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Présentation

  • : Amicale Philatélique de Nanterre
  • Amicale Philatélique de Nanterre
  • : Les réunions sont ouvertes à tout philatéliste, même non adhérent, mais qui souhaite partager sa passion autour du timbre et de la lettre. Réunions 1ers et 3èmes dimanches de chaque mois. Villa des Tourelles 9, rue des Anciennes Mairies à Nanterre. Adresse E-mail : apn92@free.fr
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  • APN92
  • Réunions de l'Amicale Philatélique de Nanterre - 1ers et 3èmes dimanches
  • Réunions de l'Amicale Philatélique de Nanterre - 1ers et 3èmes dimanches

L'APN

L’association philatélique est le lieu privilégié pour partager sa passion, développer des échanges trouver la convivialité et l’amitié autour d’un loisir commun. Au-delà, elle permet de véhiculer l’information, de découvrir, d’échanger par l’intermédiaire de services structurés. L’association philatélique rompt l’isolement et intègre le collectionneur dans un groupe de contact.

Téléphone : 01 41 37 71 35 (Répondeur)
apn92@free.fr

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27 juillet 2009 1 27 /07 /juillet /2009 16:57

Depuis l’origine du timbre-poste, la Poste lutte contre les falsifications et les reproductions non-autorisées. Le timbre n’est il pas d’abord et avant tout une valeur fiduciaire,  assimilable à la monnaie ? Sinon,  pourquoi parlerait-on  de démonétisation pour qualifier les opérations visant à annuler la valeur faciale  des émissions ?


Dans le  but de lutter contre les faussaires, l’Opérateur historique a fait adopter par le législateur des textes répressifs inspirés par la chasse aux faux-monnayeurs. Modernisés et adaptés, ces textes sont toujours en vigueur.

 


LIVRE IV : Des crimes et délits contre la nation, l'État et la paix publique.

TITRE IV : Des atteintes à la confiance publique.

CHAPITRE III : De la falsification des titres ou autres valeurs fiduciaires émises par l'autorité publique. 
Article 443-1 modifié par Loi n°2007-1544 du 29 octobre 2007 art. 41 JORF 30 octobre 2007

Sont punis de cinq ans d'emprisonnement et de 75000 euros d'amende la contrefaçon ou la falsification des timbres-poste ou autres valeurs fiduciaires postales, ainsi que des timbres émis par l'administration des finances, la vente, le transport, la distribution ou l'usage de ces timbres ou valeurs contrefaisants ou falsifiés.

Article 443-3 modifié par Ordonnance n°2000-916 du 19 septembre 2000 - art. 3 (V) JORF 22 septembre 2000 en vigueur le 1er janvier 2002

Sont punis d'un an d'emprisonnement et de 15000 euros d'amende, la fabrication, la vente, le transport ou la distribution de tous objets, imprimés ou formules qui présentent, avec les titres ou autres valeurs fiduciaires émises par l'État, les collectivités locales, les établissements publics ou les exploitants publics prévus par la loi n° 90-568 du 2 juillet 1990 relative à l'organisation du service public de la poste et des télécommunications, une ressemblance de nature à faciliter l'acceptation desdits objets, imprimés ou formules au lieu et place des valeurs imitées.



Alors, que penser  de cette enveloppe ? Expédiée le 14 août 2008 par la Poste de Céret (66401) à certains de ses correspondants, elle leur destinait un courrier de promotion du 12ème et dernier Bloc « Portraits de Région – la France à vivre » émis  le 6 septembre 2008. Avec un carton d’invitation pour la vente Premier Jour organisée en Mairie. Invitation signée de Madame la Directrice d’établissement Grand Public ; d’où notre titre. 


L’un des timbres du Bloc, « les espadrilles », chères aux Catalans, illustre l’enveloppe. De prime abord, deux choses attirent l’attention. 1°/ le timbre est imprimé sur la partie gauche de l’enveloppe 2°/ une flamme d’oblitération bleue frappée au code ROC 13409A marque ce timbre à la verticale avec la date du 20 août 2008.

im 1

De toute évidence, cette enveloppe n’est pas un Prêt à Poster fabriqué selon les règles du genre. Alors de quoi s’agit-il ? Serions-nous en présence d’une émission-pirate assurée par un échelon local de La Poste au mépris de lois et règlements interdisant la reproduction et l’usage contre-fait de valeurs fiduciaires ?


Rassurons-nous. Il n’en est rien. Certes, Madame la postière de Céret eut été plus avisée à ne pas reproduire tel quel le timbre « les espadrilles » pour éviter toute confusion. Cette vignette imprimée n’est cependant qu’un simili-timbre à usage purement décoratif, malgré la présence d’une faciale et malgré l’oblitération. Elle n’a aucune fonction postale. C’est ce qu’enseigne un décryptage complet de l’enveloppe.


En effet, notre document comporte sur la partie opposée, à droite, 5 barres horizontales et les 4 lettres FRAR.  De quoi s’agit-il ?


Ces barres horizontales ne sont rien moins qu’un code-barre et correspondent en l’occurrence au  Facing Identification Code (F.I.M.), conformément à la norme européenne CEN TC 331.


En vertu de ce code F.I.M.  4 lettres identifient l’enveloppe :

  • Les deux premières le pays, donc ici FR pour France
  • La troisième l’opérateur postal, ici A pour La Poste (comme s’il devait y avoir un jour B,C ou D !
  • La quatrième (toujours une consonne) le type de produit :

 im 2


Avec ce code :

  • FRAB = lettre prioritaire pré-payée
  • FRAC = lettre non-prioritaire pré-payée
  • FRAD = lettre affranchie avec une EMA tpMAC déposée dans une boîte
  • FRAF = ? rare
  • FRAR = enveloppe de service de La Poste en régime prioritaire
  • FRAS = lettre syndicale (jamais vu)

Ci dessous un exemple de codification FRAD associée à une Empreinte de Machine à Affranchir (EMA) de très petite MAC :


im 3 2 

 

Et ci-après enveloppe codée FRAF, code rarement vu :

im 4Oblitération présentée par Luc Guillard dans les Feuilles Marcophiles 332 du 1er trimestre 2008

 

Cette incursion dans le monde des codes F.I.M. nous éclaire donc  sur le statut philatélique de l’enveloppe adressée par Madame la Directrice de l’Etablissement Grand Public de Céret : il ne s’agit  de rien d’autre que d’une enveloppe de service repiquée, reconnaissable comme telle par les lettres FRAR et le code-barre correspondant. En l’absence de barres phosphorescentes pour permettre  à ce courrier de suivre de façon automatique le circuit des lettres prioritaires, La Poste utilise occasionnellement des enveloppes ainsi codées ; le logo encerclé « lettre prioritaire » étant superfétatoire et ne servant qu’aux opérations manuelles.

