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  • : Amicale Philatélique de Nanterre
  • Amicale Philatélique de Nanterre
  • : Les réunions sont ouvertes à tout philatéliste, même non adhérent, mais qui souhaite partager sa passion autour du timbre et de la lettre. Réunions 1ers et 3èmes dimanches de chaque mois à 10h. Villa des Tourelles 9, rue des Anciennes Mairies à Nanterre. Adresse E-mail : apn92@free.fr
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  • APN92
  • Réunions de l'Amicale Philatélique de Nanterre - 1ers et 3èmes dimanches
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L'APN

L’association philatélique est le lieu privilégié pour partager sa passion, développer des échanges trouver la convivialité et l’amitié autour d’un loisir commun. Au-delà, elle permet de véhiculer l’information, de découvrir, d’échanger par l’intermédiaire de services structurés. L’association philatélique rompt l’isolement et intègre le collectionneur dans un groupe de contact.

Téléphone : 01 41 37 71 35 (Répondeur)
apn92@free.fr

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 15:31

Pour une meilleure insertion dans le milieu naturel, de grosses pierres ont été disposées, qui ne touchent pas les plates-formes (pour évidemment ne pas biaiser la pesée), ceci afin que les passerelles soient mieux intégrées à l’environnement. Il est également très important que le manchot qui arrive devant une passerelle ait la vision de son autre extrémité (ce qui n’est pas le cas s’il doit sauter en hauteur pour y accéder).  La passerelle est donc disposée de sorte à ce que la montée ou la descente soit le moins abrupte possible pour les manchots. 


5 Passerelle à manchots 2Le site montrant le trajet des manchots.


La passerelle a une dimension de 100 x 50 cm. Elle est composée de trois plateaux non magnétiques fabriqués en fibre de verre. Le choix de grilles en fibres de verre pour les plateaux a été retenu pour deux raisons essentielles, d’une part  la neige s’accumule moins car elle passe à travers les grilles, et d’autre part, des plateaux métalliques seraient incompatibles avec la RFID (RadioFrequencyIDentification).


6 Passerelle à manchots 4

Gros plan de la passerelle descendante, où l’on peut percevoir le matériau qui la compose.
Le panneau de signalisation reflète l’humour des chercheurs et ingénieurs à l’origine de ce projet, mais pas seulement, car le passage d’un homme détruirait les capteurs de pesée,
qui ne peuvent tolérer une masse supérieure à 5 kg !


L’identification des animaux par radiofréquence et leur pesée électronique sont ainsi assurées à chacun de leur passage. L’augmentation de poids des manchots en mer durant un intervalle de temps donné constitue à la fois une indication sur l’évolution des ressources marines et sur leur accessibilité en fonction de l’étendue de la glace de mer.


7 la démarche du manchotLe manchot Adélie et sa démarche particulière
Photo Manuelle Cottin.

 

A suivre ...

APN 2013

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 13:28

Peser les manchots,
pour mieux les protéger !

 

Les timbres des TAAF sont consacrés à des thèmes nombreux et variés : si la nature, faune et flore y sont largement représentées, on  trouve aussi des émissions présentant les initiatives techniques et scientifiques développées dans ces territoires dans des buts de développement des connaissances et plus particulièrement pour une meilleure protection de l’environnement.

A ce point la technique est le relai de la recherche scientifique pour expérimenter les solutions proposées par les chercheurs.

Parmi les moyens techniques ayant eu l’honneur d’être retenus comme sujet d’émission de timbres, figurent des bâtiments, des équipements divers, des matériels, mais pas ou peu d’ouvrages d’infrastructure.

Sans doute, pour réparer cet oubli, le programme philatélique 2013 a retenu l’émission d’un timbre consacré à une passerelle technique destinée à l’identification et à la pesée électronique des manchots.

C’est finalement au titre de «hors programme 2012 » que ce timbre, devenu entre temps un feuillet, a été émis, lors du Salon Timbres Passion à Belfort le 2 novembre 2012.  


1-BF-definitif.jpgBloc feuillet définitif.

 

Un outil scientifique sophistiqué :

Ce type d’ouvrage est particulièrement original en raison même de son usage très particulier que l’on ne rencontre que dans cette région du globe.

L’objet de cette passerelle est de peser les manchots lors de leur séjour en mer afin de mesurer la variation de leur poids entre leur départ à la mer et leur retour dans la colonie. Reflet de l’abondance des ressources marines, ce dispositif   constitue un nouveau type d’observatoire pour étudier l’effet du changement climatique sur la biodiversité.

