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  • : Amicale Philatélique de Nanterre
  • Amicale Philatélique de Nanterre
  • : Les réunions sont ouvertes à tout philatéliste, même non adhérent, mais qui souhaite partager sa passion autour du timbre et de la lettre. Réunions 1ers et 3èmes dimanches de chaque mois à 10h. Villa des Tourelles 9, rue des Anciennes Mairies à Nanterre. Adresse E-mail : apn92@free.fr
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  • Réunions de l'Amicale Philatélique de Nanterre - 1ers et 3èmes dimanches
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L'APN

L’association philatélique est le lieu privilégié pour partager sa passion, développer des échanges trouver la convivialité et l’amitié autour d’un loisir commun. Au-delà, elle permet de véhiculer l’information, de découvrir, d’échanger par l’intermédiaire de services structurés. L’association philatélique rompt l’isolement et intègre le collectionneur dans un groupe de contact.

Téléphone : 01 41 37 71 35 (Répondeur)
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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 11:07

Démarrées en 1997, les émissions philatéliques propres à Mayotte - à présent 101ème département  français - prendront fin le 30 décembre 2011 avec un timbre forcément historique. Son sujet est remarquable : il s’agit du Marion Dufresne, un navire que l’on a surtout l’habitude de voir voguer sous d’autres cieux (Fig.1).


ig 1

Figure 1


Propriété de la compagnie française CMA-CGM, immatriculé à Marseille, le bateau est basé à la Réunion. Ses missions courantes sont de deux ordres. Il assure d’une part la logistique des îles australes françaises pour les Terres australes et antarctiques françaises  (TAAF), d’autre part la recherche océanographique pour l'Institut polaire français - Paul Émile Victor (IPEV). Habituellement, il effectue les relèves de personnels, le ravitaillement en vivres, matériels et carburants sur l’île de la Possession, principale île de l'archipel Crozet, sur les îles Kerguelen et sur l’île Amsterdam. Sur l’île Saint-Paul où il n’y a pas de base, il ne fait qu’un arrêt technique et touristique.

 

Du 1er au 26 avril 2011,  le Marion Dufresne effectuait une mission particulière : une rotation dans chacune des îles Eparses de l’océan Indien. L’appellation recouvre un ensemble de cinq îles : Bassas da India, Europa, Juan de Nova, Glorieuses dans le canal du Mozambique et,  au nord de la Réunion, Tromelin, cogérée avec l’Ile Maurice. Un arrêté du 3 janvier 2005  avait confié leur administration au préfet, administrateur supérieur des Terres australes et antarctiques françaises. Depuis la loi 2007-224 du 21 février 2007, les îles Eparses font partie intégrante des TAAF et constituent son 5ème district. Pour cette rotation spéciale, embarquaient à son bord 72 scientifiques, représentant 17 programmes de recherche concernant aussi bien les sciences de la terre que de la vie (Fig.2).


Fig-2.jpg

Figure 2


Le cachet - non philatélique - de l’un des programmes scientifiques, tamponné sur le courrier posté sur le bateau fait apparaitre la localisation des différentes îles par rapport à Madagascar et la Réunion. Il situe aussi Mayotte, où le Marion Dufresne a fait escale les 15 et 16 avril (Fig. 3).


Fig-3.jpg

Figure 3

C’est cet évènement qui explique la présence un peu surprenante du navire des TAAF dans les eaux de Mayotte que l’ultime timbre mahorais agrémente d’un palmier (Fig. 4).


Fig-4.jpg

Figure 4

 

Celui-ci a été émis en commun avec les TAAF (Fig. 5), ce qui constitue une autre particularité puisque durant  toutes les années du renouveau philatélique mahorais, démarré en 1997, jamais la Poste de Mayotte n’avait participé à ce genre d’opération.


Fig-5.jpg

Figure 5

 

Les deux timbres présentent cependant une différence : leur taille. 52x31 mm pour Mayotte, 48x36 mm pour les TAAF. L’explication est simple. Tous deux imprimés par Phil@poste à Boulazac,  celui pour Mayotte l’est par planches de 25, celui des TAAF par planches de 10, selon les habitudes propres à chacune des deux administrations postales (Fig.6, Fig.7).


Fig-6.jpg

Figure 6

Fig-7.jpgFigure 7


 

Leur réalisation (Fig.8) est due à Claude Perchat, graphiste-illustratrice française née à Paris en 1952 qui a commencé sa collaboration avec la Poste en 2000. Créatrice de nombreux cachets Premier Jour (plus de 80), elle a aussi illustré les documents philatéliques de la Collection historique des timbres- poste et est l’auteur du Carnet de Voyages "La France à Vivre" édité par La Poste en 2004. On lui doit un timbre pour la France : Juliette Dodu (gravé) et cinq pour les TAAF : Dr Jean Rivolier (2010), Pavillon Gabriel (2010), Salon Champerret (2010), Manchots-Papous – Vignette Bignon (sorti au salon de Metz), La Maison Orré (pour les journées du Patrimoine). Claude Perchat a aussi conçu les timbres-à date Premier Jour, très artistiques avec une vue plongeante du Marion Dufresne (Fig.9. Fig. 10).


Fig-8.jpgFigure 8

Fig 9 Figure 9


TAD-TAAF-n--1.jpgFigure 10

 

Remerciements à Marc Boukebza, Directeur de la Philatélie des TAAF, Jean Ketterlin, Directeur des activités de l'Enseigne à Mayotte et Claude Perchat pour leur aide à la rédaction de cet article.

Michel Krempper - APN 1 décembre 2011

 

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 23:36

Techniques et supports

Quantités de supports et matériaux les plus variés peuvent servir de cadre à ces correspondances créatives, finalement ouvertes à tout un chacun. Il peut s’agir d’une simple enveloppe, d’un morceau de carton, de bois, d'écorce, de tissu, de verre ou encore d’un disque, d’une boîte d'allumette ou d’un dessous de bock. L'Art postal s'approprie des disciplines aussi différentes que la sculpture, la peinture, la photographie, la bande dessinée, le collage, le dessin, la broderie (FIG. 21).

FIG. 21. Mme Debove ret

Figure 21 - Enveloppe brodée de Marie-Odile Debove, 2010 (Bulletin de l’APN 92).  

 

Quant aux matériaux, il n'y a pas de limites d’utilisation à la condition qu'ils supportent le voyage par la poste : outre les techniques traditionnelles (peinture, collage...), on trouve ainsi sur les courriers des plumes, fleurs, coquillages, sable, perles, boutons ... ou tout objet de récupération. Les règles du «bien envoyé» ne sont pas toujours respectées : forme de l’objet, place du timbre, fantaisie dans les adresses (sous forme de rébus, de poèmes ...).

Les attributs de La Poste - adresses du destinataire et de l'expéditeur, timbre, oblitération - participent évidemment des matériaux de l'Art postal. Les artistes puisent aussi dans le registre postal pour nourrir leur imagination et réaliser leurs compositions. Ils n'hésitent pas à jouer avec le timbre et à l'intégrer dans leur composition. Certains vont jusqu’à créer leurs propres timbres, fictifs, plus ou moins heureux, le but étant que les guichetiers les tamponnent (FIG. 22). La calligraphie est aussi très prisée.

FIG. 22.PseudotimbresDiotallevi

Figure 22 - Pseudos-timbres Mail Heart de Marcello Diotallevi, 1942.  

 

Malgré cela les courriers se perdent rarement et arrivent presque toujours à destination : merci aux postiers ! L'Art postal est aujourd'hui toujours plus vivace que jamais ; de nombreux réseaux d'artistes échangent entre eux ou par le biais d'invitations et d’appels à projets.