Alors pourquoi la flamme d’oblitération sur le simili-timbre ? L’explication est simple : le courrier a circulé normalement une première fois, avant d’être, à tort, retourné à son expéditeur, soi-disant pour cause de NPAI. Puis il s’est vu réexpédié à la même adresse une seconde fois, après passage (totalement inutile) dans la machine à oblitérer du Centre ROC 13409A. Sans doute  en raison d’une confusion avec un « vrai » timbre imprimé de la part de l’agent du tri.  Pour enfin arriver à son destinataire.


Notre postière de Céret peut donc dormir tranquille : nulle contre-façon dans l’impression de ses enveloppes d’invitation … Mais une pratique jugée suffisamment équivoque pour avoir, depuis, conduit  à son interdiction administrative, s’agissant d’un « timbre d’Etat » issu du Programme arrêté par le Ministre. A l’avenir, les échelons locaux devront  se consoler avec un Timbramoi ou un IDTimbre. A moins que les services centraux de La Poste  ne se décident à mettre à leur disposition  les PAPs de service à la marque « Invitation » utilisées durant des années d’abord par le S.P.P.  puis par Phil@poste  pour les manifestations Premier Jour organisées à Paris. On reviendra sur ces enveloppes dans un autre billet.                                               

Merci par avance à qui nous communiquera des exemples d’enveloppes codées FRAB, FRAC et surtout FRAF et FRAS. Ecrire à l’Amicale.

 MK APN 92 Juillet 2009

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21 juillet 2009 2 21 /07 /juillet /2009 19:37

C’est depuis le 20 février 2008 qu’en Allemagne, chacun peut fabriquer ses enveloppes pré-timbrées personnelles. Pour ce faire, il lui suffit de se rendre par Internet sur le site ouvert à cette fin par la Deutsche Post et de suivre la procédure, qui commence par le choix du visuel destiné à l’impression du timbre.


Ce service porte le nom de « PlusBrief-Individuell » pour les enveloppes, « PlusKarte-individuell » pour les entiers. Les marques « Plusbrief » et « Pluskarte » existaient antérieurement mais ne concernaient que les enveloppes et autres cartes pré-timbrées « officielles », l’équivalent de nos « prêt-à-poster » français. Ces entiers n’offraient pas d’autres possibilités d’adaptation qu’un repiquage. La nouveauté réside donc dans la possibilité de personnalisation de la figurine postale avec l’image de son choix.


D’emblée, le  service a connu un succès et une notoriété inattendus par ses promoteurs, suite à une publicité dont la filiale du Groupe Deutsche Post DHL se seraient bien passée. En effet, un groupe néo-nazi a immédiatement profité de l’offre pour lancer des enveloppes avec un timbre à l’effigie de Rudolf Hess, ex-dauphin d’Hitler condamné à la prison à vie  au procès de Nuremberg et découvert pendu dans la forteresse de Spandau en 1987, conduisant la presse mondiale à parler du nouveau produit. Face au scandale, la poste allemande a du prendre des mesures pour mieux surveiller le choix des visuels mais entre-temps « Plusbrief-Individuell était bel et bien lancé.


Im 1
L’enveloppe que nous présentons ci-dessus prêtera moins à polémique. Elle émane d’une association allemande de philatélistes de 12 pays regroupant une soixantaine de membres intéressés par les ouvrages d’art. Il s’agit du « Motivgruppe IngenieurBauten e.V. » rattaché à la Fédération allemande de Philatélie par le biais de l’Union des Groupes de travail philatéliques. C’est pour célébrer son 25ème anniversaire que ce « Plusbrief-individuell » a été demandé à la Deutsche Post.

Elle illustre la particularité du service offert en Allemagne par rapport à MonTimbrenLigne français. Si le client allemand peut choisir son visuel dans une banque d’image proposée par l’Opérateur postal pour fabriquer chez lui son enveloppe sur son ordinateur personnel, il peut aussi proposer une image. Simplement, dans ce cas, il lui faudra confier à la Deutsche Post la production de sa (ou ses) enveloppe(s) et attendre (une semaine) la livraison.

En d’autres termes, l’offre allemande est en quelque sorte un « mix » entre le timbre en ligne et le timbre personnalisé à la française MonTimbraMoi et IDTimbre.


Im 2

La vignette postale comporte la mention Deutsche Post, son logo le cor de poste, le Data Matrix Code et la faciale : en l’occurrence 55 centimes d’euro, tarif de la lettre simple au régime intérieur pour le premier échelon de poids. Le site Internet du produit est également indiqué : www.plusbrief-individuell.de


Notons que toute une gamme y est proposée : le client peut choisir entre différents formats d’enveloppes, différents types de papier, différents niveaux tarifaires en fonction de la catégorie de poids. Il choisi aussi les quantités : de 20 minimum à 10000 maximum. En fonction de la quantité commandée, il se voit appliquer un barème dégressif : de 1,06 à 0,14 euros, avec une TVA à 19%.

Le visuel retenu par le MGIB représente deux ouvrages reliant l’Ile de Rügen dans la Baltique et Stralsund sur le continent.

L’un est un pont à hauban livré en janvier 2007, d’une portée de 583 mètres avec des mats hauts de 128 mètres  pour une hauteur totale de 198 mètres. L’autre, à l’arrière-plan, est un pont-levant, à bascule unique réalisé en 1937 pour le passage des trains.

Im 3

Ces ouvrages présentent en fait un intérêt autant sentimental que technique. Rügen est en effet une destination très prisée en Allemagne, en dépit de sa situation septentrionale : l’île compte une magnifique  réserve d’oiseaux,  une des plus importantes et des plus belles d’Europe.


Le MotivGruppe IngenieurBauten n’est pas inconnu chez nous. Des collectionneurs français en sont membres. De plus, l’association participe occasionnellement à des manifestations en France .