En fait, en réalisant une pesée automatique, on fait coup double : le premier point est, majeur car il concerne l’éthique : en effet, on évite par ce procédé le stress et donc la perturbation liée à la capture de l’animal pour sa pesée. Le second est l’obtention de mesures 24 h sur 24, et quelques soient les conditions météorologiques résultats que seule la pesée automatique permet d’obtenir. Mais une pesée automatique n’est évidemment rendue possible que par une identification automatique…

Sur l’initiative d’Yvon Le Maho, Directeur de Recherche au CNRS et Membre de l’Académie des Sciences, le premier dispositif de pesée automatique a en fait été installé pour des manchots royaux durant l’été Austral 1991-1992 dans la Baie du Marin, sur l’Ile de la Possession (Archipel de Crozet). Ce dispositif, le premier de ce type, a été rendu possible par la mise au point de l’identification par radio-fréquence (RFID) par Texas Instruments Pays-Bas. Ce développement était encore tout récent puisqu’il faisait encore l’objet de tests. Ainsi, dans le cadre d’un partenariat avant commercialisation avec cette société, les premiers animaux à être identifiés électroniquement dans le milieu naturel ont été des manchots royaux des TAAF.  Pour de telles avancées méthodologiques majeures, le rôle des ingénieurs est évidemment primordial et dans l’équipe de Yvon Le Maho c’est l’ingénieur Jean-Paul Gendner bien connu des radio-amateurs, qui conçut le dispositif de Crozet. Celui-ci fit l’objet d’un premier timbre des TAAF. (YT n°180 de 1993).


2-TP-TAAF-180-1993_rec.jpg Timbre émis par les TAAF en 1993 (YT n°180)
représentant le premier dispositif expérimenté sur l’Ile Crozet.

 

Bien sûr, ce dispositif novateur fut rapidement copié par des chercheurs australiens, anglais et américains, à la fois pour des manchots Adélie en Antarctique, mais aussi pour des manchots subantarctiques et australiens.

Cependant, comme pour tout dispositif pionnier, il avait évidemment des imperfections, qui n’avaient pas été corrigées et n’ont pas été résolues dans les « copies ». Grâce à plusieurs astuces de l’ingénieur Benjamin Friess, le dispositif installé en Terre Adélie est en fait le premier à avoir résolu les difficultés inhérentes à une approche pas si simple qu’elle pourrait paraître. Ecoutons Yvon Le Maho, qui a également supervisé la mise au point du nouveau dispositif : « L’un des principaux problèmes auxquels nous avons été confrontés : faire en sorte que des manchots entrants ou sortants ne se retrouvent pas face à face sur la passerelle. Comme on le voit sur l’image ci-dessous , les oiseaux sortants empruntent le couloir le plus central et sortent par la passerelle correspondante. Ils ne longent pas la partie de rocher droite qui leur ferait se retrouver face à face avec des entrants. C’est l’inverse pour les animaux qui entrent, leur cheminement naturel les amène à utiliser cette même passerelle. Nous avons donc fait en sorte que les passerelles d’entrée et de sortie soient installées en fonction du passage le plus naturel pour les manchots Adélie. Cela fonctionne remarquablement bien. Et pas seulement pour les ‘résidents’ de notre colonie d’étude… Les manchots Adélie qui,  installés dans des colonies aux alentours, ont l’audace de venir voler des  cailloux à  nos résidents pour faire leur nid  utilisent généralement les bonnes passerelles pour entrer et sortir! ».


3-Passerelle-a-manchots.jpg

Photo de la passerelle montrant les deux passages.


Le deuxième défi était d’allonger chaque passerelle afin d’augmenter la durée du passage des manchots et ainsi obtenir une meilleure précision de la pesée. Mais cela augmentait d’autant le risque d’avoir plusieurs manchots passant simultanément sur la passerelle et donc d’avoir des pesées automatiques inexploitables. Chaque passerelle est donc divisée en trois plates-formes, avec un petit espace entre chacune . Deux oiseaux se suivant sur la passerelle peuvent donc être pesés indépendamment. 


4-Passerelle-a-manchots-3.jpg

La passerelle du haut sur laquelle on peut apercevoir les 3 éléments qui la compose.

 

 A suivre ...

