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  • : Amicale Philatélique de Nanterre
  • Amicale Philatélique de Nanterre
  • : Les réunions sont ouvertes à tout philatéliste, même non adhérent, mais qui souhaite partager sa passion autour du timbre et de la lettre. Réunions 1ers et 3èmes dimanches de chaque mois à 10h. Villa des Tourelles 9, rue des Anciennes Mairies à Nanterre. Adresse E-mail : apn92@free.fr
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  • Réunions de l'Amicale Philatélique de Nanterre - 1ers et 3èmes dimanches
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L’association philatélique est le lieu privilégié pour partager sa passion, développer des échanges trouver la convivialité et l’amitié autour d’un loisir commun. Au-delà, elle permet de véhiculer l’information, de découvrir, d’échanger par l’intermédiaire de services structurés. L’association philatélique rompt l’isolement et intègre le collectionneur dans un groupe de contact.

Téléphone : 01 41 37 71 35 (Répondeur)
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1 juin 2015 1 01 /06 /juin /2015 08:00

L’idée de cet article était en germe depuis bien longtemps déjà lorsqu’enfant j’admirais une photo d’aviateur chez mon grand-père.

 

Plus tard en déchiffrant l’inscription manuscrite de la photo je découvris que Marcel Doret était un ami de mon grand-père disparu en 1955. (Figure 1).

"Manuscrit inédit de Marcel Doret de 1952 trois ans avant sa disparition sur photo dédicacée : « c'est grâce à vous, Gabriel RAGET, si 25 ans après mon moteur Hispano Suiza répond à tous mes désirs et toute ma confiance et surtout ma sincère amitié. Marcel Doret 1952 ». Jusqu'en 1954 un an avant sa disparition Marcel Doret continuait la voltige sur des avions équipés de moteurs Hispano-Suiza dont le banc d'essai à Bois Colombes était dirigé par Gabriel Raget.''

"Manuscrit inédit de Marcel Doret de 1952 trois ans avant sa disparition sur photo dédicacée : « c'est grâce à vous, Gabriel RAGET, si 25 ans après mon moteur Hispano Suiza répond à tous mes désirs et toute ma confiance et surtout ma sincère amitié. Marcel Doret 1952 ». Jusqu'en 1954 un an avant sa disparition Marcel Doret continuait la voltige sur des avions équipés de moteurs Hispano-Suiza dont le banc d'essai à Bois Colombes était dirigé par Gabriel Raget.''

D’abord mécanicien puis pilote d’instruction à la fin de la Grande Guerre, pilote de voltige, pilote d’essais et surtout de grands raids, il est l’une des grandes figures des pionniers de l’aviation entre 1914 et 1940 et peut-être l’un des trois pilotes les plus complets avec Byrd l’américain et l’allemand Fieseler.

 

Il a survécu à quatre accidents (Trois lors des tentatives Paris-Tokyo et un en tant que pilote d’essai).

 

1. Du mécanicien au pilote acrobatique :

 

Marcel Doret est né le 3 mai 1896 à Paris. En 1910, il est apprenti mécanicien. Il s'engage à 18 ans, dès le début de la Grande Guerre dans l'artillerie et combat à Verdun. Il est blessé 3 ans plus tard et reçoit la médaille militaire. Une fois guéri, il demande son transfert dans l'aviation et rejoint Dijon puis Chartres. Il est breveté pilote militaire en 1918, à l'âge de vingt-deux ans, et il poursuit sa formation à l'École de chasse et d'acrobatie de Pau. À la fin de la guerre, il est ouvrier chez Renault, mais Émile Dewoitine le remarque dans un meeting aérien. Le 1er juin 1923, Doret entre comme pilote d'essai dans ses usines à Toulouse, et devient rapidement chef pilote d'essai. Jusqu'en 1939, il met au point quarante-trois prototypes d'appareils très différents, ce qui lui donne une maîtrise presque totale du pilotage. (Figure 2)

Le roi de l’acrobatie. Carte postale ayant voyagé postée à Dugny (Seine) Càd 23/10/1930 sur semeuse lignée 50c orange représentant Marcel Doret sur le point de décoller avec son  avion d’acrobatie Dewoitine D 37 (le médaillon le montre en tenue d’aviateur) et inscriptions ‘Aérodrome du Bourget-Dugny Le roi de l’acrobatie – Doret’ éditions Farineau.

Le roi de l’acrobatie. Carte postale ayant voyagé postée à Dugny (Seine) Càd 23/10/1930 sur semeuse lignée 50c orange représentant Marcel Doret sur le point de décoller avec son avion d’acrobatie Dewoitine D 37 (le médaillon le montre en tenue d’aviateur) et inscriptions ‘Aérodrome du Bourget-Dugny Le roi de l’acrobatie – Doret’ éditions Farineau.

2. L’homme des raids aériens Paris-Tokyo :

 

Avec la production des appareils de ligne, comme le D.332 Émeraude, il est amené à les convoyer dans des pays de plus en plus lointains et devient un des premiers pilotes de ligne.

 

Titulaire de 18 records internationaux, il bat le record du monde de distance en circuit fermé en juin 1931 avec Joseph Le Brix, sur le D33 « Trait d’union ». (Figure 3)

''Carte postale représentant Doret et Le Brix devant le Trait d'Union avec lequel ils tenteront Paris-Tokyo, auréolés du record du monde en circuit fermé battu en Juin 1931 : 10372 kms.  Le Brix dont l'effigie est sur le timbre PA 55 trouvera la mort en Oural dans la seconde tentative Paris-Tokyo le 11 Septembre 1931 ".

''Carte postale représentant Doret et Le Brix devant le Trait d'Union avec lequel ils tenteront Paris-Tokyo, auréolés du record du monde en circuit fermé battu en Juin 1931 : 10372 kms. Le Brix dont l'effigie est sur le timbre PA 55 trouvera la mort en Oural dans la seconde tentative Paris-Tokyo le 11 Septembre 1931 ".

Première tentative Paris Tokyo le 12 juillet 1931

 

Les deux hommes, accompagnés du radio Mesnin s’attaquent alors à la première liaison Paris-Tokyo sans escale sur le même Dewoitine D33 « Le Trait d’Union n°1 » équipé d’un moteur Hispano 650CV. Tout se passe parfaitement jusqu’à l’Oural où ils doivent éviter une zone orageuse mais après 49 heures de vol et arrivés près du lac Baïkal, le givrage fait perdre de la puissance au moteur et après que Le Brix et Mesnin aient sauté en parachute, Doret atterrit sur les arbres sibériens. Il est sain et sauf et les trois hommes sont récupérés ainsi que les 33 kg de courrier par les villageois  de Chiberta près de Nijni-Oudinsk. (Figures 4 et 5).

Deux lettres accidentées à Nijni-Oudinsk lors de la première tentative Paris-Tokyo (12-14 juillet 1931) sans escale par Doret, Le Brix et Mesnin sur le Trait d'Union, avion Dewoitine D33 équipé d’un moteur Hispano-Suiza.  Doc 4 : Enveloppe spéciale affranchie avec n° 272 Càd « Bourget Aviation » 12/07/1931 et cachet soviétique sibérien Nijni-Oudinsk en cyrillique daté du 14/07/1931". Doc 5 : lettre originale signée Calves affranchie par un TP 50c exposition coloniale n° 272, Càd Bourget-Aviation 12/07/1931, au verso nom de l'avion : ' Le Trait d'Union'
Deux lettres accidentées à Nijni-Oudinsk lors de la première tentative Paris-Tokyo (12-14 juillet 1931) sans escale par Doret, Le Brix et Mesnin sur le Trait d'Union, avion Dewoitine D33 équipé d’un moteur Hispano-Suiza.  Doc 4 : Enveloppe spéciale affranchie avec n° 272 Càd « Bourget Aviation » 12/07/1931 et cachet soviétique sibérien Nijni-Oudinsk en cyrillique daté du 14/07/1931". Doc 5 : lettre originale signée Calves affranchie par un TP 50c exposition coloniale n° 272, Càd Bourget-Aviation 12/07/1931, au verso nom de l'avion : ' Le Trait d'Union'
Deux lettres accidentées à Nijni-Oudinsk lors de la première tentative Paris-Tokyo (12-14 juillet 1931) sans escale par Doret, Le Brix et Mesnin sur le Trait d'Union, avion Dewoitine D33 équipé d’un moteur Hispano-Suiza.  Doc 4 : Enveloppe spéciale affranchie avec n° 272 Càd « Bourget Aviation » 12/07/1931 et cachet soviétique sibérien Nijni-Oudinsk en cyrillique daté du 14/07/1931". Doc 5 : lettre originale signée Calves affranchie par un TP 50c exposition coloniale n° 272, Càd Bourget-Aviation 12/07/1931, au verso nom de l'avion : ' Le Trait d'Union'

Deux lettres accidentées à Nijni-Oudinsk lors de la première tentative Paris-Tokyo (12-14 juillet 1931) sans escale par Doret, Le Brix et Mesnin sur le Trait d'Union, avion Dewoitine D33 équipé d’un moteur Hispano-Suiza. Doc 4 : Enveloppe spéciale affranchie avec n° 272 Càd « Bourget Aviation » 12/07/1931 et cachet soviétique sibérien Nijni-Oudinsk en cyrillique daté du 14/07/1931". Doc 5 : lettre originale signée Calves affranchie par un TP 50c exposition coloniale n° 272, Càd Bourget-Aviation 12/07/1931, au verso nom de l'avion : ' Le Trait d'Union'

Seconde tentative le 11 Septembre 1931

 

Le même équipage tente la liaison avec un avion identique ‘Trait d’Union n° 2’ et un moteur Hispano revu pour éviter le givrage.  Le grand drame intervient le lendemain au-dessus de l’Oural : en raison de conditions météo épouvantables, l’avion perd soudainement de l’altitude et Doret qui en a perdu le contrôle a tout juste le temps de se jeter de son poste de pilotage en parachute. Malheureusement Mesnin n’en portait pas et Lebrix a voulu l’aider à le mettre mais trop tard ! Ils gisent tous les deux inertes au milieu des débris de l’appareil (Figure 6).

Carte postale neuve avec  l’équipage et l’avion de la seconde tentative Paris-Tokyo 11/09/1931  « Le Trait-d’Union », avion de raid Dewoitine D.33 moteur Hispano-Suiza 650 CV  et son glorieux équipage (de G. à D.) Marcel Doret, Le Brix et Mesnin’ cliché André, Le Bourget. Rappelons que le navigateur Le Brix et le radio Mesnin sont décédés lors du crash de l’appareil en Sibérie dont Doret s’était extrait de justesse en parachute.

Carte postale neuve avec l’équipage et l’avion de la seconde tentative Paris-Tokyo 11/09/1931 « Le Trait-d’Union », avion de raid Dewoitine D.33 moteur Hispano-Suiza 650 CV et son glorieux équipage (de G. à D.) Marcel Doret, Le Brix et Mesnin’ cliché André, Le Bourget. Rappelons que le navigateur Le Brix et le radio Mesnin sont décédés lors du crash de l’appareil en Sibérie dont Doret s’était extrait de justesse en parachute.

Troisième tentative, cette fois - ci avec escale le : 22 Mai 1937

 

Après l’échec d’André Japy en 1936 et en compagnie de Jérôme Micheletti sur Simoun ils quittent Villacoublay le 22 mai 1937 pour emprunter la route du sud car l’URSS refuse dorénavant le survol de son territoire. La distance s’en trouve augmentée de 5000 kms ce qui ne permet plus à l’époque par rapport aux capacités du matériel disponible, de réaliser un vol direct.   

Après avoir fait escales à Athènes, Bagdad, Karachi, Allahabad (Inde), Akyab (Inde), Vientiane (Laos), Hanoï, l’avion donne des signes de faiblesse. L’escale de Fort-Boyard (Nord Vietnam) ne permet pas de déceler les problèmes. Puis tout se passe bien jusqu’à Shanghai après 13.000 kms parcourus.

