Overblog Suivre ce blog
Administration Créer mon blog

Présentation

  • : Amicale Philatélique de Nanterre
  • Amicale Philatélique de Nanterre
  • : Les réunions sont ouvertes à tout philatéliste, même non adhérent, mais qui souhaite partager sa passion autour du timbre et de la lettre. Réunions 1ers et 3èmes dimanches de chaque mois. Villa des Tourelles 9, rue des Anciennes Mairies à Nanterre. Adresse E-mail : apn92@free.fr
  • Contact

Profil

  • APN92
  • Réunions de l'Amicale Philatélique de Nanterre - 1ers et 3èmes dimanches
  • Réunions de l'Amicale Philatélique de Nanterre - 1ers et 3èmes dimanches

L'APN

L’association philatélique est le lieu privilégié pour partager sa passion, développer des échanges trouver la convivialité et l’amitié autour d’un loisir commun. Au-delà, elle permet de véhiculer l’information, de découvrir, d’échanger par l’intermédiaire de services structurés. L’association philatélique rompt l’isolement et intègre le collectionneur dans un groupe de contact.

Téléphone : 01 41 37 71 35 (Répondeur)
apn92@free.fr

Recherche

12 avril 2011 2 12 /04 /avril /2011 16:29

Nous annoncions les reports successifs de l’émission de Mayotte commémorative du 170ème anniversaire du rattachement de Mayotte à la France. Finalement le timbre-poste est sorti : le 2 avril en Premier jour, le 4 en vente générale locale ([i])

 

Figure-1-mayotte.jpg

 

La commémoration est celle de l’achat de cette terre comorienne encore appelée « l’île aux deux hippocampes » au Sultan Andrian Souli : C’est en effet le Deuxième du mois de Rabi-el-aual 1257 de l’Hégire, soit le 25 avril 1841 qu’ est signé le traité par lequel ce natif de Madagascar,  fils d’Ouza ancien roi malgache des Sakalaves,  cède  en toute propriété à la France « l’île par lui possédée selon droit de conquête et par convention », acquise par les armes treize ans plus tôt. Signataire français : le Capitaine Passot, envoyé dans l’archipel par l’Amiral de Hell, gouverneur de Bourbon (ancien nom de la Réunion). Sa mission : trouver, dans cette partie de l’Océan, un point où « les navires français pourraient se mettre à l’abri des cyclones, réparer leurs avaries et se ravitailler commodément » ; abri qu’en l’absence de port à Bourbon les Traités de 1815 avaient privé la France en attribuant l’Île Maurice à l’Angleterre. Le timbre-poste présente en médaillon les deux personnages principaux et au premier plan le vaisseau français ainsi qu’un boutre comorien devant le Rocher de Dzaoudzi.

En réalité, le transfert de souveraineté ne s’est cependant pas fait en un jour : au contraire,  il s’étalera sur plus de deux ans.  Le traité de cession de 1841 ayant prévu « une sanction préalable par sa Majesté le Roi des Français »,  Louis-Philippe ratifiera certes les termes de l‘accord mais le 10 février 1843 seulement. La prise de possession, dernière étape du processus de rattachement, ne deviendra effective que le 13 juin 1843. Entretemps promu commandant, Passot revient  avec une forte garnison issue du 3ème Régiment d’Infanterie de Marine pour se voir officiellement remettre l’Île par son Sultan, avant le lever du drapeau français puis la lecture à la Grande Mosquée d’une proclamation solennelle destinée à informer l’ensemble des Mahorais de l’ère nouvelle ouverte: l’île compte alors environ 3000 personnes. Adrian Souli peut  toucher le prix de la cession : une rente annuelle et viagère de 1000 piastres, le droit de jouissance en toute sécurité de ses propriétés particulières et la possibilité de faire éduquer deux de ses fils à Bourbon.

En 170 ans, « l’Ile aux deux hippocampes » a connu un parcours postal tortueux. Ses principales étapes sont retracées dans un article que publie le signataire de ces lignes dans le dernier n° du mensuel « ATOUT-timbres », n° 160, 15 avril-15 mai 2011, édité par Yvert et Tellier et vendu en kiosque.


Figure-2-mayotte.jpg

 

L’étape la plus récente de la longue histoire postale de Mayotte est celle ouverte le 1er avril 2011 avec la transformation de l’ancienne «Collectivité départementale» en « Département d’Outre - Mer ». Celui-ci perdra t’il son autonomie postale et devra t’il abandonner ses émissions de timbres -poste, à l’instar des quatre autres D.O.M. (et de Saint-Pierre-et-Miquelon qui eut ce statut entre 1976 et 1986) ? La question n’est pas tranchée et nul ne semble être en mesure de donner un avis autorisé. Seule chose établie : la poursuite jusqu’à l’automne du Programme philatélique arrêté en septembre dernier. Une affaire qui appellera donc prochainement d’autres développements.


 Michel Krempper, Amicale Philatélique de Nanterre, 11 avril 2011

 


([i] ) A Paris, c’est autre chose : le 9 avril, le timbre imprimé à Boulazac n’était toujours pas au Carré d’Encre ni à la boutique du Musée de La Poste … et pourtant Phil@poste prétend vouloir encourager la diffusion des  émissions ultramarines françaises. En cette année 2011 dite « Année de l’ Outre – Mer »,  il va lui falloir s’y mettre plus sérieusement.

Repost 0
8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 09:20

 Histoire d’un prêt-à-poster précurseur

 

Voilà un bien bizarre objet philatélique.


PAP-Aveyron-Fig-1.jpg

Figure 1.  Double face externe avec cadre adresse et cadre pour la correspondance.
Tirage définitif
.

 

Il illustre pourtant notre titre car malgré sa forme biscornue, c’est bien un Prêt-à-poster. Même si sa figurine postale n’est pas le dessin d’un timbre mais une vignette en forme de cadre dentelé mentionnant « Port Payé Autorisation 12/06/94  12000 RODEZ DD » qui lui confère valeur fiduciaire et en fait un entier postal véritable.


Déjà vieux de 10 ans …

… et pourtant ignoré de beaucoup de philatélistes et même de certains spécialistes d’entiers postaux. A preuve : son absence dans la première édition du Catalogue des PAP édité par Bertrand Sinais en novembre 2003… Une absence peut être provisoire car, depuis, l’auteur a publié à son sujet un article dans une revue nationale, augurant peut être d’une introduction des différentes versions du PAP précurseur de l’Aveyron dans une 2° édition du Catalogue.