APN Janvier 2013

 

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 11:07

Démarrées en 1997, les émissions philatéliques propres à Mayotte - à présent 101ème département  français - prendront fin le 30 décembre 2011 avec un timbre forcément historique. Son sujet est remarquable : il s’agit du Marion Dufresne, un navire que l’on a surtout l’habitude de voir voguer sous d’autres cieux (Fig.1).


ig 1

Figure 1


Propriété de la compagnie française CMA-CGM, immatriculé à Marseille, le bateau est basé à la Réunion. Ses missions courantes sont de deux ordres. Il assure d’une part la logistique des îles australes françaises pour les Terres australes et antarctiques françaises  (TAAF), d’autre part la recherche océanographique pour l'Institut polaire français - Paul Émile Victor (IPEV). Habituellement, il effectue les relèves de personnels, le ravitaillement en vivres, matériels et carburants sur l’île de la Possession, principale île de l'archipel Crozet, sur les îles Kerguelen et sur l’île Amsterdam. Sur l’île Saint-Paul où il n’y a pas de base, il ne fait qu’un arrêt technique et touristique.

 

Du 1er au 26 avril 2011,  le Marion Dufresne effectuait une mission particulière : une rotation dans chacune des îles Eparses de l’océan Indien. L’appellation recouvre un ensemble de cinq îles : Bassas da India, Europa, Juan de Nova, Glorieuses dans le canal du Mozambique et,  au nord de la Réunion, Tromelin, cogérée avec l’Ile Maurice. Un arrêté du 3 janvier 2005  avait confié leur administration au préfet, administrateur supérieur des Terres australes et antarctiques françaises. Depuis la loi 2007-224 du 21 février 2007, les îles Eparses font partie intégrante des TAAF et constituent son 5ème district. Pour cette rotation spéciale, embarquaient à son bord 72 scientifiques, représentant 17 programmes de recherche concernant aussi bien les sciences de la terre que de la vie (Fig.2).


Fig-2.jpg

Figure 2


Le cachet - non philatélique - de l’un des programmes scientifiques, tamponné sur le courrier posté sur le bateau fait apparaitre la localisation des différentes îles par rapport à Madagascar et la Réunion. Il situe aussi Mayotte, où le Marion Dufresne a fait escale les 15 et 16 avril (Fig. 3).


Fig-3.jpg

Figure 3

C’est cet évènement qui explique la présence un peu surprenante du navire des TAAF dans les eaux de Mayotte que l’ultime timbre mahorais agrémente d’un palmier (Fig. 4).


Fig-4.jpg

Figure 4

 

Celui-ci a été émis en commun avec les TAAF (Fig. 5), ce qui constitue une autre particularité puisque durant  toutes les années du renouveau philatélique mahorais, démarré en 1997, jamais la Poste de Mayotte n’avait participé à ce genre d’opération.


Fig-5.jpg

Figure 5

 

Les deux timbres présentent cependant une différence : leur taille. 52x31 mm pour Mayotte, 48x36 mm pour les TAAF. L’explication est simple. Tous deux imprimés par Phil@poste à Boulazac,  celui pour Mayotte l’est par planches de 25, celui des TAAF par planches de 10, selon les habitudes propres à chacune des deux administrations postales (Fig.6, Fig.7).


Fig-6.jpg

Figure 6

Fig-7.jpgFigure 7


 

Leur réalisation (Fig.8) est due à Claude Perchat, graphiste-illustratrice française née à Paris en 1952 qui a commencé sa collaboration avec la Poste en 2000. Créatrice de nombreux cachets Premier Jour (plus de 80), elle a aussi illustré les documents philatéliques de la Collection historique des timbres- poste et est l’auteur du Carnet de Voyages "La France à Vivre" édité par La Poste en 2004. On lui doit un timbre pour la France : Juliette Dodu (gravé) et cinq pour les TAAF : Dr Jean Rivolier (2010), Pavillon Gabriel (2010), Salon Champerret (2010), Manchots-Papous – Vignette Bignon (sorti au salon de Metz), La Maison Orré (pour les journées du Patrimoine). Claude Perchat a aussi conçu les timbres-à date Premier Jour, très artistiques avec une vue plongeante du Marion Dufresne (Fig.9. Fig. 10).