Le dernier tronçon ne sera pas achevé car arrivé au cap Nagasaki  et abandonné par les navigateurs nippons le Simoun doit atterrir en catastrophe sur une plage sur l’île Shikoku à 500kms du but après 86 h de vol. Le Caudron 635 F-APMS capote sur le sable mou de la plage Koshi. L’avion est détruit, les deux pilotes sont saufs, le radio Micheletti est blessé.

Le rêve de rallier Tokyo en moins de 100 heures ne sera pas réalisé.

Ce raid figurait parmi les vols postaux de 1937. Il emportait quinze lettres à destination de  Shangaï (bien arrivées le 26/51937 après 72h de vol et 7 escales cachet arrivée Shangaï du 26/5), et le même nombre à destination de Tokyo (Figures 7 et 8).

Deux lettres du vol de 1937 Paris-Tokyo 3ème tentative via Hanoï & Shangai avec Micheletti, accidentées sur l'île Koshi :  Doc 7 : Lettre sans texte pour ‘Monsieur l’Ambassadeur de France à Tokio avec double affranchissement   : - français au départ : TP n° 338 Mermoz et le PA n° 11 oblitérés par le Càd Le Bourget-Aviation Seine 22/05/1937 6h - japonais à l’arrivée avec le TP n° 244 avec surtaxe au profit de l’aviation annulé par le Càd Imperial Hotel Po, Tokio 26 mai 1937  NIPPON (même Càd au verso). Doc 8 : lettre originale signée Calves  affranchie avec PA 13 par Càd "Le Bourget-Aviation 20/01/1937" à destination de Tokyo ; au verso Càd arrivée Hanoï RP Tonkin 23/01/1937, signée R. Calves : Deux lettres du vol de 1937 Paris-Tokyo 3ème tentative via Hanoï & Shangai avec Micheletti, accidentées sur l'île Koshi :  Doc 7 : Lettre sans texte pour ‘Monsieur l’Ambassadeur de France à Tokio avec double affranchissement   : - français au départ : TP n° 338 Mermoz et le PA n° 11 oblitérés par le Càd Le Bourget-Aviation Seine 22/05/1937 6h - japonais à l’arrivée avec le TP n° 244 avec surtaxe au profit de l’aviation annulé par le Càd Imperial Hotel Po, Tokio 26 mai 1937  NIPPON (même Càd au verso). Doc 8 : lettre originale signée Calves  affranchie avec PA 13 par Càd "Le Bourget-Aviation 20/01/1937" à destination de Tokyo ; au verso Càd arrivée Hanoï RP Tonkin 23/01/1937, signée R. Calves :
Deux lettres du vol de 1937 Paris-Tokyo 3ème tentative via Hanoï & Shangai avec Micheletti, accidentées sur l'île Koshi :  Doc 7 : Lettre sans texte pour ‘Monsieur l’Ambassadeur de France à Tokio avec double affranchissement   : - français au départ : TP n° 338 Mermoz et le PA n° 11 oblitérés par le Càd Le Bourget-Aviation Seine 22/05/1937 6h - japonais à l’arrivée avec le TP n° 244 avec surtaxe au profit de l’aviation annulé par le Càd Imperial Hotel Po, Tokio 26 mai 1937  NIPPON (même Càd au verso). Doc 8 : lettre originale signée Calves  affranchie avec PA 13 par Càd "Le Bourget-Aviation 20/01/1937" à destination de Tokyo ; au verso Càd arrivée Hanoï RP Tonkin 23/01/1937, signée R. Calves : Deux lettres du vol de 1937 Paris-Tokyo 3ème tentative via Hanoï & Shangai avec Micheletti, accidentées sur l'île Koshi :  Doc 7 : Lettre sans texte pour ‘Monsieur l’Ambassadeur de France à Tokio avec double affranchissement   : - français au départ : TP n° 338 Mermoz et le PA n° 11 oblitérés par le Càd Le Bourget-Aviation Seine 22/05/1937 6h - japonais à l’arrivée avec le TP n° 244 avec surtaxe au profit de l’aviation annulé par le Càd Imperial Hotel Po, Tokio 26 mai 1937  NIPPON (même Càd au verso). Doc 8 : lettre originale signée Calves  affranchie avec PA 13 par Càd "Le Bourget-Aviation 20/01/1937" à destination de Tokyo ; au verso Càd arrivée Hanoï RP Tonkin 23/01/1937, signée R. Calves :

Deux lettres du vol de 1937 Paris-Tokyo 3ème tentative via Hanoï & Shangai avec Micheletti, accidentées sur l'île Koshi : Doc 7 : Lettre sans texte pour ‘Monsieur l’Ambassadeur de France à Tokio avec double affranchissement : - français au départ : TP n° 338 Mermoz et le PA n° 11 oblitérés par le Càd Le Bourget-Aviation Seine 22/05/1937 6h - japonais à l’arrivée avec le TP n° 244 avec surtaxe au profit de l’aviation annulé par le Càd Imperial Hotel Po, Tokio 26 mai 1937 NIPPON (même Càd au verso). Doc 8 : lettre originale signée Calves affranchie avec PA 13 par Càd "Le Bourget-Aviation 20/01/1937" à destination de Tokyo ; au verso Càd arrivée Hanoï RP Tonkin 23/01/1937, signée R. Calves :

Ce sera sa dernière tentative sur cette distance.

 

Air France vous transporte maintenant à Tokyo en moins de douze heures !

 

Marcel Doret poursuivra une carrière de pilote d’essai (Figure 9) qu’il a retracé dans l’ouvrage qu’il a publié en 1954 : « trait d’union avec le ciel », réédité en 2002. (Figure 10).

Carte postale neuve Marcel Doret en tenue de pilote d’essai avec au bras son pingouin (sa mascotte préférée) devant un Dewoitine éditions A.N., Paris.

Carte postale neuve Marcel Doret en tenue de pilote d’essai avec au bras son pingouin (sa mascotte préférée) devant un Dewoitine éditions A.N., Paris.

"Couvertures du livre de Marcel Doret  'Trait d'Union avec le Ciel' paru en 1954 et de sa réédition en 2002. "Couvertures du livre de Marcel Doret  'Trait d'Union avec le Ciel' paru en 1954 et de sa réédition en 2002.

"Couvertures du livre de Marcel Doret 'Trait d'Union avec le Ciel' paru en 1954 et de sa réédition en 2002.

Diplôme avec la médaille de l’aéronautique décernée à Gabriel Raget le 4 octobre 1950 par le secrétariat aux Forces Armées – Air. Le Secrétaire d’Etat était André Maroselli. Jules Moch était alors ministre de la Défense du premier gouvernement de René Pleven.

Diplôme avec la médaille de l’aéronautique décernée à Gabriel Raget le 4 octobre 1950 par le secrétariat aux Forces Armées – Air. Le Secrétaire d’Etat était André Maroselli. Jules Moch était alors ministre de la Défense du premier gouvernement de René Pleven.

Anniversaire des 50 ans de la traversée Atlantique Est-Ouest de Costes & Bellonte les 1er et 2 septembre 1930 sur le Point d'Interrogation un Bréguet  19 équipé d'un moteur Hispano-Suiza 650 CV en Octobre 1980 à l'usine Hispano-Suiza à Bois Colombes : Photo du haut : Maurice Bellonte (à G) disparu le 14 janvier 1983 et à sa droite Gabriel Raget qui avait mis au point ce moteur. Photo du bas : l'auteur de l'article avec Maurice Bellonte à sa droite et trois autres invités.
Anniversaire des 50 ans de la traversée Atlantique Est-Ouest de Costes & Bellonte les 1er et 2 septembre 1930 sur le Point d'Interrogation un Bréguet  19 équipé d'un moteur Hispano-Suiza 650 CV en Octobre 1980 à l'usine Hispano-Suiza à Bois Colombes : Photo du haut : Maurice Bellonte (à G) disparu le 14 janvier 1983 et à sa droite Gabriel Raget qui avait mis au point ce moteur. Photo du bas : l'auteur de l'article avec Maurice Bellonte à sa droite et trois autres invités.

Anniversaire des 50 ans de la traversée Atlantique Est-Ouest de Costes & Bellonte les 1er et 2 septembre 1930 sur le Point d'Interrogation un Bréguet 19 équipé d'un moteur Hispano-Suiza 650 CV en Octobre 1980 à l'usine Hispano-Suiza à Bois Colombes : Photo du haut : Maurice Bellonte (à G) disparu le 14 janvier 1983 et à sa droite Gabriel Raget qui avait mis au point ce moteur. Photo du bas : l'auteur de l'article avec Maurice Bellonte à sa droite et trois autres invités.

APN - Juillet 2015 - Christian Raget

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30 mai 2015 6 30 /05 /mai /2015 20:06
Figure 1 - Feuille entière du Thermalisme Chiffres rouges. Une rareté que l’on ne voit pas souvent.

Figure 1 - Feuille entière du Thermalisme Chiffres rouges. Une rareté que l’on ne voit pas souvent.

Histoire d’une découverte par un philatéliste ordinaire :

Le timbre consacré au Thermalisme est mis en vente par La Poste le lundi 21 novembre 1988, après la traditionnelle vente anticipée du 19 à Paris et à Enghien (Figures 2 et 3).

 

Figures 2 et 3 - Les deux cachets Premiers Jours (Figure 4). de Paris et Enghien du 19 novembre 1988, date de la vente anticipée.
Figures 2 et 3 - Les deux cachets Premiers Jours (Figure 4). de Paris et Enghien du 19 novembre 1988, date de la vente anticipée.

Figures 2 et 3 - Les deux cachets Premiers Jours (Figure 4). de Paris et Enghien du 19 novembre 1988, date de la vente anticipée.

C’est donc ce jour-là, vers 11h00, que, faisant la queue au guichet philatélique de Nanterre, j’entends le préposé en service indiquer à la personne qui me précédait qu’« à son guichet, on servait le Thermalisme qu’avec le chiffre de la faciale couleur bleue », mais que, « d’après quelqu’un qui l’en avait informé, on servait au bureau de la Poste Principale de Puteaux le même timbre dont le chiffre de la faciale était rouge ».

À cette heure-là, la différence qui allait déclencher toute l’aventure de ce timbre était donc révélée, mais n’avait pas encore atteint le milieu philatélique.

Je pris immédiatement la direction de la Poste Principale de cette ville limitrophe. Sur place, la file d’attente était plus longue qu’au bureau de Nanterre, mais personne ne semblait être au courant d’une quelconque variété de couleur du chiffre du timbre émis. Un coup d’œil jeté furtivement en entrant, sur le présentoir des émissions, m’avait confirmé que la valeur faciale du Thermalisme vendu localement était bien rouge. Que faire ? L’impatience était bien réelle. Combien d’exemplaires achèterais-je ? Il était évident que la mise en vente de deux versions de la couleur du chiffre de la faciale ne pouvait être qu’une erreur de la Poste, et le hasard et ma réactivité étaient en train de me combler. Mais quelle était donc la bonne couleur et laquelle était “l’autre” ? Considérant qu’une feuille se composait de 50 timbres, et que la valeur faciale était de 2,20 F, correspondant à celle de la lettre d’usage courant au tarif urgent, une planche entière coûterait 110 francs. Ce n’était excessif, mais ce n’était pas rien non plus ! Si j’avais acheté la version rouge, et qu’il se révélait par la suite que “l’autre”, la fautée, était en fait la version bleue ? Trop tôt pour le
savoir ! J’en conclus qu’il me fallait acheter autant de feuilles dans les deux versions ! C’est ainsi que, le moment venu, je pris “courageusement” presque tout le stock restant, après qu’on est allé chercher toutes les feuilles déposées dans le coffre-fort.

Le même jour, je fis le tour d’autres bureaux de poste locaux et de certaines villes environnantes, où je ne vis que de la faciale bleue.

Un collectionneur averti composera dès le lendemain une enveloppe « mixte » revêtue du cachet du point philatélique de Nanterre. Une originalité datée du 22 novembre 1988, sur un courrier n’ayant probablement pas voyagé. (Figure 4).