Ainsi, en 2003 à l’occasion de la Fête du Timbre et de l’Exposition Départementale organisée dans ce cadre à Nanterre par l’Amicale Philatélique de Nanterre (APN 92), différentes collections européennes consacrées aux ponts avaient été présentées au public. Le Président du Groupe allemand, le Dr. Claus Wentz, Dipl.Ing. avait  fait le voyage, pour acheminer et présenter les recherches de membres allemands de son association.
Nanterre CW 000 0058
Pour ce qui restera une des plus importantes exposition philatélique et thématique consacrée aux ponts ces dernières années en France,  une dizaine de présentations thématiques et maximaphiles de niveau international  avaient été rassemblées comme celle des français Jean Grillot et Michel Krempper ou celle du néérlandais Ed Van Raan, tous deux du MGIB également (ci-dessous).
Nanterre EvR 000 0059

Une participation dont devaient  remercier le MGIB Messieurs Paul Sitzia, aujourd’hui Président d’honneur de l’APN 92, à l’époque Président actif, et Jean Grillot, à l’époque secrétaire de l’Amicale depuis appelé à lui succéder comme président.


Paul Jean

Michel kremper - Juillet 2009

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17 juillet 2009 5 17 /07 /juillet /2009 20:07

La nouvelle avait failli passer inaperçue. Devant le 82ème Congrès de la FFAP à Tarbes, Françoise Eslinger l’avait annoncée : La Poste s’apprêterait à lancer une nouveauté, des timbres marqués de φ, présenté par elle comme le signe symbolique du nombre d’or.

Dans le flot des discours et les torpeurs d’un Congrès, les congressistes ne prêtent pas toujours l’attention qui conviendrait à un scoop. Surtout si leur moyenne d’âge dépasse la cinquantaine et si leurs souvenirs des symboles mathématiques se limite à π, infiniment plus familier.

Fort heureusement, le quotidien édité par l’Organisation des Trois Journées de  Tarbes 2009 est venu relayer les propos de la représentante de notre opérateur postal national.

 Image 1 article timbresExtrait du n° 3 du Quotidien  Lo Bigordan édité par la FFAP,  14 juin2009


Ainsi, l’information a pu être reprise dans leurs livraisons post-congrès par les deux mensuels nationaux : l’Echo de la Timbrologie, dans l’éditorial de Sophie Bastide - Bernardin , Timbres-Magazine sous la plume de Socrate. La blogosphère philatélique a suivi, mais sans davantage de commentaires sur ce fameux Nombre d’or.


Pour Phil@poste, il s’agirait donc de distinguer ce qu’elle va, à présent, dénommer  «timbres de la Nation», définis comme ceux dont la liste a été arrêtée par le Ministre de tutelle, dans une classification des produits en 4 familles : le timbre-poste d’usage courant, le timbre commémoratif, le timbre d’écriture et le timbre personnalisé ; la 21ème lettre de l’alphabet grec  Phi, symbolisée en minuscule par φ, devant leur servir de label.


A l’évidence, Phi renvoie à la première syllabe de «philatélie».  Mais qu’en est il de  ce «Nombre d’or» évoqué par la représentante de la Poste à propos des  timbres élus au label «φ» ?  La Poste française s’apprêterait elle à suivre les Administrations ayant précédemment  émis des vignettes postales basées sur ce Nombre un peu mystérieux ? 

On en trouve un très bel exemple a été donné avec la superbe émission de 1995 de la Poste monégasque du  timbre «Le Printemps» d’après Botticelli. Il ne lui valu pas moins qu’une Victoire au IIIème  Challenge du plus beau timbre du monde puis la IVème  Coupe du Monde .

 

Article timbres im2

 

Ce timbre-poste dentelé 13, gravé par Pierre Albuisson et référencé Yvert 2010 fut repris dans un feuillet 115*100 réf. Yvert B77 émis en 1997 avec la mention ITVF 1998.

Article timbres im3 

En rapportant largeur et hauteur de ce timbre, on observe en effet, qu’aux erreurs de mesure près,  celles ci sont dans une proportion  8/5. Or celle ci est très voisine de 1,618,  nombre qui n’est autre que le résultat de l’opération ½ (1 + √ 5),  dont  justement φ est l’expression, ce qu’on écrit d’ailleurs  plus souvent avec la majuscule Φ.

C’est aussi le rapport que l’on obtient à partir des nombres de la suite de Fibonacci dont les termes successifs sont 0,1,1,2,3,5,8,13,21,34,55,,89,144,233,377,610, 997…etc ... Ces termes se calculent en rajoutant à l’un quelconque des éléments celui qui le précède. Ainsi, par exemple 233+144=377. Ce qui donne 233/144 = 1,618 tout comme 89/55 ou 55/44 rapports tous égaux à Φ, pour peu que les éléments de la suite soient assez grands. Egalement remarquable : le rapport inverse, par exemple 144/233 = 0,618 qui n’est autre que le résultat de ½ (1 - √ 5).


En fait, Φ et Φ - 1 sont les racines de l’équation quadratique x²-x – 1=0.


Depuis des siècles, Φ comme son inverse 1/ Φ ou encore √ Φ, Φ², Φ³, correspondent en architecture et histoire de l’art à des proportions réputées spécialement harmonieuses, voire jugées idéales. Pour certains, proches de la perfection.


Phi est connu depuis la plus haute Antiquité. Ainsi, Thalès (- 640 – 548),  qui introduisit en Grèce la géométrie égyptienne, mesura la hauteur de la Pyramide de Kéops. Comparant la longueur de son ombre à celle d’un bâton de dimension verticale connue, il  pu établir que ce monument  prodigieux avait été édifié sur la base de Φ.


Article timbres im4

 

Les Anciens parlaient de «partage en moyenne et extrême raison» . Parmi eux,  Euclide (300 ans av. JC).

Article timbres im5

 

Dans son Académie, sujet de la peinture de Raphaël, il démontra que lorsqu’on partage un segment a+b  en deux parties inégales, dont la plus grande a est dans le même rapport au tout a+b que la plus petite b à la plus grande a,

-------------------------><---------------------------

 a                          b

soit  a / b = a+b / a

on obtient alors a / b = Φ soit 1,618 …et b/a = - Φ = 0,618

 

C’est la Renaissance qui se mit à parler de cette proportion en termes plus «mystiques». Ainsi, avec le peintre et mathématicien Piero della Francesca (1420 – 1492), le partage euclidien en moyenne et extrême raison est transformé en  «Divine Proportion».


Article timbres im6

L’appellation sera reprise par le moine Luca Pacioli dans sa «somme» magistrale «la Divina Proportione», publiée en 1509 où il résumera les connaissances mathématiques de ce temps. Puis, avec Léonard de Vinci, qui illustra ce traité, va apparaître l’expression de «section dorée», restée en allemand avec celle de «Goldene Schnitt», en anglais «Gold ratio».

Article timbres im7 

On s’aperçu par la suite que les termes de la suite de Fibonacci se retrouvent dans la nature. Par exemple, le nombre de pétales observé en moyenne dans certaines fleurs : les delphiniums ont 5 pétales, les célandines en ont 8, les doubles delphiniums 13, les asters 21, certaines  marguerites 34, d’autres 55 ou 89.