L'Art postal aujourd’hui

Il existe des fanzines [vii] d'art postal, constitués d'œuvres originales. On peut citer Nada Zéro, édité par Christian Alle et mis en ligne par l'artiste Lauranne (FIG. 23) qui diffuse aussi des informations sur des projets et contacts de Mail Art, une entreprise originale entièrement gratuite : il suffit d'envoyer 20 œuvres de petit format pour recevoir un exemplaire. La réciprocité est la règle du Mail Art, non-marchand par essence. Ce magazine a aussi un frère canadien : Circulaire 132. 

FIG.-23-Lauranneadameve1p.jpg

Figure 23 - Adam et Eve, acrylique et pastels de Lauranne (site de l’artiste). 

 

Aujourd’hui, la Toile est le terreau le plus fertile. Plusieurs appels d'art postal (mailart call) y naissent quotidiennement sur les thèmes les plus variés. Le site Mail-Art Across the World, associant divers pays, propose d'allier au Mail Art classique la calligraphie, vecteur par excellence de l'adresse postale. Toujours sur Internet,  des galeries et forums en ligne sont proposés. Des restitutions prennent parfois le relais sous forme d'expositions publiques.

Autre exemple de réseau très actif : celui du Ministère de la Justice. Autours du Pôle Culture de la Protection Judiciaire de la Jeunesse des Yvelines, son partenariat avec Phil@poste vieux de 10 ans, permet un concours annuel  auquel participent plusieurs centaines de créateurs. La presse philatélique nationale n’est pas en reste, qui consacre périodiquement des articles au sujet et lance ses propres appels à projet [viii].  L’institution postale elle-même a investi le champ. Depuis la première grande exposition de Mail Art organisée en 1989, le Musée de la Poste- devenu l’Adresse - a rassemblé plus de 5 000 pièces dans ses collections (FIG. 24). Il développe aussi de très fructueux partenariats.

FIG.-24-EnveloppeChrisBesserEdT2.jpg

Figure 24 - Enveloppe de Chris Besser (coll. L’Adresse Musée de la Poste). 


Pour finir, il serait injuste de ne pas évoquer le travail fait dans l’ombre par de nombreux enseignants, instituteurs ou professeurs d’arts plastiques, qui – via le Mail Art- cherchent aussi à réconcilier les jeunes avec la correspondance écrite : tâche difficile à une époque où portables et SMS règnent sur l’échange de messages [ix].

Et dans les Expositions philatéliques ? 

Les présentations compétitives patronnées par la FFAP autorisent jusqu’à 50% de matériel non-philatélique en «Classe ouverte». Dans ce cadre, les pièces de Mail Art  sont naturellement admises et appréciées car elles aident à bien diversifier le type de documents présentés par des créations originales (FIG. 25).

FIG.-25.MailArtMiwagPontMetal.jpg

Le Règlement de la classe «Histoire Postale» est une autre possibilité, cependant peu utilisée. Son article 3.2 offre pourtant le droit d’exposer, dans le cadre d’études historiques, des «ensembles d’enveloppes illustrées et décorées ayant transité par le système postal». L’Art postal appartient aussi à une solide tradition de la «Philatélie polaire» qui constitue une classe particulière d’exposition (FIG. 26). Une belle pièce de Mail Art peut également trouver sa place en première page d’une présentation en classe «Thématique», en guise d’accroche de la collection. Les organisateurs d’expositions FFAP ont enfin la latitude de proposer une «Classe libre». Pourtant, malgré ces ouvertures, on ne voit que fort peu de pièces contemporaines d’Art postal dans les différentes manifestations. Seraient-ce parce qu’elles échappent généralement aux circuits marchands et qu’il n’y aurait de bonnes pièces philatélique qu’acquises en monnaie sonnante et trébuchante ? Ou que les philatélistes n’ont pas la fibre artistique ? Faux, bien sûr ? Mais alors ?

FIG.-26.MAPolairecoll_alainbarbet_rec.jpg

Figure 26 Lettre des TAAF, 2003 (coll. Alain Barbet).   

 

Michel Krempper - APN décembre 2011

 


[i]    Mathilde Ferrer et Marie-Hélène Colas-Adler, Groupes, Mouvements, tendances de l’Art contemporain depuis 1945, E.N.S.B.A., Paris, 1990.

[ii]    Pierre-Stéphane Proust, Les plus belles enveloppes illustrée, de 1750 à nos jours, édité par l'association Normandie Terre des Arts et parrainé par le       Musée de la Poste de Caen (2 tomes).

[iii]    La Philatélie Française n° 631, Nov. Décembre 2009. 

[iv]   Futurisme : mouvement littéraire et artistique européen du début du XXème siècle rejetant la tradition esthétique du XIXème et exaltant la civilisation urbaine, le  machinisme, la vitesse.

[v] Dadaïsme :  mouvement intellectuel, littéraire et artistique qui, entre 1916 et 1925, entendit remettre en cause, à la manière de la table rase, toutes les contraintes idéologiques, artistiques et politiques. Les dadaïstes ont mis en avant l'esprit d'enfance, le jeu avec les convenances et les conventions,  l'extravagance, la dérision et l'humour.

[vi] Fluxus : mouvement d'art contemporain né dans les années 1960 qui toucha principalement les arts visuels mais aussi la musique et la littérature.

[vii]  Fanzine : contraction de fanatic magazine, publication imprimée, périodique ou non, institutionnellement indépendante, créée et réalisée par des amateurs passionnés pour d'autres passionnés.

[viii] Par exemple l’Echo de la Timbrologie en 2010 , n° 1846, Décembre.

[ix] Le site timbresponts.fr témoigne d’une opération ayant associé six Collèges de différents pays européens dans les années 2000 qui a permis la réalisation de 1800 lettres !

 

 

 

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 22:48

Le Mail Art est une forme d'art utilisant les éléments de la correspondance postale ainsi que la plupart des disciplines artistiques. Plus précisément, le terme recouvre l'ensemble des créations artistiques voyageant à découvert par la poste, comportant une adresse, un timbre et ayant été oblitérées. A ce titre, ces objets d’art posté intéressent la philatélie. Certains les considèrent  même comme l’un de ses aspects les plus modernes, en dépit des limites imposées à leur présence dans les expositions officielles de la FFAP. L’Art Postal englobe, en plus des pièces d’art posté, des objets artistiques à connotation postale tels les costumes, les sacs postaux ou les boîtes aux lettres décorés.

La naissance de l’Art postal

Les théoriciens de l’art contemporain considèrent généralement les années 1960 comme celles de la naissance officielle du Mail Art [i].  Mais les historiens de la correspondance ont trouvé des origines très antérieures à la pratique de l’Art posté ! Ainsi, dès l'invention de la carte postale (Autriche 1869) et du timbre-poste (Angleterre 1840, France 1848), des premiers envois illustrés apparaissent. De plus, bien avant les premières enveloppes entièrement illustrées à la main, quelques techniques simples ont permis d’embellir les correspondances. Dès le milieu du XVIIIème siècle sont réalisées, au pochoir ou à l’aide de tampons, des décorations qui apparaissent sur le feuillet externe des plis. Ces ornements apposés sur le pourtour des lettres, puis des enveloppes se présentent sous forme de bandes ou de guirlandes de fins motifs unis ou bicolores (FIG. 1). 

FIG.1-EnveloppePochoir1752.jpg

  Figure 1 - Pli orné au pochoir, Clermont, 1752 (coll. P-S Proust).  

