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  • : Amicale Philatélique de Nanterre
  • Amicale Philatélique de Nanterre
  • : Les réunions sont ouvertes à tout philatéliste, même non adhérent, mais qui souhaite partager sa passion autour du timbre et de la lettre. Réunions 1ers et 3èmes dimanches de chaque mois à 10h. Villa des Tourelles 9, rue des Anciennes Mairies à Nanterre. Adresse E-mail : apn92@free.fr
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  • Réunions de l'Amicale Philatélique de Nanterre - 1ers et 3èmes dimanches
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L’association philatélique est le lieu privilégié pour partager sa passion, développer des échanges trouver la convivialité et l’amitié autour d’un loisir commun. Au-delà, elle permet de véhiculer l’information, de découvrir, d’échanger par l’intermédiaire de services structurés. L’association philatélique rompt l’isolement et intègre le collectionneur dans un groupe de contact.

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10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 20:30

En décembre 2015, à l’occasion du Salon Philatélique MonacoPhil, les TAAF ont émis un carnet de sept timbres de valeur faciale 1,24€, représentant des bateaux palangriers qui pêchent la légine dans les mers australes.

Les sept timbres constituant le carnet et sa couverture.
Les sept timbres constituant le carnet et sa couverture.

Les sept timbres constituant le carnet et sa couverture.

Produit par Phil]@Poste , le tirage était prévu à hauteur de 40000 exemplaires. Une première dotation de 5000 unités a été livrée aux TAAF peu avant le salon. Le carnet a commencé à être diffusé auprès de correspondants quelques jours avant la date officielle de mise en vente, et pendant le Salon MonacoPhil.

Dès le premier jour, un lecteur averti a détecté une coquille dans le texte figurant sur la couverture intérieure du carnet.

Chaque navire est en effet présenté en quelques lignes, initiative qui porte tout l’intérêt culturel de cette émission. Pour le bateau dénommé « Ile de La Réunion », on s’aperçoit que la fin du texte a été tronquée. La dernière phrase : « Il effectue des marées de deux à trois mois autour des archipels Crozet et » doit être complétée par « Kerguelen ».

Texte sur le verso de la couverture et zoom sur le texte incomplet du navire Ile de la Réunion.
Texte sur le verso de la couverture et zoom sur le texte incomplet du navire Ile de la Réunion.

Texte sur le verso de la couverture et zoom sur le texte incomplet du navire Ile de la Réunion.

Comment est née cette erreur ? Un Bon à tirer a été validé le 25 mai 2015.  Le texte est complet, mais on note, à la 5ème ligne la rédaction suivante : « est armé de trente hommes d’équipage ». Par la suite, une demande de rectification a été faite sur les textes de plusieurs timbres : il s’agissait de remplacer l’expression « armé de ...hommes d’équipage » par « armé par …hommes d’équipage ». Un petit changement de mot qui a entraîné pour l’Ile de La Réunion un décalage de texte au bout de la 5ème ligne ; le mot équipage passe sur la 6ème ligne, et en fin de texte le mot Kerguelen passe sur la ligne inférieure. Cette dernière n’existant pas dans la maquette, le mot a donc disparu.

On peut s’étonner qu’une retouche intervenue après signature du BAT n’ait pas fait l’objet d’un nouveau BAT.

Bon à tirer original signé le 25 mai 2015.

Bon à tirer original signé le 25 mai 2015.

 Zoom sur le texte original, la demande de rectification qui va créer un décalage dans le texte, le texte ainsi tronqué, et la rectification tardive..
 Zoom sur le texte original, la demande de rectification qui va créer un décalage dans le texte, le texte ainsi tronqué, et la rectification tardive..
 Zoom sur le texte original, la demande de rectification qui va créer un décalage dans le texte, le texte ainsi tronqué, et la rectification tardive..
 Zoom sur le texte original, la demande de rectification qui va créer un décalage dans le texte, le texte ainsi tronqué, et la rectification tardive..

Zoom sur le texte original, la demande de rectification qui va créer un décalage dans le texte, le texte ainsi tronqué, et la rectification tardive..

Le service philatélique des TAAF a aussitôt demandé à Phil@Poste d’effectuer en urgence la correction, pour les carnets restant à produire.  Mais cette rectification n’est intervenue qu’après MonacoPhil.

Les carnets fautés non vendus ont été retournés pour être détruits.

La commercialisation des carnets ayant partiellement commencé, un certain nombre d’exemplaires fautés ont été vendus à des collectionneurs en France ou à l’étranger et lors de MonacoPhil où les TAAF ne disposaient pas d’exemplaires corrigés.

Combien ? Le chiffre peut être évalué à 2000, les 3000 restant étant détruits par Phil@Poste.

La suite de la commande, soit 35000 carnets est    intervenue après correction, ce qui porte le tirage total à environ 37000 carnets au lieu des 40000 prévus initialement.

 Les timbres n’étant pas eux-mêmes affectés par cette coquille, on ne peut pas véritablement parler de variété au sens philatélique du terme.

Toutefois, certains carnets de France comportant des anomalies de couverture sont recensés dans la rubrique Carnets du catalogue Y&T (voir par exemple le carnet La poste Colbert de Marseille de 1991). On attend donc que le carnet fauté des TAAF soit signalé dans le catalogue des TAAF (Y&T T1bis).

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10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 19:15

Le centenaire de la Grande Guerre doit être pour chacun l’occasion d’exercer un devoir de mémoire. Nous nous proposons d’examiner les différents contrôles postaux militaires (principalement en France, mais aussi en Lybie via l’armée italienne, et à Londres).

Si le service de la censure a ouvert quelques jours avant la déclaration officielle de la guerre le 30 juillet 1914, il faut attendre le 4 janvier 1915 pour que le contrôle postal militaire voit le jour. Sa mise en service est progressive et c’est seulement à partir de novembre 1915 qu’il parvient à une bonne efficacité en traitant jusqu’à 180.000 courriers censurés par semaine ! C’est à cette période qu’ont été imprimées les fameuses bandes autocollantes modèle n° 509 servant à refermer l’enveloppe, et visibles sur les documents  présentés.

Si quasiment toutes les correspondances (principalement des cartes lettres réglementaires) des soldats et officiers (qui étaient très souvent obligés d’écrire au crayon à papier) étaient lues, il n’en était pas de même des correspondances des particuliers postées au tarif intérieur. Au vu de la masse de courrier à   examiner, cela aurait été impossible, mais les lettres en provenance de l’étranger et des régions proches du front n’échappaient que rarement à la censure.

C’est ce que nous allons étudier à travers 28 lettres postées en France dans des régions proches du front, en Suisse, en Grande Bretagne, aux États-Unis, aux Pays-Bas et en Libye.

(Remerciements à Ghislaine & Pierre mes amis du club de danse de Croissy qui m’ont confié ce fonds de lettres provenant du grand père de Pierre)

Document 1 : Lettre sans texte : (LST) postée à Lausanne -Gare le 31 mai 1915 pour Saint Hippolyte (Doubs) affranchie à FS 0,25 par un timbre n° 130 et une paire de n° 131 de Suisse. Cachets en bleu ‘ouvert par l’autorité militaire’ et ‘Visa du gouverneur militaire de Belfort centre de Belfort’. Au verso CAD arrivée 10/09/1915.

Document 1 : Lettre sans texte : (LST) postée à Lausanne -Gare le 31 mai 1915 pour Saint Hippolyte (Doubs) affranchie à FS 0,25 par un timbre n° 130 et une paire de n° 131 de Suisse. Cachets en bleu ‘ouvert par l’autorité militaire’ et ‘Visa du gouverneur militaire de Belfort centre de Belfort’. Au verso CAD arrivée 10/09/1915.

Document 2 : LST postée à Lausanne-Gare le 24 juin 1915 à destination de Saint Hippolyte affranchie à FS 0,25 par un timbre n° 130 et une paire de n°131. Cachet bleu ‘ouvert par l’autorité militaire’ et ‘Visa du gouverneur militaire de Belfort centre de Belfort’. Au verso CAD de transit Besançon 26/06/1915 et CAD arrivée 02/07/1915.

Document 2 : LST postée à Lausanne-Gare le 24 juin 1915 à destination de Saint Hippolyte affranchie à FS 0,25 par un timbre n° 130 et une paire de n°131. Cachet bleu ‘ouvert par l’autorité militaire’ et ‘Visa du gouverneur militaire de Belfort centre de Belfort’. Au verso CAD de transit Besançon 26/06/1915 et CAD arrivée 02/07/1915.

Document 3 (recto et verso) :  LST postée à Tripoli (Lybie) le 28 août 1915 à destination de Maiche (Doubs) affranchie à 0,25 lire avec 2 timbres libyens n° 4 rose 0,10 lire et n°5 gris à 0,15 lire (Timb et refermée par la bande ‘Verificato per Censura’. Au verso CAD d’arrivée Maiche le 30 août 1915.
Document 3 (recto et verso) :  LST postée à Tripoli (Lybie) le 28 août 1915 à destination de Maiche (Doubs) affranchie à 0,25 lire avec 2 timbres libyens n° 4 rose 0,10 lire et n°5 gris à 0,15 lire (Timb et refermée par la bande ‘Verificato per Censura’. Au verso CAD d’arrivée Maiche le 30 août 1915.

Document 3 (recto et verso) : LST postée à Tripoli (Lybie) le 28 août 1915 à destination de Maiche (Doubs) affranchie à 0,25 lire avec 2 timbres libyens n° 4 rose 0,10 lire et n°5 gris à 0,15 lire (Timb et refermée par la bande ‘Verificato per Censura’. Au verso CAD d’arrivée Maiche le 30 août 1915.

Document 4 : LST postée à Dannemarie (l’une des 91 communes alsaciennes libérées en août 1914 et qui le resteront jusqu’à la fin du conflit) à destination de Saint Hippolyte, affranchie à 0,10 centime par une paire de semeuse vert n°137.  Cachet en rouge ‘ouvert par l’autorité militaire’. Au verso CAD arrivée 3 septembre 1915.

Document 4 : LST postée à Dannemarie (l’une des 91 communes alsaciennes libérées en août 1914 et qui le resteront jusqu’à la fin du conflit) à destination de Saint Hippolyte, affranchie à 0,10 centime par une paire de semeuse vert n°137. Cachet en rouge ‘ouvert par l’autorité militaire’. Au verso CAD arrivée 3 septembre 1915.

Document 5: LST postée à Porrentruy bureau de ‘transit’ (Jura suisse) le 18 août 1915 à destination de Saint Hippolyte affranchie à FS 0,10 par deux paires (n°128 2c. et n° 129 3c.).  Cachets en bleu ‘ouvert par l’autorité militaire’ et ‘Ministère de la Guerre contrôle postal de Belfort’. Au verso CAD arrivée 25 août 1915.

Document 5: LST postée à Porrentruy bureau de ‘transit’ (Jura suisse) le 18 août 1915 à destination de Saint Hippolyte affranchie à FS 0,10 par deux paires (n°128 2c. et n° 129 3c.). Cachets en bleu ‘ouvert par l’autorité militaire’ et ‘Ministère de la Guerre contrôle postal de Belfort’. Au verso CAD arrivée 25 août 1915.

Document 6  : LST postée à Porrentruy bureau ‘lettres et mandats’ le 6 septembre 1915 à destination de Saint Hippolyte affranchie à FS 0,10 par deux paires (n°128 2c. et n° 129 3c.).  Cachets en bleu ‘ouvert par l’autorité militaire’ et ‘Ministère de la Guerre contrôle postal de Belfort’. Au verso CAD arrivée 15 septembre 1915.

Document 6  : LST postée à Porrentruy bureau ‘lettres et mandats’ le 6 septembre 1915 à destination de Saint Hippolyte affranchie à FS 0,10 par deux paires (n°128 2c. et n° 129 3c.). Cachets en bleu ‘ouvert par l’autorité militaire’ et ‘Ministère de la Guerre contrôle postal de Belfort’. Au verso CAD arrivée 15 septembre 1915.

Document 7 : LST postée à Cornol (Suisse) le 14 septembre 1915 à destination de Saint Hippolyte affranchie à FS 0,10 par n° 138.  Cachets en bleu ‘ouvert par l’autorité militaire’ et ‘Ministère de la Guerre contrôle postal de Belfort’. Au verso CAD arrivée 22 septembre 1915.

Document 7 : LST postée à Cornol (Suisse) le 14 septembre 1915 à destination de Saint Hippolyte affranchie à FS 0,10 par n° 138. Cachets en bleu ‘ouvert par l’autorité militaire’ et ‘Ministère de la Guerre contrôle postal de Belfort’. Au verso CAD arrivée 22 septembre 1915.

Document 8 : LST postée à Lausanne-Gare le 9 novembre 1915 à destination de Saint Hippolyte affranchie à FS 0,15 par timbres n°130 et paire du n° 138 de Suisse.  Cachets en bleu ‘ouvert par l’autorité militaire’ et ‘Ministère de la Guerre contrôle postal de Belfort’. Au verso CAD arrivée 15 novembre 1915.

Document 8 : LST postée à Lausanne-Gare le 9 novembre 1915 à destination de Saint Hippolyte affranchie à FS 0,15 par timbres n°130 et paire du n° 138 de Suisse. Cachets en bleu ‘ouvert par l’autorité militaire’ et ‘Ministère de la Guerre contrôle postal de Belfort’. Au verso CAD arrivée 15 novembre 1915.

Document 9 : LST postée à Porrentruy bureau de ‘transit’ le 15 janvier 1916 à destination de Saint Hippolyte affranchie à FS 0,10 par n°138. Cachet ovale en vert ‘ouvert par l’autorité militaire 52’. Au verso CAD de transit ‘ Besançon 17 janvier 1916 et CAD arrivée 21 janvier 1916.