On découvrit aussi que Φ régit plusieurs figures géométriques fascinantes. Par exemple le pentagone régulier étoilé : le pentacle des pythagoriciens.

Dans cette figure, également appelée «pentagramme», le rapport entre la diagonale et le côté est directement dans la «divine proportion», dite encore «proportion dorée». De même que l’intersection  de deux diagonales.

Article timbres im8

Avec les notations du timbre danois, on écrit SN / SH = Φ. De plus HL  partage SN en moyenne et extrême raison.

Bernouilli (1654 - 1705), s’intéressant à la spirale que Descartes (1596 -1650) avait baptisée «équiangle» et qui par lui, deviendra «logarithmique», établit que la loi mathématique du développement de cette figure est aussi basée sur Φ.


Article timbres im9

Un autre timbre suisse de 1987 en donne une illustration remarquable. La spirale de Descartes/Bernouilli passe par les points d’or d’un rectangle doré et dans son tracé s’inscrit un pentagone, lui même issu de Φ ! C’est pourquoi, cette spirale est également dite «dorée» … quand elle n’est pas qualifiée de «merveilleuse».


Article timbres im10

 

Par la suite encore, on observa que ce nombre est en fait présent – sous des formes cachées et de différentes façons - dans de nombreux secteurs de la vie sur terre : la botanique, le monde animal, parfois dans le monde minéral et fréquemment dans le domaine des arts : peinture, musique, sculpture ainsi que dans l’architecture, ancienne ou moderne, religieuse ou civile. Manifestations multiples qu’il serait trop long d’énumérer mais que suggère bien le timbre suisse signé Stephan Bundi, qui constitue l’une des pièces maîtresse d’une thématique «Nombre d’Or».

Au point que certains créateurs ont cherché à construire leurs oeuvres en utilisant méthodiquement la proportion dorée. Un seul exemple, pris en architecture avec Le Corbusier (1887 – 1965), architecte d’origine suisse qui présente en 1947 son Modulor.


Article timbres im11

Il détermine un système de mesure basé sur les proportions du corps humain, dont il considère qu’elles doivent régir l’art de bâtir. Dans le Modulor, on a les rapports suivants : 226/140 = 1,61  183/113 = 1,62  113/70 = 1,61  70/43 = 1,62  43/27 = 1,6 peu ou prou égaux à Phi.


Toutefois, Φ n’a pris l’appellation de «Nombre d’Or» qu’au XXème siècle. Son principal propagateur sous ce nom sera Matila, prince Ghyka, ingénieur formé par plusieurs Grandes Ecoles françaises, docteur en droit, diplomate roumain, auteur des plus importants ouvrages sur le sujet. Notamment avec : «le Nombre d’Or», justement titré ainsi et aussi «Esthétique des Proportions dans la Nature et les Arts». C’est par ce théoricien de l’art que se développera une tendance à associer Φ à l’esthétisme et à en  faire la base du Beau absolu puisqu’il serait le secret de la beauté dans la nature …Celle dont s’inspirait Le Corbusier et avant lui des peintres, comme Seurat, Maurice Denis puis d’autres regroupés dans la «Section d’Or».

Article timbres im12

 

Mais, le Beau ne serait il affaire que de proportions ? Les points de vue divergent. De même que sur l’omniprésence supposée du nombre d’or dans l’esthétique. Mythe ou réalité ?  le débat reste entier. En revanche, ce qui est sûr, c’est que «Phi», sous son symbole  φ ou Φ, n’a pas fini d’intriguer, quand il ne fascine pas.


Pour sa part, la Poste de France ne semble pas avoir échappé à la fascination ; φ devant être – selon Françoise Eslinger - la référence des nouveaux timbres décidés par l’Etat et voulus plus «esthétiques» que les autres, timbres dits «d’écriture» ou personnalisés de tout acabit. En attendant une éventuelle opération de  chirurgie … faciale qui les reformaterait, nos timbres commémoratifs labellisés φ feront donc, à tout le moins, l’objet d’un traitement cosmétique. Comment ?  Par les polices utilisées, l’emplacement des textes dit-on. Et on ajoute «etc …» sans qu’il soit précisé si cet «etc …» englobe ou non le format futur des timbres-poste, ce qui serait pourtant basique …  pour qui voudrait réellement se conformer à l’esthétique du Nombre d’Or.


Les timbres de France iront ils donc jusqu’à suivre la voie ouverte par Monaco en 1995 sur cette question des formats ? Là aussi, interrogation. Observons cependant que La Poste n’en est pas loin. Avec des images au format de 35*22 mm, soit une proportion longueur/largeur de 1,59 pour certains commémoratifs courants, des timbres français ne respectent t’ils pas déjà,  à peu de choses prêt  le nombre d'or 1,618 ? Avec un écart de seulement 1,8 % ? De 1,1%  pour ceux comportant une illustration 36*22 ? Comme on dit dans ce cas : affaire à suivre …


En attendant, on ne saurait terminer sans une pensée pour Jacques Riboulet, collectionneur éminent, longtemps pilier de l’AFPT et défenseur d’une philatélie thématique de qualité. Dans un exposé qu’il y avait présenté lors d’une réunion le 17 mars 2001 et consacré au  montage des feuilles d’exposition , il nous dévoilait le secret de ses présentations compétitives, primées au plus haut niveau en international, notamment son «Herbe à Nicot» et la raison de son choix du format A3. En tenant compte d’une marge d’un cm de marge sur les côtés , il lui permettait d’obtenir un rectangle horizontal de 40 x 24,72 cm   lui laissant 2 cm en bas de feuille et 3 en haut pour un titre. A l’intérieur de ce rectangle parfaitement au «Nombre d’Or », il lui suffisait de tracer un carré pour obtenir un deuxième rectangle Φ et ainsi de suite pour trouver les points focaux de la page et, à partir d’eux, disposer les documents. D’où il est à présent, l’ami Jacques, pas bien compris à l’époque,  doit bien rigoler à voir aujourd’hui  ce petit rififi autours de Phi.


Pour en savoir plus :

Outre les livres de Matila G. Ghyka cités dans l’article, on pourra lire :

Chalavoux R. (2001), Nombre d’or, nature et œuvre humaine, Chalagram éd.

Cleyet-Michaud M. (1995), Le  nombre d’or, P.U.F./Que Sais-Je ?

Hakenoltz C. (2001), Nombre d’or et mathématique , Chalagram éd.