Fig-8.jpgFigure 8

Fig 9 Figure 9


TAD-TAAF-n--1.jpgFigure 10

 

Remerciements à Marc Boukebza, Directeur de la Philatélie des TAAF, Jean Ketterlin, Directeur des activités de l'Enseigne à Mayotte et Claude Perchat pour leur aide à la rédaction de cet article.

Michel Krempper - APN 1 décembre 2011

 

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 23:36

Techniques et supports

Quantités de supports et matériaux les plus variés peuvent servir de cadre à ces correspondances créatives, finalement ouvertes à tout un chacun. Il peut s’agir d’une simple enveloppe, d’un morceau de carton, de bois, d'écorce, de tissu, de verre ou encore d’un disque, d’une boîte d'allumette ou d’un dessous de bock. L'Art postal s'approprie des disciplines aussi différentes que la sculpture, la peinture, la photographie, la bande dessinée, le collage, le dessin, la broderie (FIG. 21).

FIG. 21. Mme Debove ret

Figure 21 - Enveloppe brodée de Marie-Odile Debove, 2010 (Bulletin de l’APN 92).  

 

Quant aux matériaux, il n'y a pas de limites d’utilisation à la condition qu'ils supportent le voyage par la poste : outre les techniques traditionnelles (peinture, collage...), on trouve ainsi sur les courriers des plumes, fleurs, coquillages, sable, perles, boutons ... ou tout objet de récupération. Les règles du «bien envoyé» ne sont pas toujours respectées : forme de l’objet, place du timbre, fantaisie dans les adresses (sous forme de rébus, de poèmes ...).

Les attributs de La Poste - adresses du destinataire et de l'expéditeur, timbre, oblitération - participent évidemment des matériaux de l'Art postal. Les artistes puisent aussi dans le registre postal pour nourrir leur imagination et réaliser leurs compositions. Ils n'hésitent pas à jouer avec le timbre et à l'intégrer dans leur composition. Certains vont jusqu’à créer leurs propres timbres, fictifs, plus ou moins heureux, le but étant que les guichetiers les tamponnent (FIG. 22). La calligraphie est aussi très prisée.

FIG. 22.PseudotimbresDiotallevi

Figure 22 - Pseudos-timbres Mail Heart de Marcello Diotallevi, 1942.  

 

Malgré cela les courriers se perdent rarement et arrivent presque toujours à destination : merci aux postiers ! L'Art postal est aujourd'hui toujours plus vivace que jamais ; de nombreux réseaux d'artistes échangent entre eux ou par le biais d'invitations et d’appels à projets.

L'Art postal aujourd’hui

Il existe des fanzines [vii] d'art postal, constitués d'œuvres originales. On peut citer Nada Zéro, édité par Christian Alle et mis en ligne par l'artiste Lauranne (FIG. 23) qui diffuse aussi des informations sur des projets et contacts de Mail Art, une entreprise originale entièrement gratuite : il suffit d'envoyer 20 œuvres de petit format pour recevoir un exemplaire. La réciprocité est la règle du Mail Art, non-marchand par essence. Ce magazine a aussi un frère canadien : Circulaire 132. 

FIG.-23-Lauranneadameve1p.jpg

Figure 23 - Adam et Eve, acrylique et pastels de Lauranne (site de l’artiste). 

 

Aujourd’hui, la Toile est le terreau le plus fertile. Plusieurs appels d'art postal (mailart call) y naissent quotidiennement sur les thèmes les plus variés. Le site Mail-Art Across the World, associant divers pays, propose d'allier au Mail Art classique la calligraphie, vecteur par excellence de l'adresse postale. Toujours sur Internet,  des galeries et forums en ligne sont proposés. Des restitutions prennent parfois le relais sous forme d'expositions publiques.

Autre exemple de réseau très actif : celui du Ministère de la Justice. Autours du Pôle Culture de la Protection Judiciaire de la Jeunesse des Yvelines, son partenariat avec Phil@poste vieux de 10 ans, permet un concours annuel  auquel participent plusieurs centaines de créateurs. La presse philatélique nationale n’est pas en reste, qui consacre périodiquement des articles au sujet et lance ses propres appels à projet [viii].  L’institution postale elle-même a investi le champ. Depuis la première grande exposition de Mail Art organisée en 1989, le Musée de la Poste- devenu l’Adresse - a rassemblé plus de 5 000 pièces dans ses collections (FIG. 24). Il développe aussi de très fructueux partenariats.

FIG.-24-EnveloppeChrisBesserEdT2.jpg

Figure 24 - Enveloppe de Chris Besser (coll. L’Adresse Musée de la Poste). 