Figure 4 - Enveloppe souvenir revêtue des deux types du Thermalisme annulés du TAD du point philatélique de la Recette Principale de Nanterre le 22 novembre 1988, le lendemain de la mise en vente officielle.

Figure 4 - Enveloppe souvenir revêtue des deux types du Thermalisme annulés du TAD du point philatélique de la Recette Principale de Nanterre le 22 novembre 1988, le lendemain de la mise en vente officielle.

L’approche du marché et l’envol de la cote

Sans faire de mauvais jeu de mots, je crois pouvoir affirmer que, depuis, j’en ai vu de toutes les couleurs, à propos du Thermalisme rouge.

Pour commencer, pour prendre la température du “qu’en dit-on”, la semaine suivante je me rendis avec mes planches au fameux Marché aux Timbres parisien de Marigny. Une étrange petite agitation était palpable notamment en haut du couloir central des stands des négociants, juste après la zone dénommée “les Pieds mouillés”. Tout le monde parlait du “Thermalisme rouge”, mais sans que presque personne ne l’eût encore vu. Tout le monde voulait savoir “où on en avait trouvé” et se demandait “où on pourrait en trouver”.

Timidement et pour voir l’effet que cela faisait, je commençais à proposer à quelqu’un l’un de mes exemplaires pour 20 francs, puis pour 40 francs à un autre, puis enfin 70 francs. Mon prix était jugé toujours excessif, quand il ne déclenchait pas un petit sourire de suffisance. Quelqu’un dont j’ai su plus tard qu’il était là pour le compte d’un grand négociant de la rue Drouot me lança : « Tu parles, avec ton prix ! Moi, j’en ai une pleine valise, chez moi ! ». Mais ce fut un autre “du métier”, – je le sus la semaine suivante, quand il m’achèterait un bloc de quatre pour l’un de ses clients, me dit-il -, qui le remit proprement à sa place : « Allez, arrête tes conneries ! Tu le sais très bien que ta valise est vide ! ».

Une évidence m’apparut assez vite : une fois n’est pas coutume, seuls de rares philatélistes détenaient l’essentiel du stock du Thermalisme rouge. Quant aux négociants, j’eus vite l’impression qu’ils avaient du mal à admettre cette réalité. Après tout, le Thermalisme bleu venait seulement de sortir, l’incertitude la plus totale troublait tout le monde, ils ne disposaient pas du moindre stock de Thermalisme rouge : alors, ils faisaient de “la résistance”, ils ne facilitaient pas la mise sur le marché de ce dernier. Les “petits” hésitaient, attendaient de voir ce que feraient les “grands”. Pendant un moment, les uns et les autres ont espéré que Périgueux réimprimerait la version en rouge. La profession faisait, paraît-il, pression sur La Poste pour un nouveau tirage en rouge. À ce moment, les propositions d’achat atteignent tout juste les 20 Francs l’unité.

L’un d’entre eux m’ayant enfin acheté les premières feuilles, le Thermalisme rouge commença à être mis sur le marché, certes à une petite échelle, mais professionnelle. Le comportement des négociants coïncidait avec l’attitude curieuse des auteurs de catalogues français. Il a fallu attendre longtemps avant que le Thermalisme rouge ne soit dûment catalogué. Les négociants préféraient mettre en avant une autre “variété” du même timbre, dite « aux doigts coupés », issue de planches au chiffre de la valeur bleue (case 28) et qui, comparée au Thermalisme rouge, pourrait être qualifiée d’insignifiante. (Figure 5).

Figure 5 - La variété dite « aux doigts coupés » que l’on trouve à la case 28 de la quasi totalité des feuilles du timbre avec chiffres bleus et qui n’existe pas en chiffres rouges.

Figure 5 - La variété dite « aux doigts coupés » que l’on trouve à la case 28 de la quasi totalité des feuilles du timbre avec chiffres bleus et qui n’existe pas en chiffres rouges.

Zoom sur la variété dite « aux doigts coupés ».
Zoom sur la variété dite « aux doigts coupés ».
Zoom sur la variété dite « aux doigts coupés ».

Zoom sur la variété dite « aux doigts coupés ».

Les deux variétés ont été longtemps cataloguées à égalité avec des « a » et « b ».

Le Thermalisme rouge, était-il un timbre à part entière ou une simple variété ? Ce qui paraît évident, c’est que la couleur rouge du chiffre n’est pas née d’un mouvement d’humeur de l’un des responsables administratifs de la Poste. Ce choix est celui du dessinateur et graveur de la figurine Jean Delpech, avant son décès le 30 mai 1988.

C’était la vision très exacte que l’artiste avait de sa création. Le magazine de philatélie Timbroscopie publia dans son n° 53, de décembre 1988 (p. 87), les trois projets proposés par Jean Delpech à La Poste : on y retrouve sur chacun d’eux la couleur rouge du chiffre (Figure 6).

Figure 6 - Les trois projets du dessinateur Jean Delpech proposés à La Poste : les valeurs faciales sont toujours en rouge.

Figure 6 - Les trois projets du dessinateur Jean Delpech proposés à La Poste : les valeurs faciales sont toujours en rouge.

Malgré les réticences du milieu philatélique, le Thermalisme rouge fit peu à peu son chemin jusqu’à être « épinglé » par le Canard enchaîné, qui dans un article du 1er février 1989, rend compte d’une visite au Carré Marigny où le prix du timbre s’affiche à 850 Francs et indique que « cent » feuilles ont été expédiées dans les bureaux de poste des Hauts-de-Seine.

Trois mois plus tard, une publicité, la première d’une longue série, de l’important négoce parisien Drouot Philatélie, à la veille de PhilexFrance (du 7 au 17 juillet 1989), parue dans le Monde des philatélistes (n° 430, mai 1989, page 57), propose le Thermalisme rouge au prix de 1800 F. À ce stade, le timbre vient certes de franchir un cap commercial important, mais surtout il s’affirme comme une vraie valeur en tant qu’objet de collection. C’est ce que résume un commentaire du même Monde des Philatélistes (n° 431, page 51) :

« Un timbre-poste appelé à un bel avenir : le “Thermalisme” avec valeur faciale rouge au lieu de bleu. “Variété”, proclament certains, “timbre-type” rétorquent d’autres… Or les deux versions diffèrent également par la qualité de papier (couché pour le 2,20 F bleu, ordinaire pour le 2,20 F rouge) […]. Une collection complète de l’année 1988 devra donc compter avec ce 2,20 F rouge ! ».

La cote de ce timbre va progressivement monter et on la retrouve à hauteur de 2400 F en 1997 chez un grand négociant parisien.

Aujourd’hui, sa valeur s’est tassée et la plupart des ventes la situent autour de 150 € à 200 €, bien que la cote Y&T reste obstinément fixée à 600 €.

Les clés du mystère :

Compte tenu de l’effervescence née de la découverte inopinée de ce timbre, certains ont essayé de comprendre ce qui avait pu se passer.

Après un communiqué avancé hâtivement par La Poste au début de 1989 (résumé Timbroscopie  de février 1989 n° 55, page 79), c’est une interview de Jean Ginefri, le directeur technique de Périgueux, qui, au moment de son départ en retraite « après trente ans de carrière à l’imprimerie des timbre-poste » est publiée dans Timbroscopie, en octobre 1989 (n° 62, pages 29 et 30) :

“ La couleur de la faciale n’était pas décidée au moment du bon à tirer. Nous avons fait le choix sur machine, c’est-à-dire après avoir imprimé des feuilles d’essai dans les deux couleurs ”, explique Jean Ginefri. “ Mais les vérificatrices n’étaient pas prévenues. Elles ont éliminé toutes les feuilles fautées, dans les deux tirages, sans remarquer l’existence des deux couleurs. Nous avons découvert le phénomène un peu trop tard : plusieurs centaines de feuilles, sans doute (impossible de les chiffrer précisément) étaient déjà acheminées avant que nous éliminions le stock. L’Administration a bien envisagé ensuite l’hypothèse d’une réimpression. Mais le matériel d’impression était déjà détruit : un nouveau tirage aurait probablement présenté des différences par rapport au premier. Ce qui aurait encore compliqué les choses …”.

“ Les vérificatrices ignoraient que le timbre avait fait l’objet d’essais de couleur pour la faciale. Elles ont vérifié en même temps les deux types de feuilles. Avec leur coup d’œil habituel, elles ont éliminé les exemplaires mal centrés, mal perforés, les rebuts de réglage … sans prêter attention à la couleur de la faciale, mais simplement à la qualité globale de l’impression”.

Admettons ! Pourtant, si, par la voix de son journaliste Pierre Salanne, la direction de Timbroscopie a estimé « tardive [et] insuffisante » la réponse du directeur technique de Périgueux, c’est que les arguments de Jean Ginefri ne lui semblaient pas convaincants.

Force est de constater que, les propos de Jean Ginefri soulèvent bien des questions : Combien de milliers de feuilles d’essais de couleurs fallait-il imprimer pour enfin effectuer le choix définitif de la couleur de la faciale ?

Comment s’est déroulée la séance des essais de couleurs, avec quelle alternance, et à quel moment de l’impression ? La direction de Périgueux ne pouvait pas ne pas disposer de suffisamment d’éléments, fournis par ses propres employés au cours de l’enquête administrative diligentée aussitôt le problème connu, c’est-à-dire dès le premier jour de l’émission du timbre.

Maintenant, avec les peu de moyens dont je dispose, j’avance quelques éléments de réflexion. Mon point de départ est la même interview ci-dessus citée, accordée par Jean Ginefri au journaliste de Timbroscopie, intitulée « Variétés : la parole est à l’imprimeur ». Parmi les questions-réponses il y a celles-ci (TS = Timbroscopie, et JG = Jean Ginefri, page 30) :

« TS. Le mot revient régulièrement dans le milieu des collectionneurs. On évoque, depuis tout temps, des “fuites” de variétés ».

« JG. Je m’insurge totalement contre ces propos. Il est rigoureusement impossible que la moindre feuille quitte irrégulièrement l’imprimerie, pour la simple raison que toutes les feuilles sont comptabilisées ».

« TS. Même les feuilles d’essai ? »

« JG. Bien sûr. Il faut savoir que les machines sont équipées de composteurs infalsifiables, que l’on ne peut en aucun cas revenir en arrière. Ces compteurs tournent en permanence, dès le premier cylindre. Même les feuilles blanches sont numérotées ».

« TS. Et après l’impression ? »

« JG. Un préposé ramasse les feuilles et les apporte au service stockage-vérification, où elles sont toutes recomptées, y compris les feuilles fautées. [Etc. …] ».

Puisque « toutes les feuilles sont comptabilisées », que tout est garanti par des « composteurs infalsifiables », et que « même les feuilles blanches sont numérotées », que peuvent nous révéler les quelques exemples que je donne ci-après ? Aussi minime soit l’échantillonnage, ce qui est important, c’est l’observation des chiffres à l’encre noire des coins de feuille, toujours imprimés dans l’angle inférieur gauche des planches de 50 timbres : 00 615 (chiffre bleu), 22 321 (chiffre bleu, version non dentelée), 41 728 (chiffre bleu), 70 648 (chiffre rouge), 70 720 (chiffre bleu), 70 751 (chiffre bleu), 70 795 (chiffre bleu), 70 797 (chiffre rouge), 70 802 (chiffre rouge), 70 848 (chiffre bleu), 84 900 (chiffre bleu). (Figure 7). Ajoutons que la feuille (chiffre rouge) conservée au Musée Postal porte le 70 812.

Jean Ginefri  dit que « la couleur de la faciale n’était pas décidée au moment du bon à tirer » et que « le choix [a été fait] sur machine, c’est-à-dire après avoir imprimé des feuilles d’essai dans les deux couleurs ». Je ne crois pas qu’il soit d’usage de tirer 70 000 feuilles d’une couleur avant d’essayer la suivante. Si l’on s’en tient aux numéros de planches ci-dessus cités, il semblerait que c’est seulement très tard que l’essai du chiffre rouge soit intervenu, en alternance avec le bleu. « Par ailleurs nous avons connaissance que la feuille n° 70 920 comporte le chiffre rouge ».