Explication : Ces entiers postaux –  lancés en 1994 à titre expérimental – n’ont été imprimés qu’en peu d’exemplaires et très peu ont été vendus. Sombrés dans l’oubli, ils font aujourd’hui l’objet d’une redécouverte, à laquelle la vogue récente des PAP n’est pas étrangère.


… mais longtemps resté confidentiel.

Bien avant la « déferlante » des PAP locaux, le PAP expérimental de l’Aveyron est né d’une décision de la Délégation Midi-Atlantique de la Poste, à la recherche de produits postaux attractifs pour les touristes et aptes à stimuler la correspondance des particuliers. Sous le nom significatif de « Concours Courrier Folies », elle lance auprès des agents de la Poste un jeu destiné à susciter des projets. Le gagnant en sera un facteur de Villefranche de Rouèrgue : Jean-Claude Auriac.


PAP-Aveyron-Fig-2.jpg

Figure 2. Dans son atelier, Jean-Claude AURIAC
gagnant du concours « Courrier Folies 
»

 

Il imagine une carte double-face qui, dépliée, mesure 344 mm de large, 192 de haut et dont la forme reprend les limites du département. Pliable en deux, il se referme par un onglet. La face externe supporte la correspondance et l’adresse. La face interne comporte des illustrations des différents sites de l’Aveyron.

 

Deux émissions successives


PAP-Aveyron-Fig-3.jpg

Figure 3. Première émission sans le nom des sites, avec les logos de la Poste.
Face interne, partie Ouest
.

 

Un premier avant-projet consistait en un objet en relief !!! Jugé trop coûteux à fabriquer, il céda la place à un objet en 2 dimensions. 3000 exemplaires furent ainsi tirés, 2750 mis à la disposition des bureaux… C’est peu : la plupart des PAP locaux sont aujourd’hui tirés entre 5 000 et 10 000 exemplaires, les PAP départementaux à 50 000.


Le premier tirage ne comporte aucun nom de lieu. A la place de chaque site ou localité figure le logo de la Poste. Moyennant quoi, les chefs d’établissements le boudent. Ils jugent aussi  cher le prix imposé : 10 francs. Enfin, aucun matériel leur permettant de faire la promotion de ce PAP n’est mis à leur disposition.


La deuxième émission

Suite au semi-échec commercial qui s’ensuit, un deuxième tirage est décidé… justifiant le pluriel du titre de notre article !


PAP-Aveyron-Fig-4.jpg

Figure 4. Deuxième émission : avec le nom des villes à la place des logos La Poste.
Face interne, partie Est  de l’Aveyron.

 

Les principales différences concernent :

  • Le nom des sites et localités qui viennent remplacer les logos « La Poste » sur la partie intérieure et se rajouter pour les principales sur la partie extérieure.
  • Les illustrations thématiques : des sites sont ajoutés.

 

Cette émission réalisée en 1995 est plus importante : environ 5000 mais la vente n’est pas plus massive.

 

Un tirage « intermédiaire » tout récemment découvert.

On l’ignorait il y a peu de temps encore. Bertrand Sinais n’en parle pas dans son article de Timbres-Magazine (Juillet 2004) : LA 2° EMISSION FUT PRECEDEE D’UN TIRAGE « FAUTE » de 2000 exemplaires sitôt soustraits de la circulation après un début de distribution !!! Certains sont néanmoins entrés dans le circuit postal.


PAP Aveyron Fig 5

Figures 5. Deux et trois barres sur le E du grand logo de la Poste, face extérieure ;
la 3° barre n’était plus conforme à la nouvelle Charte Graphique de la Poste.

 

Un événement interne à la Poste était en effet intervenu entre les deux émissions : le changement de sa Charte Graphique. Les nouvelles règles ayant modifié le logo, il convenait logiquement que le nouveau tirage de notre PAP précurseur adopta le logo « sans la 3° barre sur le E de LA POSTE » utilisé pour la  1° émission …


D’autres différences mineures permettent de distinguer les 2 tirages successifs de la 2° émission : taille du logo sur la partie extérieure (5,2 contre 5,7 cm) , nuances dans la couleur jaune (du citron à la moutarde).


Une « mine » pour les thématistes

Rares sont les pièces philatéliques thématiquement aussi riches . En effet, le PAP précurseur intéresse :

  • La géographie et  cartographie, bien sûr
  • L’architecture religieuse avec la Cathédrale de Rodez, l’Abbaye de Conques, la Chapelle des Pénitents Noirs de Villefranche
  • L’architecture civile : beffroi de Millau
  • Les ponts avec le Moulin du Vieux Pont sur le Tarn, vestige unique en France, également à Millau
  • L’alimentation avec le Roquefort et d’autres spécialités
  • Les sports et loisirs : pèche, kayak, ski, voile, rando….
  • L’artisanat : couteaux de Laguiole, ganterie
  • L’énergie et la géologie : bassin houiller de Decazeville.

 

Toujours admis à circuler

Si ce PAP ne comporte pas de vignette illustrée imprimée, il possède néanmoins une valeur fiduciaire intrinsèque. Ce qui suffit à en faire un entier postal au plein sens du terme. De plus, il n’est pas non-démonétisé puisque le « Port Payé » figurant sur la « pseudo-vignette postale a un caractère permanent.  Ainsi, notre précurseur conserve sa vocation originale d’objet de correspondance avant d’être un objet de collection.

PAP-Aveyron-Fig-6_rec.jpgFigure 6.  PAP  issu de la 1° émission, oblitéré Villefranche de Rouergue 13/0 5/2004,
texte de sympathie et signature de JC Auriac.

 MK - APN - AVRIL 2011

Repost 0
Published by APN - dans Les PAP
commenter cet article
8 avril 2011 5 08 /04 /avril /2011 09:11

 

Le 25 septembre 2006, La Poste a émis deux timbres consacrés au plus francophile des artistes Roumains du 20ème siècle : Constantin Brancusi. Les œuvres illustrant cette émission commune France-Roumanie sont « La muse endormie »  et « Le sommeil ». La notice philatélique de la poste relayée par la presse spécialisée nous a présenté à cette occasion la carrière de Constantin Brancusi né en 1876 dans un village des Carpates, passé par l’Ecole des arts et métiers de Craiova, puis par les Beaux arts de Bucarest en 1898. Sa carrière internationale va alors se développer à Paris au début du 20ème siècle, où il participe à plusieurs salons et fréquente des artistes célèbres tels que le Douanier Rousseau, Modigliani ou Fernand Léger. Il expose ensuite à New York confirmant ainsi  sa réputation d’être l’un des plus grands sculpteurs du siècle. Il décède en 1957, deux ans après la consécration de son oeuvre lors d’une exposition au musée de Guggenheim à New York.