 

Ces premières décorations constituent les prémices en France de ce qui deviendra l’Art postal [ii]. Jusqu’au milieu du XIXème siècle, alors que l’intérieur de certains plis se pare de beaux en-têtes imprimés, dessinés ou peints - lettres de soldats dites «de cantinières», correspondances officielles, commerciales, maritimes (FIG. 2.)-, les illustrations à découvert  restent cependant exceptionnelles.

Fig-2.jpg

Figure 2 - Lettre de marin 1947 (Catalogue d’une VSO).

 

A partir de 1840, année de la création mondiale du timbre-poste, les postes britanniques innovent encore en faisant  imprimer des enveloppes à motif allégorique dénommées «Mulready», du nom de l’artiste qui en réalise l’illustration (FIG. 3). Les philatélistes les connaissent bien. Pour eux, ce sont des précurseurs des entiers postaux. En même temps, d’autres enveloppes dites «caricatures de Mulready» (FIG. 4) sont proposées par des commerçants. Aux Etats-Unis, la Guerre Civile (1861-1865) provoque un peu plus tard, l’éclosion d’enveloppes dites «patriotiques» imprimées tant au Nord unioniste qu’au Sud confédéré (FIG. 5).

FIG.3.-Enveloppe-Mulready_1840.jpg

Figure 3 - Enveloppe-entier postal Mulready, 1840 (coll. Michel Krempper).

 

Fig-4.jpg

Figure 4- Caricature de Mulready,  1840. (Catalogue d’une VSO anglaise).

FIG.5-Enveloppe-Patriotsecessionistleavingtheunion7kg.jpg

Figure 5 

Illustration d’une enveloppe patriotique de la Guerre civile américaine, 1861.


 

Mais si ce matériel de correspondance incite de nombreux peintres et dessinateurs d’Outre -Manche à décorer leurs enveloppes d’illustrations aquarellées ou de caricatures à la plume, en France en revanche, cette pratique reste plus limitée, encore qu’on puisse également y trouver des courriers très artistiques, souvent plus tardifs (FIG.6, FIG.7).

Fig-6.jpg

Figure 6  - Calligraphie et enluminures sur enveloppe, 1868 (coll. P-S Proust).  

 FIG.7.LettreFacteurPioche.jpg

 

Figure 7 - Enveloppe réalisée par Frédéric Pioche, postier, 1910 (coll. L’Adresse Musée de la Poste).


Dans notre pays, voyagent alors surtout de petites enveloppes ornées vendues dans le commerce : «les valentines» (FIG. 8 a, b) dont l’origine vient de la coutume d’échanger des présents entre amoureux à l’occasion de la Saint-Valentin. Adressées par la suite en toute occasion, leurs pourtours au pochoir, imprimés, gaufrés ou faits de dentelles de papier, sont le plus souvent illustrés de fioritures, oiseaux ou petites scènes romantiques. Mais déjà peu courantes pendant la deuxième moitié du XIXème siècle, ces enveloppes se raréfient encore avec la carte postale illustrée, apparue un peu avant 1900 [iii].

Fig-8a.jpg

Figure 8 a   Valentine, 1857 (Coll. P-S Proust).

FIG.8a.Lettredecorfloral1840.jpg

Figure 8 b  - Enveloppe au décor floral, Tarare, 1840 (coll. L’Adresse).  

Puis des artistes ou personnalités tels qu’Apollinaire ou surtout Marcel Duchamp (FIG. 9 a) décorent leurs courriers. Mallarmé lui, écrit volontiers l’adresse sous forme de quatrain : «Va-t’en, messager, il n’importe / Par le tram, le coche ou le bac / Rue et 2, Gounod, à la porte / De notre Georges Rodenbach.» (FIG. 9 b).

FIG.9b.-LettreMallarme.jpg

Figure 9 a - Adresse en quatrain, Stéphane Mallarmé, 1893, (coll. Université de Paris).

FIG.9a.-CarteMaximumMarcelDuchamp.jpg

Figure 9 b Carte Premier jour du T-P Marcel Duchamp «Neuf Moules Malic».  

 

Par la suite, des œuvres empruntant les voies postales circulent en différents pays. Le premier qui voit émerger un Art postal organisé est l’Italie, dès 1910, avec les futuristes [iv] et Marinetti leur chef de file (FIG. 10). Pour eux, la lettre doit devenir un support expressif  excluant les matériaux standardisés, utilisant toutes les techniques de la peinture et du collage, mêlant gaîté et humour.

FIG.10.-Illustrationmarinetti3.jpg

Figure 10   Marinetti 1914.

 

 

Les refondateurs modernes

Au sein des néo-avant-gardes artistiques, Ray Johnson (1927-1995) est généralement considéré comme le fondateur du Mail Art. Né aux États-Unis, il se tourne très jeune vers l'art et crée en 1962 la «New York School of Correspondance», définie comme une «non-école» où sont encouragées les expressions artistiques en rupture avec les modes antérieurs. Johnson définit le Mail Art comme étant «secret, privé et sans règle», excepté une : «no fee, no jury, technic and size free» (pas de taxe, pas de jury,  liberté de format et de techniques) (FIG. 11a, b). Mais le Mail Art ne restera pas secret et privé bien longtemps. Bien au contraire, il va s'étendre et des réseaux vont se créer, pour connaître un véritable essor dans les années 1970, jusqu’à susciter des expositions spécialisées puis l’entrée des œuvres dans les Musées.

Fig-11a.jpg

Figure 11 a - Ray Johnson et autres, composition, sans date.

FIG.11.Ray-JohsonEnvoiaquarelle1981_rec.jpg

Figure 11 b - Ray Johnson, enveloppe aquarellée, 1981 (coll. Guy Bleus). 

 

Simultanément, d'autres artistes, dès les années 1950, développent un Mail Art latino-américain, tels  le poète Augusto de Campos et son frère Haroldo. Leur production artistique se veut tournée vers la modernité ; ils s'inspirent de la publicité, utilisant leur art dans des situations quotidiennes de la vie moderne, inventant aussi des «poèmes logos» (FIG. 12).

FIG.12.-Augusto-de-Campos-tour--1994-12_01.gif

Figure 12 - Augusto de Campos, poème en forme de tour, 1994.  

 

L’artiste belge Jean-Michel Folon (1934-2005), se présentera plus tard comme le véritable inventeur du Mail Art. De fait, ce créateur de timbres pour les postes belges et françaises (FIG. 13) a collectionné de nombreuses enveloppes conçues par des artistes connus et inconnus du monde entier. Sa collection avait débuté dans une abondante correspondance avec son ami Giorgio Soavi, directeur artistique chez Olivetti, en Italie (FIG. 14). Plus tard, il utilisera des cartes postales comme point de départ de dessins (cartes collées sur du papier), ou de peintures, hommage à leurs illustrateurs (FIG. 15). On doit aussi à Folon l’idée que l’art est un échange dans lequel les propositions de l’artiste doivent, à leur tour, être enrichies par le destinataire, chacun apportant sa propre vision.

FIG.13-TPFolon1999bicentenaire_rec.jpg

Figure 13 - Jean-Michel Folon, T-P du Bicentenaire de la Révolution française, 1999.

FIG.14.-Enveloppe_Folon14juillet1970.jpg

 Figure 14 - Enveloppe de Folon pour Giorgio Soavi, 14 juillet 1970 (coll. Michel Krempper).

 

Fig-15.jpg

Figure 15 - Carte de Folon pour Giorgio Soavi, 1969.

 

 

Le contexte de l'apparition de l'Art postal

L'Art postal est donc d’abord né d'un besoin de communiquer postalement des messages, non seulement par l’écrit mais aussi et d’abord par l'image, en donnant lieu à des échanges dans lesquels règne une liberté totale de création.