Hartmann M. (S. d.), L’enfant et le nombre d’or,  Amis de Boscodon

Huntley H.E. /  Neveux M. (1995), Le nombre d’or, Le Seuil/Points

Neroman D. (2001,) Le Nombre d’Or, clé du monde vivant, Dervy

Vincent R. (2001), Géométrie du nombre d’or, Chalagram éd


 M K  APN 92, AFPT,  juillet 2009 

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16 juillet 2009 4 16 /07 /juillet /2009 19:51
SOUVENIR PREMIER JOUR TAILLE-DOUCE 2009

On l’enseigne dans les écoles de commerce : le marketing de niche regroupe
les techniques  utilisées pour promouvoir des produits sur des marchés de niche.
Un marché de niche étant par définition centré autour de clients spécifiques peu nombreux. Les produits et services sont généralement très différenciés et très spécialisés, la communication individualisée et très ciblée et la concurrence parfois un peu moins forte que sur des marchés de masse
.

 

En lançant son "Souvenir Premier Jour Taille-Douce 2009", La Poste entend sans doute signifier à ceux de ses clients sensibles au mode d’impression des timbres-poste
qu’elle est à leur écoute et qu’elle sait répondre à leur attente.

 


Souvenir 1er jour

 

Depuis des années, le microcosme philatélique était agité par ce débat récurrent,  centré sur la diminution régulière du nombre de timbres gravés et imprimés en taille-douce ainsi que sur la réduction corrélative du nombre de graveurs professionnels. Le magazine « Timbres-Journal » était devenu particulièrement  actif sur ces thèmes.
Avec son soutien, une Association « Art du Timbre gravé » s’était constituée regroupant – au delà des corporations d’artistes concernés  dessinateurs et graveurs– les "aficionados" :  journalistes et collectionneurs. Un manifeste publié.
Un site  ouvert sur Internet.
La Présidence confiée à un graveur de talent : Pierre Albuisson.

Objectif : obtenir de la Poste davantage de timbres-poste en taille-douce,
supposés signes de qualité absolue.

 

 

Mais plutôt que d’apporter une réponse de masse par l’émission d’un nombre 
accru de  timbres de ce type, réponse apparemment inappropriée en un temps
où La Poste doit faire face aux deux défis de la baisse du volume du courrier
et de la différenciation croissante des attentes des différentes catégories
d’acheteurs de timbres, les services marketing de Philapostel
ont imaginé …. un produit "philatélique supplémentaire".
Comme si l’offre globale n’était pas déjà surabondante …

 

Ainsi, depuis quelques jours, elle propose par correspondance à un panel de clients issus de ses fichiers,  l’achat d’un nouveau type de souvenir. Celui-ci réunira – à la fin de l’année - les 17 timbres imprimés en taille-douce en 2009, collés sur un support unique et oblitérés à la date du premier jour d’émission ; ces timbres étant regroupés par grands thèmes : sites et cités de France,
personnages historiques et grands évènements.

 

 

Avec pour attirer le chaland, tous les ingrédients du marketing de niche utilisés
depuis des lustres par les maisons de VPC .
Mailing flatteur : Un collectionneur tel que vous ne pouvait être absent de nos listes ... Mise en avant du produit : Taille-douce, derrière ces mots un monde de précision
et de beauté…
Limitation du tirage :  12000 sans réimpression possible.
Inévitables cadeaux (payants mais sans aucun intérêt postal) deux feuillets gommés assortisd’une carte 2 volets.
Date limite de réservation : 31 juillet 2009.
Prospectus nombreux.
Enveloppe T pour la réponse . etc …

 

Reste à savoir comment cette initiative sera accueillie. Si elle marche, La Poste aura donné à peu de frais l’impression qu’elle a entendu les tenants de la taille-douce. 
Si elle connaît un flop, on pourra toujours dire que les amateurs de ces timbres,
sont finalement moins nombreux qu’on ne le prétendait.
Quant à savoir ce que la Philatélie aura gagné dans l’opération ?

 

 

                                                             3 juillet 2009   Michel KREMPPER   APN 92

 

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4 juillet 2009 6 04 /07 /juillet /2009 10:30

Pour une promotion plus active de ses ventes et une meilleure information de ses clients, Philaposte leur adresse depuis le printemps 2009 une Carte Postale. Du moins à ceux enregistrés dans ses fichiers, par exemple à partir d’une première commande de T-P à son service commercial de Boulazac.

Côté vue, cette CP leur donne les visuels des émissions dites «philatéliques» du semestre à venir. En l’occurrence ici, le second de l’année 2009.

 

 


Les dates indicatives d’émission apparaissent au verso et sont, bien entendu, données sous réserve de la confirmation du calendrier officiel, tel qu’établi à partir du programme défini dans l’Arrêté Ministériel d’approbation des émissions dites «philatéliques» signé l’année précédente.

Aussi bien d’ailleurs, la CP précise-t’elle également, dans la première colonne, les modifications apportées au calendrier du 1er semestre 2009.

 

 

 

 

Ce côté «timbre» est également intéressant à observer plus minutieusement. Une mention précise qu’il s’agit d’une carte pré-timbrée à validité permanente, ne pouvant être vendue (sic !) 

Il est en effet «égayé» par une vignette imprimée avec les mentions France La Poste Monde 20 g. avec à l’intérieur un simili-timbre  Celle-ci renseigne sur la nature postale de cette CP.

 

 

Cette vignette correspond à celles utilisées pour l’affranchissement de courriers d’entreprises et lancées par La Poste dans le cadre de son offre «IDtimbres» : Il s’agit de timbres personnalisés que des «gros consommateurs» peuvent lui demander d’imprimer pour des commandes de quelques centaines à quelques milliers d’exemplaires. Autrement dit, une version professionnelle de MontimbraMOI, à laquelle on accède sur le site de La Poste «La Boutique du Courrier pour les Pros».

 

En l’espèce, la Poste utilise cette vignette pour son usage propre. Ainsi, cette CP n’a pas lieu d’être oblitérée. Seule, une mention indiquée au-dessus de l’adresse du destinataire précise la date d’envoi.

 

 Michel KREMPPER APN 92

 

27 juin 2009

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29 juin 2009 1 29 /06 /juin /2009 18:36

A l’Amicale Philatélique de Nanterre, on aime bien les ponts. Pour preuve : les collections présentées par ses membres, distinguées dans de  nombreuses expositions internationales,  les articles de son Bulletin périodique ou encore les publications dans la presse nationale, l’Echo de la Timbrologie, notamment.