Le roman inachevé du Thermalisme rouge
Le roman inachevé du Thermalisme rouge
Le roman inachevé du Thermalisme rouge
Le roman inachevé du Thermalisme rouge
Le roman inachevé du Thermalisme rouge
Le roman inachevé du Thermalisme rouge
Le roman inachevé du Thermalisme rouge
Le roman inachevé du Thermalisme rouge
Le roman inachevé du Thermalisme rouge
Le roman inachevé du Thermalisme rouge
Le roman inachevé du Thermalisme rouge
Le roman inachevé du Thermalisme rouge

Dans mes exemples, j’en compte trois, qui sont issus à mon avis de deux impressions différentes. La première est celle comportant le chiffre 70 648. La seconde est celle comportant les chiffres de planches qui sont à cheval entre la fin de la série 70 000 et le début de la série 80 000 : je crois savoir que c’est elle qui a été vendue à la Poste Principale de Puteaux. L’heureux possesseur de la feuille portant le numéro 70 797, et peut-être des trois ou quatre feuilles suivantes, n’a pas acheté le reste du stock, ce que je fis en revanche plus tard moi-même. Des essais de couleur à ce stade avancé de la production, au risque de devoir incinérer tant de milliers de feuilles ? Mais pourquoi tant de mal à nous expliquer ce qui s’est précisément passé ce jour-là sur la presse T.D.3–13 ?

Si j’insiste sur cet aspect, notamment sur l’alternance réitérée des essais de couleur, ainsi que l’intrusion de feuilles non dentelées, c’est parce qu’une autre question importante se pose, qui n’a pas été posée au directeur technique de Périgueux. Cela concerne le type de papier spécifique, dit “couché” (comme cela est d’ailleurs précisé dans les catalogues), utilisé pour le seul Thermalisme rouge, au lieu du papier “normal” utilisé pour le Thermalisme bleu. Est-ce à dire qu’à chaque changement de l’essai de couleur l’on aurait aussi changé systématiquement de papier ? J’assume mon ignorance et j’avoue que j’aurais aimé avoir une réponse à mes interrogations. Or, ce “détail” concernant le papier constitue, avec la couleur du chiffre, l’une des deux caractéristiques majeures du Thermalisme rouge, ce qui fait qu’on peut le reconnaître rien qu’en observant sa face du verso.

Des rumeurs alimentées par “les couloirs bien informés” de la Poste ont circulé disant que “voici ce qui, en fait, s’était tout simplement passé” :

La décision avait été prise selon laquelle le chiffre bleu était destiné au timbre à émettre, tandis que le chiffre rouge était destiné au timbre des feuilles non dentelées.

Par une succession d’erreurs, les feuilles non dentelées avaient été perforées, puis insérées dans les paquets des feuilles bleues destinées à la vente, puis échappées aux contrôleuses.

Aussi vraisemblable que cela puisse paraître, cela serait du ressort d’un constat d’intentions d’une part et d’un éventuel vrai cafouillage d’autre part, mais ne constitue pas une explication de ce qui s’est réellement passé. Cela ne répond pas aux questions relatives à la succession de la numérotation des planches. Ni n’explique le problème posé par l’alternance rapprochée de la qualité du papier utilisé.

Ni ne justifie le nombre excessif de timbres non dentelés primitifs imprimés avec le chiffre rouge (avant d’être perforés “par erreur”) ; cela d’autant plus que le premier timbre non dentelé dont nous avons connaissance porte le chiffre bleu (22 321, dans mon exemple) et que c’est seulement très tard qu’intervient l’impression des exemplaires avec le chiffre rouge (entre 70 648 et 70 802 dans mon exemple).

Enfin, concernant le contrôle des feuilles imprimées, on peut raisonnablement être surpris que l’œil professionnel très aiguisé des vérificatrices, n’ait pas perçu la différence de couleur qui émane des feuilles qui ont le chiffre bleu et de celles qui ont le chiffre rouge. Car l’impact visuel des deux versions est tel qu’il paraît impossible à la plus distraite d’entre elles de ne pas réagir face à cette différence. Mais que le lecteur en décide lui-même en connaissance de cause, au vu de l’image du scan que je lui montre ! Il est rare de voir ainsi côte à côte, sous forme de feuilles entières, les deux versions. Ma réaction sur le plan chromatique, toute personnelle, est que le bleu du chiffre accompagne et accentue la tonalité liquide et un peu froide de cette version du timbre, là où il émane chaleur et clarté depuis le chiffre de couleur rouge : n’était-ce pas aussi l’avis de l’auteur du timbre, qui avait voulu que ce chiffre fût de cette couleur quand il avait confié son œuvre à la Poste, peu avant son décès ? (Figure 8).

Figure 8 - Les deux feuilles avec les deux types côte à côte : le bon à tirer du 9 8 1988 et la feuille fautée annulée par le Musée Postal. La différence de couleur pouvait-elle échapper aux vérificatrices ?
Figure 8 - Les deux feuilles avec les deux types côte à côte : le bon à tirer du 9 8 1988 et la feuille fautée annulée par le Musée Postal. La différence de couleur pouvait-elle échapper aux vérificatrices ?

Figure 8 - Les deux feuilles avec les deux types côte à côte : le bon à tirer du 9 8 1988 et la feuille fautée annulée par le Musée Postal. La différence de couleur pouvait-elle échapper aux vérificatrices ?

Le mystère demeure !

La conclusion est que l’on n’a certainement pas encore tout dit sur les conditions dans lesquelles le Thermalisme rouge a vu le jour. Le roman est donc inachevé.

Mais, ce qui paraît certain, c’est que, considéré a posteriori comme un “essai de couleur” par l’Administration postale, en fournissant des raisons non convaincantes selon l’avis des professionnels de la philatélie, et du mien aussi modeste soit-il, ce produit est bien un timbre-type, à part entière, comme première version de l’émission dite Le Thermalisme, acheté régulièrement à certains guichets philatéliques de la Poste notamment en Île-de-France. Par conséquent, il doit se voir attribuer son numéro propre dans les catalogues de philatélie, et non un sous-numéro du genre “variété”, à l’instar de ce que font d’ailleurs tous les grands catalogues, à l’exception de l’Yvert & Tellier.

Avec la faciale rouge, le Thermalisme n’existe, ni sous forme de non dentelé, ni d’épreuve de luxe. Avec la faciale rouge, le Thermalisme est un classique moderne de France, dont le temps confirmera sa réelle rareté.

Un petit sourire s’est esquissé sur mes lèvres quand j’ai vu le Prêt à Poster paru en mars 2007. Il met tout le monde d’accord : il n’a pas de valeur faciale ! (Figure 9).

Figure 9 - Prêt à Poster paru en mars 2007. Pas de valeur faciale, donc pas de débat !

Figure 9 - Prêt à Poster paru en mars 2007. Pas de valeur faciale, donc pas de débat !

Figure 10 - Envoi daté du 7 décembre 1989.

Figure 10 - Envoi daté du 7 décembre 1989.

APN - Antoine Sidoti

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17 mai 2015 7 17 /05 /mai /2015 07:32

Il y a plus d’une dizaine d’année, nous avons acquis en commun un lot de timbres et de lettres à Drouot avec un ami collectionneur. Au moment du partage, il m’a bien volontiers laissé le seul ballon monté présent dans ce lot qui m’intéressait.

J’avais, bien sûr, entendu parler de la guerre de 1870-71 ainsi que du siège de Paris ; mais je dois dire que je n’étais pas du tout familier de cette page d’histoire postale pour identifier le pli que j’avais maintenant en ma possession. Voici ce que fut ma démarche.

 

A la recherche du FULTON …

Certes, la mention imprimée « par ballon monté » m’indique avec certitude la nature de ce pli et l’affecte à la période de la guerre de 1870-71.

 

1 Petit rappel historique…

Le 19 juillet 1870 La guerre avec la Prusse est déclarée.

Le 2 septembre 1870, l’empereur Napoléon III est fait prisonnier à Sedan.

Le 4 septembre 1870, la République est proclamée et un gouvernement de Défense nationale est constitué ayant à sa tête, le général Trochu.

Le 18 septembre 1870, Paris est complètement assiégé par les Prussiens et leurs alliés. Plus aucune communication avec la province n’est possible, il n’y a plus de ravitaillement pour les deux millions de Parisiens encerclés. Dès lors, il est primordial de trouver un moyen de communication avec les armées de province et de sauver Paris. C’est à la tête d’un groupe d’hommes téméraires et volontaires que Nadar fit décoller le premier ballon place Saint Pierre, au pied de la butte Montmartre. C’était le 23 septembre 1870. Cet envol, scelle la création de la première compagnie des aérostiers militaires.

Pendant le siège de Paris du 18 septembre 1870 au 27 janvier 1871, ce sont 67 ballons qui se sont élevés dans les airs, mais seulement 56 ont transporté du courrier. La majorité de ces ballons se sont posés en France, mais aussi en Belgique (5), en Allemagne(2), en Norvège(1), et deux ont fait naufrage en mer. L’un au sud de Plymouth en Angleterre et l’autre au large d’Arcachon. 20 ballons atterrissent dans les lignes ennemies, en zone occupée.

Le 28 janvier 1871, c’est la capitulation de Paris, l’armistice est signé.

 

2 Description du pli :

Revenons à notre pli transporté par ballon monté et observons le.

Il est adressé à M Salneuve, Vice-président du tribunal civil, 17 rue ?? à Clermont – Ferrand

A la recherche du FULTON …

Il est affranchi par un 20 centimes bleu (YT n°37) de l’émission dite du siège de Paris. Ce timbre est annulé par le cachet d’oblitération  Etoile 1  de la place de la bourse (n°3651). Il faut savoir, qu’au terme d’un décret, le transport de lettres était confié aux aérostats montés. L’affranchissement obligatoire était fixé à 20 centimes pour la France et l’Algérie. Le poids d’une lettre ne devait pas dépasser 4 grammes.

L’oblitération Etoile 1 est accompagnée de son cachet a date type 17 des bureaux de quartiers de Paris (n° 1530) correspondant à celui de la place de la bourse. Il indique qu’il s’agit de la sixième levée du 29 octobre 1870.

Au dos du pli, le cachet à date type 17 de Clermont – Ferrand indique l’arrivée du pli en date du 4 novembre 1870.

Il est intéressant de noter que le cachet utilisé par la Poste de Clermont-Ferrand possède l’indication de la levée, ce qui nous amène à nous interroger sur la considération qui était faite à propos de ce pli ?

Le bureau de Clermont-Ferrand possédait surement un cachet à date sans indication de levée qu’il utilisait comme cachet d’arrivée. L'utilisation d’un cachet comprenant l’indication de la deuxième levée peut vouloir nous indiquer l’heure de réception du pli ? (10h00) ou encore qu’il était, vu son transport spécial, pris comme un nouvel envoi vers son destinataire.

 

A la recherche du FULTON …

3 La correspondance :

Jetons maintenant un coup d’œil à la partie correspondance. Elle est divisée en deux, avec une partie pré-imprimée et l’autre réservée à la partie manuscrite privée.

 

3. 1 La lettre journal

A la recherche du FULTON …A la recherche du FULTON …

La partie pré-imprimée est une lettre – journal imprimée sur papier pelure, dite aussi « Gazette des Absents », relatant les évènements quotidiens vécus par les parisiens.

Celle qui nous concerne est la troisième lettre-journal en date du 29 octobre 1870 qui relate les évènements des 25, 26, 27 et 28 octobre 1870.

 

Extraits :

A la recherche du FULTON …

Les faits relatés chaque jour sont repartis en chapitres :

Rapport militaire, les subsistances, les approvisionnements, les distractions, les ballons, les fausses nouvelles, les dépêches…

A la recherche du FULTON …

Et l’on donne même des nouvelles sur les ballons montés qui sont partis précédemment !