Dans son renouveau au XXème siècle, le contexte des deux guerres mondiales a joué un grand rôle en incitant de nombreux militaires à dessiner sur les enveloppes ou cartes envoyées à leurs proches. Par le biais de l'expression plastique, ils parvenaient plus facilement à décrire ce qui était trop long à écrire. Les philatélistes avancés sont ainsi familiers des Airgraphs et les V-Mails de la seconde Guerre Mondiale. (FIG. 16, 17).

FIG.16.-AirgraphMEAtype4_1944.jpg

Figure 16 - Airgraph britannique, MEA type 4, 1944 (coll. Michel Krempper).

Fig-17.jpg

Figure 17 - V-mail des armées américaines, 1944 (coll. Michel Wagner).


 

Après-guerre des artistes comme Matisse (FIG. 18 a, b) ou Jacques Prévert (FIG. 19, 20) prennent un plaisir gratuit à orner leurs lettres amicales.

FIG.18a.-Matisse_encregouache1943.jpg

Figure 18 a - Henri Matisse, dessin à l’encre et à la gouache, 1943 (Bibliothèque de Copenhague).

FIG.18b.PSProust_lettreMatisse1947.jpg

Figure 18 b - Enveloppe illustrée de Matisse, 1947 (coll. P-S Proust).

 

FIG.19.PSProustEnveloppePrevert1952-jpg

Figure 19 - Enveloppe avec collage de Jacques Prévert, 1952 (coll. P-S Proust).

FIG.-20.PSProustenveloppePrevert1974.jpg

Figure 20 - Enveloppe de Prévert à l'artiste Gérard Fromanger,  1974 (coll. P-S Proust). 

 

Puis, dans les années 1950, des artistes influencés par le futurisme [iv], le dadaïsme [v] et le Fluxus [vi] remettent en cause les conventions esthétiques dominantes et produisent un contre-discours militant. Pour eux, l'Art postal se doit de valoriser les liens sociaux, de privilégier l’échange gratuit et faire entrer la création dans la vie quotidienne. Ses tenants aiment aussi tourner en dérision certaines rigidités institutionnelles. Le chef de file des futuristes, Marinetti, ira jusqu'à proclamer (pompeusement) que le Mail Art conduit «une offensive contre la transition académique, à la conquête de la modernité rêvée» ! De plus, en adressant leurs œuvres  par la poste, ces artistes prétendent aussi détourner les circuits traditionnels des musées, galeries ou institutions diverses et subvertir ainsi le fonctionnement du marché de l'art.

 

 

... à suivre

Michel Krempper - APN décembre 2011

 


 

[i]    Mathilde Ferrer et Marie-Hélène Colas-Adler, Groupes, Mouvements, tendances de l’Art contemporain depuis 1945, E.N.S.B.A., Paris, 1990.

[ii]    Pierre-Stéphane Proust, Les plus belles enveloppes illustrée, de 1750 à nos jours, édité par l'association Normandie Terre des Arts et parrainé par le       Musée de la Poste de Caen (2 tomes).

 

[iii]    La Philatélie Française n° 631, Nov. Décembre 2009. 

[iv]   Futurisme : mouvement littéraire et artistique européen du début du XXème siècle rejetant la tradition esthétique du XIXème et exaltant la civilisation urbaine, le  machinisme, la vitesse.

 

[v] Dadaïsme :  mouvement intellectuel, littéraire et artistique qui, entre 1916 et 1925, entendit remettre en cause, à la manière de la table rase, toutes les contraintes idéologiques, artistiques et politiques. Les dadaïstes ont mis en avant l'esprit d'enfance, le jeu avec les convenances et les conventions,  l'extravagance, la dérision et l'humour.

[vi] Fluxus : mouvement d'art contemporain né dans les années 1960 qui toucha principalement les arts visuels mais aussi la musique et la littérature.

 

[vii]  Fanzine : contraction de fanatic magazine, publication imprimée, périodique ou non, institutionnellement indépendante, créée et réalisée par des amateurs passionnés pour d'autres passionnés.

[viii] Par exemple l’Echo de la Timbrologie en 2010 , n° 1846, Décembre.

[ix] Le site timbresponts.fr témoigne d’une opération ayant associé six Collèges de différents pays européens dans les années 2000 qui a permis la réalisation de 1800 lettres !

 

 

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21 septembre 2011 3 21 /09 /septembre /2011 06:40

Excellente initiative … projet intéressant. Robert Cloix, Président de la FFAP.


J'ai particulièrement apprécié votre choix de thématique pour les jeunes qui colle parfaitement avec les préoccupations scolaires actuelles : associer de façon interdisciplinaire la sensibilisation à l'art et la responsabilisation au comportement éco-citoyen. Philippe Lesage, Conseiller national jeunesse FFAP.


Bonjour, excellente initiative ! La philatélie crève de son conformisme hérité du siècle dernier et des contraintes de la compétition. Excellente façon de valoriser l'idée de collectionner et ... de faire des adeptes. Robert Deroy, ancien Président de la FFAP.


Le Mail’Art, l’un des aspects les plus modernes de la philatélie. Jean Grillot, Président de l’APN 92.


Un projet très structuré, ce qui à mon sens ne peut que valoriser une activité que chacun peut exercer comme il le souhaite. Mary Perly, artiste-plasticienne.


Un seul mot : participez ! Créer et participer, ça, c'est important ! Je suis partie prenante ! Soyez nombreux à vous essayer à l'art postal ! Ce club mérite votre participation. Dynamisme, créativité et érudition font partie de ses principales caractéristiques !! Michel Wagner, peintre, plasticien et collectionneur.


L'Écho de la Timbrologie suivra toute cette aventure depuis la sélection des gagnants par le jury jusqu'à la grande exposition qui se déroulera du samedi 28 janvier au 19 février 2012 à la galerie des Tourelles, dans le parc des Anciennes Mairies de Nanterre. Sophie Bastide-Bernardin, rédactrice en chef.


Lors du Forum des associations, je compte distribuer l’affiche et le règlement à un certain nombre d’associations boulonnaises. Pierre Bouvard, président de l’Association Philatélique de Boulogne-Billancourt.


J’ai donné mon accord pour que l’info paraisse sur notre site internet et dans la prochaine revue de PHILAPOSTEL , en octobre. On l’a diffusée aussi à tous nos présidents régionaux et locaux. François Mennessier, Président Général PHILAPOSTEL national.


Nous souhaitons une bonne réussite à votre initiative. Le webmaster de Philat’EG national.


Ce que j'ai retenu, c'est que tout est possible ! Donc vous allez vous déchaîner, être exultés, vous qui êtes brimés par des années de courriels, de messages SMS pas timbrés du tout. C'est aussi l'occasion d'utiliser vos timbres neufs en francs, la monnaie d'avant les centaines de milliards injectés pour soutenir le bric-à-brac qui a suivi : l'euro. Jean Deschamps, blogueur sur Oh ! les timbres.


Mon mari et moi, nous participerons avec plaisir à cette opération de Mail art. Je transmets  aussi  toutes les infos à notre fils en Polynésie Christine Louzé peintre et conceptrice de timbres-poste. 

 

Premiers points de vue, premiers messages de sympathie. Merci de ces soutiens.

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26 août 2011 5 26 /08 /août /2011 17:47

Soutenue par différents partenaires nationaux, l’Initiative de l’APN 92 Mail’Art Nanterre 2011-2012 a trouvé, dès cet été,  des premiers échos dans la presse philatélique spécialisée.