Document 9 : LST postée à Porrentruy bureau de ‘transit’ le 15 janvier 1916 à destination de Saint Hippolyte affranchie à FS 0,10 par n°138. Cachet ovale en vert ‘ouvert par l’autorité militaire 52’. Au verso CAD de transit ‘ Besançon 17 janvier 1916 et CAD arrivée 21 janvier 1916.

Document 10 : Lettre chargée à FF 450 postée à Charquemont (Doubs) le 5 février 1916 à destination de Saint Hippolyte affranchie à FF 0,25 par semeuses n°139 et 140. Cachet ovale en vert ‘ouvert par l’autorité  militaire 52’. Au verso CAD 07 février 1916.

Document 10 : Lettre chargée à FF 450 postée à Charquemont (Doubs) le 5 février 1916 à destination de Saint Hippolyte affranchie à FF 0,25 par semeuses n°139 et 140. Cachet ovale en vert ‘ouvert par l’autorité militaire 52’. Au verso CAD 07 février 1916.

Document 11 : LST postée à Montreux (Suisse) le 16 mai 1916 à destination de Saint Hippolyte affranchie à FS 0,25 par n° 120. Cachet ovale en violet ‘ouvert par l’autorité militaire 52’. Au verso même cachet et CAD arrivée 24 mai 1916.

Document 11 : LST postée à Montreux (Suisse) le 16 mai 1916 à destination de Saint Hippolyte affranchie à FS 0,25 par n° 120. Cachet ovale en violet ‘ouvert par l’autorité militaire 52’. Au verso même cachet et CAD arrivée 24 mai 1916.

Document 12 : LST postée à St Ursanne (Suisse) le 17 septembre 1916 pour Saint Hippolyte affranchie à FS 0,10 par n°138. Cachets en bleu ‘ouvert par l’autorité militaire’ et ‘Ministère de la Guerre contrôle postal de Belfort’. Au verso CAD arrivée 26 septembre 1916.

Document 12 : LST postée à St Ursanne (Suisse) le 17 septembre 1916 pour Saint Hippolyte affranchie à FS 0,10 par n°138. Cachets en bleu ‘ouvert par l’autorité militaire’ et ‘Ministère de la Guerre contrôle postal de Belfort’. Au verso CAD arrivée 26 septembre 1916.

Document 13 : LST postée à Cornol (Suisse) le 24 mai 1916 à destination de Saint Hippolyte affranchie à FS 0,10 par n°138.Cachet ovale en bleu ‘ouvert par l’autorité militaire 113’. Au verso même cachet et CAD arrivée        28 mai 1916.

Document 13 : LST postée à Cornol (Suisse) le 24 mai 1916 à destination de Saint Hippolyte affranchie à FS 0,10 par n°138.Cachet ovale en bleu ‘ouvert par l’autorité militaire 113’. Au verso même cachet et CAD arrivée 28 mai 1916.

Document 14 : LST postée à St Ursanne (Suisse) le 26 mai 1916 à destination de Saint Hippolyte affranchie à FS 0,25 par n° 130 & paire n°138. Cachet ovale en violet ‘ouvert par l’autorité militaire 113’. Au verso CAD     arrivée 30 mai 1916.

Document 14 : LST postée à St Ursanne (Suisse) le 26 mai 1916 à destination de Saint Hippolyte affranchie à FS 0,25 par n° 130 & paire n°138. Cachet ovale en violet ‘ouvert par l’autorité militaire 113’. Au verso CAD arrivée 30 mai 1916.

Document 15 : LST postée à Gravenhage (Pays-Bas) le 16 juin 1916 à destination de Saint Hippolyte affranchie à 0,125 gulden par timbre n°54. Cachet ovale en noir ‘ouvert par l’autorité militaire 18’ avec cachet de transit ‘Paris R.P. Etrangers 23 juin 1916’.          Au verso CAD arrivée 25 juin 1916.

Document 15 : LST postée à Gravenhage (Pays-Bas) le 16 juin 1916 à destination de Saint Hippolyte affranchie à 0,125 gulden par timbre n°54. Cachet ovale en noir ‘ouvert par l’autorité militaire 18’ avec cachet de transit ‘Paris R.P. Etrangers 23 juin 1916’. Au verso CAD arrivée 25 juin 1916.

Document 16 : LST en recommandé postée à Chevenez (Suisse) le 16 août 1916 à destination de Saint Hippolyte affranchie à FS 0,35 par n°122. Cachets ovales en violet ‘ouvert par l’autorité militaire 102’. Au verso double même cachet et CAD arrivée 19 août 1916.

Document 16 : LST en recommandé postée à Chevenez (Suisse) le 16 août 1916 à destination de Saint Hippolyte affranchie à FS 0,35 par n°122. Cachets ovales en violet ‘ouvert par l’autorité militaire 102’. Au verso double même cachet et CAD arrivée 19 août 1916.

Document 17 (recto) et 18 (verso) : LST recommandée postée à Cleveland (Etats-Unis) le 3 octobre 1916 à destination de St Hippolyte affranchie à $ 0,15 par n° 171 3x5 cents bleu.  Cachet ovale en violet ‘ouvert par l’autorité militaire 53’. Au verso même double cachet ainsi que cachets de transit ‘Cleveland Reg. Div. 3 octobre 1916 et ‘New York Rec.’ du 10 octobre 1916 ; CAD arrivée 24 et 25 octobre 1916.
Document 17 (recto) et 18 (verso) : LST recommandée postée à Cleveland (Etats-Unis) le 3 octobre 1916 à destination de St Hippolyte affranchie à $ 0,15 par n° 171 3x5 cents bleu.  Cachet ovale en violet ‘ouvert par l’autorité militaire 53’. Au verso même double cachet ainsi que cachets de transit ‘Cleveland Reg. Div. 3 octobre 1916 et ‘New York Rec.’ du 10 octobre 1916 ; CAD arrivée 24 et 25 octobre 1916.

Document 17 (recto) et 18 (verso) : LST recommandée postée à Cleveland (Etats-Unis) le 3 octobre 1916 à destination de St Hippolyte affranchie à $ 0,15 par n° 171 3x5 cents bleu. Cachet ovale en violet ‘ouvert par l’autorité militaire 53’. Au verso même double cachet ainsi que cachets de transit ‘Cleveland Reg. Div. 3 octobre 1916 et ‘New York Rec.’ du 10 octobre 1916 ; CAD arrivée 24 et 25 octobre 1916.

Document 19 : LST postée à Courtedoux (canton de Berne) le 9 novembre 1916 à destination de St Hippolyte affranchie à FS 0,25 par n° 130 et paire du n°138. Cachet ovale en bleu ‘ouvert par l’autorité militaire 52’. Au verso même cachet et CAD arrivée 14 novembre 1916.

Document 19 : LST postée à Courtedoux (canton de Berne) le 9 novembre 1916 à destination de St Hippolyte affranchie à FS 0,25 par n° 130 et paire du n°138. Cachet ovale en bleu ‘ouvert par l’autorité militaire 52’. Au verso même cachet et CAD arrivée 14 novembre 1916.

Document 20 : LST postée à Vevey Plan (Suisse) le 15 mai 1917 pour St Hippolyte affranchie à FS 0,25 par n° 130 et paire de n°138. Cachet ovale en bleu ‘ouvert par l’autorité   militaire 55’. Au verso CAD arrivée 22 mai 1917.

Document 20 : LST postée à Vevey Plan (Suisse) le 15 mai 1917 pour St Hippolyte affranchie à FS 0,25 par n° 130 et paire de n°138. Cachet ovale en bleu ‘ouvert par l’autorité militaire 55’. Au verso CAD arrivée 22 mai 1917.

Document 21 : LST postée à Porrentruy bureau ‘lettres et mandats’ le 16 mai 1917 à destination de Saint Hippolyte affranchie à FS 0,15 par n° 141.       Cachet ovale en violet ‘ouvert par l’autorité militaire 55’. Au verso CAD arrivée 22 mai 1917.

Document 21 : LST postée à Porrentruy bureau ‘lettres et mandats’ le 16 mai 1917 à destination de Saint Hippolyte affranchie à FS 0,15 par n° 141. Cachet ovale en violet ‘ouvert par l’autorité militaire 55’. Au verso CAD arrivée 22 mai 1917.

Document 22 : LST postée aux Pommerats (Suisse) le 13 octobre 1917 à destination de St Hippolyte affranchie à FS 0,15 par n° 142. Cachet ovale en violet ‘ouvert par l’autorité militaire 55’. Au verso CAD arrivée 19 octobre 1917.

Document 22 : LST postée aux Pommerats (Suisse) le 13 octobre 1917 à destination de St Hippolyte affranchie à FS 0,15 par n° 142. Cachet ovale en violet ‘ouvert par l’autorité militaire 55’. Au verso CAD arrivée 19 octobre 1917.

Document 23 : LST recommandée postée à Londres bureau de Store street le 19 septembre 1917 par le lieutenant         Régnier interprète au grand quartier général des armées de l’est, Contrôle militaire des passeports à Londres, à destination de St Hippolyte affranchie à 2 pence par n° 142 de Grande Bretagne. Cachets en bleu ‘Commissaire spécial délégué du GQG à Londres’ et ‘Grand Quartier Général des Armées/Contrôle militaire des passeports’. Au verso CAD de transit Besançon 21 septembre et d’arrivée 22 septembre 1917.

Document 23 : LST recommandée postée à Londres bureau de Store street le 19 septembre 1917 par le lieutenant Régnier interprète au grand quartier général des armées de l’est, Contrôle militaire des passeports à Londres, à destination de St Hippolyte affranchie à 2 pence par n° 142 de Grande Bretagne. Cachets en bleu ‘Commissaire spécial délégué du GQG à Londres’ et ‘Grand Quartier Général des Armées/Contrôle militaire des passeports’. Au verso CAD de transit Besançon 21 septembre et d’arrivée 22 septembre 1917.

Document 24 : LST postée à Saignelegie (Suisse) le 14 novembre 1917 à destination de St Hippolyte affranchie à FS 0,15 par n° 130 et n° 138. Cachet ovale en violet ‘ouvert par l’autorité militaire 55’. Au verso même cachet et CAD arrivée 20 novembre 1917.

Document 24 : LST postée à Saignelegie (Suisse) le 14 novembre 1917 à destination de St Hippolyte affranchie à FS 0,15 par n° 130 et n° 138. Cachet ovale en violet ‘ouvert par l’autorité militaire 55’. Au verso même cachet et CAD arrivée 20 novembre 1917.

Document 25 : LST postée à La Chaux de Fonds bureau de l’expédition des lettres le 12 novembre 1917 à destination de St Hippolyte affranchie à FS 0,15 par n° 130 et n° 138. Cachet ovale en violet ‘ouvert par l’autorité militaire 138’. Au verso CAD arrivée 20 novembre 1917.

Document 25 : LST postée à La Chaux de Fonds bureau de l’expédition des lettres le 12 novembre 1917 à destination de St Hippolyte affranchie à FS 0,15 par n° 130 et n° 138. Cachet ovale en violet ‘ouvert par l’autorité militaire 138’. Au verso CAD arrivée 20 novembre 1917.

Document 26 : LST postée à Saignelegie le 17 décembre 1917 pour de St Hippolyte affranchie à FS 0,15 par n°142. Cachet ovale en violet ‘ouvert par l’autorité militaire 55’. Au verso CAD arrivée 24 décembre 1917.

Document 26 : LST postée à Saignelegie le 17 décembre 1917 pour de St Hippolyte affranchie à FS 0,15 par n°142. Cachet ovale en violet ‘ouvert par l’autorité militaire 55’. Au verso CAD arrivée 24 décembre 1917.

Document 27 : LST postée à St Brais (Jura bernois) le 20 décembre 1915, pour Saint Hippolyte affranchie à FS 0,15 par n°130 et paire de n°138. Cachet ovale en bleu ‘ouvert par l’autorité militaire 55’. Au verso CAD arrivée 26 décembre 1915.

Document 27 : LST postée à St Brais (Jura bernois) le 20 décembre 1915, pour Saint Hippolyte affranchie à FS 0,15 par n°130 et paire de n°138. Cachet ovale en bleu ‘ouvert par l’autorité militaire 55’. Au verso CAD arrivée 26 décembre 1915.

Document 28 : LST recommandée et chargée postée à Bâle le 2 mars 1918 pour St Hippolyte affranchie à 0,85FS par tp   n° 121 (30c.) & n° 124 (0,50c.). Cachet ovale en violet ‘ouvert par l’autorité militaire 55’. Au verso CAD arrivée du 6 mars 1918.

Document 28 : LST recommandée et chargée postée à Bâle le 2 mars 1918 pour St Hippolyte affranchie à 0,85FS par tp n° 121 (30c.) & n° 124 (0,50c.). Cachet ovale en violet ‘ouvert par l’autorité militaire 55’. Au verso CAD arrivée du 6 mars 1918.

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10 septembre 2017 7 10 /09 /septembre /2017 14:21

Les animaux autochtones à KERGUELEN.

Chapitre 2: Les albatros

Préambule.

Suite au premier chapitre consacré aux mammifères marins de l’archipel de Kerguelen, nous abordons ici les oiseaux mythiques des eaux australes que sont les albatros. Déjà, pendant le voyage, dès le trentième parallèle Sud, nous prenons l’habitude de les voir voler derrière le « Marion-Dufresne ».

L’administration des Terres Australes et Antarctiques ne s’y est pas trompée puisqu’elle a émis de nombreux timbres les concernant.

Parmi les espèces d’albatros présentes dans l’archipel des Kerguelen, nous pouvons citer les 3 espèces les plus facilement observables:

  • L’albatros hurleur (ou grand albatros),
  • L’albatros fuligineux à dos clair,
  • L’albatros à sourcils noirs.
Les différentes espèces d'albatros. Bloc Feuillet n°Y&T17 des TAAF.