A la recherche du FULTON …

Ainsi que du courrier…

A la recherche du FULTON …

Cette troisième édition de la Gazette des Absents permet à son auteur D. Jouaust de faire le point sur la forme et le succès rencontré. L’édition de lettre – journal ne s’arrêtera pas avec  l’armistice du 28 janvier 1871 et continuera de paraitre sur du papier blanc plus fort jusqu’au 22 février 1871. Pendant l’ensemble de cette période ce sont 40 numéros et leurs 8 suppléments qui ont été édités.

 

3.2 La correspondance privée :

 

Regardons maintenant la partie de correspondance privée. L'expéditeur écrivait dans le maximum de place qu'il avait à sa disposition. Puis la lettre était pliée de telle façon qu'elle faisait enveloppe.

A la recherche du FULTON …

L’auteur de ce courrier commence par inscrire la date : samedi 29 octobre 1870… et fort sympathiquement pour nous, le récipiendaire de cette lettre a écrit juste après : lettre reçue le 4 novembre. La même date qui  correspond au cachet d’arrivée ce qui signifie que le facteur l’a distribuée le jour même.

 

Certaines parties du texte manuscrit sont intéressantes :

 

A la recherche du FULTON …

Dernière lettre pareille à celle-ci écrite mercredi 26 courant. Elle a dû s’envoler dans les airs par l’un des ballons partis de Paris.

 

Résumons les dates portées par ce courrier

  • Cette Gazette des absents relate les faits des 25, 26, 27 et 28 octobre 1870.
  • La lettre est écrite le samedi 29 octobre 1870
  • Elle arrive à Clermont-Ferrand, sa destination, le 4 novembre 1870.
  • La mention manuscrite du destinataire atteste la réception du courrier le 4 novembre 1870.

Et maintenant plongeons nous dans l’ouvrage majeur de Gérard Lhéritier (Les ballons montés) et cherchons parmi l’ensemble des aérostats partis de Paris quel est celui qui est susceptible d’avoir transporté par les airs notre courrier.

Le vingt et unième ballon à partir pendant le siège est : Le Colonel Charras, il décolle le samedi 29 octobre 1870 à 12h00 de la gare du nord.

Le vingt deuxième ballon est : Le Fulton qui décolle le mercredi 2 novembre 1870 à 8h45 de la gare d’Orléans.

Le vingt troisième ballon est : Le Ferdinand Flocon qui décolle le vendredi 4 novembre 1870 à 9h30 de la gare du nord.

Il n’est donc pas possible que le  vingt troisième ballon, Le Ferdinand Flocon, ait transporté ce courrier puisqu’à cette date le pli était déjà à Clermont-Ferrand… Reste les deux autres ballons…

Notre expéditeur a écrit et posté son courrier le samedi 29 octobre 1870 et ce dernier a fait parti de la sixième levée de la journée.

Horaires des levées dans les bureaux de quartier à Paris

Première levée - 7 heures 30 aux bureaux de quartier.

Deuxième levée - 10 heures aux bureaux de quartier.

Troisième levée - midi aux bureaux de quartier.

Quatrième levée - 2 heures aux bureaux de quartier.

Cinquième levée - 4 heures aux bureaux de quartier.

Sixième levée - 5 heures 30, 5 heures 45* ou 6 heures* aux bureaux de quartier.

Septième levée - 9 heures 30 aux bureaux de quartier.

* 5 heures 45 dans les bureaux bénéficiant des levées exceptionnelles, et jusqu'à 6 heures aux bureaux 1 et 24, puis 11 (en 1865).

C’est donc en fin d’après-midi du 29 octobre 1870, entre 16 et 18heure que le pli a été déposé à la boite aux lettres du bureau de quartier de la place de la bourse et enregistré. A cette heure-ci, le vingt et unième ballon, Le Colonel Charras, est déjà parti ! Nous pouvons donc affirmer maintenant que ce courrier a été transporté par le vingt deuxième ballon : Le Fulton.

 

4 Le ballon monté le Fulton

Le Fulton est un ballon de 2000 m3. Il décolle le 2 novembre 1870 de la gare d’Orléans à 8h45 pour atterrir après  5h15 de vol et 345km à Chanzeaux, petite commune située a mi-chemin entre Angers et Cholet. Ce ballon était piloté par l’aéronaute Le Gloarnec et avait comme passager Ernest Cézanne, ingénieur des ponts et chaussées ; 6 pigeons voyageurs et 250 kilos de courrier avaient été aussi embarqués. Ernest Cézanne avait été chargé par le gouvernement de la Défense nationale d'une mission auprès de la Délégation de Tours, relativement au ravitaillement de Paris. Il devait assurer l'achat de 26000 t de comestibles représentant la consommation de Paris pour 15 jours. Cette nourriture, payée 42 millions ne parvint jamais à destination.

Le marin le Gloarnec, huit jours après son arrivée à Tours, est mort d'une fluxion de poitrine. Ses funérailles ont été imposantes. Les aéronautes présents à Tours, et les délégués des membres du gouvernement ont suivi jusqu'au cimetière le corps du jeune et courageux marin.

Peut-être que le nom de ce ballon monté a été décerné en hommage à Robert Fulton (1765 - 1815), ingénieur et inventeur américain qui conçut le premier bateau à vapeur opérationnel et inventa la torpille.

 

5 Bibliographie et sources incontournables :

  • Le catalogue Yvert Spécialisé des timbres de France Tome 1 – 1975
  • Paris Oblitérations de Jean Potion 1984
  • France Oblitérations de Jean Potion 1985
  • Les ballons montés de Gérard Lhéritier -1990
  • La fabuleuse histoire des boules et ballons de la délivrance de Jean-Claude Lettré – 2006
  • Le site internet de Jean-Francois Estel    http://jef.estel.pagesperso-orange.fr/index.htm

 

6 Le destinataire, Monsieur SALNEUVE

Qui était M.SALNEUVE, le destinataire de ce courrier ?

A la recherche du FULTON …

Mathieu-Marie-Claude SALNEUVE est né à Aigueperse (Puy-de-Dôme) le 15 janvier 1815. Il fait ses études au collège Bourbon, est reçu licencié en droit en 1836, et docteur en 1841. Inscrit au barreau de Riom la même année, il entre dans la magistrature, le 28 février 1847, comme juge-suppléant au tribunal de Riom, devient successivement substitut, procureur de la République, juge, puis juge d'instruction à Riom, et, le 21 octobre 1865, Vice-président du tribunal de Clermont-Ferrand.

Le 4 septembre 1870, il refuse le poste de procureur-général, et est Président du comité de la défense dans son département. Il obtient, sans être élu, le 8 février 1871, d’être candidat à l'Assemblée nationale dans le Puy-de-Dôme, Il recueille 39,576 voix sur 96,000 votants, puis, à l'élection complémentaire du 2 juillet suivant, motivée par la démission de M. Girot-Pouzol, il est élu représentant du Puy-de-Dôme, par 67,743 voix sur 92,015 votants et 170,459 inscrits, contre 22,985 à M. Auberjon, conservateur. Il prend place à la gauche républicaine, soutient la politique de Thiers, et vote contre la pétition des évêques, contre le pouvoir constituant, pour le service de trois ans, contre la démission de Thiers, contre la septennat, contre le ministère de Broglie, pour l'amendement Wallon, pour les lois constitutionnelles. Il est été admis à la retraite comme magistrat, le 8 août 1874, avec le titre de vice-président honoraire. Le 30 janvier 1876, il est élu sénateur du Puy-de-Dôme par 286 voix sur 569 votants. Il siége à gauche dans la Chambre haute.

Il décède le 18 septembre 1889.

7 Retranscription de la correspondance

Cette correspondance adressée à Monsieur Salneuve, alors vice-président du tribunal civil à Clermont – Ferrand (et bientôt sénateur, mais cela, il ne le sait pas encore !) est un témoignage important de l’état d’esprit qu’il règne dans Paris alors que l’on est au 11ème jour du siège.

Cette lettre n’est pas signée, mais j’ai la conviction que l’expéditeur est une personne très proche de M. Salneuve, elle conclue d’ailleurs cette missive par des « embrassades cordiales ».  Après quelques recherches, il s’avère que le destinataire a un frère cadet : Victor. Il est homme de lettres, ami de Béranger et de Lamartine; de là à en faire notre expéditeur potentiel… Pourquoi pas !

« Samedi 29 octobre 1870 (lettre reçue le 4 novembre)

Toujours sans nouvelles depuis le 18 septembre – un tel isolement forcé est vraiment pénible. Quand on écrit sans réciprocité, sans échange d’idées, sans possibilité de répliquer, un pareil exercice  est assez monotone, car il devient alors un simple monologue, genre de discours ennuyeux, énervant quand il se prolonge et se répète. Est-il permis de vous croire tous en bonne santé ? Peu accessible à toute pensée mauvaise ou sinistre, l’auteur de la présente, suit son penchant naturel en inclinant vers l’affirmation. Fasse le ciel et nos efforts communs qu’il en reçoive bientôt l’heureuse confirmation !

Dernière lettre pareille a celle-ci écrite mercredi 26 courant. Elle a dû s’envoler dans les airs par l’un des ballons partis de Paris.

L’Officiel de ce jour ouvre un crédit de 40 000 à Dupuy de Lhome pour l’aider à la construction d’un aérostat dirigeable dont il est l’inventeur. S’il réussit, Paris et la province seront incessamment en communication facile malgré le blocus qui nous étreint. Cette situation obsidionale est fort triste, et, sans le rapport matériel, cela ne fait que croitre, mais sans s’embellir.

 L’aspect de la ville est tout autre de celui habituel, principalement le soir, car il y a peu d’éclairage jusqu’à 10h1/2, et qu’à cette heure tout lieu public se ferme et le gaz des rues est rendu rare. Cependant quoiqu’il y ait, moins en moins de police, qu’en ce moment  tout est d’une tranquillité parfaite, et on ne signale ni vol ni attaque nocturne. La garde nationale est vigilante et veille à la sécurité de tous. Les gardiens de la paix publique, institution substituée à celle des sergents de ville, sont assez nombreux et se composent en majeure partie de l’ancien personnel. Ils semblent avoir une mission en quelque sorte passive.

La Concorde reste inébranlable. Les manifestations en faveur de la commune n’ont amené aucun conflit. L’opinion publique les a désapprouvés. Elles se sont évanouies devant leur impuissance bien manifeste. Les mêmes tentatives à Lyon et à Marseille, quoique suivies, de quelques succès d’abord, ont abouties ensuite à un échec, d’après les dépêches de Tours, ainsi tout parait être au calme dans notre malheureux pays. 

Ici la direction des esprits converge unanimement vers des mesures objectives d’expulsion de l’ennemi. Jusqu’à présent, il n’y a aucune dépendance. Résolus comme on est, on saura attendre patiemment le jour de délivrance. Mais il faut être deux fois sûr du succès d’ici et au dehors  pour engager sérieusement la lutte. Avec des masses d’hommes et de gros canons, on forcera bien les modernes vandales à fuir. Le journaliste Bismark veut tromper la province et l’Europe par ses infâmes mensonges,  mais il n’y parviendra pas avec son Nouvelliste de Versailles. Thiers va arriver ici dit-on. Nos armées du dehors doivent être ????  Bazaine tiendra à Metz jusqu’à ordre contraire. ??? Gallet est toujours grand. Compliments à tous et embrasses cordiales. »

En espérant que ce jeu de piste vous a passionné !

APN 2015 - Bruno Debove

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10 avril 2015 5 10 /04 /avril /2015 21:00

Mon grand oncle Philippe Desbruyères, né le 11 novembre 1878 (date prémonitoire) était de la classe 1898. Il avait effectué son service militaire de 1899 à 1902 avec le grade de caporal.

 

Après la déclaration de guerre, il fut mobilisé en octobre 1914, date tardive en raison de son âge (36 ans). Incorporé au 64ème Régiment  territorial le 19 octobre 1914  puis au 368ème Régiment d’Infanterie, il obtint les grades de sergent le 4 juin 1915 et sergent-chef le 28 juin 1915.