Mais la notice philatélique n’évoque pas les œuvres monumentales réalisées par l’artiste en Roumanie. Lors de notre voyage à Craiova en mai 2004, à l’occasion de l’exposition jubilée de la société philatélique régionale (voir bulletin APN de septembre 2004), nos amis philatélistes de Craiova nous avaient emmenés à Tirgu Jiu au nord ouest de Craiova, visiter l’ensemble de sculptures réalisé par Constantin Brancusi en 1937/1938. Elles sont implantées dans un parc qui porte son nom. Trois œuvres majeures s’exposent le long d’une perspective paysagère : La porte du soleil, la Table et la Colonne sans fin.


Ces œuvres ont été reprises pour illustrer plusieurs timbres roumains, mais aussi  des entiers postaux.


CB-1.jpg

CB-2.jpg

CB-3.jpg

CB-4.jpg

CB-5.jpg

APN - AVRIL 2011

Repost 0
7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 12:49

 

La Poste Américaine a émis au cours de l’année 2006 un superbe feuillet composé de 40 timbres adhésifs au tarif intérieur (39 cents) vantant les « merveilles de l’Amérique, terre des superlatifs ».


L’aspect pédagogique de cette émission est renforcé par la présence d’un texte explicatif écrit au verso de chaque figurine. On trouve ainsi sur quelques lignes des informations techniques, géographiques, historiques ou scientifiques attachée à chaque représentation.


Une ambiguïté toutefois demeure : l’utilisation du superlatif pour désigner ces images d’animaux, de plantes, de paysages,  d’ouvrages naturels ou techniques peut laisser à penser qu’il s’agit là, en quelque sorte, d’une présentation de « records mondiaux », chacun dans sa catégorie.


En fait, il ne s’agit sans doute que de « records des USA », ce qui n’est déjà pas si mal. On peut facilement vérifier que :

  • le plus grand reptile n’est pas l’alligator américain mais celui d’Australie,
  • l’animal le plus rapide est le guépard,
  • le plus grand désert est le Sahara,
  • les plus grands lotus se rencontrent en Asie,
  • le plus grand pont suspendu (à ce jour) se trouve au Japon
    (pont Akashi Kaikyo),
  • etc..

 feuille-TP-USA.jpg

feuille-TP-USA-verso.jpg

On aurait aimé que ce magnifique feuillet soit aussi un peu moins « démagogique » !

APN - AVRIL 2011

Repost 0
Published by APN - dans Insolite
commenter cet article
7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 12:34

Connaissez vous la seule poste sous marine du monde ?  En effet depuis le 30 juin 2003, à 10h54 pour être précis s'est ouvert un bureau de poste sous marin au Vanuatu pour marquer le vingt-troisième anniversaire du statut de paradis pour plongeur de ce petit archipel du Pacifique sud.

Vanatu-1.jpg

 

Un peu de géographie :

Vanuatu (ancienne Nouvelles-Hébrides) se trouve dans le pacifique sud, plus précisément vers un archipel composé d'une douzaine de grandes îles (Espiritu Santo, Malekula, Efate, Tanna, etc.), et environ 80 petites îles ou îlots qui dessinent sur la carte une forme en Y.

Le Vanuatu (terme qui signifie dans la langue du nord du pays « notre pays ») est un archipel montagneux de 14 765 km2 mais dont les eaux territoriales s'étendent sur une superficie de 450 000 km2 soit un peu moins que la surface de l'Espagne. L'archipel est entouré par d'autres états : Les îles Salomon au nord, les îles Fidji et Tuvalu à l'est, la Nouvelle-Calédonie au sud. Il s'étend du nord au sud sur plus de 850 Km.

Vanuatu se situe à environ trois heures d'avion de Sydney et deux heures d' Auckland, en Nouvelle-Zélande.

Nom officiel : République de Vanuatu

Population : Environ 200 000 habitants

Capitale : Port-Vila sur l'île de Vaté qui concentre 10% de la population de l'archipel.

Les langues officielles sont le français, l'anglais et le bichlamar (un mélange d'anglais 90%, de 4% de mélanésien et un zeste de français) mais c'est plus de 100 langues mélanésiennes et polynésiennes qui sont pratiquées dans la population de cet étonnant pays situé aux confins de deux plaques tectoniques.

Le Vanuatu est une chaîne d'îles volcaniques, jeunes, au relief accidenté. Plusieurs volcans sont en activité constante. Les cyclones tropicaux menacent entre décembre et mars ainsi que les éruptions volcaniques, les tremblements de terre et les coulées de boue dues aux fortes pluies ( 2 à 4 mètres par an dans les îles du nord). Par contre la température de la mer peut varier de 22° à 28°, la baignade est donc possible toute l'année !

Vanatu-carte_rec.jpg

 

Un peu d'histoire :

Dès l'antiquité les scientifiques et penseurs affirmaient l'existence d'un continent gigantesque faisant contrepoids de la masse du continent euro asiatique, « la terre Australis Incognita ». L'exploration du Pacifique est étroitement liée à la recherche de ce continent mythique, de cette terre inconnue regorgeant de richesses ! Habitées ou visitées par des navigateurs polynésiens depuis plusieurs millénaires, ces îles furent découvertes en 1606 par Perdro Fernandes de Queiros, navigateur portugais au service de l'Espagne. Elles furent ensuite visitées par le Français Louis-Antoine de Bougainville en 1774 puis en août 1778 par le fameux capitaine James Cook qui débarqua dans l'archipel auquel il donna le nom de Nouvelles Hébrides. Plusieurs navigateurs se succédèrent par la suite, parmi eux, La Pérouse, qui disparut corps et bien avec tout l'équipage quelque part au nord des Hébrides.