Les différentes espèces d'albatros. Bloc Feuillet n°Y&T17 des TAAF.

I – GENERALITES.

Les albatros sont des oiseaux marins qui vivent en pleine mer en se laissant porter par les vents dominants d’ouest dans l’hémisphère sud (40èmes rugissants et 50èmes hurlants). Ils peuvent, grâce à l’envergure de leurs ailes (plus de 3 mètres pour certains), survoler l’océan sans effort pendant plusieurs heures et parcourir ainsi jusqu’à 1000 kilomètres par jour. Leurs ailes restent quasiment immobiles, ils n’ont qu’à en adapter les extrémités (leur main) pour changer de direction et pour tenir compte de la force du vent. Ils se posent sur la mer et en redécollent facilement grâce à leurs deux pattes fortement palmées. Ne pouvant pas battre leurs ailes très longtemps, les albatros sont dépendants des vents pour se déplacer. La nuit, ils se posent sur l’eau pour dormir. On ne se lasse pas d’observer leur vol tellement c’est magnifique lorsqu’ils suivent le Marion Dufresne.

Grand albatros en vol. TP TAAF n° 298.

Grand albatros en vol. TP TAAF n° 298.

Les albatros ont un bec long corné. Deux narines tubulaires sont situées le long de la  mandibule supérieure qui se termine en crochet très pointu. Ils se nourrissent uniquement de jour principalement de poissons, de calmars pêchés en surface et de cadavres. Il semble que les plus petites espèces (Albatros à bec jaune…) soient capables de plonger jusqu'à 5 mètres.

Ils se rendent sur terre uniquement pour se reproduire. Là, les femelles pondent un œuf unique qui est couvé à tour de rôle par les deux parents sur des nids assez imposants constitués de terre et de végétaux, le tout rembourré de plumes et d’acaena. Puis, les deux adultes nourrissent à tour de rôle leur poussin. Les albatros nichent soit en colonies (albatros à sourcils noirs) ou seuls (albatros hurleur et albatros fuligineux).

Les albatros, comme la plupart des oiseaux de mer, sont des espèces à stratégie « K », c’est-à-dire d’espèces dont les individus ont une durée de vie importante (de 50 à 60 ans) avec un taux de reproduction faible impliquant un investissement des deux parents pour nourrir les poussins. Pour exemple, les albatros hurleurs ne se reproduisent qu’une fois tous les deux ans avec la ponte d’un seul œuf. 

En 1974, on savait peu de choses sur les albatros. Seules des observations de dénombrement étaient réalisées (baguage et lectures de bagues).

Baguage d'un alabatros géant

Baguage d'un alabatros géant

Ainsi, grâce à la lecture des bagues, on sait que les albatros sont fidèles à vie à leur partenaire et qu’ils reviennent nicher au même endroit. Les albatros sont capables de parcourir de très distances en peu de temps. Par exemple un albatros hurleur, bagué très jeune à Kerguelen, au sud de l'Océan Indien, a été retrouvé dix mois plus tard sur la côte chilienne, après avoir parcouru quelques 18 000 kms. On a aussi récupéré des albatros, bagués à Crozet, en mer de Tasmanie.

La miniaturisation de l'électronique a permis, depuis 1989, d'équiper certains albatros de balise Argos afin de les suivre en mer. Ainsi, on a montré qu'ils peuvent se déplacer de plus de 900 kms par jour avec une vitesse de croisière de 50 à 90 km/h. En 2004, une étude a montré que l'oiseau le plus rapide a parcouru 22 545 kilomètres en seulement 46 jours.

Aujourd’hui, l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN) considère que le statut de conservation des albatros des TAAF est défavorable et que certaines espèces sont menacées d’extinction à cause notamment de la pêche dans l’océan austral remontant à la fin des années 1960 et plus récemment de la pêche de la légine (*). Les filets maillants dérivants ayant été prohibés à cause du manque de sélectivité dans les prises, les bateaux de pêche de la légine (*) se sont équipés de palangre consistant en une ligne de plusieurs kilomètres de long munie de nombreux hameçons avec appâts.

(*) La légine australe est un poisson des mers froides australes dont la chair est très appréciée depuis les années 1990, notamment en Amérique du Nord et au Japon.

Les albatros, attirés par les poissons pêchés ou les appâts, sont pris dans les hameçons et meurent par blessure ou noyade. La mort dans ces conditions d’un parent entraîne inévitablement la mort du poussin puisqu’il n’est plus nourri que par le parent restant, ce qui est évidemment insuffisant. De plus, la formation d’un nouveau couple par le parent restant n’est pas immédiate. Ainsi, les populations d’albatros diminuent rapidement.

Cependant, des mesures relatives aux techniques de pêche à la palangre ont été prises aussi bien dans la ZEE de Kerguelen (Zone Economique Exclusive) que dans l’océan austral, à savoir :

  1. Lestage des lignes
  2. Mise à l’eau des lignes au crépuscule puisque les albatros se reposent  
  3. Vitesse réduite des bateaux pendant les phases de pêche
  4. Mise en place de banderoles flottant à l’arrière des bateaux empêchant les oiseaux de se jeter sur les poissons lors de la remontée des lignes

Des articles parus dans le courrier de la Nature en 2015 (édité par la Société Nationale de Protection de la Nature SNPN N° 291 Spécial Pôles) et dans le Supplément du Quotidien de la Réunion consacré aux 60 ans des T.A.A.F (3 Octobre 2015) montrent que ces mesures sont efficaces.

 

II – L’ALBATROS HURLEUR.

Lors de mon hivernage en 1974, j’admire à plusieurs reprises sur les terrains plats de la presqu’île du Prince de Galles des albatros hurleurs appelés également grand albatros (nom scientifique Diomedea exulans). A l’âge adulte, le grand albatros a une envergure de 2,5 à 3,5 mètres, son poids variant de 6 à 11 kilos. Tout le corps est blanc, à l'exception du bout de ses ailes (rémiges) qui est noir. On estime la population de l’albatros à environ 1000 couples nicheurs à Kerguelen.

Tête de grand albatros. Timbre TAAF n°Y&T 465.

Tête de grand albatros. Timbre TAAF n°Y&T 465.

Ces albatros géants ont besoin d’un long terrain plat pour pouvoir courir afin de décoller face au vent et de s’envoler car ils ne peuvent pas voler en battant leurs ailes trop grandes. Quant à l’atterrissage, ils déploient leurs ailes contre le vent et courent une fois touché le sol  (un peu comme des parachutistes).

Les différentes scènes auxquelles j’assiste à différentes périodes de mon séjour comprennent notamment une parade nuptiale, une femelle en train de couver et un poussin sur son nid.

La parade nuptiale

La formation d'un couple prend plusieurs années. Mais une fois formé, ce couple ne se rompt qu'à la mort de l'un des 2 conjoints (et ils peuvent vivre 60 ans). 

Avant l’accouplement, les albatros s’adonnent à une parade amoureuse qui dure de 15 à 30 minutes. Un soir, je vois une parade nuptiale dont j’admire la chorégraphie qui comprend des croisements et des claquements de bec, des face à face avec ou sans déploiement d’ailes, des danses d’une patte à l’autre, le mâle allongé devant la femelle… J’en photographie quelques phases que je vous livre ici.

Croisement de becs et mâle allongé devant la femelle.
Croisement de becs et mâle allongé devant la femelle.

Croisement de becs et mâle allongé devant la femelle.

Danse d'une patte sur l'autre et croisement de becs.
Danse d'une patte sur l'autre et croisement de becs.

Danse d'une patte sur l'autre et croisement de becs.

Mâle devant femelle et accouplement.
Mâle devant femelle et accouplement.

Mâle devant femelle et accouplement.

La ponte et la couvaison.

L’albatros hurleur niche isolément et pond un seul œuf (d’environ 500 grammes) sur un grand nid constitué d’un monticule de boue garni d’acaena. La ponte a lieu vers fin décembre et l’éclosion un peu plus de deux mois après. La femelle couve ses œufs pendant 20 à 30 jours sans boire et sans manger. Ensuite, le mâle et la femelle se relaient pour couver l'œuf à tour de rôle pendant une période allant de 70 à 80 jours (la plus longue période d'incubation chez les oiseaux).

De temps en temps, l’albatros géant se lève pour retourner avec son bec l’œuf qu’il couve.

Si l'œuf est détruit, l’albatros géant n’en pond pas d'autre. Compte tenu du fait que le temps d'incubation et de croissance de l'unique poussin dure 11 mois, l’albatros hurleur ne se reproduit qu’une fois tous les 2 ans.

BF n°s 15 et 16 des TAAF. Albatros géant au nid.
BF n°s 15 et 16 des TAAF. Albatros géant au nid.

BF n°s 15 et 16 des TAAF. Albatros géant au nid.

Albatros en train de couver, albatros sur son oeuf et retournant l'oeuf.
Albatros en train de couver, albatros sur son oeuf et retournant l'oeuf.
Albatros en train de couver, albatros sur son oeuf et retournant l'oeuf.

Albatros en train de couver, albatros sur son oeuf et retournant l'oeuf.

Le poussin, après l'éclosion est gardé pendant trois semaines jusqu'à ce qu'il soit assez grand pour conserver sa température. Le plus photographié à Kerguelen en 1974 est celui qui se trouve à une cinquantaine de mètres de la cabane de la Roche verte. Les photos suivantes le montrent à plusieurs stades de son évolution sur environ 10 mois.

Les premières semaines, le jeune poussin, ayant encore un duvet très important, reste sur son nid où il est nourri à intervalles réguliers alternativement par chacun de ses deux parents qui mâchent en régurgitant la nourriture avant de la donner au petit (calamars, petits poissons et huile fabriquée par les adultes dans leur gésier).

Puis, il est nourri ensuite moins souvent afin qu’il soit incité à quitter le nid. A ce stade (vers 6-7 mois), il a quasiment perdu son duvet et pris son plumage définitif. Sa croissance est lente.  

Enfin, après avoir essayé ses ailes (vers 9 mois), le jeune albatros s’envole sans l’aide de ses parents pour naviguer au-dessus de la mer pendant 5 à 6 ans. Il ne reviendra qu’à l’âge adulte sur terre non loin de là où il est né.

Une fois le petit parti, le couple se sépare pendant une année complète à la fin de laquelle ils se retrouvent à l'emplacement de leur ancien nid, et le cycle de reproduction recommence.

Jeune poussin sur son nid, poussin de 6/7 mois, poussin de 9 mois essayant ses ailes.
Jeune poussin sur son nid, poussin de 6/7 mois, poussin de 9 mois essayant ses ailes.
Jeune poussin sur son nid, poussin de 6/7 mois, poussin de 9 mois essayant ses ailes.

Jeune poussin sur son nid, poussin de 6/7 mois, poussin de 9 mois essayant ses ailes.

III – L’ALBATROS FULIGINEUX A DOS CLAIR.

Sur la presqu’île du Prince de Galles, entre la cabane de la Roche Verte et le Pointe Suzanne se trouve une falaise nommée Cap Milon. On y trouve quelques couples d’albatros fuligineux à dos clair. Ceux-ci nichent en hauteur sur cette falaise difficile d’accès plongeant dans l’océan. Du fait de l’exposition de la falaise au vent, il est très facile pour cet albatros de décoller sans élan en se lançant dans le vide, un peu comme les adeptes de parapente en montagne.

Il existe d’autres petites colonies de fuligineux à Kerguelen, notamment l’une implantée à 5-6 kilomètres de la mer, en descendant depuis les « Hauts de Hurlevent » dans le cañon des sourcils noirs dont il est question dans le chapitre suivant.

Alabtros fuligineux TP TAAF n° 468.

Alabtros fuligineux TP TAAF n° 468.

Pour être plus précis, l’albatros fuligineux de Kerguelen est du type « à dos clair ». Nom scientifique : « Phoebetria palpebrata ».

Il a une envergure d’environ 2 mètres pour un poids de 3 Kg. Comme sur les photos jointes, il est de couleur grise avec la tête plus foncée. Son bec est noir tandis que son œil est entouré de blanc.

Sur cette photo, il faut remarquer l’acaena qui est vierge de prédation par les lapins.

L’albatros fuligineux, comme les autres albatros ne pond qu’un œuf sur son nid constitué d’un monticule en terre dont le sommet a une forme de cuvette. Cet œuf, pondu début décembre, est couvé pendant environ 70 jours.

Une fois le poussin né, il est nourri alternativement par chacun de ses parents tous les 5-6 jours. Le poussin ne s’envolera que vers fin mai, soit 4 mois après l’éclosion de l’œuf. Le petit a un duvet très fin et une tête ressemblant à celle d’un clown.

La naissance du poussin de l'albatros fuligineux.
La naissance du poussin de l'albatros fuligineux.
La naissance du poussin de l'albatros fuligineux.
La naissance du poussin de l'albatros fuligineux.
La naissance du poussin de l'albatros fuligineux.

La naissance du poussin de l'albatros fuligineux.

Le jeune albatros fuligineux reviendra trois ans plus tard pour former un couple qui durera pendant toute son existence. Son taux de reproduction est très faible puisqu’il ne se reproduit que tous les 2 ans. De plus, on estime que le premier oisillon naîtra au bout de 10/11 ans.

L’albatros fuligineux de Kerguelen ne suit pas les bateaux. Il se nourrit dans les eaux antarctiques  et sa durée est de l’ordre de 50 ans.

L’estimation de sa population dans l’archipel des Kerguelen varie entre 3000 et 5000 couples.