 

Il fut fait prisonnier probablement peu après Juillet 1915 car il écrit une carte de correspondance des armées le 31 juillet. Cet événement s’est produit dans les Vosges alors que son régiment attaquait. Croyant les allemands devant, les soldats du régiment ont, sans le savoir dépassé les lignes ennemies et ont été contournés.

Philippe Desbruyères dit « le Tienny »  prisonnier de guerre français en Allemagne

Philippe Desbruyères fut transféré au camp de Landau situé en Rhénanie Palatinat au nord-ouest de Karlsruhe fin 1915. Il y resta jusqu’à la libération fin 1918.  Il appartenait au 2ème bataillon de la 7ème compagnie de prisonniers comme en témoignent les cartes écrites à sa famille. Le cachet de censure apparaît au verso porteur du n° 28.

 

Ce camp reçu une visite de délégués espagnols le 14 avril 1916. A cette date, il comptait alors 1077 prisonniers dont 855 français.

 

Philippe fut démobilisé le 20 février 1919.

 

Son petit-fils, mon cousin Claude Guyot a fait paraître à droits d’auteur en 2009 un ouvrage intitulé « Mon Grand-Père Le Tienny ».

 

Sur le site : www/europeana1914-1918.fr on peut retrouver dans la rubrique « prisonniers » l’histoire de Philippe grâce aux informations et aux documents transmis par mon cousin.  

 

 

Philippe Desbruyères en captivité au camp de Landau, mars 1916.

Philippe Desbruyères en captivité au camp de Landau, mars 1916.

Carte de correspondance du 31 juillet 1915.
Carte de correspondance du 31 juillet 1915.

Carte de correspondance du 31 juillet 1915.

Carte de prisonnier du 7 février 1916.
Carte de prisonnier du 7 février 1916.

Carte de prisonnier du 7 février 1916.

Lettre à ses sœurs du 25 novembre 1916.

Lettre à ses sœurs du 25 novembre 1916.

Courrier du 25 novembre 1916

 

Chères sœurs,

Je bien reçu la dernière lettre d’Henriette. J’espère avoir bientôt des vos nouvelles. Je vous avais demandé des livres parce que je savais que vous aviez beaucoup d’invités et je pensais qu’il y avait des lectures et que vous auriez pu m’envoyer de ceux-là mais je ne pensais pas que vous en achèteriez. J’ai eu des nouvelles de Paris et de Corancy il y a peu de temps. Les nouvelles sont toujours bonnes pour Tous. Louise me dit qu’elle retient Louis le soir pour ses leçons car le calcul ne va pas fort et que jeanne fait seule ses additions et qu’elle sait sa table sur le bout du doigt. Ma sœur me semble pas vouloir déménager mais ça ne fait rien, comme ça elles verront bien. Je pense avoir une lettre de Philippine de Paris qui aura peut être vu Octave. Francis doit être chauffeur car ma sœur dit qu’il a maigri. Pour moi la santé est toujours très bonne. J’ai bien reçu les colis du 24 octobre, je crois. Je n’ai pas encore les livres. Je crois aussi que je ne suis pas à la veille de vous revoir. La quarantaine me prendra probablement ici, mais il n’y a rien à faire au destin. Je le désirerais même et retrouver tous nos enfants en bonne santé. Je suis toujours occupé aux colis, c’est une occupation qui permet de se donner un peu d’exercice, il se pourrait que nous soyons astreint à aller au travail dehors. Je vous en parlerai plus tard. Doussot de Corancy et Bouvier sont toujours au travail. Rien de plus à vous communiquer, c’est toujours la même chose. Donnez-moi autant que possible des nouvelles de Tous. Le bonjour de ma part à Tous ainsi qu’à la famille Guéroult. Je vous embrasse bien affectueusement.

Comme je vous aime votre frère Desbruyères.

 

Lettre à ses sœurs du 16 décembre 1916.

Lettre à ses sœurs du 16 décembre 1916.

Courrier transcrit du 16 décembre 1916

 

Chères sœurs,

Je n’ai pas reçu de vos nouvelles depuis longtemps. J’en aurai peut être même ce soir, mais je suis obligé d’écrire aujourd’hui. J’ai bien reçu le colis du 8 en bon état, ce qui était dans la boîte était bon et le reste aussi ; Pour Louis, je suis le premier à comprendre le cas, mais il y a aussi bien des cas de s’en tirer et il ne faut pas se lamenter avant les faits, certes c’est bien lui qui m’est le plus cher pour le moment car je vois les autres à couvert pour le moment, mais malgré cela, je veux penser le contraire d’Henriette. J’ai parlé à ma sœur pour le déménagement, elle m’a toujours répondu que je n’avais rien à craindre, que je ne devrais rien, que je n’avais pas un salaire assez fort pour indemniser le propriétaire, alors j’ai écrit à louise qu’elles étaient sur les lieux et qu’elles pourraient voir mieux que moi qui voyait toujours les frais s’accumuler, mais si cela n’est pas le cas tant mieux. Les dernières nouvelles datent du 29 novembre, rien de nouveau au pays. J’ai reçu une carte de notre ami Guetré lui-même, il est chez lui, sa carte est bien rédigée et ne vous oublie pas, il m’annonce encore un colis, il pense qu’il s’en remettra complètement. Combien sa femme et ses Parents ont du être heureux, et nous après avoir vu son état. Pour moi la santé est toujours bonne. Bouvier et Doussot sont toujours au travail. Je profite de cette lettre pour vous souhaitez mes meilleurs vœux de bonne année, espérant malgré tout que la nouvelle année nous apporte la paix dont on parle aujourd’hui, mais hélas sans espoir je crois. J’ai bien reçu une lettre d’Octave pendant son séjour à Paris. Je pense que le cousin Henri a été au pays et que sa femme ne va toujours pas. Je voudrais bien pouvoir vous écrire plus souvent mais je ne puis faire plus. Jeanne m’a écrit qu’elle avait eu un beau manteau de sa tante Philippine et qu’elle l’avait porté le jour même de la Toussaint. J’ai dit à Louise qu’elle les fasse photographier au Printemps comme elle l’a fait l’année dernière, peut être dira-t-elle c’est assez vous lui direz que tous les ans ne suffisent qu’à peine étant donné les circonstances. 

 

Correspondance du 19 août 1917.
Correspondance du 19 août 1917.

Correspondance du 19 août 1917.

Carte avec cachet de censure.

Carte avec cachet de censure.

Correspondance du 5 septembre 1917.

Correspondance du 5 septembre 1917.

APN - Christian Raget

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25 juillet 2014 5 25 /07 /juillet /2014 06:49

Le nouveau bureau de poste Nanterre Seine Arche a été officiellement inauguré le mercredi 2 juillet. Il est situé Place Nelson Mandela, à l’angle des Terrasses de l’Arche qui constituent le nouvel aménagement de l’axe majeur qui part du Louvre et se prolonge désormais au delà de la Grande Arche.

 

Ce bureau avait ouvert au public le 18 novembre 2013, mais son inauguration avait été repoussée en raison de la période de réserve électorale du début 2014.

 

Le Maire de la ville et les autorités départementales et locales de La Poste ont rappelé la genèse de cet aménagement. Demandé en 2004 par la ville en raison de l’important développement immobilier attendu dans ce secteur, sa réalisation a été en définitive inscrite au rez-de-chaussée de l’immeuble jouxtant la Terrasse 12. Il est équipé des services les plus modernes et bénéficie d’une sécurisation maximum (il n’y a pas d’argent au guichet).

 

Il reçoit aujourd’hui plus de 400 clients par jour, entreprises et particuliers.

 

 

Bureau de Poste Seine Arche L’inauguration
Bureau de Poste Seine Arche L’inauguration
Bureau de Poste Seine Arche L’inauguration
Bureau de Poste Seine Arche L’inauguration

C’est le seul bureau nouveau créé de toute pièce dans les Hauts de Seine depuis 10 ans et le seul ouvert en 2013, situation exceptionnelle lorsque l’on sait que La Poste a mené de nombreuses opérations de rénovation de bureaux dans le département.

 

A cette occasion, un nouveau TAD a été mis en service « Nanterre Seine Arche ». Il n’était pas prêt lors de l’ouverture au public en novembre dernier, et jusqu’à ce jour, c’était le TAD de « Nanterre Berthelot » qui était utilisé. En effet, Nanterre Seine Arche est un bureau annexe rattaché à Nanterre Berthelot, bureau centre. Cependant, un cachet de service rectangulaire a servi à annuler quelques plis, assez rarement semble-t-il ?

 

Pour cet événement, l’APN92 a exposé, avec l’accord du Receveur Laurent Burçon (un philatéliste !), les panneaux présentant la Grande Guerre à Nanterre, à travers des documents postaux (cf. Le Lien n° 110).

 

La Direction Départementale de la Communication  de La Poste a remis aux invités un souvenir philatélique composé à partir des timbres du carnet Croix Rouge émis récemment par La Poste « L’amour en dix fleurs ». Donc, 10 souvenirs différents !

Bureau de Poste Seine Arche L’inauguration
Bureau de Poste Seine Arche L’inauguration
Bureau de Poste Seine Arche L’inauguration
Bureau de Poste Seine Arche L’inauguration
Bureau de Poste Seine Arche L’inauguration
Bureau de Poste Seine Arche L’inauguration
Bureau de Poste Seine Arche L’inauguration
Bureau de Poste Seine Arche L’inauguration
Bureau de Poste Seine Arche L’inauguration
Bureau de Poste Seine Arche L’inauguration
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30 janvier 2014 4 30 /01 /janvier /2014 19:06

Voici trois lettres très récentes et originales : la première est affranchie au deuxième échelon de poids de la lettre prioritaire du nouveau tarif applicable depuis le 1er janvier 2013, soit 1,05 €. Elle a été composée de 21 timbres de 0,05 € dont deux bandes de 10 composant le haut d’une feuille de 100.

La seconde est l’œuvre d’un philatéliste qui a utilisé des timbres en francs pour réaliser cette lettre recommandée : le décompte est exact à 1 centime près: 6 x 4,40 F = 26,40 F soit 4,02€ pour une lettre prioritaire recommandée R2 sans AR soit : 0,63 + 3,38 = 4,01 €. Mais ce qui fait son originalité est son annulation par un cachet de service de la poste de Cusset dans l’Allier, bureau qui comme bien d’autres ne possède plus de timbre à date ordinaire.

Enfin la troisième, recommandée R1 (2,78 € sans accusé de réception) et affranchie au deuxième échelon de poids de la lettre prioritaire (1,05 €) est revêtue du bloc « soldats de plomb » émis en 2012. Le complément d’affranchissement fait de trois timbres à 0,10 € est surabondant de 7 centimes (3,90 au lieu de 3,83 €). Quand on aime les beaux affranchissements, il arrive que l’on compte moins !

Belles lettres d'aujourd'hui
Belles lettres d'aujourd'hui
Belles lettres d'aujourd'hui
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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 15:05
Des reproductions philatéliques inégalement fidèles
 

Dans différentes émissions, la qualité d’impression laisse, hélas, plus ou moins à désirer. Par exemple les figures 14 à 18.

 

Au niveau technique, le tableau original du Louvre se caractérise par son flou, en italien sfumato, très difficile à rendre sur un timbre-poste, à moins d’un effort particulier de l’imprimerie. Le sfumato, qui signifie littéralement «enfumé» également traduisible par «évanescence», est un effet vaporeux, obtenu par la superposition de plusieurs couches de peinture extrêmement délicates qui donne au tableau des contours imprécis.

 

Léonard de Vinci a notamment employé cette technique au niveau des yeux dans la mise en ombrage. Ce flou est en quelque sorte la «marque de fabrique» du peintre qui distingue l’œuvre originale de ses innombrables copies.

 

Figure 14 - Bulgarie,  1980, YT 93.