La première installation d'Européens remonte réellement à 1825 lorsque l'Irlandais Peter Dillon établit le commerce du bois de santal avec la Chine. Cette exploitation durera près de 40 ans Puis ces santaliers, pour la plupart originaire d' Australie, se reconvertirent vers un commerce peu reluisant, celui de recruteur (ou plutôt esclavagiste) de main d' œuvre pour les îles Fidji, Queensland et bien d'autres. Il en résultat de nombreux conflits entre la population autochtone et les « envahisseurs ». En 1926 Peter Dillon aventurier Irlandais partit lui aussi en quête du destin de la Pérouse, même si 40 ans après on peut se demander ce qu'il pensait réellement trouver. On peut déplorer que ces îles reculées aient aussi attiré l'attention d'Européens moins recommandables, sans foi ni loi. Les horreurs qui suivirent l'arrivée des premiers aventuriers se sont soldées par une diminution tragique de la population, plus d'un million selon les estimations lors du passage de James Cook à moins de 45.000 habitants.

Lors de la seconde guerre mondiale les Nouvelles Hébrides deviennent une base importante pour les alliés. Le régime condominium (droit de souveraineté exercé en commun par plusieurs pays) officiellement ratifié en 1923 entre les Français et les Britanniques a permis d'éviter un partage géographique en laissant une sphère d'autonomie et de liberté à la population mélanésienne qui put conserver sa propre culture. Au cours des années soixante un mouvement autonome revendiqua les terres sur lesquelles voulaient s'étendre les colons. Après bien des luttes qui mènerons les Nouvelles-Hébrides à l'autonomie en 1975, une pétition fut déposée aux Nations Unies revendiquant l'indépendance qui fut proclamée le 30 juillet 1980 les Nouvelles Hébrides devenant la République de Vanuatu. Après bien des conflits avec la majorité anglophone et la minorité française, la vie politique reste encore marquée par l'opposition de deux communautés linguistiques.

La Vanuatu a adhéré à la Francophonie en 1979 tout en demeurant membre du commonwealth. Depuis 1994, le Vanuatu a remplacé les onze conseils provinciaux par 6 provinces dans le but de responsabiliser les gens et de donner plus de pouvoir aux collectivités locales.

 

Economie :

Environ 80% des habitants sont des ruraux, il vivent surtout de l'agriculture (manioc, taros, bananes, etc.) Et de la pêche. Le pays exporte du poisson surgelé et de la viande bovine. Vanuatu exporte également de faible quantité de manganèse et de cacao. N'oublions pas le tourisme qui, avec un flux de plus de 50 000 personnes rapporte plusieurs dizaines de millions de dollars par année. Les visiteurs viennent pour le moment principalement d'Australie et de Nouvelle-Zélande. La richesse du monde marin, (poissons tropicaux, corail) a déjà fait la renommée de Vanuatu dans le Pacifique. La plongée en apnée et en bouteille vous conduira vers des spectacles inédits.

 

La poste sous l’eau :

Revenons à notre fameuse poste sous marine située au milieu de bancs de poissons tropicaux et de coraux multicolores. Lorsque la poste est fermée, pas de problème vous trouverez à côté du kiosque une boîte aux lettres (visible sur la carte postale).

Bien entendu c'est avec des cartes postales (voir image) spécialement conçues pour résister à l'eau que vous enverrez vos messages. La poste sous-marine utilise également un dispositif de relief pour oblitérer le courrier. Il faut également utiliser un stylo spécial pour écrire sous l'eau ou tout simplement au crayon. Les cartes postales peuvent s'acheter à la poste de Port Vila ou dans les boutiques de l'île. Encore mieux, vous pouvez par le site Internet www.vanuatupost.vu/underwaterPost. acheter des cartes postales vierges ou complétées par l'expéditeur par un message court qui sera écrit sur cartes imperméables et seront ainsi envoyées de la poste sous-marine.

Vanatu-2.jpg

Cette initiative purement « touristique » constitue néanmoins une originalité à connaître et un moyen supplémentaire dans la longue liste des différents modes de transport du courrier.

Vanatu-1-verso_rec.jpg

APN - AVRIL 2011

Repost 0
7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 12:25

 La Poste émet à intervalles plus ou moins réguliers des timbres commémorant la conquête de l’espace. Le dernier a été émis en 2007 et en célébrait le cinquantenaire.

Il n’est donc pas inintéressant de rappeler que quelques souvenirs postaux ont voyagé dans l’espace.


TP-France-2007.jpg

Figure 1

 

Côté Russe, il est possible d’observer des lettres signées des divers astronautes ayant emprunté vaisseaux et navettes spatiales dans le musée de la Cité de l’espace à côté de Moscou.

Côté Américain, les astronautes avaient la consigne stricte de ne pas embarquer de courrier à bord des vaisseaux. Il y eut pourtant quelques exceptions aujourd’hui particulièrement recherchées.

On devait donc se contenter de souvenirs des évènements très « terrestres » tels que cachets souvenirs fabriqués à l’occasion de bureaux temporaires.


FDC-1971-Appolo-14-rec.jpgFigure 2

 

Cependant, la règle fut modifiée à partir de 1983 lors du vol de la navette Challenger STS 8 (8ème vol de navette spatiale). Un timbre fut émis le 12 avril 1983 au Centre Spatial Kennedy, et pour la première fois des enveloppes furent embarquées à bord de Challenger qui décolla le 14 août.


Un premier cachet du 14 août a été apposé sur les lettres, accompagné d’une flamme spéciale commémorative des 25 ans de conquête spatiale. Durant le vol, les astronautes Richard H Trully, commandant, Daniel C Brandenstein, Dale A Gardner, Guion S Bluford et William B Thorntorn apposèrent un cachet daté du 30 août « Aboard Challenger ».


Ce ne fut pas là leurs seules occupations, -on s’en doute !- car ils menèrent une série d’expériences scientifiques relatives à la séparation des molécules par des champs électriques dans du liquide en suspension en vue d’applications pharmaceutiques, ainsi que de nombreuses observations du soleil et de ses satellites.


Un dernier cachet fut apposé lors du retour sur terre le 5 septembre 1983.


Il semble que 100 000 documents de ce type furent constitués, ce qui en fait des objets philatéliques originaux, sans être rarissimes.


Enveloppe-Challenger-recto_rec.jpg

 Figure 3

Enveloppe-Challenger-verso_rec.jpg

 Figure 4

Photo-Navette-Challenger.jpg

Figure 5

APN - AVRIL 2011

Repost 0
7 avril 2011 4 07 /04 /avril /2011 12:09

 Un visiteur attentif du Salon Philatélique de l’automne 2005 Porte Champerret à Paris n’avait pas manqué d’observer sur le stand d’un négociant de timbres-poste modernes du monde entier une invitation à acheter les timbres de Harry Potter et de les faire voyager par la « Poste des Hiboux ».