Note :

En décembre 1975, trois couples d’une autre espèce d’albatros fuligineux, l’albatros fuligineux à dos sombre (Phoebetria fusca) ont été aperçus à Kerguelen semble-t-il pour la première fois. Ils nichaient dans une des 2 colonies d’albatros à sourcils noirs (cf. publication L’oiseau et Revue Française de l’Ornithologie, V48, 1978).

 

IV – L’ALBATROS A SOURCILS NOIRS.

En décembre 1974, j’ai la chance d’aller, avec quelques autres hivernants, au cañon des sourcils noirs qui est situé au Sud-Est de la Grande Terre de Kerguelen derrière la presqu’île Ronarc’h et à l’extrémité de la presqu’île Jeanne d’Arc.

Le bateau nommé « La Japonaise » nous laisse au Halage des Naufragés qui sépare ces 2 presqu’îles. Ce navire abandonné par un navire de pêche japonais et retrouvé échoué a été aménagé pour les activités relevant de la biologie marine avec possibilités de dragages et de mesures océanographiques (hauteur d’eau, température, salinité…).

Ensuite, après avoir parcouru une dizaine de kilomètres sur les « Hauts de Hurlevent », nous installons notre campement dans une vallée à proximité des albatros à sourcils noirs.          

Après avoir passé la nuit sous la tente, nous grimpons sur la falaise qui tombe à pic dans l’océan indien et sur laquelle nous pouvons enfin approcher ces oiseaux.

Canon des sourcils noirs où nichent les albatros du même nom.
Canon des sourcils noirs où nichent les albatros du même nom.
Canon des sourcils noirs où nichent les albatros du même nom.
Canon des sourcils noirs où nichent les albatros du même nom.
Canon des sourcils noirs où nichent les albatros du même nom.

Canon des sourcils noirs où nichent les albatros du même nom.

L’albatros à sourcils noirs (Diomedea melanophris) a un poids de 3 à 5 kg et une envergure d’environ 2,10 m à 2,5 m. Les signes caractéristiques le distinguant des autres albatros sont d’une part la ligne noire prononcée au-dessus de son œil (d’où son nom de sourcils noirs) et d’autre part le dessous de ses ailes comprenant une assez large ligne noire entourant la plage blanche centrale.

Albatros à sourcils noirs sur son nid. TP TAAF n° 24.

Albatros à sourcils noirs sur son nid. TP TAAF n° 24.

L’albatros à sourcils noirs se reproduit tous les ans dans deux grandes colonies dont on estime la population à 1 200 couples et qui sont situées à flanc de falaises. Ainsi, il n’a aucune difficulté à s’envoler contrairement à l’albatros hurleur

Colonies d'albatros à sourcils noirs
Colonies d'albatros à sourcils noirs

Colonies d'albatros à sourcils noirs

Les couples arrivent en septembre et pondent leurs œufs (1 seul par couple) vers mi-octobre sur des nids d’une hauteur très importante faits de terre comme on peut le constater sur les photos. Après avoir été couvé pendant environ deux mois, l’œuf éclot début janvier. On profite de la période de couvaison pour réaliser des opérations de baguage.

Parade de l'albatros às ourcils noirs, couvaison et oeuf.
Parade de l'albatros às ourcils noirs, couvaison et oeuf.
Parade de l'albatros às ourcils noirs, couvaison et oeuf.
Parade de l'albatros às ourcils noirs, couvaison et oeuf.
Parade de l'albatros às ourcils noirs, couvaison et oeuf.

Parade de l'albatros às ourcils noirs, couvaison et oeuf.

Les nids étant très proches les uns des autres, il arrive fréquemment que les albatros se chamaillent lorsque l’un n’atterrit pas à côté de son nid l’obligeant ainsi à marcher entre les nids des autres. De même, quelques conflits ont lieu avec des cormorans qui nichent eux aussi en nombre important sur les falaises. Pour se mouvoir à l’intérieur de la colonie, nous devons être très vigilants du fait que le terrain à flanc de falaise est dangereux et très glissant. De plus, nous devons déranger le moins possible les albatros. Par exemple, lorsqu’on veut photographier un œuf, il faut déplacer tout doucement l’albatros, puis une fois les photos terminées attendre que l’albatros à sourcils noirs ait repris sa couvaison, ceci afin que les prédateurs ne gobent pas son œuf.

L’albatros à sourcils noirs peut plonger jusqu'à 6 m dans l’eau. Il pêche sur le plateau continental de Kerguelen dans une limite de quelques centaines de kilomètres autour de la colonie, donc à proximité des zones de pêche. De ce fait, cette espèce est – ou a été – beaucoup plus sensible que les autres aux effets néfastes de la pêche à la palangre.

Au retour du cañon des sourcils noirs, en attendant « La Japonaise », j’admire avec mes compagnons un léopard de mer que je photographie sous tous les angles.

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 21:28

Les iles du Svalbard sont découvertes par le Hollandais Willem Barents en 1596.

Du 17ème au 19ème siècles, les côtes du Svalbard ont été le théâtre d’intenses chasses à la baleine.

Carte du Spitzberg

Carte du Spitzberg

Chasse à la baleine dans la baie de Bellsund
Chasse à la baleine dans la baie de Bellsund
Chasse à la baleine dans la baie de Bellsund

Chasse à la baleine dans la baie de Bellsund

Au début du 20ème, des compagnies américaines, anglaises, suédoises, russes et norvégiennes commencent l'extraction du charbon sur différentes bases.


L’homme d'affaires américain John Munro Longyear est l’un des premiers à ouvrir une mine de charbon rentable à côté d’Advent City dans la baie de la Bienvenue.
La ville de Longyear City est créée en 1906 et deviendra Longyearbyen en 1926.

 

Les mines de charbon à Advent Bay  au début du 20ème siècle
Les mines de charbon à Advent Bay  au début du 20ème siècle

Les mines de charbon à Advent Bay au début du 20ème siècle

C’est en mai 1896 que la Compagnie Maritime « Vesteraalens Dampskibsselskab » dont les bateaux relient la Norvège aux Spitzberg, ouvre à Advent Bay le seul bâtiment d’habitation. Il servait d’hôtel lors du passage de rares bateaux de croisière.

 

L'hôtel à Advent Bay en 1897

L'hôtel à Advent Bay en 1897

A cette occasion, cette société émet les deux premières vignettes d’affranchissement du Spitzberg. Elles représentent l’ours et le chasseur. Elles comportent la mention «Spidsbergen». 

Les vignettes sont vendues par le Directeur de l’Hôtel. Elles sont reconnues par la Poste Norvégienne comme timbres locaux pour acheminer les lettres vers le continent.

 

Les deux vignettes émises en 1896 représentant l'ours et le chasseur. Elles comportent la mention «Spidsbergen»

Les deux vignettes émises en 1896 représentant l'ours et le chasseur. Elles comportent la mention «Spidsbergen»

Lettre de 1896 interne à la société de navigation Vesteraalens Dampskibsselskab (VDS) créée en 1881 qui desservait les côtes norvégiennes et le Svalbard. Son siège était à Stokmarknes

Lettre de 1896 interne à la société de navigation Vesteraalens Dampskibsselskab (VDS) créée en 1881 qui desservait les côtes norvégiennes et le Svalbard. Son siège était à Stokmarknes

Pour l’étranger, les affranchissements doivent être complétés par des timbres norvégiens oblitérés au bureau d’arrivée en Norvège, souvent Hammerfest.

Deux lettres d’août 1896 pour Cadix en Espagne sur enveloppe à entête de l’hôtel, affranchies l’une à 30öre avec une vignette et un timbre norvégien, l’autre avec deux vignettes du Spitzberg. La seconde a été taxée à l’arrivée.
Deux lettres d’août 1896 pour Cadix en Espagne sur enveloppe à entête de l’hôtel, affranchies l’une à 30öre avec une vignette et un timbre norvégien, l’autre avec deux vignettes du Spitzberg. La seconde a été taxée à l’arrivée.

Deux lettres d’août 1896 pour Cadix en Espagne sur enveloppe à entête de l’hôtel, affranchies l’une à 30öre avec une vignette et un timbre norvégien, l’autre avec deux vignettes du Spitzberg. La seconde a été taxée à l’arrivée.

L’une des 8 lettres connues postée en août 1896 par un passager du « SY Garonne », bateau de l’ « Orient Line of Royal Mail Steamers » à destination de Londres (GB). C’est le seul passage de ce bateau à Advent Bay et la seule l e t t r e c o nnue p o ur l a Gra nde B re t a gne. Elle passe par Hammerfest le 13 août où elle a reçoit un complément d’affranchissement en timbres courants de Norvège avant d’être redirigée sur la Grande Bretagne où elle parvient le 20 août

L’une des 8 lettres connues postée en août 1896 par un passager du « SY Garonne », bateau de l’ « Orient Line of Royal Mail Steamers » à destination de Londres (GB). C’est le seul passage de ce bateau à Advent Bay et la seule l e t t r e c o nnue p o ur l a Gra nde B re t a gne. Elle passe par Hammerfest le 13 août où elle a reçoit un complément d’affranchissement en timbres courants de Norvège avant d’être redirigée sur la Grande Bretagne où elle parvient le 20 août

Deux lettres d’août 1896 pour New York et Berlin. Les timbres norvégiens sont oblitérés du cachet « Nordlands Postexp » utilisé à bord des navires qui desservent la côté norvégienne, l’Hurtigruten.
Deux lettres d’août 1896 pour New York et Berlin. Les timbres norvégiens sont oblitérés du cachet « Nordlands Postexp » utilisé à bord des navires qui desservent la côté norvégienne, l’Hurtigruten.

Deux lettres d’août 1896 pour New York et Berlin. Les timbres norvégiens sont oblitérés du cachet « Nordlands Postexp » utilisé à bord des navires qui desservent la côté norvégienne, l’Hurtigruten.

Le cachet utilisé à Advent Bay est circulaire de couleur lilas, et comporte uniquement le millésime de l’année 1896.

Lettre d’août 1896 pour Londres d’un passager du Kong Harald, bateau de croisière. Le complément d’affranchissement est oblitéré de Trondheim

Lettre d’août 1896 pour Londres d’un passager du Kong Harald, bateau de croisière. Le complément d’affranchissement est oblitéré de Trondheim

Un deuxième cachet est utilisé « Norske Oerne » pour annuler le courrier à bord du bateau lorsque celui-ci poursuivait sa route plus au nord.

 

Carte pour la Belgique : les deux vignettes locales sont annulées du cachet « Norske Oerne 1896», le timbre norvégien par le TAD d’Hammerfest.

Carte pour la Belgique : les deux vignettes locales sont annulées du cachet « Norske Oerne 1896», le timbre norvégien par le TAD d’Hammerfest.

En juillet 1897, la Poste Norvégienne ouvre une agence postale à Advent Bay rattachée au bureau d’Hammerfest mettant fin à la validité postale des vignettes locales de la compagnie maritime. Le receveur est Emil Ellingsen directeur de l’hôtel. Il n’est pas rémunéré par la Poste norvégienne. C’est le 30 juillet 1897 que les premiers courriers sont oblitérés par la Poste norvégienne à Advent Bay. Le Timbre à date utilisé est circulaire au type « Suisse ». Il comporte la date complète et la mention « Spitsbergen ».

  TAD utilisé à partir du 30 juillet 1897 au type
«Suisse» et comportant la mention «Spitsbergen»

 

 

Première utilisation du TAD du Spitzberg, le 30 juillet 1897

Première utilisation du TAD du Spitzberg, le 30 juillet 1897

Les vignettes locales ne sont plus nécessaires à l’affranchissement intérieur. Elles perdent donc toute valeur postale.

La Poste aux Svalbard des origines à 1925 (Jean Grillot)
Carte-lettre du 6 août 1897 pour la Norvège, affranchie à 10ö.

Carte-lettre du 6 août 1897 pour la Norvège, affranchie à 10ö.

Elles vont néanmoins continuer à être utilisées, sans doute au bénéfice du receveur local. Elles sont annulées du cachet de 1896 « Advent Bay ».

Carte postale du 9 août 1897 pour Krefeld en Allemagne. Le tarif (période 1892-1907) est de 10 öre pour la carte. Elle représente l’hôtel dans le fjord d’Advent Bay. L’affranchissement est constitué d’un timbre type cor de poste norvégien. Une vignette au type « ours » est annulée du cachet de 1896.
Carte postale du 9 août 1897 pour Krefeld en Allemagne. Le tarif (période 1892-1907) est de 10 öre pour la carte. Elle représente l’hôtel dans le fjord d’Advent Bay. L’affranchissement est constitué d’un timbre type cor de poste norvégien. Une vignette au type « ours » est annulée du cachet de 1896.

Carte postale du 9 août 1897 pour Krefeld en Allemagne. Le tarif (période 1892-1907) est de 10 öre pour la carte. Elle représente l’hôtel dans le fjord d’Advent Bay. L’affranchissement est constitué d’un timbre type cor de poste norvégien. Une vignette au type « ours » est annulée du cachet de 1896.

Carte postale du 10 août 1897 du Spitsberg annulée à Tromso le 13. Elle comporte deux timbres de la poste locale de cette ville. La vignette « ours » est revêtue du cachet « Advent Bay 1896 »

Carte postale du 10 août 1897 du Spitsberg annulée à Tromso le 13. Elle comporte deux timbres de la poste locale de cette ville. La vignette « ours » est revêtue du cachet « Advent Bay 1896 »

L’agence postale va fonctionner trois ans de 1897 à 1899, et ne rouvrira officiellement qu’en 1906.

 

4 lettres de 1898 et 1899 pour l'Allemagne, la France, la Norvège et la Finlande
4 lettres de 1898 et 1899 pour l'Allemagne, la France, la Norvège et la Finlande
4 lettres de 1898 et 1899 pour l'Allemagne, la France, la Norvège et la Finlande
4 lettres de 1898 et 1899 pour l'Allemagne, la France, la Norvège et la Finlande

4 lettres de 1898 et 1899 pour l'Allemagne, la France, la Norvège et la Finlande

Malgré cette fermeture officielle, de très rares lettres ont été annulées du TAD pendant l’été 1900.

