l’état d’esprit qu’il règne dans Paris alors que l’on est au 11ème jour du siège.

Cette lettre n’est pas signée, mais j’ai la conviction que l’expéditeur est une personne très proche de M. Salneuve, elle conclue d’ailleurs cette missive par des « embrassades cordiales ».  Après quelques recherches, il s’avère que le destinataire a un frère cadet : Victor. Il est homme de lettres, ami de Béranger et de Lamartine; de là à en faire notre expéditeur potentiel… Pourquoi pas !

« Samedi 29 octobre 1870 (lettre reçue le 4 novembre)

Toujours sans nouvelles depuis le 18 septembre – un tel isolement forcé est vraiment pénible. Quand on écrit sans réciprocité, sans échange d’idées, sans possibilité de répliquer, un pareil exercice  est assez monotone, car il devient alors un simple monologue, genre de discours ennuyeux, énervant quand il se prolonge et se répète. Est-il permis de vous croire tous en bonne santé ? Peu accessible à toute pensée mauvaise ou sinistre, l’auteur de la présente, suit son penchant naturel en inclinant vers l’affirmation. Fasse le ciel et nos efforts communs qu’il en reçoive bientôt l’heureuse confirmation !

Dernière lettre pareille a celle-ci écrite mercredi 26 courant. Elle a dû s’envoler dans les airs par l’un des ballons partis de Paris.

L’Officiel de ce jour ouvre un crédit de 40 000 à Dupuy de Lhome pour l’aider à la construction d’un aérostat dirigeable dont il est l’inventeur. S’il réussit, Paris et la province seront incessamment en communication facile malgré le blocus qui nous étreint. Cette situation obsidionale est fort triste, et, sans le rapport matériel, cela ne fait que croitre, mais sans s’embellir.

 L’aspect de la ville est tout autre de celui habituel, principalement le soir, car il y a peu d’éclairage jusqu’à 10h1/2, et qu’à cette heure tout lieu public se ferme et le gaz des rues est rendu rare. Cependant quoiqu’il y ait, moins en moins de police, qu’en ce moment  tout est d’une tranquillité parfaite, et on ne signale ni vol ni attaque nocturne. La garde nationale est vigilante et veille à la sécurité de tous. Les gardiens de la paix publique, institution substituée à celle des sergents de ville, sont assez nombreux et se composent en majeure partie de l’ancien personnel. Ils semblent avoir une mission en quelque sorte passive.

La Concorde reste inébranlable. Les manifestations en faveur de la commune n’ont amené aucun conflit. L’opinion publique les a désapprouvés. Elles se sont évanouies devant leur impuissance bien manifeste. Les mêmes tentatives à Lyon et à Marseille, quoique suivies, de quelques succès d’abord, ont abouties ensuite à un échec, d’après les dépêches de Tours, ainsi tout parait être au calme dans notre malheureux pays. 

Ici la direction des esprits converge unanimement vers des mesures objectives d’expulsion de l’ennemi. Jusqu’à présent, il n’y a aucune dépendance. Résolus comme on est, on saura attendre patiemment le jour de délivrance. Mais il faut être deux fois sûr du succès d’ici et au dehors  pour engager sérieusement la lutte. Avec des masses d’hommes et de gros canons, on forcera bien les modernes vandales à fuir. Le journaliste Bismark veut tromper la province et l’Europe par ses infâmes mensonges,  mais il n’y parviendra pas avec son Nouvelliste de Versailles. Thiers va arriver ici dit-on. Nos armées du dehors doivent être ????  Bazaine tiendra à Metz jusqu’à ordre contraire. ??? Gallet est toujours grand. Compliments à tous et embrasses cordiales. »

En espérant que ce jeu de piste vous a passionné !

APN 2015 - Bruno Debove

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 21:00

Mon grand oncle Philippe Desbruyères, né le 11 novembre 1878 (date prémonitoire) était de la classe 1898. Il avait effectué son service militaire de 1899 à 1902 avec le grade de caporal.