 

TIMBRES- MAGAZINE , qui se présente comme le premier mensuel philatélique européen,  a mis en vente le 23 août son numéro de rentrée, daté de septembre 2011. Il en profite pour rénover et développer sa page consacrée aux activités associatives  dans une rubrique « Club des Clubs ».  L’Initiative Mail’Art de l’APN 92 y trouve une place de choix. En outre, elle apparait dans le sommaire du magazine.

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L’ECHO DE LA TIMBROLOGIE avait choisi de lui réserver ses colonnes dans son numéro d’été daté de juillet-août 2011. Avec un titre en clin d’œil à l’un des thèmes choisi par l’APN : « Des courriers pleins de ressources », allusion à la proposition faite aux jeunes de moins de 18 ans de créer des enveloppes illustrées sur « la ressourcerie, le recyclage, la deuxième vie des objets. »

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ATOUT-timbres est la seconde publication mensuelle du Groupe Yvert et Tellier. Au contraire de l’Echo de la Timbrologie, elle est accessible en kiosques. Dès le 15 juillet, ceux-ci proposaient un n° 163 daté 15 juillet-15 septembre comportant un encart intitulé « Passez vos courriers à la machine … à idées » : une invitation à la créativité et à l’anticipation sur la date d’ouverture du Concours, fixée –rappelons le – au 1er septembre- comme indiqué sur le visuel joint.

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Le Monde Philatélique n’a plus d’existence papier depuis la création de Timbres-Magazine et sa fusion  avec Timbroscopie et Timbroloisirs. Par contre, l’actualité philatélique continue à être suivie de près par Pierre Jullien, son ancien rédacteur en chef et toujours journaliste au quotidien Le Monde. En témoigne le billet publié par Pierre le 5 juillet 2011 sur son blog :

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LA PHILATELIE FRANCAISE est éditée par la Fédération Française des Associations Philatéliques et en constitue la tribune officielle. Distribuée sur abonnement tous les deux mois, elle publie  les  comptes  -rendus  des réunions fédérales et les annonces faites par les associations affiliées. Elle fait aussi une large place à des articles d’information  et études philatéliques inédites rédigés par les membres de la FFAP.


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La FFAP est l’un des plus importants partenaires de l’APN 92 dans l’Initiative Mail’Art Nanterre 2011-2012 et ses responsables la soutiennent activement. Une première annonce du Concours organisé entre le 1er septembre et le 19 décembre 2011 figure dans la rubrique Informations/ actualités de La Philatélie Française.


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L’ECHO DE LA TIMBROLOGIE, dans sa livraison de rentrée n° 1854 de septembre 2011, revient sur le concours déjà annoncé dans son édition estivale. Le magazine publie la page écran du blog de l’APN figurant le règlement du concours dans sa version française. A cet égard, nous rappelons qu’en raison de son ouverture à l’international, ce règlement a aussi une version anglaise (également disponible sur le blog - voir lien interne ).

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Merci à tous d’avoir bien voulu partager et faire partager notre intérêt pour l’Art Postal.

APN

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15 août 2011 1 15 /08 /août /2011 08:31

Témoignant de l’intérêt porté à l’Initiative Mail’ Art 2011-2012 prise par l’Amicale Philatélique de Nanterre, différents sites philatéliques relayent l’information sur la Toile.

« A tout seigneur, tout honneur » : celui de la Fédération Française des Associations Philatéliques (FFAP) la publie en page d’accueil :

http://www.ffap.net/


FFAP

 

Même place faite par le Groupement des Associations Philatéliques Ile de France (GAPHIL) qui rassemble les associations fédérées de la Région :

http://www.gaphil.com/index.htm


Site-Gaphil.jpg


PHILAPOSTEL est un rassemblement de 25 associations régionales et locales de métropole et d‘Outre- Mer – adhérentes à la FFAP- et dont les membres sont salariés de La Poste et de France Télécommunication : l’Initiative de l’APN92 est signalée dans la page des annonces amies.

http://www.philapostel.net/ppo/annoncesamis.php#aa03


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PHILAT’EG NATIONAL est une association regroupant les Clubs philatéliques des personnels des industries électriques et gazières (une trentaine, non adhérents à la FFAP) Il a également accepté la publication du communiqué de lancement de l’opération (sur sa page d’accueil) :

http://philateg-national.org/index.php?option=com_content&task=view&id=61&Itemid=99


Phila-teg.jpg

 

Nos vifs remerciements pour ce soutien aux présidents de ces structures et aux webmestres de leurs sites Internet.


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1 août 2011 1 01 /08 /août /2011 20:19

 

L’Initiative de l’APN 92 Mail Art / Art Postal 2011-2012 va bénéficier du soutien de l’Adresse Musée de la Poste de Paris.

D’ores et déjà, le partenariat noué autour de cette opération - qui s’annonce exceptionnelle à maint égard- se traduit par différentes actions de communication destinées à la faire connaître d’un large public : information des amis du Musée par les réseaux sociaux (facebook, tweeter), première annonce dans le blog de l’Adresse,  illustrée de l’affiche. D’autres suivront au fur et à mesure du déroulement, à partir du 1er septembre date de démarrage du Concours international.

Musee-de-la-Poste.jpghttp://ladresseip.wordpress.com/2011/07/12/concours-dart-postal-a-nanterre/ 

Pour l’Exposition de janvier-février 2012 prévue Villa des Tourelles à Nanterre, l’Adresse mettra à disposition de l’APN 92 différentes pièces tirées de son énorme fonds d’Art Postal. Dans ce domaine, les collections constituées par le Musée ne comportent pas moins de 5 000 objets dont certains seront donc visibles au milieu des œuvres rassemblées pour le Concours.

De son côté, l’APN a prévu d’organiser différentes visites groupées du Musée qui se dérouleront selon un programme défini entre l’Amicale et ses différents partenaires locaux : établissements scolaires, centres de loisirs, médiathèques.

Nos vifs remerciements à l’équipe de l’Adresse : Pascal Rabier, Marie-Elisabeth Ballet-Dadouche, Chantal Reynaud, Monika Nowacka pour leur coopération.

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8 juin 2011 3 08 /06 /juin /2011 18:25

L’enveloppe que nous présentons ici est, d’évidence, originaire d’Outre-manche : l’affranchissement porte la marque « U K » (Royaume-Uni) et la vignette est illustrée du profil de la reine.


 

Fig-1.jpg

 

Sa ressemblance avec les timbres britanniques d’usage courant au type Machin est manifeste :

 

Fig-2_1.jpg Fig-2_2-copie-1.jpg Fig-2_3.jpg

 

Mais il y a aussi de notables différences.


D’abord, cet affranchissement, fabriqué au Bureau de Poste sur support autocollant, est nettement plus grand que les timbres courants. Il mesure 59x65mm [2.3x2.6"].


De plus, alors que le timbre courant ne comporte pas la mention du pays – en dérogation autorisée aux règles de l’UPU  § 2.3 de l'article RE 306 du Règlement d'exécution de la Convention de Beijing de 1999 prévoyant que  « les indications du pays et du lieu d'origine doivent figurer en caractères latins. » -, l’affranchissement porte, lui, la mention « ROYAL MAIL / POSTAGE PAID UK  » (Poste royale / Affranchissement RU).


D’autre part, il frappe par sa couleur dorée ainsi que par les découpages de sécurité qui rendent impossibles le décollage - donc le réemploi -, sous peine de le transformer en charpie. L’inscription ROYAL MAIL apparait en outre sur le fond, répétée en toutes petites lettres sur des lignes ondulées.