L’une des rares lettres annulées du TAD en 1900. Pour le Danemark, TAD du 1 août 1900.

L’une des rares lettres annulées du TAD en 1900. Pour le Danemark, TAD du 1 août 1900.

Pendant cette période, les lettres sont annulées au port d’arrivée en Norvège, les vignettes étant en revanche annulées au départ d’Advent Bay par un cachet local.

Lettre du 19 juillet 1905 : TAD de Digermulen, port de destination de la côte Norvégienne. Les vignettes locales au type de l’émission de 1897 sont annulées du cachet local Advent Bay de 1896, mais sur lequel le millésime a été enlevé

Lettre du 19 juillet 1905 : TAD de Digermulen, port de destination de la côte Norvégienne. Les vignettes locales au type de l’émission de 1897 sont annulées du cachet local Advent Bay de 1896, mais sur lequel le millésime a été enlevé

Il est à noter que de nouvelles vignettes locales ont été créées en 1897. Leur dessin met en scène l’ours et le chasseur avec des phoques et les icebergs en fond d’image. Elles existent en trois couleurs (5ö vert, 10ö rouge, 20ö bleu) conformément aux recommandations de l’UPU. Elles ont été émises pour le compte de la Norddeutscher Lloyd (NDL) compagnie maritime allemande par son agent à Tromso. Deux autres émissions au même type, avec quelques différences graphiques paraitront en 1906 (pour les 5 et 10ö) et 1909 (pour les 3 valeurs). Les premières émissions sont les plus rares.

 

Vignettes du Spitzberg émise en 1897 par la Norddeutscher Lloyd NDL à Tromso.

Vignettes du Spitzberg émise en 1897 par la Norddeutscher Lloyd NDL à Tromso.

 

Deux autres vignettes vont également être éditées : La première par la Cie maritime Hambourg America Line (HAL) en 1898, la seconde par la Cie Troms Fylkes Dampskipsselskab (TFADS) en 1905.

 

 

Le bureau de poste est ouvert à nouveau par les Postes norvégiennes en 1906. Il va utiliser le même TAD jusqu’en 1925, au type Suisse avec une étoile. La mention « Spitsbergen » a disparu.

Lettre de 1906 et et lettre recommandée de 1925, l’une des dernières dates connues d’utilisation du TAD « Advent Bay ».
Lettre de 1906 et et lettre recommandée de 1925, l’une des dernières dates connues d’utilisation du TAD « Advent Bay ».

Lettre de 1906 et et lettre recommandée de 1925, l’une des dernières dates connues d’utilisation du TAD « Advent Bay ».

Premier voyage du paquebot Ile de France à Advent Bay le 17 juillet 1906

Premier voyage du paquebot Ile de France à Advent Bay le 17 juillet 1906

En 1907, un bureau est ouvert dans la baie de Bellsund, pour une seule saison avant d’être transféré en 1908 sur Green Harbour. Il est établi qu’environ 800 touristes y ont fait escale. Certains ont certainement posté du courrier, mais aucune lettre n’est connue à ce jour à l’exception d’un fragment sur un timbre de 10ö, daté du 12 août 1907.


 

Le bureau de Green Harbour (aujourd’hui Barentzburg) est ouvert en 1908. Il va fonctionner avec le même TAD jusqu’en 1925.

Le TAD Green Harbour sur une lettre recommandée pour Tromso de 1925

Le TAD Green Harbour sur une lettre recommandée pour Tromso de 1925

 

Un bureau est ouvert à Kingsbay (aujourd’hui Ny Alesund) le 1er octobre 1918 pour les employés de la mine de charbon. Il utilise en 1918 et 1919 un cachet circulaire numéral norvégien (n°742), puis un TAD type Suisse entre 1920 et 1925.

Lettre recommandée du 18 juin 1925. TAD Kings Bay

Lettre recommandée du 18 juin 1925. TAD Kings Bay

Le 20 juillet 1918 un bureau est ouvert sur l’Ile aux ours située au sud du Spitzberg, Bjornoya pour la communauté minière. Il utilise le TAD « ostervaag-bjornoy » jusqu’en 1925.

Lettre recommandée du 24 août 1925. Timbres de l’émission commémorative du Svalbard de 1925. L’affranchissement est de 10öre supérieur au tarif.

Lettre recommandée du 24 août 1925. Timbres de l’émission commémorative du Svalbard de 1925. L’affranchissement est de 10öre supérieur au tarif.

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 20:23

Les animaux autochtones à KERGUELEN.

Chapitre 1 : Les mammifères marins

 

Préambule.

L’archipel des Kerguelen se situe à la convergence antarctique, là où les eaux froides remontent de l'Antarctique et se mélangent aux eaux plus chaudes de l'océan Indien (voire des océans Atlantique et Pacifique), là où le climat est relativement clément : il descend rarement en dessous de 2 degrés, et dépasse peu souvent 10 degrés. De plus, le plateau continental qui entoure cet archipel offre les rares zones peu profondes de l’océan où la vie marine peut se développer intensément, ce qui explique la richesse des communautés de Kerguelen (et également de Crozet) au milieu de cet océan en général assez pauvre en termes de diversité spécifique.

Pour ces deux raisons, l’archipel est donc baigné par des eaux très riches en nourriture et a permis à de nombreuses espèces animales de s’adapter au cours de plusieurs millions d'années d'évolution dans cet environnement de l’océan austral totalement isolé de tout continent.

Cette grande diversité biologique a valu à l’archipel des Kerguelen d’être classé en 2006, comme l’ensemble des Terres Australes et Antarctiques Françaises, en réserve naturelle nationale.

Ces mammifères ont fait l’objet d’émissions philatéliques importantes de la part de l’Administration des Terres Australes et Antarctiques Françaises. Ce sont principalement les suivants :

  1. - L’éléphant de mer
  2. - L’otarie de Kerguelen
  3. - Le léopard de mer
  4. - Le dauphin de Commerson

 

I – L’éléphant de mer.

L’éléphant de mer est l’un des premiers animaux qu’on aperçoit en arrivant à Port-Aux-Français puisqu’à proximité de la base plusieurs groupes de femelle serrées, voire entassées les unes contre les autres dans des souilles (cuvettes boueuses creusées dans le sol), sont en période de mue. Celle-ci commence au mois de janvier.

Comme tous les animaux des Kerguelen, les éléphants de mer sont peu craintifs. En effet, la plupart des animaux ne voient et ne verront jamais d’hommes (sauf ceux qui sont aux alentours de la base de Port-Aux-Français dans un rayon de 20 à 30 kms, et encore !!!). Ce ne sont guère plus de 60 à 100 hivernants qui depuis 60 ans ont parcouru en long, en large et en travers l’équivalent de la Corse à pied dans un paysage où il n’y a ni infrastructures, ni moyens motorisés…

L’éléphant de mer, après avoir été chassé dans le passé comme les baleines pour son l’huile obtenue en faisant fondre sa couche de graisse épaisse, est un animal protégé. Il est le plus grand représentant des phoques au monde.

L’éléphant de mer (mirounga leonina) a donné lieu à plusieurs émissions de timbres de la part des TAAF. Le plus représentatif est le feuillet des N° 19 qui reflète bien un harem.

 

Harem d'éléphant de mer avec mâle et femelle adultes et nouveau-né (Feuillet Y&T 19)

Harem d'éléphant de mer avec mâle et femelle adultes et nouveau-né (Feuillet Y&T 19)

I – 1. Aspect physique.

Le plus étonnant chez l’éléphant de mer, c’est la grande différence physique (dimorphisme) entre les mâles et les femelles:

  • Le mâle adulte, dont la taille et le poids moyens sont respectivement de 4m et de 2 tonnes, peut atteindre 6 mètres de long pour un poids de plus de 3 tonnes. Il a des narines en forme de trompe (d’où son nom). Lorsqu’il la gonfle et qu’il éructe, elle fait caisse de résonance pour affirmer son autorité vis-à-vis des autres mâles
  • La femelle, quant à elle, est beaucoup plus petite (2,7 mètres de longueur pour un poids de 500 kg en moyenne).

 

Photo d'un éléphant de mer mâle et timbre Y&T PA55 avec mâle, femelle et petit
Photo d'un éléphant de mer mâle et timbre Y&T PA55 avec mâle, femelle et petit

Photo d'un éléphant de mer mâle et timbre Y&T PA55 avec mâle, femelle et petit

Les yeux, aussi bien pour les mâles que pour les femelles, sont grands, tout ronds et noirs.

Les éléphants de mer possèdent sous leur peau une épaisse couche de graisse qui les isole du froid dans l'eau et qui constitue aussi une réserve énergétique lors de leurs traversées océaniques ou pendant leurs périodes de jeûne à terre.

 

I – 2. Mode de vie.

L’éléphant de mer passe la majeure partie de sa vie en mer ou il se déplace aisément dans l’eau en se propulsant avec sa nageoire caudale terminée par deux extrémités en forme de palme. Il ne revient à terre qu’à deux époques : l’une pour la mise-bas et la reproduction durant le printemps austral (Septembre-octobre) et l’autre pour la mue durant l’été austral (Janvier-février), cette mue n’affectant que les femelles et les jeunes mâles. On voit alors se former des colonies sur les plages de sable ou de galets le long des côtes de Kerguelen.

Eléphant de mer mâle sortant de l’eau (TP Y&T 6)

Eléphant de mer mâle sortant de l’eau (TP Y&T 6)

Ces plages sont très facilement accessibles car l’éléphant de mer ne peut parcourir que de très faibles distances à terre. Lui, si à l’aise dans l’eau, est pataud à terre où il utilise ses nageoires pectorales pour se soulever et projeter l’ensemble de son corps lui permettant ainsi de se mouvoir en rampant.

 

I – 3. La mise bas et l’allaitement.

Les femelles arrivent et se regroupent sur les plages de Kerguelen de la mi-septembre à la mi-novembre, ceci de façon échelonnée en fonction de leur âge (d’abord les plus jeunes, puis ensuite les plus âgées).

Chaque femelle donne naissance à un seul petit. La naissance est très rapide car dès que la tête du petit pointe, la femelle élève sa nageoire caudale terminée par 2 petites nageoires en éventail, ce mouvement éjectant le petit hors de son ventre. Elle allaite ensuite celui-ci pendant environ 3 semaines. Le petit pèse ainsi de 30 kg à la naissance à 120-130 kg au moment du sevrage. La phase de lactation est très coûteuse en énergie. On estime en effet que la mère perd jusqu’à un tiers de sa masse corporelle pendant cette période d’allaitement.

Avant le sevrage, les petits restent dans les harems, où leurs mères les nourrissent et les protègent des autres femelles. Dès qu’une femelle reproductrice retourne en mer, son petit est chassé du harem par les autres femelles. Les jeunes qui sont sevrés doivent donc se débrouiller seuls. Ils se regroupent en attendant de perdre leur pelage de naissance, puis se mettent timidement à l'eau en commençant généralement leur apprentissage en eau douce dans les rivières ou dans des mares à l’arrière des plages.

 

Femelle allaitant son petit et jeunes sevrés
Femelle allaitant son petit et jeunes sevrés

Femelle allaitant son petit et jeunes sevrés

I – 4. La période d’accouplement.

Sur les mêmes plages, dès la courte période d’allaitement terminée, commence la période d’accouplement, donc de fécondation des femelles.

Les mâles, arrivés eux aussi en septembre, forment leurs harems après d’héroïques combats contre d’autres mâles qui leur laissent quelquefois de sérieuses blessures lorsque l’adversaire est de force égale.

Seul le mâle dominant, appelé « pacha », qui a pu constituer un harem comprenant plusieurs dizaines de femelles, tout au plus une centaine, pourra s’accoupler avec les femelles.

Combat entre mâmes (TP Y&T 13) et accouplement
Combat entre mâmes (TP Y&T 13) et accouplement

Combat entre mâmes (TP Y&T 13) et accouplement

A la fin de la période de reproduction, le « pacha » mâle est épuisé car il n’a pu à aucun moment s’alimenter de peur de perdre son privilège sexuel. En effet, des mâles plus ou moins jeunes rodent autour du harem en tentant leur chance auprès des femelles les plus excentrées. Bien qu'ils soient théoriquement mâtures dès l'âge de 4 ou 5 ans, les mâles peuvent en fait rarement s'accoupler avant 9 ou 10 ans.

Pendant ces périodes de mise bas, d’allaitement et d’accouplement (qui durent au total 2 mois), on aperçoit, à l’intérieur des colonies, des charognards, principalement des skuas, des pétrels géants et des chionis qui se promènent en permanence en quête et à l’affût d’un repas constitué soit d’un placenta, soit d’un petit mort écrasé par la charge d’un pacha.

C’est frappant, mais conforme à la loi de la nature.

 

I – 5. La période de la mue.

Une fois fécondées, les femelles repartent très vite en mer pour environ deux mois afin de restaurer leur condition corporelle avant la mue qui, s’étalant de janvier à février, leur demande une dépense d’énergie conséquente.

Lors de la mue, elles se regroupent en petites colonies situées en général assez loin de la côte (de l’ordre de 300 à 500 mètres). Ces colonies, qui comprennent également des mâles juvéniles, sont plus petites que lors de la reproduction.

Mue des femelles éléphant de mer

Mue des femelles éléphant de mer

On constate que la mue est fatigante car les femelles sont relativement amorphes lorsqu’on passe à proximité des mares boueuses dans lesquelles elles sont tassées les unes contre les autres. Elles n’arrêtent pas de se gratter avec leurs nageoires pectorales si bien qu’aux abords des souilles traînent des lambeaux de peau desquamée.