 

Après la déclaration de guerre, il fut mobilisé en octobre 1914, date tardive en raison de son âge (36 ans). Incorporé au 64ème Régiment  territorial le 19 octobre 1914  puis au 368ème Régiment d’Infanterie, il obtint les grades de sergent le 4 juin 1915 et sergent-chef le 28 juin 1915.

 

Il fut fait prisonnier probablement peu après Juillet 1915 car il écrit une carte de correspondance des armées le 31 juillet. Cet événement s’est produit dans les Vosges alors que son régiment attaquait. Croyant les allemands devant, les soldats du régiment ont, sans le savoir dépassé les lignes ennemies et ont été contournés.

Philippe Desbruyères dit « le Tienny »  prisonnier de guerre français en Allemagne

Philippe Desbruyères fut transféré au camp de Landau situé en Rhénanie Palatinat au nord-ouest de Karlsruhe fin 1915. Il y resta jusqu’à la libération fin 1918.  Il appartenait au 2ème bataillon de la 7ème compagnie de prisonniers comme en témoignent les cartes écrites à sa famille. Le cachet de censure apparaît au verso porteur du n° 28.

 

Ce camp reçu une visite de délégués espagnols le 14 avril 1916. A cette date, il comptait alors 1077 prisonniers dont 855 français.

 

Philippe fut démobilisé le 20 février 1919.

 

Son petit-fils, mon cousin Claude Guyot a fait paraître à droits d’auteur en 2009 un ouvrage intitulé « Mon Grand-Père Le Tienny ».

 

Sur le site : www/europeana1914-1918.fr on peut retrouver dans la rubrique « prisonniers » l’histoire de Philippe grâce aux informations et aux documents transmis par mon cousin.  

 

 

Philippe Desbruyères en captivité au camp de Landau, mars 1916.

Philippe Desbruyères en captivité au camp de Landau, mars 1916.

Carte de correspondance du 31 juillet 1915.
Carte de correspondance du 31 juillet 1915.

Carte de correspondance du 31 juillet 1915.

Carte de prisonnier du 7 février 1916.
Carte de prisonnier du 7 février 1916.

Carte de prisonnier du 7 février 1916.

Lettre à ses sœurs du 25 novembre 1916.

Lettre à ses sœurs du 25 novembre 1916.

Courrier du 25 novembre 1916

 

Chères sœurs,

Je bien reçu la dernière lettre d’Henriette. J’espère avoir bientôt des vos nouvelles. Je vous avais demandé des livres parce que je savais que vous aviez beaucoup d’invités et je pensais qu’il y avait des lectures et que vous auriez pu m’envoyer de ceux-là mais je ne pensais pas que vous en achèteriez. J’ai eu des nouvelles de Paris et de Corancy il y a peu de temps. Les nouvelles sont toujours bonnes pour Tous. Louise me dit qu’elle retient Louis le soir pour ses leçons car le calcul ne va pas fort et que jeanne fait seule ses additions et qu’elle sait sa table sur le bout du doigt. Ma sœur me semble pas vouloir déménager mais ça ne fait rien, comme ça elles verront bien. Je pense avoir une lettre de Philippine de Paris qui aura peut être vu Octave. Francis doit être chauffeur car ma sœur dit qu’il a maigri. Pour moi la santé est toujours très bonne. J’ai bien reçu les colis du 24 octobre, je crois. Je n’ai pas encore les livres. Je crois aussi que je ne suis pas à la veille de vous revoir. La quarantaine me prendra probablement ici, mais il n’y a rien à faire au destin. Je le désirerais même et retrouver tous nos enfants en bonne santé. Je suis toujours occupé aux colis, c’est une occupation qui permet de se donner un peu d’exercice, il se pourrait que nous soyons astreint à aller au travail dehors. Je vous en parlerai plus tard. Doussot de Corancy et Bouvier sont toujours au travail. Rien de plus à vous communiquer, c’est toujours la même chose. Donnez-moi autant que possible des nouvelles de Tous. Le bonjour de ma part à Tous ainsi qu’à la famille Guéroult. Je vous embrasse bien affectueusement.