Le succès mondial des livres écrits par l’Anglaise Joanne Kathleen Rowling sur les aventures fantastiques de Harry Potter et ses amis devait tôt ou tard avoir quelques répercussions philatéliques et postales. Une émission de timbres est ainsi arrivée et, plus surprenant une poste d’un genre particulier a vu le jour, la Poste aux hiboux (Owl Post).


Poste-hiboux-6.jpg

 Figure 1

 

C’est la Poste de l’Ile de Man qui a négocié cette initiative avec la société éditrice des ouvrages de JK Rowling. Une série de 8 timbres-poste dédiés à Harry Potter a été émise le 7 décembre 2004. Ils représentent Harry Potter et ses amis proches que sont Ron Weasley, Hermione Granger et Hagrid.

 

Poste-hiboux-4.jpg

 Figure 2

 

 Bien entendu, des cachets « Premier jour » ont été utilisés.

 Poste-hiboux-7_rec.jpg

 Figure 3

La poste de l’Ile de Man a également émis 8 entiers postaux reprenant les gravures de chacun des timbres.

 Poste-hiboux-5.jpg

 Figure 4

Plus original est l’aérogramme également émis, utilisable dans le monde entier.

 

Poste-hiboux-1.jpg

 Figure 5

Plus original encore, l’émission d’une enveloppe pré-affranchie par la OWL POST qui permet de réaliser l’envoi des télégrammes aux destinataires de son choix.

Poste-hiboux-2.jpg

 Figure 6

 

Le mode d’emploi est le suivant :

1)  Vous rédigez le télégramme et inscrivez l’adresse du destinataire.

2)  Vous affranchissez le télégramme avec le timbre de l’Ile de Man.

3)  Vous glissez le télégramme dans l’enveloppe pré-affranchie.

4)  Vous déposez le pli ainsi constitué dans une boîte aux lettres.


Quelques jours plus tard, le télégramme oblitéré de la Owl Post parvient au destinataire que vous avez choisi.

 Poste-hiboux-3.jpg

Figure 7

 

Pour réaliser de tels plis, il faut évidemment acheter le « kit » établi à cette occasion et qui comprend tous les documents décrits ci-dessus.


Evidemment tout cela a un petit côté « fantastique », mais avec Harry Potter, ce n’est pas surprenant.


Et puis, les différents modes de transport du courrier que nous avons connu à travers les âges ne nous ont-ils pas apporté d’autres « histoires fantastiques » qui valent bien celle de la poste des hiboux ?


C’est au même moment qu’ont commencé à courir les bruits sur le sujet de l’émission de la Fête du Timbre 2007 en France : ce fut… Harry Potter, hélas sans hiboux !

APN - AVRIL 2011

Repost 0
Published by APN - dans Insolite
commenter cet article
6 avril 2011 3 06 /04 /avril /2011 09:17

Enveloppe-FDC.jpg

Figure 1.  Enveloppe et cachet Premier jour, TROPIXEL, pour la SMPC


L'émission du 25 septembre 2004  consacrée à ce pont est l'occasion d'attirer une nouvelle fois  l'attention sur la production philatélique de cette lointaine collectivité territoriale française de l'Océan Indien ainsi que sur  un type de pont, aussi courant  que peu connu : la famille des ponts dits « Bailey ». 

Mayotte : des émissions particulières reprises en 1997. 

Faut-il le rappeler ? Située par 45°10 de longitude Est et 12°50 de latitude Sud, Mayotte appartient géographiquement et culturellement à l'Archipel des Comores. Mais en 1975, elle s'en est politiquement détaché,  lors d'un référendum, ses habitants refusant de suivre les autres îles comoriennes dans la voie de l'indépendance, préférant trouver une place propre au sein de la République française.  

Aujourd'hui, l'île évolue vers la voie de Département d'Outre-Mer mais n'en est pas un : constitutionnellement, elle a le statut de «  collectivité territoriale spéciale » . Entre autres avantages celui-ci lui permet de disposer de timbres propres : depuis 1997, date à laquelle ont repris les émissions Mayotte, interrompues en 1911. 

Dans l'océan de la production mondiale de figurines postales, celles de Mayotte sont intéressantes pour le collectionneur, à  plusieurs titres : le rythme d’émission est raisonnable : une quinzaine par an et seulement deux PAP en 7 ans ; les sujets des timbres sont un bon reflet de la géographie,  la faune, la flore, la culture, l'équipement et des traditions propres à cette île (musulmane à 95%); la conception des timbres fait le plus largement appel aux artistes locaux. 


L'émission du 25 septembre 2004

Les timbres de Mayotte sont produits par l'ITVF de Périgueux. Comme pour la plupart, le tirage du Pont de la rivière Kwalé a été de 140000 exemplaires. L'impression a été réalisée par feuilles de 25 timbres en offset, au mois d'août 2004.


coindate.jpg

Figure  2. Coin daté 12/08/2004 

La vignette postale est rectangulaire, de dimension 36 x 26 mm. 


L'artiste

 Ce timbre a été conçu à partir d’une aquarelle de Christine LOUZE qui a habité Mayotte durant 4 ans. Auparavant, LA POSTE lui avait confié cinq autres timbres, dont le très caractéristique « Masque de Fête » émis en  avril 2003.

L'aquarelle est une technique très appréciée de ce peintre qui dit aimer ses transparences. De fait, chacune de ses productions postales antérieures a été réalisée avec ce procédé. S'agissant du Pont sur la Kwalé, il lui a permis de restituer au mieux la rivière, ses reflets et ses rives, le paysage forestier tropical environnant, la pirogue et les trois mahorais. Grâce à l'aquarelle,  la rigidité géométrique  de la construction se trouve  parfaitement mise en évidence.


Maquette.jpg

Figure 3. Maquette remise à LA POSTE par Christine Louzé.


Localisation et intérêt du pont 

Situé sur la RN 2, deuxième axe routier majeur de l'île de Mayotte, l'ouvrage enjambe la rivière Kwalé,  presque à son embouchure. Localisé entre les deux villages de Tsoundzou 1 et Tzoundzou 2 sur la commune de Passamainti (cf. cachet 1° jour, figure1), il commande la sortie Sud de Mamoudzou, principale ville de l'Île.