Il semble que les mâles reproducteurs ne muent pas. En tout cas, je n’en ai pas vu.

 

I – 6. La période alimentaire.

Une fois la période d’accouplement terminée, les pachas retournent en mer pendant environ 10 mois tandis que les femelles y retournent après leur mue et y restent pendant 7 à 8 mois jusqu’à leur retour sur terre pour la mise bas. Ces périodes de vie en mer leur sont impérativement nécessaires pour accumuler un stock important de réserves en vue de pouvoir vivre le nouveau cycle mise bas, allaitement et reproduction.

Le développement et les conditions de survie de toute espèce dépendent de l’abondance et la qualité de leur nourriture. Pour les éléphants de mer, ces paramètres conditionnent d’une part le succès reproducteur d’un mâle qui ne peut être atteint que si celui-ci acquiert une grande taille corporelle, donc une longévité importante puisqu’il grandit tout au long de sa vie et, d’autre part, la capacité d’une femelle de donner à son petit, à la fin de l’allaitement, un poids suffisant pouvant lui assurer une chance de survie à la fin de sa première année.

Ainsi, des études menées, certaines grâce à un suivi de quelques animaux équipés de balises Argos, pour connaître les zones de nourriture et le type d’alimentation des éléphants de mer montrent:

  • Qu’ils se nourrissent surtout de calamars (ou autre type de céphalopodes) ainsi que de poissons lanternes (Myctophidés). Ils peuvent aller pêcher jusqu'à 1500 m de profondeur car ils ont la capacité de rester en apnée sous l'eau pendant de longues minutes (de 30 mn jusqu’à un record constaté de 2 h). Les poissons lanternes sont plus intéressants en termes énergétiques que des céphalopodes.
  • Que les mâles dominants et les femelles les plus âgées préfèrent la zone antarctique alors que les plus jeunes (mâles et femelles) se nourrissent sur l’immense plateau de Kerguelen riche en nourriture du fait, rappelons-le, de sa situation sur la convergence antarctique.
  • Que les proies consommées par ces mâles sont plus grosses (études isotopiques).
Tête d’éléphant de mer océanographe suivi par une balise Argos (TP Y&T 414)

Tête d’éléphant de mer océanographe suivi par une balise Argos (TP Y&T 414)

Bien que la question de savoir ce que mangent les éléphants de mer paraisse simple, on est loin de bien connaître leur alimentation lors de leurs longs séjours dans l’océan austral. La quantification exacte du régime alimentaire entre céphalopodes et myctophidés reste à faire en approfondissant aussi les connaissances sur ces poissons à ce jour parcellaires.

 

I – 7. Population estimée et distribution à Kerguelen.

Des études de dénombrement de la population des éléphants de mer à Kerguelen sont menées depuis environ de 40 ans. Elles sont toutes fondées sur le résultat des comptages des femelles reproductrices présentes dans les harems, donc entre mi-septembre et fin novembre, ces comptages et observations étant limités à la péninsule Courbet. Après calculs statistiques, on estime qu’actuellement la population de ces femelles sur la Péninsule Courbet est de l’ordre de 40 000 individus et par extrapolation on estime que la population des éléphants de mer autour de Kerguelen serait de l’ordre de 120 à 150 000 individus.

Il semble que, depuis une vingtaine d’années, cette population s’est stabilisée après le déclin notable constaté dans les années 1970, et dont les causes sont encore débattues. L’hypothèse favorite est qu’un changement de fonctionnement de l’Océan Austral à large échelle aurait diminué la production des ressources. Il coïncidait de plus avec une période de surpêche. Il en résulte que, la nourriture étant plus rare , les femelles ne pouvaient plus acquérir suffisamment de réserves à transférer à leurs petits, les obligeant ainsi à les sevrer trop tôt et donc à diminuer leurs chances de survie. Malgré les incertitudes, le déclin de population a été quantifié aux alentours de 30%.

Enfin, l’éléphant de mer a une durée de vie de l’ordre de 20 ans.

 

II – L’otarie de Kerguelen.

Une petite colonie d’otaries est située à la pointe Suzanne, complètement à l’Est de la presqu’île du Prince de Galles, à environ 20 kilomètres de PAF (Port-Aux-Français en langage taafien). On y accède à pied en faisant escale dans la cabane de la Roche Verte implantée à mi-chemin. Aux Kerguelen, il faut marcher avec des bottes qui permettent d’affronter tous les terrains, aussi bien le sol marécageux avec ses souilles dans lesquelles il n’est pas rare de s’enfoncer jusqu’aux genoux, que le sol volcanique rocheux assez friable. Lors de chaque sortie, chaque promeneur porte son sac à dos d’environ 12 kg (vêtements, duvet, nourriture,…). La marche dans ces conditions n’est pas de tout repos !!

La presqu’île du Prince de Galles est le lieu le plus visité de Kerguelen du fait de son accès facile et de la présence de nombreuses espèces d’animaux (manchots papous, gorfous sauteurs, albatros fuligineux, cormorans). A peu près une fois par semaine, 3 à 4 hivernants y séjournent pendant 2-3 jours pour se détendre.

Plusieurs timbres représentant l’otarie de Kerguelen (arctocephalus gazella) ont été émis par l’administration des TAAF.

Otarie (TP Y&T 16) et Couple d’otaries TP Y&T PA 48 et 54)
Otarie (TP Y&T 16) et Couple d’otaries TP Y&T PA 48 et 54)

Otarie (TP Y&T 16) et Couple d’otaries TP Y&T PA 48 et 54)

L'otarie de Kerguelen a été tellement chassée pour sa fourrure aux XVIIIème et XIXème siècles qu’elle a failli disparaître et a même été portée disparue. Grâce aux otaries des Iles Nuageuses épargnées par les massacres, la recolonisation de Kerguelen a pu se produire jusqu’à atteindre aujourd’hui une population estimée à 15 000 individus. Cette espèce est maintenant protégée.

 

II – 1. Aspect physique.

Comme pour l’éléphant de mer, le dimorphisme sexuel est important. En effet, les mâles adultes mesurent de 1,85 m à 2 m avec un poids compris entre 80 et 160 kg tandis que les femelles adultes ont une taille comprise entre 0,80 m et 1,3 m pour un poids entre 30 et 50 kg.

L’otarie a des petites oreilles. Son pelage argenté est imperméable et la protège du vent.

 

II – 2. Mode de vie.

A – A terre.

L’otarie ne vient à terre que pour mettre bas, élever son petit et se reproduire. A terre, elle vit en petites colonies situées en bord de l’océan. A Pointe Suzanne, la plage est herbeuse et battue par les vents. A l’opposé de l’éléphant de mer, l’otarie est très habile à terre où elle se déplace très vite sur ses nageoires. Quand on s’approche d’elle, elle n’hésite à vous foncer dessus en s’arrêtant brusquement à 3-4 mètres, ce qui est très impressionnant la première fois. L’otarie fait très souvent sa toilette pendant que les petits jouent entre eux.

Après la mise bas fin novembre, l’otarie allaite son petit pendant environ 4 mois jusqu’à fin avril. Pendant cette période, elle alterne des périodes à terre (environ 2 jours) pour allaiter et des périodes en mer (entre 2 et 7 jours) pour se nourrir.

Pour la reproduction, chaque mâle dominant constitue un petit harem (10 à 20 femelles).

On notera que la calligraphie des timbres des TAAF reflète fidèlement les otaries prises en photo.

Otaries mâle, femelle et jeunes
Otaries mâle, femelle et jeunes
Otaries mâle, femelle et jeunes

Otaries mâle, femelle et jeunes

B – En mer.

L’otarie passe les 7 autres mois de l’année (entre fin avril et fin novembre) en mer.

Ce n’est que récemment qu’on sait où elles vont. En effet, en équipant des femelles de balises GPS et d’appareils enregistreurs de lumière, les scientifiques ont pu constater que les otaries pêchent dans des zones situées en moyenne à 160 km au large de l’archipel des Kerguelen et qu’elles plongent habituellement entre 30m et 40m de profondeur, voire jusqu’à 80m. La pêche se déroule essentiellement la nuit.

 

Otarie avec un émetteur fixé sur le dos (TP Y&T 264)

Otarie avec un émetteur fixé sur le dos (TP Y&T 264)

II – 3. Nourriture.

Les otaries se nourrissent principalement de krill (petites crevettes vivant dans les eaux froides) et de poissons lanternes (Myctophidés). Comme ces derniers remontent la nuit vers la surface pour se nourrir, les scientifiques ont trouvé ainsi l’explication de la pêche de nuit.

II – 4. Prédateurs. Durée de vie de l’otarie.

L'espérance de vie est de quinze ans pour les mâles et jusqu'à vingt-cinq ans pour les femelles, sous réserve qu’ils n’aient pas été tués par l’un de leurs deux prédateurs, le léopard de mer et l’orque.

 

III – Le léopard de mer.

Lors de mes différentes ballades à Kerguelen, je n’ai eu que deux occasions d’approcher un léopard de mer (nom scientifique : Hydrurga leptonyx), l’une à proximité de la base et l’autre au « Halage des naufragés » situé entre les presqu’îles Ronarc’h et Jeanne d’Arc.

Cette espèce a donné lieu à trois émissions de timbres de la part des TAAF, le premier de

4 francs émis en 1959 et deux autres émis en 1980 (1,30F et 1,80F) reproduits ici.

Léopard de mer (TP Y&T 14 et 16)
Léopard de mer (TP Y&T 14 et 16)

Léopard de mer (TP Y&T 14 et 16)

Ce phoque est un animal solitaire qui vit en Antarctique et qui remonte au printemps vers le nord pour muer. C’est pourquoi on peut l’apercevoir dans les îles subantarctiques et en particulier à Kerguelen où il dort sur les plages de galets. Il doit son nom aux taches sombres de son long corps effilé à la forme de reptile.

Léopard de mer sur rocher et lit d'algues
Léopard de mer sur rocher et lit d'algues

Léopard de mer sur rocher et lit d'algues

Le léopard de mer est considéré comme le plus féroce des phoques de l’Antarctique. C’est en effet un redoutable carnivore du fait de sa nage très rapide et de sa puissante mâchoire à la dentition impressionnante. Cependant, les scientifiques indiquent que son régime alimentaire très opportuniste, car extrêmement varié, est constitué comme suit :

  • Environ 45% de krill grâce à sa dentition spéciale qui lui permet de filtrer l’eau de mer
  • Approximativement 35% résultant de la chasse de jeunes otaries ou de jeunes phoques
  • 10% de manchots contrairement à l’image habituelle perçue dans les films animaliers
  • Enfin 10% de poissons et de céphalopodes

L'espèce n'est pas considérée comme menacée. Le léopard de mer est curieux lorsqu’il est à notre contact.

Tête et mâchoire de léopard de Mer
Tête et mâchoire de léopard de Mer

Tête et mâchoire de léopard de Mer

IV – Le dauphin de Commerson.

Un soir, en revenant de réparer un sismographe à l’île Longue, j’aperçois à l’avant du chaland 2 ou 3 dauphins avec la tête ainsi que les ailerons de couleur noire. Ce sont des dauphins de Commerson (Cephalorhynchus commersonii).

Malheureusement, je n’ai pas pu prendre des photos à cause de la luminosité. Plus tard, de retour à la base, j’apprends que l’archipel des Kerguelen est un des deux endroits au monde où ils se trouvent, l’autre étant la Patagonie. Ce dauphin aime les baies protégées, ce qui est le cas dans le Golfe du Morbihan entre Port-aux-Français et l’île Longue.

Dauphin de Commerson (phots B Millereux)
Dauphin de Commerson (phots B Millereux)

Dauphin de Commerson (phots B Millereux)

Dauphin de Commerson (BF de 2014 )

Dauphin de Commerson (BF de 2014 )

Le dauphin de Commerson fait partie de l’une des plus petites espèces de dauphins.

Il apprécie les eaux peu profondes et se nourrit de poissons. Il a également été aperçu dans les zones Nord et Sud de l’archipel lors de quelques travaux scientifiques d’été.

En 1974, le dauphin de Commerson n’avait fait l’objet d’aucune étude scientifique à Kerguelen.

Lors des deux dernières saisons (2012-2013 et 2013-2014), la réserve naturelle des Terres australes françaises a initié un programme permettant de mieux connaître cette espèce et notamment sa population, son écologie alimentaire et ses caractéristiques génétiques, l’objectif final étant de préciser leur réel statut de conservation à l’échelle mondiale.

Les premiers résultats résultant des données collectées lors de la première campagne 2012/2013 ont permis :

  • d’estimer que la population dans le golfe du Morbihan est comprise entre 60 et 80 individus. La mise à l’eau d’une acousonde en février 2014 permettra d’assurer un suivi de cette population et de mieux connaître les changements saisonniers de fréquentation des sites à l’intérieur du golfe,
  • de constater, d’après la signature isotopique d’échantillons de peau, que le dauphin se nourrit majoritairement de poissons côtiers confirmant ainsi un habitat de type fjord,
  • de confirmer, d’après les analyses génétiques des séquences d’ADN du dauphin de Commerson à Kerguelen et de son cousin sud-américain, qu’il n’y a eu aucun échange de gènes entre ces deux dauphins depuis une très longue période.

Cet important isolement de la population de dauphins de Kerguelen a créé une sorte de sous espèce à part. Avec un nombre très faible d’individus, le dauphin de Kerguelen peut devenir vulnérable aux changements environnementaux et climatiques actuels. En cas de disparition, un éventuel repeuplement avec d’autres populations ne semble même pas envisageable.