Un événement comme l’émission du timbre « 1985, le Pont-Neuf empaqueté, Christo et Jeanne-Claude » ne pouvait donc pas nous laisser indifférent. D’autant que le Premier Jour se déroulait à Paris, à l’Hôtel de la Monnaie, face au Pont-Neuf précisément.


Christo 1

 

Elle a eu lieu ce 13 juin 2009, jour du commun anniversaire des artistes qui seraient nés tous deux  à la même date,  à la même heure.

Félicitations à la Poste (une fois n’est pas coutume ! ) qui avait pu obtenir la présence du couple ainsi que celle de leur vieux compagnon, Wolfgang Voltz, le photographe de toutes leurs réalisations.

Christo et Jeanne-Claude  dedicace Christo

          

Volz et Christo

     Photos Michel Wagner

 

L’Echo de la Timbrologie en avait profité pour publier dans son numéro 1830 daté de juin (pages 46 et sq) un article de notre membre Michel Krempper. Occasion d’une présentation des artistes et d’un coup de projecteur sur ce que fut l’emballage du Pont-Neuf par une toile de 40000 m² tendue par 13000 mètres de cordages, du 22 septembre au 7 octobre 1985. Mais aussi rappel historique des caractéristiques de ce franchissement de la Seine, qui, malgré son nom, est le plus ancien conservé à Paris. Peut être le plus beau. En tous cas le plus grand.


Image la tribune

 

Le lecteur attentif de ce sommaire pourra observer en passant  la présence, dans ce même numéro (pages 62 et sq), d’une présentation de la collection dédiée par notre Président Jean Grillot à l’étude du timbre français « 5 F Daurat-Vanier ». Comme quoi, à l’APN 92, il n’y en a pas que pour les ponts !

Parmi les différents matériels philatéliques dédicacés le 13 juin par Christo, son épouse et le photographe : des blocs du timbre nouvellement émis, sa gravure, la notice de la Poste, et aussi des Cartes-Maximum. Celle-ci a pour support une carte postale éditée en 1985 par Nouvelles images sur une photo de Wolfgang Voltz.


Image carte du pont


Pour finir sur une question, adressée à la Poste : Pourquoi avoir émis ce timbre à la faciale  de 1,35 euros  tout à fait inhabituelle pour un commémoratif ? Celle-ci correspond à l’affranchissement d’une lettre prioritaire  pour la France métropolitaine au 3ème échelon de poids (50/100 g.). Pourquoi pas à l’un des  tarifs de la lettre prioritaire à l’internationale ?  Il est vrai que 1,35 € convient aussi à la lettre économique pour l’UE et la Suisse au 1er échelon (≤ 100 g.) D’ou, sans doute, un tirage de 2800000 exemplaires, quand même tout à fait conséquent.

Michel Krempper

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24 juin 2009 3 24 /06 /juin /2009 17:18

Curieusement, les philatéliste qualifient de «pré-philatélique» la période précédant l’emploi de timbres-postes pour l’affranchissement du courrier.  Comme si la figurine postale collée sur la lettre était essentielle à la philatélie, comme si,  hors la présence d’un timbre-poste sur un courrier, le pli n’était plus «philatélique». Comme si, de ce fait, les collectionneurs de ce type de courrier ne méritaient pas l’appellation de «philatéliste» ! Ce qui est effectivement absurde quand on sait le succès et l’importance prise depuis toujours par les collections de lettres et marques postales dans le négoce et les expositions philatéliques ainsi que le cœur des philatélistes spécialisés en  «Histoire postale» …

 

Quoiqu’il en soit,  cette prétendue période «pré-philatélique» s’est achevée dans la plupart des pays européens aux alentours de la moitié du 19ème siècle ; les T-P ayant été introduits en Grande-Bretagne en 1840, en France en 1848,  dans de nombreux autres pays, dont l’Espagne en 1850.

 

Cette dernière renouerait elle avec cette tradition 158 ans après la mise en service de ses premières vignettes postales détachables ? Au vu de nombreux courriers expédiés des quatre coins du pays et arrivés depuis deux ans dans diverses destinations, il semblerait bien que oui.

 

Outre les mentions « Correos España » et leur logo « cor de poste », la caractéristique commune des nouvelles marques postales espagnoles,  semble t’il apparues en 2008, est la mention «Franqueo Pagado en Oficina» qui signifie «Affranchissement payé au bureau». Deux différents types de marques peuvent être observées, paraissant correspondre à deux modes de marquage.

 

Marquage manuel : Les cachets au tampon rencontrés sur le courrier sont rectangulaires, au format 6,3 x 3,8 cm. En leur centre, ils comportent un autre rectangle de 3,6 x 1,9 cm, entourant la date d’expédition au bureau, à gauche et à droite les mentions Correos España, au dessus le nom du bureau, et sous un numéro d’ordre, la mention «Franqueo Pagado en Oficina». Point essentiel : l’absence de timbre-poste, qui tendrait à montrer que ces cachets sont utilisés lorsque le bureau ne dispose pas des vignettes postales correspondant à l’échelon tarifaire et/ou à la zone tarifaire de destination. Autre point, qui différencie complètement les courriers comportant ces cachets avec ceux de la période «pré-philatélique» des 18 & 19èmes siècles : l’absence de toute indication de tarif. Moyennant une marque supplémentaire, nos lettres d’avant l’ère du T-P avaient au moins le mérite de nous renseigner sur le prix payé (ou à payer) selon le poids et la distance. Ces informations sont ici  complètement absentes et la même marque est utilisée pour la lettre simple ou la lettre recommandée.

Image 1

Image 2

Marquage mécanique : Plusieurs types de machines semblent avoir été mises en service dans les différentes villes espagnoles, qui ne se distinguent  entre elles que par des différences mineures dans les empreintes, notamment leur taille. En commun, celles-ci comportent trois parties : au centre, une double couronne de Ø extérieur 2,7 cm , avec ou sans pont, la date en jj.mm.aa sur une seule ligne et entre les deux cercles le nom du bureau avec, dans les grandes villes comme Madrid, son n° Suc . A leur droite, un cadre publicitaire de taille et de contenu variables. A leur gauche, un rectangle de 5,2 x 2,8 cm entourant le label « Correos España », son cor de poste surmonté de la couronne royale et la mention « Franqueo Pagado en Oficina ». Pas davantage que les marques manuelles, les empreintes mécaniques ne comportent d’indication tarifaire. Et sur le courrier, rien non plus ne précise le régime sous lequel il est appelé à circuler. A noter que, contrairement aux marques du premier type, ces marques mécaniques en trois parties ne comportent aucun numéro d’ordre.
Image 4

Image 3

Mais si la fonction de ces nouvelles marques reste en premier lieu  de matérialiser l’affranchissement de la lettre, on les trouve aussi, à présent, sur du courrier comportant des timbres-postes. Dans ce cas, il s’agit de lettres dont l’affranchissement en T-P est insuffisant par rapport au tarif, eu égard au poids et/ou à la destination.