Comme je vous aime votre frère Desbruyères.

 

Lettre à ses sœurs du 16 décembre 1916.

Lettre à ses sœurs du 16 décembre 1916.

Courrier transcrit du 16 décembre 1916

 

Chères sœurs,

Je n’ai pas reçu de vos nouvelles depuis longtemps. J’en aurai peut être même ce soir, mais je suis obligé d’écrire aujourd’hui. J’ai bien reçu le colis du 8 en bon état, ce qui était dans la boîte était bon et le reste aussi ; Pour Louis, je suis le premier à comprendre le cas, mais il y a aussi bien des cas de s’en tirer et il ne faut pas se lamenter avant les faits, certes c’est bien lui qui m’est le plus cher pour le moment car je vois les autres à couvert pour le moment, mais malgré cela, je veux penser le contraire d’Henriette. J’ai parlé à ma sœur pour le déménagement, elle m’a toujours répondu que je n’avais rien à craindre, que je ne devrais rien, que je n’avais pas un salaire assez fort pour indemniser le propriétaire, alors j’ai écrit à louise qu’elles étaient sur les lieux et qu’elles pourraient voir mieux que moi qui voyait toujours les frais s’accumuler, mais si cela n’est pas le cas tant mieux. Les dernières nouvelles datent du 29 novembre, rien de nouveau au pays. J’ai reçu une carte de notre ami Guetré lui-même, il est chez lui, sa carte est bien rédigée et ne vous oublie pas, il m’annonce encore un colis, il pense qu’il s’en remettra complètement. Combien sa femme et ses Parents ont du être heureux, et nous après avoir vu son état. Pour moi la santé est toujours bonne. Bouvier et Doussot sont toujours au travail. Je profite de cette lettre pour vous souhaitez mes meilleurs vœux de bonne année, espérant malgré tout que la nouvelle année nous apporte la paix dont on parle aujourd’hui, mais hélas sans espoir je crois. J’ai bien reçu une lettre d’Octave pendant son séjour à Paris. Je pense que le cousin Henri a été au pays et que sa femme ne va toujours pas. Je voudrais bien pouvoir vous écrire plus souvent mais je ne puis faire plus. Jeanne m’a écrit qu’elle avait eu un beau manteau de sa tante Philippine et qu’elle l’avait porté le jour même de la Toussaint. J’ai dit à Louise qu’elle les fasse photographier au Printemps comme elle l’a fait l’année dernière, peut être dira-t-elle c’est assez vous lui direz que tous les ans ne suffisent qu’à peine étant donné les circonstances. 

 

Correspondance du 19 août 1917.
Correspondance du 19 août 1917.

Correspondance du 19 août 1917.

Carte avec cachet de censure.

Carte avec cachet de censure.

Correspondance du 5 septembre 1917.

Correspondance du 5 septembre 1917.

APN - Christian Raget

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26 janvier 2015 1 26 /01 /janvier /2015 12:37

Les enveloppes du Mail Art continuent a arriver ...

Réalisée par Nadine Zinutti
Réalisée par Nadine Zinutti

Réalisée par Nadine Zinutti

Réalisées par Christine Carpentier
Réalisées par Christine Carpentier
Réalisées par Christine Carpentier
Réalisées par Christine Carpentier
Réalisées par Christine Carpentier
Réalisées par Christine Carpentier

Réalisées par Christine Carpentier

Réalisée par Christine Carpentier

Réalisée par Christine Carpentier

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5 janvier 2015 1 05 /01 /janvier /2015 14:41

La mise en vente de l’émission 6 fois jumelée du timbre de la tortue marine, Chelonia mydas s’est déroulée comme prévu le 9 octobre 2014, date de la « Journée Mondiale de La Poste ».

 

C’est Kelonia, l’observatoire des tortues marines, qui, à la Réunion a accueilli le sextuple Premier Jour. (www.kelonia.org,).