Figure 14 - Bulgarie, 1980, YT 93.

Figure 15 - France, avec  le timbre autocollant issu du carnet "Chefs d'oeuvres de la peinture" qui ne donne pas le meilleur exemple de fidélité dans l’émission du 28 janvier 2008, YT 4135.

Figure 15 - France, avec le timbre autocollant issu du carnet "Chefs d'oeuvres de la peinture" qui ne donne pas le meilleur exemple de fidélité dans l’émission du 28 janvier 2008, YT 4135.

Figure 16  Hongrie 1974.

Figure 16 Hongrie 1974.

Figure 17  Hongrie 1975.

Figure 17 Hongrie 1975.

Figure 18 - Yémen 1969.

Figure 18 - Yémen 1969.

A la décharge des administrations postales, notons que sur les timbres, la fidélité aux teintes d’origine est également rendue très difficile par leur évolution au cours des siècles. A la longue, les couleurs ont en effet fini par se mélanger en une sorte de grisaille, comme l’a récemment et très parfaitement mis en évidence une émission télévisée de France 5 (6).

 

Quoiqu’il en soit, il nous semble qu’auraient pu être plus soignées des émissions comme les figures 19 à 21.

Figure 19  Bhoutan, 1972, YT 375.

Figure 19 Bhoutan, 1972, YT 375.

Figure 20  Corée du Nord 1986.

Figure 20 Corée du Nord 1986.

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6 TV5, Mythe et mystère, La Joconde enregistrement de l’émission du 15 décembre 2011.

Figure 21   Paraguay 1971.

Figure 21 Paraguay 1971.

Émissions zoomant un détail du tableau
 
Plusieurs timbres ne s’attachent qu’à certains détails de l’œuvre. Avec la position des mains, l’expression du visage, les yeux et la bouche sont le plus souvent isolés (Figures 22 à 24).
 
Le sourire de La Joconde constitue à l’évidence l’élément le plus caractéristique du tableau. Il a le plus contribué au développement du mythe généré par l’œuvre. Ce sourire apparaît comme suspendu, prêt à s'éteindre : quand on le fixe directement, il semble disparaître pour réapparaître lorsque la vue se porte sur d'autres parties du visage. Le jeu des ombres accentue l'ambiguïté qu’il produit.
 
Depuis des siècles, le visage énigmatique de Mona Lisa est source d’interrogations, de même que la personnalité réelle du personnage représenté (7).
 
Très majoritairement, les historiens s’accordent à considérer Lisa Del Giocondo, née Lisa Maria Gherardini en mai 1479 à Florence (Toscane), épouse de Francesco di Bartolomeo di Zanobi del Giocondo avec qui elle eu trois enfants, comme le modèle du tableau dont le nom viendrait de Madonna (Madame, en français), abrégé en Mona, et Lisa, son premier prénom. Mais d’autres conjectures ont aussi été émises : on continue parfois à considérer le tableau de La Joconde comme un autoportrait travesti, ce qu’attesterait la superposition sur le portrait de Mona Lisa des calques des autoportraits du peintre présents dans ses carnets de croquis. On s’est aussi basé sur une analogie : le visage de Mona Lisa serait superposable à celui de Catherine Sforza, princesse de Forli dans un portrait peint par Lorenzo di Credi. Mais ces deux points de vue sont restés minoritaires.
 
La charge symbolique du tableau est particulièrement remarquable. En italien, giocondo signifie « heureux, serein ». Léonard était sûrement conscient qu'il peignait non seulement le portrait d'une femme, mais aussi celui d'une expression. La Joconde constitue réellement le portrait de la sérénité idéale, comme la maternité épanouie de Mona Lisa del Giocondo qui venait de donner la vie à son troisième enfant lors de la réalisation de l’œuvre. La toile présente d’ailleurs une caractéristique bien particulière : les cheveux du modèle, non pas noués mais pendants, ce qui, à l’époque, n’était autorisé qu’aux femmes relevant de couche … ou aux prostituées. Des recherches récentes ont en outre établi que le sujet portait d’ailleurs sur elle le voile dont se couvraient les accouchées. D’aucuns voient donc dans La Joconde l'expression de la féminité, voire de la maternité, car elle semble apparaître comme tenant un enfant dans ses bras.
 
Dans une analyse fouillée, Sigmund Freud attribue à «Caterina, la propre mère de Léonard … ce mystérieux sourire, un temps pour lui perdu, et qui le captiva si fort quand il le retrouva sur les lèvres de la dame florentine» (8).
Figure 22 - France : sur le pont joignant  les timbres de la bande Louvre de 1993.

Figure 22 - France : sur le pont joignant les timbres de la bande Louvre de 1993.

Figure 23 - Grande-Bretagne 2008.

Figure 23 - Grande-Bretagne 2008.

Figure 24 Japon 2011, local.

Figure 24 Japon 2011, local.

Figure 25 - Allemagne 1952 YT 34  sur carte maximum.

Figure 25 - Allemagne 1952 YT 34 sur carte maximum.

Figure 26 - Gambie 1993.

Figure 26 - Gambie 1993.

Figure 27 - Guinée 1998 YT 1337.

Figure 27 - Guinée 1998 YT 1337.

Figure 28 - Guinée Bissau 2003 YT 1182.

Figure 28 - Guinée Bissau 2003 YT 1182.

Figure 29 - Guyana 1993.

Figure 29 - Guyana 1993.

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7. Sophie Herfort, La Joconde : qui était vraiment Mona Lisa ?, Michel Lafon, 2011, 304 p.

8. Sigmund Freud, Un souvenir d’enfance de Léonard de Vinci, traduction et notes de Marie Bonaparte, NRF Gallimard, coll. Idées, 1983, 155 p.

Émissions d’une image recadrée avec parties manquantes
 
Beaucoup de reproductions philatéliques, en fait la majorité, souffrent d’un recadrage plus ou moins pertinent. Certes, le format original de l’œuvre 77 x 53 ne se prête pas à un rapport de réduction toujours réductible à celui d’un timbre. Mais la plupart des redécoupages conduisent à l’omission des détails du fond, d’importance non négligeable. Exemples figures 25 à 34.
 
On peut regretter ces recadrages dans la mesure où un examen attentif de l'arrière plan de l’original montre un paysage montagneux également remarquable, bien visible sur la carte maximum allemande, à défaut de l’être sur le timbre. Deux sujets secondaires s’y détachent : un chemin sinueux et une rivière enjambée par un pont de pierre, seul élément architecturé de l’ensemble (Figure 35).
 
Daniel Arasse, éminent historien de l’art, explique que ce pont peut être vu comme le symbole du temps qui passe. Pourquoi pas ? Mais chez Léonard de Vinci tout comme chez ses disciples, la présence du pont est récurrente.
 
Réminiscence d’ingénieur ? C’est également possible (10). Ce génie universel a lui-même inspiré la construction du pont de la Sainte Trinité à Florence (figure 36), édifié après sa mort à partir d’une de ses esquisses. On lui doit également l’invention des ponts-tournant, que commémore une maquette visible au château du Clos-Lucé d’Amboise, ultime demeure du grand savant, aujourd’hui musée (figure 37). Un pont se retrouve aussi sur d’autres peintures inspirées par Léonard de Vinci à ses successeurs, comme par exemple Léda, huile sur panneau de bois, 112 x 86 cm réalisée vers 1505-1510, visible Galleria Borghese à Rome (Figures 38 et 39).
 
L’observation minutieuse du fond révèle également une cassure de la ligne d'horizon, détail également très intéressant.
 
La tête de Mona Lisa sépare le tableau en deux parties dans lesquelles l'horizon ne se trouve pas au même niveau : du côté droit du tableau, cette ligne semble plus élevée que du côté gauche. Selon Daniel Arasse ceci renforcerait le symbolisme féminin. Pour Thierry Gallier, cette dissymétrie participe à sa démonstration de l’Isis révélée.
Figure 30 - Irlande 2000  YT 1238.

Figure 30 - Irlande 2000 YT 1238.

Figure 31 - Macédoine 2002  YT 246.

Figure 31 - Macédoine 2002 YT 246.

Figure 32 - Sierra Leone  2004 YT 3836.

Figure 32 - Sierra Leone 2004 YT 3836.

Figure 33 - Tchad 1999.

Figure 33 - Tchad 1999.

Figure 34 - Togo 1972 YT 755.

Figure 34 - Togo 1972 YT 755.

Figure 35 - Rivière enjambée  par un pont de pierre.

Figure 35 - Rivière enjambée par un pont de pierre.

Figure 36   Pont Santa Trinità  Florence, 1949 YT 551.

Figure 36 Pont Santa Trinità Florence, 1949 YT 551.

Figure 37   Ponts de Léonard de Vinci, carte postale Clos-Lucé, Amboise.

Figure 37 Ponts de Léonard de Vinci, carte postale Clos-Lucé, Amboise.

Figure 38   Sao Tome e Principe 2005 La Joconde et Léda (en haut à gauche).

Figure 38 Sao Tome e Principe 2005 La Joconde et Léda (en haut à gauche).

Figure 39   Zoom sur le pont du tableau Léda.

Figure 39 Zoom sur le pont du tableau Léda.

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9 Daniel Arasse, Histoires de Peintures, Denoël 2004 (réédition. Folio-poche 2006), transcription de la série d'émissions diffusées sur France Culture pendant l'été 2003 (livre et CD-Rom sous mp3).

10 Michel Krempper, Cherchez le pont, L’Echo de la Timbrologie, n° 1822, octobre 2008, page 56.

 

Images détournées
 
Des timbres, bien qu’issus d’émissions officielles, n’ont gardé que des rapports lointains avec le chef-d’œuvre source de leur inspiration. Ils relèvent de la masse des représentations détournées qui ont fait florès dans la lignée des créations surréalistes des années 1920, notamment celles du peintre Marcel Duchamp. Ces images se veulent souvent une parodie et sont très nombreuses sur carte postale comme Serge Zeyons l’a montré dans ces colonnes (11). Deux exemples philatéliques issus de cette veine (Figures 40 et 41).

 

Figure 40 - Monténégro 2006,  YT 141 né de l’imagination du peintre Fernando Botero.

Figure 40 - Monténégro 2006, YT 141 né de l’imagination du peintre Fernando Botero.

Figure 41 - Pologne 2002.

Figure 41 - Pologne 2002.

Vignettes abusives ou illégales
 
Terminons par les fabrications des pseudos-émetteurs pointées par la Fédération Internationale de Philatélie qui les juge, tout comme la FFAP, indésirables dans les expositions qu’elles patronnent : pays du Golfe des années 1970, pseudos États issus de l’ex-URSS, îles écossaises, différents pays africains, etc. Il s’agit d’émissions abusives voire illégales sans aucune valeur d’affranchissement que les philatélistes avisés se gardent de prendre pour des timbres-poste, même s’ils peuvent être légitimement tentés par une relative qualité de reproduction et par l’intérêt de la vignette du point de vue de l’histoire de l’art. Bien entendu, chacun collectionne ce qu’il veut, mais tant qu’à faire, autant le faire à bon escient. Parmi les plus fréquemment proposées sur le marché, mentionnons dans cette rubrique :
 
. Arabie-Ras al Khaima, 1968,
. Arabie –Seyun, 1967,
. Ajman, 1970,
. Comores 2004
. Davaar, pseudo-émission écossaise
. Granada-Cariacou
. Liberia 2003
. Russie 2011, pseudo-poste privée
. Sao Tomé 2004, 2005
. Turkménistan 1999, 2000.

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11 Serge Zeyons, On a volé la Joconde, Timbres-magazine, n° 125, juillet-août 2011, page 80.

APN - Mai 2013 - Michel Krempper

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1 mai 2013 3 01 /05 /mai /2013 13:24

En dépit de ses cinq cent ans, l’œuvre de Léonard de Vinci (Figure 1) se retrouve régulièrement sous les feux de l’actualité artistique : rien qu’en 2012, on lui aura trouvé par deux fois une sœur, grande ou petite, voire des jumelles ! Chaque année rajoute aussi des titres à la liste pourtant déjà longue des ouvrages qui lui sont consacrés.