Image 5

 

 

Précédemment, comme aujourd’hui en France (mais pour combien de temps encore ?), les compléments payés en numéraire au bureau donnaient lieu à l’apposition d’une vignette issue d’une machine électronique de guichet. A présent, la nouvelle marque mécanique permet tout  à la fois, de signifier que le complément  a été acquitté et d’oblitérer les T-P collés sur le courrier. Double fonction donc : affranchissement et oblitération.

 

En fait, la mise en place de ces nouvelles marques parait étroitement liée à la suppression progressive des distributeurs automatiques au sein des « Ofinas » espagnoles. C’est du moins l’hypothèse que l’on peut poser à la suite d’un  entretien que nous avions pu avoir avec un responsable des Correos,  rencontré sur leur stand lors du dernier Salon d’Automne de Champerret.

 

Selon lui, les vingt dernières années, les Postes espagnoles avaient développé un important parc de machines à distribuer des vignettes d’affranchissement, tant au guichet qu’en libre-service au bureau. Livrées par les principaux fabricants européens, celles ci délivraient des figurines parfois d’une grande qualité graphique. Mais face au gonflement de leur coût d’entretien - maintenance et celui des fournitures en papier et encre, la décision aurait été prise d’abandonner  ce type d’équipement  et de mettre en place, corrélativement, des moyens manuels ou mécaniques, moins onéreux.  

 

Vraiment plus économique au global ? Cela ne semble pas certain. Certes, on économise d’une part sur le matériel et les consommables. Mais de l’autre, on augmente nécessairement le travail des employés au guichet, donc les frais de personnel … et sans doute la durée d’attente des usagers. Mais celle-ci n’est pas comptée, évidemment.

 

En France, La Poste parait avoir fait un choix stratégique complètement opposé. Dans ses Bureaux nouvellement agencés, afin de réduire la charge des guichets ainsi que les temps d’attente, elle invite ses clients, aujourd’hui encore davantage qu’avant, à utiliser le plus  possible ses automates électroniques, rendus aptes à distribuer des vignettes pour tous les types et niveau de tarification, y compris la recommandation et utilisables par CB à partir de 0,01 euro.

 

Pour reprendre une terminologie d’économiste anglo-saxon : « capital saving – labor using » au sud des Pyrennées ; « capital using - labor saving » au nord ? Vérité d’un côté, erreur en deçà ? Vieux débat, pas prêt d’être clos. En tous cas : affaire à suivre et pas seulement par les marcophiles.

 

                                                         Michel KREMPPER APN 92

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18 avril 2009 6 18 /04 /avril /2009 17:20

Le "Blue Boy" d’Alexandrie et sa lettre

 

"Brûlé comme d’habitude." La lettre s’achevait sur ces mots. C’était une simple instruction sur laquelle on s’était mis d’accord antérieurement. Heureusement, cette lettre de 1847 et sa célèbre enveloppe furent sauvées grâce à la présence sur l’enveloppe du seul exemplaire connu du timbre sur papier bleu du receveur des postes d’Alexandrie, en Virginie.


A l’exposition de Washington 2006, l’enveloppe et le timbre ont été à nouveau réunis, pour la première fois depuis 1907.


Oui, c’est une histoire d’amour devenue particulière grâce à un timbre – et cela représente tellement plus. Il y a un portrait de Daniel Bryan, un hardi receveur des postes d’Alexandrie, entre 1821 et 1853. Etait également exposé un album de famille contenant la correspondance relatant la première vente du timbre “Blue Boy” en 1907 et les articles de presse relatant l’évènement.


Imprimé après la réforme des tarifs postaux du 3 mars 1845, les timbres du receveur constituent une des plus grandes raretés philatéliques des Etats-Unis, et le “Blue Boy” est le plus prisé d’entre elles. Le dernière exemplaire a été vendu en 1981 pour la somme de $1,000,000 par David Feldman, Suisse.


Exposé à Washington 2006 avec l’aimable autorisation de David Feldman, Suisse. Lettre et album mis gracieusement à disposition par Mme R. L. Cheeseman et sa famille. Portrait de Daniel Bryan fourni par le musée The Lyceum, Alexandrie, Virginie, cadeau de Peter Lawrence.

 

Blues boys          

  

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15 février 2009 7 15 /02 /février /2009 12:25

L’utilisation du poète NJEGOŠ du fascisme au titisme
Timbres-postes et propagande en Yougoslavie


2.-Njegos, A. Sidoti-1re de couverture-final


Le livre que publie Antoine Sidoti est un exemple original et exceptionnel des liens étroits qui peuvent parfois exister entre la Philatélie et l’Histoire.

 

Comment le timbre a-t-il été utilisé pour servir les destins d’un occupant ? Le point de départ de l’histoire est l’image du verso, cas philatélique unique.


Comment cette émission a-t-elle été utilisée par les occupants successifs pour conforter leurs pouvoirs, jusqu’aux années récentes ?


Comment tous ces évènements ont-ils produit des raretés philatéliques, dont bien peu d’entre nous soupçonne l’existence, alors qu’elles concernent un pays d’Europe à quelques encablures de la France, le Monténégro, pays qui a recouvré son indépendance le 3 juin 2006 et qui est destiné à devenir dans les prochaines années membre à part entière de l’Union Européenne ?Citons l’auteur dans son avant propos : «Disons pour conclure que nous avons voulu voir comment de “simples” timbres-postes sont utilisés comme outils de propagande, et montrer qu’en tant que tels ils sont bien matière à la recherche historique. Sans aller jusqu’à entreprendre une réflexion théorique sur l’imaginaire, la mémoire ou les usages du passé, nous pensons que notre récit constitue la première tentative importante d’une telle étude menée sur un exemple précis».


L’Italie de Mussolini avait bien fait la promesse de ne jamais toucher à l’intégrité du Monténégro. Cette clause secrète avait été signée lors du mariage du prince Victor-Emmanuel de Savoie avec la princesse Jelena [Elena] Petrović Njegoš, en 1896. Mais en avril 1941, l’Italie fasciste, avec la bienveillante acceptation de son allié, l’Allemagne nazie, occupe le pays avec la promesse de remettre sur le trône la dynastie Petrović Njegoš déchue en 1918 et de «libérer» les Monténégrins de l’«occupant» Serbe. Si le Statut annoncé par la «Déclaration du retour du royaume du Monténégro» du 12 juillet 1941 avait pu être promulgué, il aurait donné la mesure de la fausse indépendance promise !