Pour finir, il serait injuste de ne pas évoquer le travail fait dans l’ombre par de nombreux enseignants, instituteurs ou professeurs d’arts plastiques, qui – via le Mail Art- cherchent aussi à réconcilier les jeunes avec la correspondance écrite : tâche difficile à une époque où portables et SMS règnent sur l’échange de messages [ix].

Et dans les Expositions philatéliques ? 

Les présentations compétitives patronnées par la FFAP autorisent jusqu’à 50% de matériel non-philatélique en «Classe ouverte». Dans ce cadre, les pièces de Mail Art  sont naturellement admises et appréciées car elles aident à bien diversifier le type de documents présentés par des créations originales (FIG. 25).

FIG.-25.MailArtMiwagPontMetal.jpg

Le Règlement de la classe «Histoire Postale» est une autre possibilité, cependant peu utilisée. Son article 3.2 offre pourtant le droit d’exposer, dans le cadre d’études historiques, des «ensembles d’enveloppes illustrées et décorées ayant transité par le système postal». L’Art postal appartient aussi à une solide tradition de la «Philatélie polaire» qui constitue une classe particulière d’exposition (FIG. 26). Une belle pièce de Mail Art peut également trouver sa place en première page d’une présentation en classe «Thématique», en guise d’accroche de la collection. Les organisateurs d’expositions FFAP ont enfin la latitude de proposer une «Classe libre». Pourtant, malgré ces ouvertures, on ne voit que fort peu de pièces contemporaines d’Art postal dans les différentes manifestations. Seraient-ce parce qu’elles échappent généralement aux circuits marchands et qu’il n’y aurait de bonnes pièces philatélique qu’acquises en monnaie sonnante et trébuchante ? Ou que les philatélistes n’ont pas la fibre artistique ? Faux, bien sûr ? Mais alors ?

FIG.-26.MAPolairecoll_alainbarbet_rec.jpg

Figure 26 Lettre des TAAF, 2003 (coll. Alain Barbet).   

 

Michel Krempper - APN décembre 2011

 


[i]    Mathilde Ferrer et Marie-Hélène Colas-Adler, Groupes, Mouvements, tendances de l’Art contemporain depuis 1945, E.N.S.B.A., Paris, 1990.

[ii]    Pierre-Stéphane Proust, Les plus belles enveloppes illustrée, de 1750 à nos jours, édité par l'association Normandie Terre des Arts et parrainé par le       Musée de la Poste de Caen (2 tomes).

[iii]    La Philatélie Française n° 631, Nov. Décembre 2009. 

[iv]   Futurisme : mouvement littéraire et artistique européen du début du XXème siècle rejetant la tradition esthétique du XIXème et exaltant la civilisation urbaine, le  machinisme, la vitesse.

[v] Dadaïsme :  mouvement intellectuel, littéraire et artistique qui, entre 1916 et 1925, entendit remettre en cause, à la manière de la table rase, toutes les contraintes idéologiques, artistiques et politiques. Les dadaïstes ont mis en avant l'esprit d'enfance, le jeu avec les convenances et les conventions,  l'extravagance, la dérision et l'humour.

[vi] Fluxus : mouvement d'art contemporain né dans les années 1960 qui toucha principalement les arts visuels mais aussi la musique et la littérature.

[vii]  Fanzine : contraction de fanatic magazine, publication imprimée, périodique ou non, institutionnellement indépendante, créée et réalisée par des amateurs passionnés pour d'autres passionnés.

[viii] Par exemple l’Echo de la Timbrologie en 2010 , n° 1846, Décembre.

[ix] Le site timbresponts.fr témoigne d’une opération ayant associé six Collèges de différents pays européens dans les années 2000 qui a permis la réalisation de 1800 lettres !

 

 

 

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 22:48

Le Mail Art est une forme d'art utilisant les éléments de la correspondance postale ainsi que la plupart des disciplines artistiques. Plus précisément, le terme recouvre l'ensemble des créations artistiques voyageant à découvert par la poste, comportant une adresse, un timbre et ayant été oblitérées. A ce titre, ces objets d’art posté intéressent la philatélie. Certains les considèrent  même comme l’un de ses aspects les plus modernes, en dépit des limites imposées à leur présence dans les expositions officielles de la FFAP. L’Art Postal englobe, en plus des pièces d’art posté, des objets artistiques à connotation postale tels les costumes, les sacs postaux ou les boîtes aux lettres décorés.