Enfin, le texte sur 5 lignes comporte plusieurs indications de service écrites en noir :


·        sur la première du haut, une lettre majuscule « A », haute de 13 mm, abréviation de la catégorie tarifaire « Airmail » (par avion, pour l’international), qui la distingue des autres régimes d’affranchissement (voir ci-après),

·        puis sur deux lignes « ROYAL MAIL / POSTAGE PAID UK » ci-dessus évoquées,

·        puis  successivement : la date au format jj-mm-aa, le montant acquitté en £ et le code postal, ici « SO32 » pour  Southampton, Hampshire, England,

·        sur la dernière du bas un n° de série et le n° de machine du bureau.


La dénomination philatélique de ce genre de vignette est « Gold Horizon Label » : « gold » pour la couleur or, « label » qui signifie littéralement : étiquette. « Horizon » est le nom du développeur de leur système d’exploitation - machine et logiciels - pour le compte de la Royal Mail. Mais le papier imprimé est issu de chez  De La Rue, fabricant de papier et imprimeur  réputé pour la réalisation de billets de banque et de timbres -poste de nombreux pays.  Suite au rachat, en 1997, du concurrent Harrison & Sons, De La Rue a repris les contrats de production de la série d'usage courant au type Machin. Quant au texte des indications de service, il est issu d’imprimantes EPSON associées aux machines de bureau.


Les premières sont apparues le lundi 8 juin 1999 [[i]]. Un seul bureau de poste en a fait l’essai: celui de Camden High Street à Londres, NW1. On ne les rencontre  qu’avec la mention « SD », abréviation de « Special Delivery ». Le tarif  SD est celui des lettres circulant au régime intérieur pour lesquelles Royal Mail garanti une livraison le lendemain avant 13 heures dans 99% du Royaume-Uni.


Fig-3.jpg

 

Par la suite, les étiquettes dorées se sont répandues en Angleterre au fur et à mesure de l’équipement des bureaux. En 2010, elles sont arrivées au Pays de Galles. Sur les lettres du régime intérieur, on trouve aussi parfois « 1LG/2LG »  pour les « 1st/2nd class Large

 

Letter »  (Grande lettres de 1ère et 2ème classe) et « 1PK/2PK » sur les « 1st/2nd class Packet » (Paquet de 1ère et 2ème classe) et d’autres, plus rares.

 

Ces « Gold labels » sont venues remplacer des étiquettes blanches mises en service en 2002,  avec des indications imprimées semblables.


Fig-4.jpg  Fig 5

 

Sans entrer dans une étude détaillée qui n’aurait pas sa place ici, ajoutons que certaines de ces étiquettes comptent non pas 5 lignes mais 7. Elles sont produites au Pays de Galles et portent en clair deux lignes en gallois. Cette particularité se retrouve sur les étiquettes dorées. Ci-dessous une « Gold Horizon Label » non-dentelée.


Fig-6.jpgMK - APN juin 2011



[[i]] Dans son n° 1852 Juin 2011, page 7, l’Echo de la Timbrologie qui s’est intéressé au sujet dans le Courrier des lecteurs donne la date erronée du 8 juillet, sans doute suite à une confusion entre 8 Ju(ly) et 8 Ju(ne) lisible sur le cachet. Mais les FDC sont sans appel.

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31 mai 2011 2 31 /05 /mai /2011 17:19

Voici de quoi parfaire notre connaissance des Empreintes de Machines à Affranchir modernes :

 

Celle-ci, typique, est issue d’une machine à faible débit conçue pour l’envoi de quelques lettres par jour : une tpMAc « très petite Machine à Affranchir connectée ». En dehors d'un logo bien visible, la particularité de ces MA est que les lettres qu’elles affranchissent peuvent être déposées directement dans une boite aux lettres : d'où le sigle BAL à gauche de l’empreinte. La boîte est choisie au moment du contrat.


fig-1.jpg

Lettre recommandée, affranchissement par empreinte d’une tpMAc "BAL"

 

fig-2.jpg

Dos, date manuscrite 27/10/2006

 

fig-3.jpg

Ligne du milieu du cadre de service : la date est libellée 061027
au lieu de 27-10-06

 

Les EMA reçoivent normalement la « date de la poste faisant foi ». Contrairement aux autres types d’affranchissements mécaniques, la date est ici  présentée sous la forme AAMMJJ (A : année ; M : mois, J : jour) au lieu de l'habituel JJ-MM-AAAA. et se confond avec les autres numéros : Dans l’exemple présent on lit sur la ligne du milieu 061027 au lieu de 27-10-06. Ce n’est pas non plus une datation à l’américaine qui aurait donné : 10/27/ 2006. Une explication possible est que la date indiquée sur l'EMA n'étant pas significative de son entrée dans le circuit postal (qui peut remonter à quelques jours en cas de week-end prolongé), « il a été jugé approprié de la masquer quelque peu pour que la vraie date, celle du timbre à date de La Poste, soit bien comprise ». C’est l’hypothèse de Dominique Stephan à qui sont empruntées les figures précédentes [ [i] ] .Une explication cependant difficilement acceptable, en dépit de l’expertise de l’animateur de l’excellent « blog philatélie » (lien) 

En réalité, comme l’a fait remarquer Laurent Bonnefoy [[ii]], « la forme de date inversée et sans séparateurs des EMA BAL  est caractéristique des empreintes délivrées par ces tpMAC. Après un test en Ile de France à partir du 15 juillet 2002, la généralisation est intervenue le 1er septembre 2004. Depuis, il n'y a (officiellement) plus de date "en clair" sur ces machines. Toutefois, on en a encore vu début 2006 » observe t’il.

Toutefois, nous avons reçu nous même en 2009, une enveloppe ainsi affranchie, avec date « en clair » :  soit 5 ans après la modification « officielle » et 3 ans après la dernière impression vue par notre ami académicien [[iii]]. Preuve que La Poste a parfois du mal à s’appliquer ses propres règlements internes !

 

fig-4.jpg

Ici la date est libellée « à l’ancienne » 10-02-09 


L. Bonnefoy rappelle également que le dépôt en boîtes aux lettres publiques des lettres affranchies par ce type d’EMA  est effectué sous certaines conditions :
- limitation aux BAL de façade de la commune spécifiée au contrat (ou de l'arrondissement pour Paris, Lyon et Marseille) ;
- limitation au courrier ordinaire de dimensions au plus égales au format C5 ;
- les autres objets déposés en BAL ou ceux déposés ailleurs que dans la commune de rattachement sont refusés et retournés (en principe... car on voit de nombreux cas tolérés);
- les objets de format supérieur au C5, les paquets, les recommandés et les VD doivent être déposés au guichet spécialisé du bureau de dépôt.

Observons aussi un autre point. Les EMA  comportent généralement  la mention du pays. Or, on ne connait pas  d'EMA « France », bien que cette mention figure sur les timbres français depuis 2005.  Lors de la mise en place de l'euro à partir de juin 2000 sur les estampilles des machines à affranchir, leur légende est devenue « R.F/ La Poste » alors qu’elle était « REPUBLIQUE FRANCAISE » auparavant. Selon l'UPU (§ 2.3 de l'article RE 306 du Règlement d'exécution de la Convention de Beijing de 1999)  « les indications du pays et du lieu d'origine doivent figurer en caractères latins ». Ce texte ne dit pas clairement que le mot « France » doit être employé mais les initiales R et F / La Poste ne sont pas vraiment une indication du nom de notre pays. Pour les philatélistes français elles sont  évidentes. Mais en est-il de même pour les étrangers ?