Carte.jpg

 Figure 4 . Localisation (Kwalé s'écrit aussi Koualé)


L'augmentation démographique extrêmement rapide de Mayotte, passée en moins de 20 ans de 90000 à 150000 habitants et celle du parc automobile qui accompagne l'élévation du niveau de vie font  de ce  pont un équipement important de la vie locale, probablement  appelé à être dédoublé à court terme, voire remplacé purement et simplement.
 

Le pont actuel 

L'ouvrage consacré par le timbre a été construit en 1991, à la suite de l'effondrement d'un pont plus ancien en pierre, emporté par une crue : n'oublions pas que nous sommes ici sous les tropiques. Cyclones et pluies peuvent y faire des ravages  dévastateurs.  

Son montage a donc été effectué dans l'urgence. C'est pourquoi, la Direction de l'Equipement a fait appel aux stocks de ponts dits Bailey (voir plus loin)  géré par le Ministère pour faire face aux catastrophes naturelles et/ou aux circonstances exceptionnelles. 

D'une longueur d'un peu moins de 31 mètres, il comporte deux travées, appuyées aux deux extrémités sur deux culées en maçonnerie et, aux deux tiers, sur une pile également maçonnée. Pour fendre le fil de l'eau, cette pile comporte un avant-bec, visible sur les photos.


Coupe-schematique.jpg

Figure 5. Coupe schématique,
selon une fiche de visite de la Direction de l
'Equipement

 

Sa largeur de 4,30 mètres n’autorise qu’une seule file de circulation de 3,50 et un trottoir de 0,80 mètres. Le tablier comporte un platelage en bois, refait en 1998. L'ouvrage est en effet très surveillé et bien entretenu, ce qui explique sa longévité alors que, par définition, ce type de pont est éminemment provisoire.


Panneaux-lateraux-et-trottoirs.jpg

Figure 6 . Panneaux latéraux et trottoir
 du pont sur la Kwalé. Photo de Bruno de Villeneuve


Les Ponts Bailey 

Le pont Bailey fut développé par un Britannique, Donald Coleman BAILEY dans le contexte de la Deuxième Guerre Mondiale. Pour les besoins du Génie Militaire des armées alliées,  Sir Bailey mis au point  un prototype de pont à colombage, d'une force portative de 40 tonnes, composé de sections en acier assemblées par des boulons à écrou et des tenons. Chaque section avait une  hauteur de 1,52 m, une longueur de 3,05, un poids de 272 kg et pouvait être portée par 6 hommes. Par rapport aux ponts traditionnels, les temps de montage étaient des plus réduits, de l'ordre de la vingtaine d'heure !!! 

Le succès du concept fut tel que plus de 650000 sections furent d'abord produites en Grande-Bretagne puis par la suite aux USA et au Canada à une échelle encore plus gigantesque. Durant la seule bataille de Normandie de 1944, pas moins de 1000 ponts Bailey  furent lancés !   Proportionnée au nombre de sections, leur  force portative   variait de 10 à 100 tonnes, la longueur totale de 9,15 à 67, permettant le passage des chars les plus lourds.

Ainsi, ayant plus que prouvé leur efficacité militaire et contribué à la victoire contre l'Allemagne nazie, les « Bailey » continuèrent à être utilisés partout où l'on a besoin d'un pont temporaire ; après un désastre ou sur de grands chantiers.  Sa pose est simple : des camions amènent les composants, le pont est assemblé sur place, un bulldozer procède au poussage d'un côté à l'autre de la brèche à franchir. Au besoin, on glisse des éléments roulants sous le pont. Des nouvelles générations de ce type de pont ont aussi été développées : par exemple les ponts Acrow au Canada.

Le Pont de la Rivière KWALE est dit du type D-D. Dans cette  vaste famille des Bailey,  chaque type de pont est désigné par une appellation double, utilisant les mots « simples » « doubles » et « triple » : le premier indique le nombre de poutrelles élémentaires juxtaposées pour chacune des deux poutres porteuses ; le second, le nombre de panneaux de chaque poutrelle. D-D veut donc dire que chaque poutre comporte 2 séries  de deux hauteurs de panneaux.

Tablier-du-pont.jpg

Figure 7. Le tablier du Pont de la Kwalé et les panneaux latéraux
en montage D-D (Photo de Bruno de Villeneuve)


Et les ponts Eiffel ?

Avant de conclure, il  serait injuste de ne pas évoquer dans cet article le nom de Gustave Eiffel. Celui-ci est en effet attaché à l'île de Mayotte depuis l'époque coloniale. L'actuelle Préfecture, à l'origine Palais du Gouverneur ne doit elle pas ses plans, sinon sa construction à la Société qu'il  créa pour le développement  industriel de ses concepts ? 

De plus, 60 ans avant Sir Bailey, le constructeur du Viaduc de Garabit et sa société avaient mis au point, dès 1879, un type de pont portatif, montable et démontable rapidement, pour les besoins des armées en campagne et pour le rétablissement provisoire des moyens de communication et l'ouverture de voies de pénétration en pays neufs.   

Le principe était le même que celui  repris plus tard par Bailey qui connaissait  les ponts portatifs Eiffel et s'en inspira : utilisation dléments métalliques standards légers (de l'ordre de 145 kg) en ensembles modulaires, montage et poussage sur place.  Divers pays comme la Bolivie ou les Colonies françaises , notamment l'Indochine-, la voirie vicinale française  furent le terrain d'application par excellence de ce genre d'ouvrage, vendu sur catalogue par la Société Eiffel jusque vers 1950.

Pont-portatif-Eiffel.jpg

Figure 8 . Pont portatif Eiffel près de Poitiers sur le Clain. 
Marcel Prade, Ponts et Viaducs au XIX° siècle
.

La grande différence entre les ponts Eiffel et Bailey est d' ordre économique : du fait des quantités produites durant la 2° Guerre Mondiale, les seconds purent être produits à des coûts défiant toute autre concurrence. Ce qui permit à l'Administration française d'en constituer des stocks importants, de l'ordre de la dizaine de kilomètres. Et donc d'en doter Mayotte lorsque la crue de la rivière Kwalé imposa un remplacement d'urgence. 

  

                                                                                                               APN - MK - 30.X.2004 

  

Remerciements :

A Christine LOUZE pour sa maquette et ses informations, à Bruno de VILLENEUVE pour ses photos, à Frédéric BEAUDOIN et Alain DUBROMER, respectivement Président et Secrétaire Général de la Société Mahoraise de Philatélie et de Cartophilie (SMPC), à Ali SOIDIKI de la Direction de la Poste de Mayotte, à la Direction de l'Equipement de Mayotte pour leurs  documents.