La naissance de l’Art postal

Les théoriciens de l’art contemporain considèrent généralement les années 1960 comme celles de la naissance officielle du Mail Art [i].  Mais les historiens de la correspondance ont trouvé des origines très antérieures à la pratique de l’Art posté ! Ainsi, dès l'invention de la carte postale (Autriche 1869) et du timbre-poste (Angleterre 1840, France 1848), des premiers envois illustrés apparaissent. De plus, bien avant les premières enveloppes entièrement illustrées à la main, quelques techniques simples ont permis d’embellir les correspondances. Dès le milieu du XVIIIème siècle sont réalisées, au pochoir ou à l’aide de tampons, des décorations qui apparaissent sur le feuillet externe des plis. Ces ornements apposés sur le pourtour des lettres, puis des enveloppes se présentent sous forme de bandes ou de guirlandes de fins motifs unis ou bicolores (FIG. 1). 

FIG.1-EnveloppePochoir1752.jpg

  Figure 1 - Pli orné au pochoir, Clermont, 1752 (coll. P-S Proust).  

 

Ces premières décorations constituent les prémices en France de ce qui deviendra l’Art postal [ii]. Jusqu’au milieu du XIXème siècle, alors que l’intérieur de certains plis se pare de beaux en-têtes imprimés, dessinés ou peints - lettres de soldats dites «de cantinières», correspondances officielles, commerciales, maritimes (FIG. 2.)-, les illustrations à découvert  restent cependant exceptionnelles.

Fig-2.jpg

Figure 2 - Lettre de marin 1947 (Catalogue d’une VSO).

 

A partir de 1840, année de la création mondiale du timbre-poste, les postes britanniques innovent encore en faisant  imprimer des enveloppes à motif allégorique dénommées «Mulready», du nom de l’artiste qui en réalise l’illustration (FIG. 3). Les philatélistes les connaissent bien. Pour eux, ce sont des précurseurs des entiers postaux. En même temps, d’autres enveloppes dites «caricatures de Mulready» (FIG. 4) sont proposées par des commerçants. Aux Etats-Unis, la Guerre Civile (1861-1865) provoque un peu plus tard, l’éclosion d’enveloppes dites «patriotiques» imprimées tant au Nord unioniste qu’au Sud confédéré (FIG. 5).

FIG.3.-Enveloppe-Mulready_1840.jpg

Figure 3 - Enveloppe-entier postal Mulready, 1840 (coll. Michel Krempper).

 

Fig-4.jpg

Figure 4- Caricature de Mulready,  1840. (Catalogue d’une VSO anglaise).

FIG.5-Enveloppe-Patriotsecessionistleavingtheunion7kg.jpg

Figure 5 

Illustration d’une enveloppe patriotique de la Guerre civile américaine, 1861.


 

Mais si ce matériel de correspondance incite de nombreux peintres et dessinateurs d’Outre -Manche à décorer leurs enveloppes d’illustrations aquarellées ou de caricatures à la plume, en France en revanche, cette pratique reste plus limitée, encore qu’on puisse également y trouver des courriers très artistiques, souvent plus tardifs (FIG.6, FIG.7).

Fig-6.jpg

Figure 6  - Calligraphie et enluminures sur enveloppe, 1868 (coll. P-S Proust).  

 FIG.7.LettreFacteurPioche.jpg

 

Figure 7 - Enveloppe réalisée par Frédéric Pioche, postier, 1910 (coll. L’Adresse Musée de la Poste).


Dans notre pays, voyagent alors surtout de petites enveloppes ornées vendues dans le commerce : «les valentines» (FIG. 8 a, b) dont l’origine vient de la coutume d’échanger des présents entre amoureux à l’occasion de la Saint-Valentin. Adressées par la suite en toute occasion, leurs pourtours au pochoir, imprimés, gaufrés ou faits de dentelles de papier, sont le plus souvent illustrés de fioritures, oiseaux ou petites scènes romantiques. Mais déjà peu courantes pendant la deuxième moitié du XIXème siècle, ces enveloppes se raréfient encore avec la carte postale illustrée, apparue un peu avant 1900 [iii].

Fig-8a.jpg

Figure 8 a   Valentine, 1857 (Coll. P-S Proust).