La révolte éclate (dans la nuit du 12 au 13 juillet) contre le prétendu libérateur. C’est un Governatorato qui est finalement institué, sous l’autorité d’un général de l’armée italienne, Alessandro Pirzio Biroli. Par là-même, Victor-Emmanuel III devient roi du Monténégro, en contradiction avec ladite clause secrète.


Le 9 mai 1943, l’administration d’occupation italienne émet dix figurines postales «en l’honneur» de l’illustre ancêtre de la reine d’Italie, le prince-évêque et poète Pierre II Petrović Njegoš (1813-1851), dit Njegoš. Ce sont des timbres Monténégrins émis par l’Italie, mais rien ne le rappelle en apparence. Leur verso porte des inscriptions de textes en cyrillique tirés d’œuvres littéraires du poète tandis que leur recto porte l’inscription du nom «Monténégro» également en cyrillique et il est illustré avec des tableaux de Pero Poček (1878-1963), un artiste d’origine monténégrine, naturalisé italien, familier de la reine et époux d’une filleule du roi d’Italie Umberto 1er. Six figurines complémentaires sont émises conjointement pour la poste aérienne.


 L’analyse des unes et des autres révèle le fond historique et le message de mémoire dont elles sont chargées. C’est ce que s’attache à analyser très finement le livre d’Antoine Sidoti. Les liens de Pero Poček et de Njegoš avec la famille régnante italienne, le choix des tableaux représentés exaltant le patriotisme monténégrin, les extraits des poèmes de Njegoš imprimés au verso, jusqu’au choix des images des timbres de poste aérienne montrant des «paysages» majeurs du pays pour évoquer le passé et/ou affirmer la territorialité du Monténégro.


Paradoxe pourtant, cette série, voulue par le gouvernement fasciste Italien, flatte le patriotisme monténégrin et du même coup se retourne contre ses auteurs, considérés bien sûr comme des libérateurs par certains, mais qui ne sont pas moins à leurs yeux des occupants.


Les «libérateurs» Allemands (en 1943-1944) et le «mou-vement de Libération nationale» des partisans de Tito (en 1945) utilisent à leur tour, en les surchargeant, les mêmes timbres. C’est ici que l’on rencontre les plus grandes raretés. Pour les Allemands, trois surcharges assez «décalées» par rapport à la situation locale de l’époque : l’une d’une «Commission nationale administrative», l’autre pour l’«Assistance aux réfugiés», la troisième pour la Croix Rouge ; comportant toutes des valeurs faciales trop exagérées pour être honnêtes. Pour Tito, il s’agit de célébrer la libération et la reconnaissance de la «Yougoslavie fédérative démocratique», instituée au cours de la guerre de libération avant qu’elle ne soit remplacée par la République Fédérative Populaire de Yougoslavie, le 29 novembre 1945.


Dans la Yougoslavie de l’après-guerre, le pouvoir de Tito continue de vouloir «honorer» Njegoš et son œuvre : en détruisant la modeste chapelle funéraire voulue par l’intéressé sur le mont sacré monténégrin, le Lovćen, et en édifiant à sa place un mausolée digne du régime ; en instituant le «Prix Njegoš de littérature», une sorte de Prix Nobel yougoslave ; en faisant de l’intéressé un «précur-seur» et un champion de l’idéologie marxiste du pays !


Par-delà sa valeur philatélique, l’émission postale du 9 mai 1943 pour le Monténégro est un document historique exceptionnel, unique. L’analyse historique, picturale, littéraire, et philatélique d’Antoine Sidoti est totalement nouvelle. Rapportée à l’histoire passée, elle permet une lecture inhabituelle de lieux de mémoire des Monténégrins, qui n’ont jamais voulu accepter la domination ottomane ni par les armes, ni par la civilisation. Rapportée à l’histoire de la Seconde Guerre mondiale, elle montre un aspect remarquable de la démagogie de l’occupant, qui croit bien faire en flattant l’amour atavique des Monténégrins pour la liberté. En filigrane, nous entrons dans l’œuvre poétique et politique de Njegoš – les publications actuelles le concernant sont inexistantes –, et nous est dévoilée l’œuvre du peintre Pero Poček.


La Seconde Guerre mondiale terminée, l’exploitation démagogique de Njegoš se poursuit. Le pouvoir titiste n’a de cesse de «yougoslaviser» le poète et de « laïciser » le prince-évêque : puisque, comme nous l’avons déjà précisé, il va en faire le «précurseur» de sa propre lutte de Libération nationale «populaire» et «démocratique».

La présence de Njegoš continue de hanter la Yougoslavie post-titiste 45 ans plus tard : pour preuve l’émission «Europa 1998» qui reprend le même thème (les peintures de Pero Poček) et, enfin, après la disparition du nom même de Yougoslavie en 2003, l’État Serbie-Monténégro, avant l’indépendance de l’une et de l’autre en 2006.


Troisième volet du triptyque d’Antoine Sidoti  consacré à la Seconde Guerre mondiale dans les Balkans, L’Utilisation du poète Njegoš … complète
Le Monténégro et l’Italie … (Vol. Ier) et Partisans et Tchetniks ... (Vol. II).

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1 février 2009 7 01 /02 /février /2009 12:34

Pourquoi ne pas collectionner les timbres d’AUSTRALIE. Ils évoquent souvent de manière originale le mode de vie de ses habitants.

N’oublions pas que l’Australie a fourni à la France notamment de nombreuses espèces de plantes que l’on trouvait au Château de la Malmaison du temps de Joséphine, et d’animaux dont quelques uns sont conservés (naturalisés) dans différents musées.

Ces animaux et plantes furent amenés en France par l’expédition Baudin, chargé par Napoléon 1er de découvrir cette terre lointaine.

En 2002, une émission postale commune France-Australie  amène l’émission de 4 timbres, deux en France, deux en Australie pour célébrer la rencontre des deux navigateurs Nicolas Baudin et Matthew Flinders.

Cette émission est l’occasion d’une fête, le 4 avril 2002,  à l’ambassade d’Australie à Paris à laquelle l’APN était présente à travers Daniel Jacquelin, adhérent et collectionneur des timbres d’Australie.

Il a profité de cette manifestation pour composer ce document, unique, en souvenir de cette commémoration.


Emission France Australie 2002

 

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