C’est à partir de ces considérations que la sous espèce de dauphins de Commerson (Cephalorhynchus commersonii kerguelensis) a été proposée par les TAAF en 2013 pour être classée dans la catégorie « en voie de disparition » sur la liste rouge de l’Union Internationale pour la Conservation de la Nature (UICN).

 

(A suivre...)

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12 mai 2017 5 12 /05 /mai /2017 19:37

Histoire de l’aventure baleinière

française dans le district de KERGUELEN.

 

Les T.A.A.F (Terres Australes et Antarctiques Françaises) ont émis quatre timbres relatifs à un site de Kerguelen appelé « Port Jeanne d’Arc »,

  • Un de 4,70 F en 1984 (YT n° PA80)
  • Un second de 0,79 € (émis en 2003, YT n° 350)
  • Un troisième de 0,90€ (émis en 2008, YT n° 504)
  • Le quatrième étant un bloc de 4 timbres de 0,60€ (émission 2012, feuille F 618)

 

Pour quelle raison ? Et bien parce que Port Jeanne d’Arc fut la seule station baleinière en territoire français. Et oui…

 

En effet, les frères BOSSIERE du Havre, obtiennent du gouvernement français, à la fin du 19ème siècle, la concession exclusive des îles Kerguelen pour 50 ans. Ils projettent donc de réaliser une usine baleinière afin de produire de l’huile car à l‘époque certaines grandes villes du monde utilisent ce produit pour l’éclairage. L’huile est également utilisée dans les lampes ainsi que pour la fabrication des bougies (cire), des savons et des cosmétiques. De plus, bien que cela soit anecdotique, les fanons des baleines servent aux armatures de parapluies, d'ombrelles et de corsets.

Pour la construction et l’exploitation de cette usine sur le site Port Jeanne d'Arc (couramment appelé « PJDA » dans le langage des T.A.A.F), ils font appel au savoir-faire de Norvégiens et la gèrent pendant ses quelques années d'activité entre 1907 à 1922. Il est à noter que « PJDA » n’est pas situé au bord de l’océan, mais à l’intérieur des terres.

L’activité baleinière n’est déjà plus très rentable vers 1911, date à laquelle le nombre de baleines a fortement diminué et où l’huile est déjà obtenue par la chasse aux éléphants de mer. L’activité, interrompue pendant la première guerre mondiale, reprend à la fin des hostilités en 1919, mais à cette époque l’apparition des navires usines traitant les baleines directement à bord signe la fermeture définitive en 1922.

Les bâtiments de la station baleinière de « PJDA » sont entretenus et utilisés encore pendant quelques années.

 

Port jeanne d'Arc en 1930 (TP Y&T PA80) et timbre du Centenaire (Y&T 504)
Port jeanne d'Arc en 1930 (TP Y&T PA80) et timbre du Centenaire (Y&T 504)

Port jeanne d'Arc en 1930 (TP Y&T PA80) et timbre du Centenaire (Y&T 504)

On débarque à « PJDA » en zodiac après un voyage en chaland ou avec la « Japonaise » qui est une coque de baleinière trouvée en épave et transformée en petit chalutier permettant de réaliser des dragages, des relevés bathymétriques et des prélèvements d’eau de mer. L'arrivée sur ce site abandonné et dans ce village fantôme a quelque chose d'insolite. Pourtant, on ne se lasse à aucun moment de circuler dans les installations entre les cuves, les bidons, les baleinières, les habitations. On se prend même à imaginer ce que pouvait être la vie et l’histoire de ces baleiniers norvégiens. Mais ce voyage dans le temps avec un tel dépaysement est-il réellement possible ?

 

L'usine.

Comme on le voit sur le timbre précédent des T.A.A.F PA80 ci-dessus, l'usine comprend :

A - Trois chaudières à vapeur utilisant du charbon comme combustible. Elles auraient également fonctionné avec du lignite dont un petit gisement se trouve à proximité du site.

Vestige de la centrale à vapeurVestige de la centrale à vapeur

Vestige de la centrale à vapeur

B - Un plan incliné constitué de lattes de bois s'avançant jusque dans la mer et sur lequel sont découpées les baleines. Il est monté sur pilotis et couvert d'un auvent (déjà disparu en 1974) au fond duquel sont installés d'énormes treuils mus à la vapeur pour hisser les baleines.

Les baleines sont harponnées en mer puis ramenées à terre par les baleinières dont il reste quelques exemplaires à « PJDA ». On peut imaginer les dangers de la chasse à la baleine du harponnage jusqu’au transport à l’usine en voyant la petite taille de celles-ci.

Plan incliné et baleinièresPlan incliné et baleinières

Plan incliné et baleinières

C- Un bâtiment de production d’huile.

Ensuite, les quartiers de baleine (lard qui donne l'huile séparé de la viande et des os) sont acheminés, via une goulotte en bois, du plan incliné vers les autoclaves alimentés à la vapeur permettant de les faire fondre.

Treuil et goulotte en boisTreuil et goulotte en bois

Treuil et goulotte en bois

L'huile recueillie est conduite par canalisations vers des cuves de décantation et de raffinage (également chauffée à la vapeur), puis vers des cuves de stockage dont les deux plus grandes ont un diamètre de 10 mètres et une hauteur de 5 mètres.

Autoclave et grandes cuves de stockage d'huileAutoclave et grandes cuves de stockage d'huile

Autoclave et grandes cuves de stockage d'huile

D- L’appontement (Wharf).

Au premier plan du timbre est représenté un appontement (wharf) qui permet aux navires d'accoster. Ce wharf est équipé de rails sur lesquels circule un petit train aussi bien pour transporter du charbon et des matériels que pour évacuer les barils d'huile produite.

Certains bateaux (vraquiers) sont équipés de cuves permettant l'exportation de l’huile en « vrac », ces cuves étant remplies d’huile par l’intermédiaire de manches de chargement alimentées depuis les grandes cuves de stockage par des pompes et des canalisations.

En 1974, il ne reste quasiment plus rien de ce wharf.

Le wharf (appontement des bateaux)Le wharf (appontement des bateaux)

Le wharf (appontement des bateaux)

E – Le bâtiment pour l’entretien mécanique.

Afin de permettre l’entretien des installations, le site de PJDA comprend un atelier mécanique muni d’un cabestan à vapeur pour amener les grosses pièces à partir du wharf et d’un tour.

 

Atelier mécanique: le cabestan

 

Le village.

Le village de la station baleinière de « PJDA » se situe, rappelons-le, à l'intérieur des îles (et non pas en bordure de l'océan austral) sur la presqu'île Jeanne d’Arc qui se trouve derrière la presqu’île Ronarch et derrière l’île Longue au sud de Kerguelen, dans le fond du golfe du Morbihan.

Il est accessible par chalands à partir de Port aux Français.

 

Arrivée à Port Jeanne D'Arc

Arrivée à Port Jeanne D'Arc

Le village construit par les Norvégiens comprend quatre bâtiments d’habitation en bois, couverts de tôles ondulées qui subsistent encore en 1974, mais dont deux étaient malheureusement très fortement endommagés.

Le bâtiment qui sert d’habitation lors des relevés océanographiques ou autres « manips » est très rustique, mais néanmoins confortable. Il comporte :

  • une très grande pièce faisant office de cuisine et de réfectoire, pièce dans laquelle il reste une vieille cuisinière en fonte, qui fonctionnait dans le passé avec du lignite ou de la tourbe trouvés localement. On est très content d’y brûler du bois pour faire sécher nos vêtements et cuire nos repas lors de nos visites.
  • Un dortoir garni de couchettes en planches de bois, superposées et très, très étroites.

Comme le village est installé à proximité d’une petite rivière, l'eau a été détournée et, grâce à des gouttières en bois posées à même le sol, elle coule en permanence dans une fontaine située à côté des bâtiments d'habitation. Le village dispose donc de l'eau courante...

Les baleiniers et les habitants de Port Jeanne d'Arc étaient éloignés de tout (comme aujourd’hui mais dans une moindre mesure les participants aux missions). Ils vivent en autarcie pendant plusieurs années. C'est pourquoi il existe un petit bâtiment d’élevage de porcs dont la viande fraiche constitue un complément à la viande des baleines.

Entrée de l'habitation et pompe pour l'eau corante
Entrée de l'habitation et pompe pour l'eau corante

Entrée de l'habitation et pompe pour l'eau corante

La cuisinière norvégienne et la porcherie
La cuisinière norvégienne et la porcherie

La cuisinière norvégienne et la porcherie

La restauration du site de Port Jeanne d’Arc.

A la fin des années 1990, il n'existe plus que 2 stations baleinières terrestres de l’importance de Port Jeanne d’Arc dans le monde. L'une se trouve en Géorgie du Sud (britannique) et l'autre est la station de Port Jeanne d'Arc sur le sol français, d’où l’intérêt d'une opération de restauration de ce patrimoine.

Comme on l’aperçoit déjà sur les photos en 1974, le site de Port Jeanne d’Arc a subi les outrages du temps. Cela ne s’est forcément pas amélioré depuis. Une restauration complète de ce site après 70-80 ans d’abandon n’était donc ni envisageable, ni possible. C’est pourquoi les installations ont été numérisées pour en garder une trace. Les TAAF ont émis à cette occasion un feuillet (F 618) de 4 timbres.

Numérisation de Port Jeanne D'Arc (Timbre Y&T F 618)

Numérisation de Port Jeanne D'Arc (Timbre Y&T F 618)

Une restauration partielle a cependant commencé pendant l’été austral 2000/2001 au cours duquel deux bâtiments (atelier mécanique et porcherie) ont été remis en état. On trouvera plus de détails sur le site transpolair.free.fr.

Un timbre de 0,79 € commémorant cette restauration a été émis en 2003.

 

Port Jeanne D'Arc rénovée (TP Y&T 350)

Port Jeanne D'Arc rénovée (TP Y&T 350)

à suivre.....

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8 mai 2017 1 08 /05 /mai /2017 18:18

LES ÎLES DE KERGUELEN.

C’est aux îles de KERGUELEN qu’en 1974, comme Volontaire à l’Aide Technique (VAT), j’effectue mon Service National (Service Militaire) lors de la 24ème mission, et en tant que technicien rayons cosmiques d’une part et sismologie d’autre part.

1 LE VOYAGE EN BATEAU.

1.1 Depuis la France jusqu’au Cap.

Le 3 Décembre 1973, j’embarque à Marseille sur le « Marion Dufresne » (celui de 1973-1995 et non pas l’actuel), navire des Messageries Maritimes qui ravitaille les trois districts des T.A.A.F. (iles Crozet, Kerguelen et Amsterdam) qui vient de remplacer le Gallieni.

Après un jour de mer, le bateau double Gibraltar, puis prend la direction des Canaries pour une escale de 6 heures à Santa Cruz de Ténériffe afin de faire le plein de combustible (premier choc pétrolier oblige…). Ensuite, après avoir longé pendant quelques heures les côtes du Sénégal vers Dakar, le Marion Dufresne se dirige vers Le Cap en Afrique du Sud.

Le passage de la ligne (de l’équateur) se déroule le 21 décembre 1973 lors d’une fête organisée par le commandant et son équipage. La chaleur est étouffante et très humide, une chaleur équatoriale normale.

Pour tromper l’ennui sur le bateau, avec deux autres volontaires (dont un est océanographe), je participe à une « manip » de pompage d’eau de mer 24h/24 consistant à récupérer toutes les heures un filtre sur lequel s’était déposé du plancton pour étude et analyse ultérieure dans un laboratoire.

Puis vient l’arrivée au Cap le 29 décembre en début d’après-midi, suivie d’une visite de la ville pendant quelques heures par un très beau temps (été austral) dans une ambiance surprenante pour nous Français puisque le régime politique de l’Afrique du Sud est alors celui de l’apartheid. Après une nuit sur le bateau, nous restons sur le quai jusqu’au départ vers les terres australes, le dimanche 30 décembre en début de soirée.

 

1.2 Le voyage du Cap à Crozet, puis jusqu’à Kerguelen.

Le « Marion Dufresne », après avoir déposé 4 sud-africains sur l’île du Prince Edouard, fait route vers les 40èmes rugissants et les 50èmes hurlants pour finalement faire escale et ravitailler la base Alfred Faure de Crozet dont c’est le 10ème anniversaire.

La base Alfred Faure est située en hauteur sur un monticule surplombant l’anse du marin sur laquelle se trouve une très importante colonie de manchots royaux qui s’y reproduisent pendant l’été austral. (Pièce 4)

Après deux jours à Crozet, le Marion Dufresne reprend la mer jusqu’à Kerguelen.

1.2 L’arrivée à Kerguelen.

J’arrive sur la base de Port Aux Français (latitude 49° 21’ Sud et longitude 70° 12’ Est) à Kerguelen le 12 Janvier 1974. Dans le jargon des « taafiens », Port aux Français est souvent appelée en abrégé « PAF ». Dans le même genre d’abréviation, le chef de district est appelé le « Disker ».

 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

     

    2 PRESENTATION GENERALE DES ÎLES KERGUELEN.

    L’archipel de Kerguelen est constitué d’une île principale appelée Grande Terre ainsi que de très nombreuses petites îles, et de fjords très découpés. On a l’habitude de dire que les Kerguelen ont la superficie de la Corse avec autant de longueurs de côtes que la France. Les Kerguelen présentent la particularité d’être couvertes à l’Ouest par une calotte glacière (Cook). Le point culminant est le Mont Ross (1 850m) qui se trouve au Sud. Il a été escaladé pour la première en janvier 1975.

    Le climat est surtout caractérisé par des vents dominants d’Ouest continus et parfois violents de 150 Km/h, parfois jusqu’à 200 km/h. Ce vent, à longueur d’année, est fatiguant, mais n’oublions pas que les Kerguelen se trouvent sur les 50èmes hurlants et que ces îles avaient été nommées « Îles de la Désolation ». La température moyenne annuelle y est de 4 à 5°C avec des maxima absolus de 20°C et de -10°C, mais je ne me souviens pas particulièrement d’avoir eu froid. Par contre, il n’est pas rare d’avoir les 4 saisons dans la même journée.