Cet article est également publié sur le site web de Michel Wagner «http://www.timbresponts.fr » et dans le. bulletin « Sciences et Techniques » de l'Association Française de Philatélie Thématique (AFPT).

Repost 0
Published by APN - dans Les Ponts
commenter cet article
23 mars 2011 3 23 /03 /mars /2011 12:02

Article publié dans le bulletin Sciences et Techniques
de l’ Association Française de Philatélie Thématique
.

Ce pont a un peu plus de 100 ans, à peine. Pourtant différentes erreurs ne cessent d’entourer l’histoire de la construction de cet ouvrage dont la représentation philatélique reste l’un des « must » de la philatélie du Sénégal. Sur la base d’un dossier établi à l’origine par la Ville de Saint-Louis et d’une enquête complémentaire menée sur place par nos soins, il a cependant été possible de rétablir la vérité historique, nécessaire aussi bien aux spécialistes des ponts qu’aux collectionneurs des différentes illustrations de ce franchissement, emblématique d’une ville et d’une époque.

Fig-1_-faidherbe.jpg

 Figure 1. Carte Postale, Magma 2001.

 

Fig-2_-faidherbe.jpg Figure 2. Tricentenaire de Saint Louis Fédération du Mali YT PA1 de 1959.

 

La ville de Saint-Louis-du-Sénégal fut longtemps la capitale de la Colonie éponyme . Son noyau central, administratif et commercial est bâti sur une île. Il est séparé par le petit bras du fleuve Sénégal des banlieues de Guet-Ndar et Ndar-Toute – où furent construits les premiers villages de pêcheurs sur la langue de Barbarie -  et du continent par le grand bras de celui ci.

Au premier temps de la colonisation, on se rendait à Saint-Louis au moyen de différents types d’embarcations, la pirogue étant la plus commune. Des barges transportaient les troupes encasernées dans l’île ainsi que les chevaux des spahis. Les caravanes peuhles amenant les troupeaux de bœufs faisaient passer ceux-ci par le gué de Bop Nkior.

En 1858, le 10 juin, est inauguré un bac à Rouet-ville, lors de festivités présidées par Faidherbe. Ce polytechnicien natif de Lille, officier du Génie, était Gouverneur du Sénégal depuis 1852 et le resta jusqu’en 1865. La Colonie et une grande partie de l’Afrique de l’Ouest  lui doivent une œuvre d’organisation et de mise en valeur considérable.

Fig-3_-faidherbe.jpg

Figure 3. Faidherbe, le timbre.

 

Le bac pouvait transporter jusqu’à 150 passagers. Il chargeait également des marchandises et des animaux, au rythme de 10 rotations journalières, pour le prix de 5 centimes par personne , 50 par cheval, chameau, bœuf ou voiture.

Très vite, ce moyen de transport s’avèrera insuffisant au regard de l’accroissement du trafic et de l’intensification de l’activité commerciale. Un second bac est adjoint et une chaloupe  mise en service en cas d’urgence : la répugnance des animaux à s’embarquer était constamment facteur de retard. L’escadron de spahis ne put jamais traverser en moins de deux heures, alors qu’ en raison de l’insécurité dans la région, il lui fallait souvent intervenir dans l’urgence. Il arriva qu’à la mauvaise saison le bac soit entraîné en pleine mer, tandis que les chaînes de halage se rompaient périodiquement. Moyennant quoi, le trafic pouvait être interrompu la journée entière.


Le premier pont FAIDHERBE, un pont flottant

En 1860, le capitaine Robin, intérimaire de Faidherbe parti momentanément en métropole, obtient du Prince Jérôme-Napoléon, ministre de l’Algérie et des Colonies, un accord pour l’établissement d’une liaison  permanente.

L’adjudication portera sur un pont flottant. Celui-ci comprenait 40 pontons en tôle - d’un poids unitaire de 40 tonnes -, l’ensemble supportant un tablier en bois. Grâce à une  « portière » de 3 pontons, le passage des navires était assuré .
 

La partie flottante était longue de 355 mètres, pour une longueur totale de 680 mètres. Au total, cet ouvrage coûta 400000 francs. Il fut inauguré le 2 juillet 1865, année du départ définitif du Gouverneur vers la Métropole  Un décret impérial  attribua à ce franchissement le nom de « Pont Faidherbe ».
 

Peu après, un chemin de fer est décidé, construit puis mis en service entre Saint-Louis et Dakar, provoquant une nouvelle et très forte augmentation des échanges entre l’île- restée le centre économique de la Cité et politique de tout le pays,  avec Sor, terminus du train sur le continent . Son ouverture, en 1885, doit s’accompagner de la mise en place de restrictions dans l’usage du pont flottant. Ainsi, un arrêté est pris interdisant la traversée aux véhicules de plus de 1500 kg. D’autant que l’étroitesse du ablier -4 mètres- rendait difficiles  les croisements.

Les coûts d’entretien ne cessent d’augmenter. Une équipe permanente doit affectée au vidage de l’eau infiltrée. L’ouverture quotidienne de la porte pour le passage des bateaux s’avère également plus difficile que prévue. Néanmoins, malgré ces inconvénients et sa dégradation progressive, l’ouvrage restera en service 32 ans.


La décision de réaliser une liaison fixe

Il faut attendre décembre 1891 pour que  le Gouverneur  propose au Conseil Général  de la Colonie un programme de travaux publics urgents. La décision est prise de le financer par un emprunt de 5 millions de francs, dont la part principale servira à payer la construction d’un nouvel ouvrage de franchissement du fleuve Sénégal entre Sor et Saint-Louis.

Un décret du Président Sadi Carnot autorise l’ouverture de cet emprunt. Celui-ci sera souscrit pour un faible taux d’intérêt auprès de la Caisse des Dépôts et Consignations.

Le Ministère des Colonies organise à Paris la consultation des entreprises candidates à la construction. Ainsi, la Commission du Pont Faidherbe crée au sein du Conseil général du Sénégal recevra les dossiers de 5 entreprises soumissionnaires. Après étude, elle en retient deux :

  • celui de NOUGUIER KESSLER & C°, ancienne maison JOLY,   d’Argenteuil ;
  •  celui de la Société de Construction de Levallois-Perret , anciens établissements EIFFEL.