 

Cette manifestation a été un succès pour les 6 administrations postales présentes.

 

Une conférence sur le thème de la protection des tortues marines était à cette occasion proposée aux visiteurs.

 

Cette journée s’est prolongée par les RPOI (rencontres philatéliques de l’Océan Indien), les 10 et 11 octobre à Saint Pierre de La Réunion, siège des TAAF. Ces rencontres entre les services postaux et les associations philatéliques de la zone : Seychelles, Maurice, Madagascar, Comores, sans oublier bien-sûr la Poste française (Réunion et Mayotte), et l’équipe philatélique des TAAF comportaient cette année un programme attractif :

 

  • l’émission d’un timbre commun aux six opérateurs dédié à la « tortue verte »

 

  • des stands de vente de timbres et de produits philatéliques

 

  • une exposition sur la philatélie des TAAF, des projections et des ateliers de découverte de la philatélie

 

  • la présence de Claude Perchat qui a dédicacé les plis des collectionneurs

 

  • Le samedi 11 octobre : des projections des films (en continu), « Europa, 40 ans d’aventures scientifiques », « 3M, Mafate, Mohéli et tortues Marines » et « Postiers du bout du Monde »

 

  • Le samedi 11 octobre (11h-11h30), une conférence sur les îles éparses : biodiversité, recherche, conservation…
Document officiel émis par La Poste Française : il comporte les 6 timbres oblitérés des cachets PJ : pour les TAAF, c’est celui de Juan de Nova.

Document officiel émis par La Poste Française : il comporte les 6 timbres oblitérés des cachets PJ : pour les TAAF, c’est celui de Juan de Nova.

Pochette émise par La Poste avec les 6 timbres différents.

Pochette émise par La Poste avec les 6 timbres différents.

Mais revenons sur le Premier Jour des timbres Tortue verte.

 

La Poste Française avait prévu la mise en vente d’une pochette regroupant les 6 timbres. On pouvait se la procurer à Paris au Carré d’Encre. Mais c’est à Saint Leu et uniquement là que l’on pouvait recueillir les 6 oblitérations temporaires, le Carré d’Encre se limitant à deux oblitérations temporaires, celles de France et des TAAF.

 

Dans un second temps, à partir du 13 octobre, était disponible le document philatélique officiel de La Poste qui reprend les 6 timbres et les 6 oblitérations Premier Jour.

 

Les administrations postales des pays autres que les TAAF, à l’origine de cette émission, ont également organisés des Premiers Jours sur leurs Territoires respectifs. Mais à Saint Leu, elles tenaient un stand où elles proposaient d’autres émissions de leurs pays. L’occasion pour les visiteurs d’acquérir des timbres « anciens » des Comores ou des Seychelles, pays qui n’ont pas créé d’émissions nouvelles depuis plusieurs années (2007 pour les Comores, 2011 pour les Seychelles) à l’exception de TP d’usage courant régulièrement réédités.

Document officiel La Poste.
Document officiel La Poste.

Document officiel La Poste.

Chaque administration a en principe utilisé un cachet à date. Ce détail a son importance : on s’attendait à une série de 6 cachets Premier Jours, mais, en pratique il  y en a eu plus !

 

Et le décompte définitif reste encore à établir : 1 pour les TAAF (Juan de Nova pour les Eparses, utilisé aussi à La Réunion, mais 2 pour la France :

 

  • un à La Réunion mentionnant Saint Leu

 

  • un à Paris, au Carré d’Encre. Celui-ci n’était annoncé nulle part.
Oblitérations annoncées Premier Jour des TAAF.

Oblitérations annoncées Premier Jour des TAAF.

Cachet Premier Jour délivré au Carré d’Encre. Ce cachet n’était pas annoncé dans la presse philatélique ni par La Poste.

Cachet Premier Jour délivré au Carré d’Encre. Ce cachet n’était pas annoncé dans la presse philatélique ni par La Poste.