    La faune est particulièrement diversifiée car les eaux environnantes sont très riches en krill, ce qui permet le développement de nombreux poissons et par conséquent d’oiseaux et de mammifères ayant besoin de la terre ferme pour se reproduire.

    De très nombreux timbres émis par les T.A.A.F représentent cette diversité (albatros, cormorans, skuas, pétrels, manchots, éléphants de mer, otaries, etc.…).

     

    Les paysages au niveau de la mer ressemblent à la toundra, mais la végétation est peu importante du fait de la pauvreté de la terre et de l’introduction d’espèces importées (notamment des lapins). On trouve une espèce végétale endémique (le chou de Kerguelen).  L’étendue importante de rochers (même à très basse altitude) et de la rudesse du climat, résume le champ de vision à des lichens et des mousses.

     

     

    On voit, par contre, de très importants champs sous-marins d’algues appelées Macrocystis et Durvilléas. Ainsi, devant Port-Aux-Français, dans la baie du Morbihan, une très grande prudence doit être observée pour la navigation, pour éviter que les hélices ne se prennent dans les algues.

    3 LA BASE DE PORT AUX FRANҪAIS (EN 1974).

    La base scientifique de Port-aux-Français fonctionne en continu depuis 1950. En 1974, environ 100 personnes hivernent tandis qu’environ 40 personnes supplémentaires sont présentes pendant la campagne d’été qui dure de début janvier à fin mars.

     

     

    3.1 La recherche scientifique.

    A – Les mesures géophysiques.

    Au moment de l’année géophysique internationale (de mi-1957 à fin 1958), 8 bâtiments ont été construits pour abriter les systèmes de mesures et d’enregistrement des caractéristiques physiques de la Terre. Ils servent également de logement aux techniciens. Certains de ces systèmes qui existaient déjà ont été rénovés ou changés. Dans le cadre d’un programme international, ils concernent principalement :

    • Le géomagnétisme (mesures du champ magnétique terrestre)
    • Les mesures relatives à l’ionisation par le rayonnement du soleil des atomes et molécules de la haute atmosphère terrestre de 80 km à 500 Kms (ionosphère)
    • Le rayonnement cosmique (flux de particules de haute énergie circulant dans le vide interstellaire)
    • La radioactivité naturelle de l’air
    • Les mesures des vibrations du sol (par 3 sismographes répartis sur la Grande Terre)

    L’ensemble de ces installations est suivi par le CNRS ou par différents laboratoires d’universités françaises tels que l’Institut Physique du Globe. Chaque jour, des données simplifiées leur sont transmises par radio en France tandis que les enregistrements définitifs sur bandes magnétiques, sur papier ou autre support leur sont envoyés dans des caisses à la fin de l’hivernage (donc une fois par an).

     

     

     

     

    B – La météorologie.

    Une station météorologique fonctionne à Kerguelen. En dehors des relevés classiques (température, pression, vitesse du vent, pluviométrie, etc.…), les météorologues envoient chaque jour un ballon sonde gonflé à l’hydrogène avec suivi de sa trajectoire par radar. Compte tenu du vent violent, le lancer du ballon était sportif et ne réussissait pas toujours bien qu’il y ait un mur pare-vent. Une usine de fabrication d’hydrogène existe en 1974 à Port-aux-Français.

    La station de météorologie a accès aux photos satellite du continent antarctique et de l’océan indien.

    C – Le laboratoire de biologie marine.

    Ce laboratoire en 1974 est de construction récente. Les expériences pendant mon hivernage consistent principalement en :

    • L’étude des algues pour essayer de déterminer la biomasse correspondante
    • L’étude du crabe des îles Kerguelen Halicarcinus planatus

    Le tout comprenant des relevés réguliers des caractéristiques de l’eau (salinité, température, qualité, etc.…)

    • Des opérations de baguage des oiseaux (notamment les albatros hurleur et albatros à sourcils noirs)

    D – Le pas de tir.

    Enfin, la base de Kerguelen comporte un pas de tir de fusées-sondes comprenant les hangars d’assemblage des fusées et de leurs coiffes.

    En janvier et Février 1975, deux fusées Eridan ont été lancées lors du programme franco-russe ARAKS.

     

     

     

     

     

     

     

     

     

    3.2 Les moyens (bâtiments, logistique, etc..).

    La base comprend en plus des bâtiments abritant les différents laboratoires :

    • Les services techniques (centrale électrique, communication, station pompage eau...)
    • Les services logistiques (intendance, restaurant, cuisines, logements, véhicules et garage, magasin général, chalands, etc.…)
    • Les services de construction avec ses matériels et engins…
    • L’hôpital

    Les T.A.A.F ont émis de nombreux timbres,  entre autres les timbres N° A14 et N° A26 représentant la base.

     

     

     

     

     

     

    3.3 Les opérations de ravitaillement.

    Le ravitaillement des bases des Terres Australes (Crozet, Kerguelen et Amsterdam) est assuré par des rotations du Marion Dufresne pendant la campagne d’été (en général 2 à 3 passages du bateau entre début janvier et fin mars).

    A Kerguelen, le Marion Dufresne se met à l’ancre devant Port-aux-Français. Puis, le déchargement des caisses et conteneurs est effectué par les grues du bateau sur deux chalands. Ensuite, les chalands gagnent le quai de débarquement du port de la base, port en eaux peu profondes, où ils sont déchargés sur des camions.

    3.4 Les hélicoptères.

    A l’arrière (poupe) du Marion Dufresne se trouve un local à l’abri des intempéries dans lequel étaient rangés en 1974 deux hélicoptères du type Alouette II.

    Leur tout premier rôle était de transporter le courrier, Opération primordiale pour les hivernants.

    Puis les hélicoptères transportent les équipements sur les différentes îles ou sites afin qu’ils soient montés et mis en service. Ensuite vient le ravitaillement de quelques cabanes.

    Les T.A.A.F. ont commémoré la présence de ces hélicoptères (Alouette II) en émettant les timbres N° 92 et N° 93.

     

     

    Arrivé sur la base de Port Aux Français à Kerguelen le 12 Janvier 1974, j’en repars le 3 février 1975.

     

     

     

     

    (A suivre…)

     

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    25 novembre 2016 5 25 /11 /novembre /2016 21:52

    Comme chaque année depuis 66 ans, peu avant le Salon d’automne, le jury des Grands Prix de l’Art Philatélique se réunit dans les bureaux de la CNEP à Paris.  Le jeudi 27 octobre 2016 une trentaine de personnalités issues ou non de la philatélie entourait son Président François Farcigny.

    Ce jury, chargé de décerner les prix pour les plus beaux timbres dans différentes catégories a récompensé, dans la catégorie des émissions des TOM, collectivités locales et Andorre le bloc des TAAF Réserve naturelle représentant 6 portraits d’Albatros, impression offset dessiné par Nadia Charles.

    C’est une belle récompense pour cette artiste lorsque l’on sait qu’à l’origine, le dessin des becs d’albatros n’a pas été créé spécifiquement pour la réalisation d’un timbre. C’est un dessin de Nadia Charles, qui a été remarqué par Marc Boukebza Directeur de la Philatélie des TAAF. Il a alors demandé à l’artiste de travailler sur une composition philatélique. Ecoutons Nadia Charles nous conter cette belle histoire :

    « Pour la petite histoire de la création du timbre dont il est question, c'est un dessin aux crayons de couleur grand format (A1) réalisé au terme d'une grosse commande (une quarantaine d'illustrations faites les unes à la suite des autres à une cadence assez soutenue) pour les panneaux de la Réserve Naturelle des TAAF..; J’avais devant les yeux tellement de photos de cet univers fascinant ! Et les habitants ailés étaient entre autres animaux extraordinaires des sujets remarquables, surtout les têtes avec les  détails des becs...Je voulais me faire ma propre galerie des plus beaux portraits trouvés dans les archives envoyées sans autres motifs que l'aspect esthétique de ces somptueux oiseaux marins.

    C'est donc sous une impulsion toute personnelle que j'ai associé en une planche par pur plaisir ces portraits dessinés aux crayons de couleur, 5 albatros et un pétrel au bec étonnant et difficile à réaliser graphiquement. ce dessin m'a demandé deux semaines de travail et m'a servi de carte de vœux de fin d'année et c'est ainsi que Marc Boukebza l'a remarqué et m'a demandé de lui présenter mon travail...à la suite de quoi il m'a proposé de lui présenter une composition pour un bloc (1ère proposition 5 albatros et le pétrel à menton blanc). La proposition a plu et a été choisie pour célébrer les 10ans de la Réserve Naturelle. Cédric Marteau, son Directeur, a suggéré de remplacer le pétrel par un 6ème albatros, à savoir l'albatros timide... c'est un beau parcours pour le seul dessin non commandé à l'origine et qui se voit couronné pour ma plus grande fierté. »

     

    Les philatélistes de Nanterre et leurs amis sont particulièrement heureux d’avoir accueilli le premier Jour d’émission de ce bloc, et Nadia Charles sa créatrice pour cet, évènement qui s'inscrivait dans la cadre du Festival EcoZone 2016 dont les TAAF était invités d'honneur..

    Le dessin original et la première maquette de Nadia Charles : 5 becs d'albatros et un de pétrel.
    Le dessin original et la première maquette de Nadia Charles : 5 becs d'albatros et un de pétrel.

    Le dessin original et la première maquette de Nadia Charles : 5 becs d'albatros et un de pétrel.

    Le bec de l'albatros timide et la maquette où il remplace le pétrel.
    Le bec de l'albatros timide et la maquette où il remplace le pétrel.

    Le bec de l'albatros timide et la maquette où il remplace le pétrel.

    La mquette finale du bloc "becs d'albatros".

    La mquette finale du bloc "becs d'albatros".

    Nadia Charles décdicaçant son oeuvre le 21 mai à Nanterre.

    Nadia Charles décdicaçant son oeuvre le 21 mai à Nanterre.

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    29 juin 2016 3 29 /06 /juin /2016 17:48
    Des albatros originaux

    A l'occasion de la venue des TAAF à l'Ecozone de mai 2016 à Nanterre, l'amicale philatélique a fait éditer des "timbres à moi" . Ils ont pour illustration deux photos originales d'un de nos membres, ayant participé à la 24ème mission aux Kerguelen, en 1974 (voir article: Mémoires des TAAF).

    Le premier timbre nous présente l'albatros fuligineux et son petit, et le deuxième présente le bien nommé albatros géant couvant son œuf.

    Si vous souhaitez timbrer ces albatros, dépêchez-vous, car il nous reste encore quelques exemplaires de ces timbres aux illustrations peu communes.

    N'hésitez pas à nous contacter sur apn92@free.fr !

    Des albatros originaux
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    4 juin 2016 6 04 /06 /juin /2016 07:51

    Le samedi 21 mai, les TAAF ont participé à la grande fête écologique dans le parc des Anciennes Mairies au Centre de la Ville de Nanterre. Pendant que le service philatélique mettait en vente sur son stand le timbre « portraits d’albatros » et permettait aux visiteurs d’expédier leurs lettres vers les terres australes, Cédric Marteau était interviewé sur la web radio de Nanterre sur le thème : « des manchots aux hirondelles, la course à la fraîcheur »: l'occasion de débattre des effets du dérèglement climatique sur la biodiversité, d’évoquer les risques pesant sur les milieux naturels des îles australes et les actions de conservation mises en place par la réserve. A réécouter sur :

    https://radioagora-nanterre.fr/broadcast/4839-2-des-manchots-aux-hirondelles-la-course-à-la-fraîcheur

    Le stand des TAAF  pendant EcoZone

    Le stand des TAAF pendant EcoZone

    Cédric Marteau répondant aux questions de Catherine Portaluppi sur la web radio de Nanterre

    Cédric Marteau répondant aux questions de Catherine Portaluppi sur la web radio de Nanterre

    L’APN et l’UFPP avaient installé leurs stands tout à côté.

    Les stands de l'APN92 et de l'UFPP-SATALes stands de l'APN92 et de l'UFPP-SATA

    Les stands de l'APN92 et de l'UFPP-SATA

    Les TAAF invités d’honneur  Du Festival Ecologique EcoZone 2016

    Nadia Charles, dessinatrice du timbre "portraits d'albatros" était présente pour dédicacer les souvenirs préparés par les philatélistes.

    souvenir philatélique revêtu du tampon EcoZone et signé de Nadia Charles

    souvenir philatélique revêtu du tampon EcoZone et signé de Nadia Charles

    En début d’après midi, Marc Boukebza Directeur de la Philatélie des TAAF accompagné de Sophie Donzel, Adjointe au Maire, a remis aux enfants de quatre écoles primaires de la Ville les lettres qu’ils ont préparées et décorées en octobre dernier pour un voyage extrême. Une grande joie pour ces jeunes qui attendaient ce moment depuis plusieurs mois !

    Les TAAF invités d’honneur  Du Festival Ecologique EcoZone 2016

    Le Maire de Nanterre s’est arrêté sur le stand des TAAF où Marc Boukebza lui a remis une enveloppe affranchie avec le timbre « portrait d’albatros » et oblitérée du cachet correspondant.

    Marc Boukebza remet au Maire Patrick Jarry un souvenir philatélique

    Marc Boukebza remet au Maire Patrick Jarry un souvenir philatélique

    Une belle journée, sous le soleil, dans une ambiance Écologique (116 stands sur le festival), où près de 500 personnes ont rendu visite aux TAAF. De très nombreux courriers sont prêts à partir lors de la prochaine rotation !

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