Figure 1 - Carte Maximum 1952 TP France YT 929.

Figure 1 - Carte Maximum 1952 TP France YT 929.

La Joconde, ou Portrait de Mona Lisa, est un tableau réalisé entre 1503 et 1506 par le peintre italien mort à Amboise en 1519. Il représente un buste, très probablement celui de la florentine Mona Lisa del Giocondo (Figure 2). Cette peinture à l'huile sur panneau de bois de peuplier de 77 x 53 cm est exposée au musée du Louvre à Paris dont elle est la pièce-phare (Figure 3). C’est l'un des rares tableaux attribué de façon certaine à Léonard de Vinci.
Figure 2 - France 1990 YT 3225.

Figure 2 - France 1990 YT 3225.

Figure 3 - France YT 2852A.

Figure 3 - France YT 2852A.

Ce portrait est devenu une peinture célèbre d’abord parce que, dès sa réalisation, de nombreux peintres l’ont pris pour référence : il constitue alors l'aboutissement des recherches du XVème siècle sur la représentation d’un modèle. Par la suite, à l'époque romantique, les artistes ont été fascinés par l'énigme du personnage, contribuant à développer le mythe qui l'entoure et faisant de cette peinture l’une des œuvres d'art les plus connues au monde, si ce n'est la plus connue. Au XXIème siècle, elle est passée au rang d'objet d'art le plus visité de la planète, juste devant le diamant Hope. Au musée du Louvre, la Joconde bénéficie depuis mars 2005 d'une salle rénovée et spécialement aménagée pour la recevoir, la salle des États. Sa mise en valeur et sa protection sous vitre blindée ont été co-financées par une chaine de télévision japonaise.
 
 
En 2012, la Joconde est, par deux fois, venue défrayer la chronique avec la publicité faite à deux importants tableaux. L’un se trouvait depuis 1819 au Musée du Prado à Madrid (Figure 4) mais n’a été authentifié qu’il y a peu, après qu’un nettoyage méticuleux ait fait réapparaître le paysage du fond (Figures 5a, 5b) et permette d’établir qu’il s’agissait d’une copie.
Figure 4 - Espagne Musée du Prado.

Figure 4 - Espagne Musée du Prado.

Figure 5a - La Joconde du Prado à Madrid.

Figure 5a - La Joconde du Prado à Madrid.

Figure 5b - Détail de la Joconde du Prado.

Figure 5b - Détail de la Joconde du Prado.

Non pas d’une copie quelconque mais d’un tableau présentant la particularité d’avoir été réalisé dans l’atelier du Maître en même temps que l’original, sans doute par l’un de ses plus proches élèves. Réalisée sur bois de noyer, la Joconde de Madrid est d’un format très semblable à sa sœur du Louvre : 76 x 57 cm1.
 
 
Le battage pour l’autre tableau remonte tout juste au mois de septembre dernier avec la présentation très médiatisée de la Mona Lisa d’Isleworth2. Découvert en 1913 par un collectionneur, Hugh Blaker, dans un manoir de l'ouest de l'Angleterre, il avait été transféré près de Londres dans le quartier d'Isleworth, dont il a pris le nom. Après avoir changé de mains plusieurs fois et passé 40 ans dans un coffre d’une banque suisse, il est à présent propriété de la Mona Lisa Foundation basée à Zürich, émanation d’un consortium emmené par David Feldman, bien connu des collectionneurs et des philatélistes. Pour cette Fondation, l’attribution à Léonard ne fait pas de doute. Il s’agirait d’une version de dix ans plus jeune que la Joconde du Louvre, présentant la même femme mais avec dix ans de moins (Figure 6).
Figure 6 - Mona Lisa d’Isleworth et la Joconde du Louvre.

Figure 6 - Mona Lisa d’Isleworth et la Joconde du Louvre.

Des différences marquantes distinguent cependant les deux peintures : si la posture du modèle et ses vêtements sont similaire, la dernière huile est plus grande, ses couleurs sont plus vives, elle a été peinte sur toile et non sur bois qui était pourtant le support préféré de Léonard. Les spécialistes sont donc partagés. Devant les interrogations de certains, on ne peut que conclure : affaire à suivre ...
 
Une œuvre aussi considérable a naturellement suscité une bibliographie exceptionnellement importante. Le meilleur y côtoie le pire. La complexité du tableau a inspiré des interprétations les plus variées. A côté de l’histoire de l’art, de la science, de la psychanalyse, de la vulgarisation, l’ésotérisme s’en est aussi emparé. Paru dans la foulée du Da Vinci Code (Figure 7), succès mondial tiré à 85 millions d’exemplaire avec une couverture illustrée par Mona Lisa, le dernier du genre s’intitule Isis, la Joconde révélée. Pour son auteur, le visage serait en fait un portrait scindé en deux parties : d’un côté Lisa à 20 ans, de l’autre la même à 30 ans, preuve selon lui que Léonard n’a pas voulu faire le portrait d’une personne mais … celui de la déesse égyptienne Isis, épouse d’Osiris 3.
 
La notoriété de l’œuvre de Léonard de Vinci explique le nombre de reproductions de son tableau par les différentes Postes du monde. Michel Wagner, plasticien et philatéliste, en dénombre près de 50 mais n’est sans doute pas exhaustif4, d’autant que son chiffre ne prend pas en compte les entiers postaux5. Cette évaluation ne doit cependant pas faire illusion, tant sont variables l’intérêt thématique et la qualité des différentes vignettes postales (ou prétendues telles). Pour permettre au philatéliste de s’y retrouver, essayons de trier dans cet ensemble disparate.
Figure 7  Couverture du succès mondial de Dan Brown.

Figure 7 Couverture du succès mondial de Dan Brown.

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  1. Marion Coquet, L’autre Joconde à Madrid, Le Point, actualité culture, 1er février 2012.

  2. AFP, Une version antérieure et controversée de la Joconde présentée à Genève, Le Point, actualité culture, 28 septembre 2012.

  3. Thierry Gallier, 500 ans après sa création…Isis, la Joconde révélée, éditions Maxiness, 2011, 84 p.

  4. Michel Wagner, Of Bridges & Stamps www.timbresponts.fr a apporté son concours à notre article, il est également membre de l’APN.

  5. L’inondation du marché philatélique via internet par les innombrables repiquages d’entiers chinois non-postaux rend impossible leur comptage.

Émissions reproduisant correctement l’intégralité du tableau
 
Nous mettrons à part les vignettes prohibées par la FIP évoquées plus loin. Pour n’en rester qu’aux timbres- poste émis licitement sur la Joconde, on s’aperçoit que le collectionneur souhaitant présenter une reproduction intégrale de Mona Lisa dans une exposition philatélique officielle n’a en réalité qu’un choix restreint. En dépit de l’abondance apparente de la production mondiale sur le sujet. Trop peu d’émissions présentent en effet un cadrage d’ensemble correct et une fidélité des couleurs satisfaisante. Parmi les exceptions, retenons les figures 8 à 13.
 

APN - Mai 2013 - A suivre ...

Figure 8 - Guinée Bissau 2007.

Figure 8 - Guinée Bissau 2007.

Figure 9 - Guinée Équatoriale 1974.

Figure 9 - Guinée Équatoriale 1974.

Figure 10 - Guinée Équatoriale 1974.

Figure 10 - Guinée Équatoriale 1974.

Figure 11 - Guyana 1993.

Figure 11 - Guyana 1993.

Figure 12 - Mali 1969  YT PA 80.

Figure 12 - Mali 1969 YT PA 80.

Figure 13 - Moldavie de 2002,  Bloc-feuillet 29 avec un autoportrait du Maître.

Figure 13 - Moldavie de 2002, Bloc-feuillet 29 avec un autoportrait du Maître.

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 10:48

La sixième version sera celle du bloc définitif. Le bon à tirer a été validé le 17 août 2012.

12-Bon-a-tirer-signe_rec.jpg

Bon à tirer signé du 17 août 2012 par Marc Boukebza


Restait à réaliser les Timbres à date pour les Premiers Jours prévus à Belfort mais aussi à la base Dumont D’Urville en Terre Adélie. Aurélie Baras a réalisé trois essais  avant que ne soit validée la version définitive.


13-TAD-Essai-1_rec.jpg

Premier essai de TAD.

14 TAD Essai 2 rec

Deuxième essai : les différences portent uniquement

sur le choix de police et de taille des lettres du texte.

 

15 TAD Essai 3 rec

Troisième essai : le texte s’inscrit dans une couronne. La date est soulignée.
Il manque une majuscule à « Adélie » en bas à droite.


15 TAD TAAF EXE rec

Version définitive : la couronne n’a pas été retenue. La mention « 1er Jour » apparaît.
Adélie a retrouvé sa majuscule. Le mot « TAAF »
a été déplacé de la couronne vers le centre de l’image.


16 TAD TAAF EXE Belfort recLe TAD définitif pour le Salon de Belfort.

 

18 CP PJ TAD BelfortCarte maximum avec le cachet de Belfort


Une enveloppe souvenir a également été créée par la maison Farcigny.


19-Enveloppe-PJ-TAD-Belfort-signee-A-Barras.jpg

Enveloppe Premier Jour signée de l’artiste Aurélie Baras (photo Manuelle Cottin).

 

Dans la grande famille des passerelles et des ponts, la passerelle à manchots de Terre Adélie constitue un élément atypique qui devrait intéresser les collectionneurs pontifes, mais qui devrait aussi trouver sa place dans de nombreuses autres collections thématiques.

APN - 2013

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22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 10:22

Une performance artistique :

L’idée étant acquise, reste à restituer le dispositif sur un timbre, certes de grand format, mais le challenge n’en demeurait pas moins intéressant. Pour ce faire, Marc Boukebza, Directeur de la Philatélie des TAAF décide de faire appel à Aurélie Baras, artiste designer graphique expérimentée dans le domaine de la production philatélique. A l’âge de 28 ans, elle entame une collaboration avec La Poste et, depuis 1995, on lui doit plus d’une vingtaine de timbre à l’unité ou en feuillet pour la France et la Nouvelle Calédonie, mais aussi l’illustration d’enveloppes, la création de bloc CNEP, vignettes Lisa et de divers produits philatéliques. 

C’est un grand défi pour un artiste de représenter de façon bien vivante des animaux qu’ils n’ont jamais eu la chance d’observer dans la nature. Aurélie Baras a proposé successivement plusieurs dessins modifiés d’une étape à l’autre en fonction des observations formulées notamment par Yvon Le Maho. Une étape décisive a été franchie lorsque celui-ci à fourni à Aurélie Bras des vidéos de passages de manchots sur la passerelle, lui permettant ainsi de traduire remarquablement bien l’allure des Adélies en mouvement.  

 

7 premaquette passerelle manchots 1 mars 2012

Première prémaquette du bloc : la représentation des manchots n’est pas très naturelle,

le fond de l’image est (volontairement) flou, on ne voit qu’un élément de la passerelle.
Le texte est incomplet.

8 premaquette 2 30 mars 2012

Deuxième prémaquette : les deux passerelles sont représentées, mais la démarche
des animaux reste peu naturelle. Le fond de l’image reste assez effacé.
Le texte proposé par Yvan Le Maho est complet.


9 timbremanchots baras 23 4 2012

Troisième version : le fond du bloc est plus net, restituant mieux
l’environnement des manchots. Le nombre de manchots représentés a été augmenté.


10 timbremanchots21 mai 2012 barasQuatrième version : la représentation des manchots correspond mieux

à leur démarche naturelle, sauf pour celui situé à gauche sur la passerelle descendante.
Six animaux sont dessinés sur le bloc au lieu de 7.


11-timbremanchots3_baras.jpgCinquième version : le manchot de gauche a été redessiné, pour bien faire

apparaître son mouvement. On aperçoit plus à gauche un autre animal
qui vient de franchir la passerelle.

A suivre ...

APN - 2013

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