Les 4 autres administrations postales de l’Océan Indien avaient également leur CàD spécifique. Mais si l’on observe attentivement ces derniers, on s’aperçoit qu’ils ont été modifiés par rapport à ceux qui étaient annoncés (voir le Lien de Septembre n°111) :

 

  • pour les Seychelles, les Comores et Madagascar, la mention 1erjour a été ajoutée mais Chelonia mydas ne figure pas.

 

  • Pour l’Ile Maurice, la mention 1erjour a été ajoutée tout en conservant Chelonia mydas. Le texte comporte également la mention « République de l’ile Maurice au lieu de Port-Louis Ile Maurice ».

 

Les deux ont-ils été utilisés, notamment à Maurice ? La question est à cet instant sans réponse.

Oblitération premier jour pour l’Ile Maurice.

Oblitération premier jour pour l’Ile Maurice.

Enfin, un cachet à date de couleur verte a été utilisé au titre des RPOI du 9 au 11 octobre. Il porte la mention « Saint Pierre de La Réunion – TAAF ».

 

APN - JG Janvier 2015

Cachet Premier Jour RPOI.

Cachet Premier Jour RPOI.

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16 décembre 2014 2 16 /12 /décembre /2014 14:50
Appel à Mail Art 2015 de Thycia Hardelay

Le nouveau thème retenu pour le concours d'Art Postal organisé par Thycia Hardelay est "Ecolo-misez pour demain".

Date limite le 30 mai 2015

Envoyez vos réalisations à l'adresse suivante :

U.E.A.J.

97, rue des Chantiers

78000 VERSAILLES

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15 décembre 2014 1 15 /12 /décembre /2014 12:31

Le voyage a été long, mais elles sont de retour, voici la suite du retour des enveloppes Mail Art qui ont bénéficié de la rotation du Marion Dufresne.

Enveloppes réalisées par Christine Carpentier, Martin de Vivies St Paul, datée du 13 septembre 2014.
Enveloppes réalisées par Christine Carpentier, Martin de Vivies St Paul, datée du 13 septembre 2014.
Enveloppes réalisées par Christine Carpentier, Martin de Vivies St Paul, datée du 13 septembre 2014.
Enveloppes réalisées par Christine Carpentier, Martin de Vivies St Paul, datée du 13 septembre 2014.
Enveloppes réalisées par Christine Carpentier, Martin de Vivies St Paul, datée du 13 septembre 2014.

Enveloppes réalisées par Christine Carpentier, Martin de Vivies St Paul, datée du 13 septembre 2014.

Enveloppe réalisée par Nadine Zinutti, Port aux Français Kerguelen, datée du 5 septembre 2014.

Enveloppe réalisée par Nadine Zinutti, Port aux Français Kerguelen, datée du 5 septembre 2014.

Enveloppe réalisé par Emanuelle Villebrun cachet daté du 13 septembre 2014, Martin de Vivies St Paul.

Enveloppe réalisé par Emanuelle Villebrun cachet daté du 13 septembre 2014, Martin de Vivies St Paul.

Enveloppes de Christine Carpentier, Port aux Français Kerguelen, datée du 5 septembre 2014.
Enveloppes de Christine Carpentier, Port aux Français Kerguelen, datée du 5 septembre 2014.

Enveloppes de Christine Carpentier, Port aux Français Kerguelen, datée du 5 septembre 2014.

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26 novembre 2014 3 26 /11 /novembre /2014 07:39

La Ferme Géante, le vendredi 28 et samedi 29 novembre à Nanterre dans le Parc des Anciennes Mairies de 10h00 à 18h00. Toutes les informations sont sur le site de la Ville de Nanterre.


L'Amicale y tiendra un stand au pied de la Villa des Tourelles, au côté de la Société d'Histoire. Nous y exposerons des collections en rapport avec le thème de la ferme.

 

Pour cette occasion une flamme a été mise en service depuis le 27 octobre 2014 sur la machine à affranchir de l'Hôtel de Ville.

La Ferme Géante à Nanterre

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