 

fig-5.jpg

Terminons ce billet par un petit mot relatif au code FIM / FRAD qui apparait dans la moitié droite de l’empreinte, à côté du sigle BAL. Ayant déjà largement communiqué sur ces « Facing Identification Marks » nous nous permettrons de renvoyer aux articles publiés par le signataire de ces lignes tant dans la presse philatélique [ [i] ] que sur le blog de l’APN ( lien interne )

 

 Michel Krempper, APN 92



[ [i] ]  L’Echo de la Timbrologie, n° 1836, janvier 2010, pages 48 à50 « F.I.M. importés des Etats-Unis »



[ [i] ]  Merci à lui

[ [ii] ]  Membre de l’Académie de Philatélie et de l’ACEMA

[ [iii] ]  Remerciements anticipés aux visiteurs qui nous communiqueraient une empreinte de ce type encore plus récente.

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 20:32

  Les Français n'aimeraient-ils pas leurs trains?  A en juger la rareté des émissions philatéliques qui leur sont consacrées, on pourrait le croire. D'autant que les autres moyens de transports terrestres ne sont pas mieux servis par l'administration postale de notre pays. A ce jour, aucun métro de province, aucun tramway moderne, sans parler car ou bus ne sont sortis des rotatives de l'Institut d'émission.(*). Seuls, le métro de Paris, le RER, le TGV ont été timbrifiés ces dernières décennies. Rien à voir avec le foisonnement d'émissions venues d'Allemagne ou d'Autriche, d'Asie et même d'Afrique, et d'où nous proviennent régulièrement à peu près tous les types d'engins terrestres guidés, mis au point par l'ingénierie ferroviaire.

C'est pourquoi, même si ce timbre n'est pas une réussite esthétique, on peut se réjouir de l'émission du 14 juillet 2000 consacrée au Train Jaune de Cerdagne. A la rencontre de trois domaines, cette émission intéresse en fait aussi bien la thématique des ponts et des viaducs que la thématique régionale et celle des chemins de fer.


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Emission du 14- 07- 2000,  YT n°3338


La ligne de Villefranche-de-Conflent à Latour-de-Carol

  

D'abord un petit rappel d'ordre historique. La Cerdagne est un bassin intérieur situé de part et d'autre de la frontière des Pyrénées, partagé entre la France et l'Espagne par le Traité de1659, dit des Pyrénées. Depuis cette date, sa partie française participe à l'histoire générale du Roussillon, réuni à la couronne de France par ce même Traité de paix. Son blason en a les couleurs: sang et or, qui ont été reprises sur le Train jaune. Le Roussillon constitue la majeure partie des Pyrénées orientales. La Cerdagne est un plateau d'une altitude moyenne de 1200 mètres . La vallée du Têt, très encaissée, offre l'une de ses principales voies d'accès en provenance de Perpignan.


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Une desserte ferroviaire établie le long de cette vallée à partir de Villefranche-de-Conflent est assurée depuis 1910-1911. Aujourd'hui la ligne SNCF, dite de Cerdagne, représente une longueur de 63,561km. Mais étant donné la topographie, sa réalisation s'est étalée sur près de 50 ans ! (Villefranche est à 424m d'altitude, La Tour-de-Carol, à l'autre extrémité, est à 1231m ; moyennant quoi, les trains passent 390 courbes ...)

Lancé en 1881 par la compagnie du Chemin de fer de Perpignan à Prades, le projet fut repris par la Compagnie du Midi, à partir de 1883, sous le régime de la concession,  pour une longueur de 56 km de ligne. Celle-ci fut ouverte en deux temps: le 17.7.1910, pour un premier tronçon de 28 km, et le 28.6.1911 pour les 26 km restant. En 1912 fut décidé un prolongement de 6 km en direction de le future gare internationale de Latour-de-Carol. Mais la ligne de Cerdagne ne rejoint cette station  du Transpyrénéen oriental Toulouse -Barcelone que le 6 août 1927.

 

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Carte postale moderne (Ediciones Fisa. Espagne)

 


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Pour des raisons d'économie, et bien que Villefranche-de-Conflent soit desservie depuis Perpignan par une voie à écartement normal de 1.445m, c'est la voie à écartement métrique que l'on choisit en 1902 pour la ligne de Cerdagne. Des rails de type Vignole l'équipent, d'un poids de 30kg/m,  plus légers que les rails double Champignon utilisés par la Compagnie du Midi sur les autres lignes.


Pour des raisons de sécurité, le Ministère des Travaux Publics imposa par ailleurs la traction électrique, certaines déclivités atteignant 6%.L'alimentation électrique en 850 volts s'effectue au moyen d'un troisième rail fixé sur des supports en grès. Ainsi, ce train ne comporte pas de ligne aérienne et pour le béotien, les motrices ont une allure singulière, peu conforme à l'image  classique du chemin de fer électrique muni de son pantographe et surmonté de caténaires. En revanche, il doit plus au métro parisien. Le courant est fourni via sept sous-stations par les quatre unités du complexe hydraulique de La Cassagne, dont la pièce maîtresse est le barrage des Bouillouses. Réservoir de 17.500.000 m3,  ce dernier vit le jour en 1909.


L'ensemble de la desserte compte 6 gares à arrêt obligatoire et 14 haltes. A 1593 m d'altitude, la petite gare de Bolquère-Eyne est la plus haute de France. La ligne comporte aussi 650 ouvrages d'art dont 17 tunnels, 3 galeries. 15 viaducs et 14 ponts.


Deux ouvrages d'art particulièrement remarquables


Sur la ligne de Cerdagne, deux ouvrages sont réellement exceptionnels, en fait deux ponts :


Il s'agit d'un coté du pont GISCLARD*, à l'origine pont de la Cassagne, situé au km 25,250 et établi à 80 m au -dessus de la Têt. Conçu par le commandant Albert Gisclard, c'est un pont suspendu d'une portée de 156 m sur la portée centrale, à laquelle s'ajoutent deux travées de rive de 39 m chacune et une  petite travée à treillis de 19 m de portée pour un tablier d'une longueur totale de 253 m.


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D'un type totalement nouveau pour l'époque, il comporte une ferme de suspension composée de triangles géométriquement indéformables, mais librement dilatables: les haubans qui soutiennent le tablier sont accrochés à des pylones hauts de trente mètres et sont en effet maintenus rectilignes, par un câble de suspension classique.

Cette méthode permit de réaliser un pont à la fois robuste et léger, qui élude les phénomènes de résonance des vibrations au passage d'une charge telle un train et autorise le passage des convois sans oscillations. Le commandant trouva malheureusement la mort le 31 octobre 1909, 26 jours avant l'inauguration, lors des essais de charge et de stabilité.(*)
Mais sa réalisation , qui avait été longtemps auparavant expérimentée par Gisclard lors de ses séjours aux colonies, inspira différents autres ouvrages en France, tous très légers, économiques et néanmoins élégants (par exemple, le viaduc des Rochers - Noirs en Corrèze).


Autre ouvrage remarquable : le viaduc localisé entre Thuès et Fontpédrouse au kilomètre 17,928 et conçu par l'ingénieur des Ponts et Chaussées Paul SÉJOURNÉ (1851--1939), promu plus tard Inspecteur Général.


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Professeur à l'E.N.P.C., cet ingénieur porta l'art des ponts maçonnés à son apogée. On lui doit notamment le traité célèbre "Les Grandes Voûtes" (6 tomes édités de 1913 à 1916) . Il définit et réalisa lui-même de nombreux ouvrages de pierres maçonnées qui firent longtemps référence: ainsi par exemple le Pont Adolphe à Luxembourg achevé en 1903 , qui avec une portée de 84,65m. détint un temps, le record mondial d'ouverture. (Signalons que ce type d'ouvrage sera construit jusque dans les années 50,  puis abandonné en raison du coût excessif du montage des cintres).