 

Le choix du projet

Le jugeant techniquement plus étudié, la Commission du Conseil Général propose d’adopter le projet de la  Société de Levallois-Perret, ex-Eiffel, rejoignant ainsi l’avis de la Commission technique compétente instituée à Paris au niveau des Ministères concernés ( Colonies et Travaux Publics).

Mais le chef du Service des Travaux Publics de la Colonie, Robert, et avec lui  certains Conseillers, sont d’un avis différent. Considérant le projet Nouguier- Kessler& C° supérieur du point de vue esthétique, ils plaident très activement en sa faveur et finissent par emporter l’adhésion de la majorité du Conseil colonial, les coûts étant identiques : 1 880 000 francs.

Fig-4_-faidherbe.jpg

Figure 4. Le deuxième Pont, toujours en service,  reproduction de 2 CP
anciennes sur une CP  moderne, éd. MAGMA 2001.

Le pont choisi sera du type « pont-tournant », construit en treillis d’acier, d’un poids total de 1300 tonnes. Sa longueur totale est de 508,60 mètres. Ses travées sont de longueur inégale. L’une mesure 42,92 m, 2 autres 36,55 m, 5 autres 8,26 m chacune.

La construction durera de 1894 à 1897 pour conduire à deux inaugurations successives.

La première – provisoire – coïncide avec les festivités du 14 juillet et est présidée par le Gouverneur Chaudié qui pour ce faire s’installe sur la travée tournante, ouverte pour laisser le passage à l’aviso Amiral.

La seconde sera le fait d’André Lebon, Ministre des Colonies et a lieu le19 octobre.

 

Fig-5_-faidherbe.jpgFigure 5.
 La travée tournante, carte postale semi-moderne.

 

Des mythes qui perdurent

Cette seconde manifestation est l’occasion pour le Président du Conseil Général de la Colonie de rappeler que le financement de l’ouvrage était l’œuvre exclusive du budget de la Colonie, à l’origine de la commande ; l’emprunt souscrit pour ces travaux devant être supporté par elle seule.
Ces propos étaient ils à l’avance une réponse à la rumeur qui s’amplifiait  en métropole, selon laquelle ce pont avait été un don de la France à sa Colonie ?
Par la suite, un autre mythe allait aussi naître  : celui d’un  pont qui, à l’origine, aurait été destiné à une autre colonie (l’Indochine ?) pour être finalement détourné sur le Sénégal…. Et un autre encore : qu’il s’agirait d’un Pont Eiffel alors que précisément, le projet présenté par cette Société avait été écarté par le Conseil général de la Colonie, laquelle, en l’occurrence, avait choisi l’ouvrage jugé par elle  le plus harmonieux artistiquement. Contre l’avis de la métropole.

Mythes qui ont la vie dure. Pour le vérifier, il suffit de lire les différents guides touristiques (français),  sans doute fascinés par la personnalité de Gustave Eiffel  et pas toujours très soucieux d’exactitude. Exemple, parmi d’autres : le Guide du Routard (édition 2003) qui  nous raconte cette énormité : « Construit par Gustave Eiffel pour franchir le Danube en Autriche-Hongrie  et expédié à Saint-Louis en 1897 à la suite d’une gigantesque erreur administrative ! Et finalement, sa longueur convenant tout à fait, on le garda (page 215). » ?!?!?!?

Ce deuxième Pont Faidherbe est toujours en service

Au temps de la colonisation, son image a largement été utilisée comme  emblème du Sénégal. Ainsi, il n’y a pas lieu d’être surpris d’observer que ce pont a  été le sujet de l’une des principales émissions sénégalaises d’avant guerre, de 1935 à 1940, avec de nombreuses surcharges jusqu’en 1944. Un véritable « must » pour la philatélie de ce pays.

Fig-6_-faidherbe.jpgFigure 6. Timbre Sénégal de la série de 1935 yt 114 à 137, dentelé 12 ½.

 

Fig-7_-faidherbe.jpgFigure 7. Carte Maximum de 1937 : Le Pont Faidherbe, vu de Sor.

 

Fig-8_-faidherbe.jpgFigure  8. Timbre Sénégal yt 194  surcharge 10 f sur 15 c., en affranchissement
d’une lettre expédiée le 13 janvier 1945 de Dakar à Alexandrie (Egypte),
nombreux cachets de transit,de censure et d’arrivée
(au recto et au verso)


APN - MK Mars 2011

Repost 0
Published by APN - dans Les Ponts
commenter cet article
19 mars 2011 6 19 /03 /mars /2011 10:58

Le timbre des 170 ans du traité du 25 avril 1841 portant  cession de l’Île de Mayotte au Roi de France par le Sultan Adrian Souli devait initialement sortir le lundi 14 février 2011 mais son émission avait une première fois été retardée de quelques semaines. Ainsi, dans son n° 1849 bouclé fin février, l’Echo annonçait (p.18) la mise en vente de ce T-P pour le 14 mars. Las ! Dans la nouvelle version électronique du Philinfo sorti en mars, Phil@poste annonçait un nouveau report, cette fois sine die :

Mayotte fig 1

Il n’en fallait pas plus pour que la blogosphère philatélique s’interroge et s’émeuve. Ces reports successifs ne seraient ils pas en lien avec la mise en œuvre effective au 1er avril 2011 de la transformation de Mayotte en Département d’Outre- Mer, le 5ème après la Guadeloupe, la Guyane, la Martinique et la Réunion, qui devrait logiquement s’accompagner de la fin de l’autonomie postale de « L’Île au lagon » et l’arrêt des émissions de timbres spécifiques ?

Renseignements pris, il semblerait que les 150000 vignettes d’une valeur faciale de 0,58 € déjà imprimées à Boulazac aient toutes chances d’échapper au pilon et à la liste des timbres non-émis.

Selon la Société Mahoraise de Philatélie et de Cartophilie, « ce timbre commémoratif programmé pour le 14 février puis repoussé au 14 mars devrait sortir en vente Premier Jour le 2 avril et en vente générale le 4 avril ». Ce ne serait donc pas un poisson d’avril. Comme cause du retard, elle avance « des erreurs techniques sur le timbre à date qui aurait du être refait ».

A suivre donc. Quant à la question de l’avenir des émissions propres à Mayotte suite à la départementalisation, elle est suffisamment importante pour que nous y revenions bientôt.

 

                                                            APN - Michel Krempper 15 mars 2011

Repost 0