 
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Carte postale de 1962

 
Avec le viaduc de Fontpédrouse, Séjourné réalisa un véritable chef d'oeuvre de la construction en maçonnerie, en même temps qu'un magnifique ouvrage d'art. Construit en 1906-1908, il s'étage sur deux niveaux: une première voûte ogivale de 30 mètres d'ouverture est surmontée de 4 arches de 17 mètres avec voûtelettes d'allègement ( destinées à alléger la construction). cette partie centrale est longue de 85mètres et haute de 65. Deux arches côté Villefranche et dix arches côté Latour-de-Carol, toutes de 9 mètres d'ouverture, complètent l'ensemble de 236,70 m de longueur. L'utilisation du granit, la voûte en tiers-point et les piles crénelées des culées évoquent des réminiscences médiévales.

 

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 Schéma d'élévation extrait du livre de Marcel Prade :
"Ponts & viaducs au XIXe siècle: Techniques nouvelles et grandes réalisations françaises
" 1988- Editions Errance Paris - Brissaud Poitiers

 

L'émission du 14.07.2000 ne permet hélas pas d'apprécier  cette splendide construction que l'on ne peut deviner qu'aux voûtelettes d'allègement et aux parties supérieures des voûtes du second étage. Heureusement   pour la philatélie et l'histoire ferroviaire, la SNCF a elle même produit un timbre représentant plus complètement le viaduc. C'était en 1941 pour les colis postaux. ( voir encadré)
Le timbre Fontpédrouse porte la référence YT181 avec une faciale de 1F et existe avec la valeur omise (YT81a) Mais bien qu'émis par l'Institut de gravure pour la SNCF, il comporte une erreur flagrante, à notre connaissance jamais signalée, en tout cas, pas dans le "Mangin", puisqu'on voit le viaduc franchi non par un train électrique mais par une locomotive à vapeur, crachant son panache de fumée ...
 

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Colis postaux YT181 de 1941  et YT198 de 1942   


 

 
LES COLIS POSTAUX
La Convention Internationale signée dans le cadre de l'UPU le 3 novembre1880 avait autorisé les États à confier aux exploitants de chemins de fer la gestion de Services de Colis Postaux, c'est à dire du transport et de la livraison de colis légers appelés postaux par analogie avec les paquets dont la Poste en avait au moins le contrôle.

Une convention de 1892 créa de nouvelle prestations, telles l'apport à la gare, la valeur déclarée et la livraison par exprès. Ces valeurs donnaient lieu à la perception de taxes additionnelles constatées par des timbres spéciaux devant être collés sur les bulletins d'expédition aux cases spéciales. Puis furent créées de nouvelles taxes pour "intérêt à la livraison", "colis encombrant", "remboursement".Jusqu'en 1941 chaque catégorie eut une couleur déterminée: ainsi le violet pour "intérêt à la livraison" jusqu'à 1000F du timbre YT181.

Créée en 1937 la SNCF reprit les prérogatives et les activités des anciennes compagnies ferroviaires concessionnaires.

 

 

 

 

Le Matériel roulant
 

C'est du matériel roulant que le Train jaune de Cerdagne tire son nom et aussi son premier surnom: " le Canari".
14 motrices, 8 remorques fermées et 4 "barques" (voitures découvertes) constituent l'essentiel du parc aujourd'hui en exploitation. S'y ajoute le parc technique (chasse-neige, grue, désherbeur, etc.).


Des 18 automotrices d'origine, 14 ont survécu au prix, bien sûr, de quelques rénovations. Les machines
Z102 à 104 et 106 à 109 furent livrées par la Société Alsacienne de Belfort (S.A.B.) à la Compagnie du Midi en 1909 (la 105 a disparu dans l'accident qui devait coûter la vie au commandant Gisclard). Les automotrices 111, 113, 115 à 118 proviennent de la transformation d'anciennes remorques avec un poste de conduite à chaque extrémité, de 1912 à 1921. Elles affichent une puissance de 300 ch grâce à leurs 4 moteurs, offrent 40 places assises et 10 debout, sont longues de 14.9 m et 14,4 m, pèsent respectivement 32 et 28 tonnes et permettent une vitesse maximale en service de 55 km/h. En fait les vitesses pratiquées oscillent entre 30 et 55 km/h ...

Depuis l'origine, l'effectif des remorques a fluctué. Les plus populaires en été sont les "barques",  remorques panoramiques découvertes offrant 46 places assises avec des sièges restés en lattes de bois.


La composition des rames varie de 1 à 6 "caisses", mais depuis l'origine, une règle reste immuable: une remorque pour une motrice. Une configuration courante est 2+2, comme celle figurée sur le timbre du 14.07.00.


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Quel avenir pour le Train Jaune ?


L'exploitation de la ligne à voie métrique de Villefranche à Latour-de-Carol est aujourd'hui intégrée au réseau T.E.R. géré par la région SNCF de Montpellier dans le cadre d'une convention passée avec la région Languedoc - Roussillon. En été 3 allers-retours sont assurés de Villefranche à La Tour-de-Carol auxquels s'ajoutent 3 relations quotidiennes Villefranche - Font-Romeu.


Sa fréquentation affichée est de l'ordre de 250 000 personnes par an, mais l'exploitation est grevée par un très lourd déficit qui dépasse25 millions de francs par an ( soit près de 100franc par voyageur transporté). D'autre part le trafic connaît une tendance à la baisse. Des correspondances mal assurées, limitent le rôle de desserte locale de cette ligne qui revêt de plus en plus le caractère de ligne touristique. Il est vrai que le Train Jaune est en lui même une attraction offerte dans un site de grande qualité. Malheureusement, le matériel roulant, quasi centenaire et de capacité limitée, n'est pas adapté aux grosses fréquentations et appellerait un renouvellement à brève échéance(
*), mais le financement d'une modernisation d'envergure est parfaitement aléatoire. C'est dire que l'avenir du Train Jaune de Cerdagne est loin d'être garanti en dépit de son ancrage dans le paysage , l'histoire et dans le projet de Parc Naturel Régional des Pyrénées catalanes dont il constitue la colonne vertébrale ...


Fig-10.jpg

 

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Prêt à poster de 2000

 

La promotion nationale à laquelle a donné lieu l'émission philatélique du 14-07-00 rendra t-elle l'avenir plus certain? 


Dans le passé, il a pu être vérifié que les belles années de fréquentation ont correspondu à des efforts de promotion soutenus. Il faudra plusieurs mois avant de mesurer l'impact réel de la campagne 2000. Souhaitons que ce train puisse au moins devenir centenaire. Pour une novelle émission? D'un timbre moins bâclé ? Quoiqu'il en soit, les amoureux de la ligne de Cerdagne comptent beaucoup sur l'inscription du Train Jaune au patrimoine mondial de l'UNESCO pour laquelle un dossier a également été déposé.


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MK - APN 2011


 (*) Depuis la parution de cet article dans le Bulletin de l'A.F.T.P. en 2001, deux timbres ont été émis, , notamment le timbre YT3661, tramway de Bordeaux. et celui du tramway de Nantes.

(*)  Deux nouvelles automotrices de 84 places ont été inaugurée par le Président de la Région Languedoc - Roussillon, le 8 décembre 2003 pour soulager le matériel centenaire. Ces rames panoramiques, commandées  à la Société Suisse Stadler pour un montant de 9 millions d’euros,  ont été depuis  mise en service .

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