FIG.8a.Lettredecorfloral1840.jpg

Figure 8 b  - Enveloppe au décor floral, Tarare, 1840 (coll. L’Adresse).  

Puis des artistes ou personnalités tels qu’Apollinaire ou surtout Marcel Duchamp (FIG. 9 a) décorent leurs courriers. Mallarmé lui, écrit volontiers l’adresse sous forme de quatrain : «Va-t’en, messager, il n’importe / Par le tram, le coche ou le bac / Rue et 2, Gounod, à la porte / De notre Georges Rodenbach.» (FIG. 9 b).

FIG.9b.-LettreMallarme.jpg

Figure 9 a - Adresse en quatrain, Stéphane Mallarmé, 1893, (coll. Université de Paris).

FIG.9a.-CarteMaximumMarcelDuchamp.jpg

Figure 9 b Carte Premier jour du T-P Marcel Duchamp «Neuf Moules Malic».  

 

Par la suite, des œuvres empruntant les voies postales circulent en différents pays. Le premier qui voit émerger un Art postal organisé est l’Italie, dès 1910, avec les futuristes [iv] et Marinetti leur chef de file (FIG. 10). Pour eux, la lettre doit devenir un support expressif  excluant les matériaux standardisés, utilisant toutes les techniques de la peinture et du collage, mêlant gaîté et humour.

FIG.10.-Illustrationmarinetti3.jpg

Figure 10   Marinetti 1914.

 

 

Les refondateurs modernes

Au sein des néo-avant-gardes artistiques, Ray Johnson (1927-1995) est généralement considéré comme le fondateur du Mail Art. Né aux États-Unis, il se tourne très jeune vers l'art et crée en 1962 la «New York School of Correspondance», définie comme une «non-école» où sont encouragées les expressions artistiques en rupture avec les modes antérieurs. Johnson définit le Mail Art comme étant «secret, privé et sans règle», excepté une : «no fee, no jury, technic and size free» (pas de taxe, pas de jury,  liberté de format et de techniques) (FIG. 11a, b). Mais le Mail Art ne restera pas secret et privé bien longtemps. Bien au contraire, il va s'étendre et des réseaux vont se créer, pour connaître un véritable essor dans les années 1970, jusqu’à susciter des expositions spécialisées puis l’entrée des œuvres dans les Musées.

Fig-11a.jpg

Figure 11 a - Ray Johnson et autres, composition, sans date.

FIG.11.Ray-JohsonEnvoiaquarelle1981_rec.jpg

Figure 11 b - Ray Johnson, enveloppe aquarellée, 1981 (coll. Guy Bleus). 

 

Simultanément, d'autres artistes, dès les années 1950, développent un Mail Art latino-américain, tels  le poète Augusto de Campos et son frère Haroldo. Leur production artistique se veut tournée vers la modernité ; ils s'inspirent de la publicité, utilisant leur art dans des situations quotidiennes de la vie moderne, inventant aussi des «poèmes logos» (FIG. 12).

FIG.12.-Augusto-de-Campos-tour--1994-12_01.gif

Figure 12 - Augusto de Campos, poème en forme de tour, 1994.  

 

L’artiste belge Jean-Michel Folon (1934-2005), se présentera plus tard comme le véritable inventeur du Mail Art. De fait, ce créateur de timbres pour les postes belges et françaises (FIG. 13) a collectionné de nombreuses enveloppes conçues par des artistes connus et inconnus du monde entier. Sa collection avait débuté dans une abondante correspondance avec son ami Giorgio Soavi, directeur artistique chez Olivetti, en Italie (FIG. 14). Plus tard, il utilisera des cartes postales comme point de départ de dessins (cartes collées sur du papier), ou de peintures, hommage à leurs illustrateurs (FIG. 15). On doit aussi à Folon l’idée que l’art est un échange dans lequel les propositions de l’artiste doivent, à leur tour, être enrichies par le destinataire, chacun apportant sa propre vision.

FIG.13-TPFolon1999bicentenaire_rec.jpg

Figure 13 - Jean-Michel Folon, T-P du Bicentenaire de la Révolution française, 1999.

FIG.14.-Enveloppe_Folon14juillet1970.jpg

 Figure 14 - Enveloppe de Folon pour Giorgio Soavi, 14 juillet 1970 (coll. Michel Krempper).

 

Fig-15.jpg

Figure 15 - Carte de Folon pour Giorgio Soavi, 1969.

 

 

Le contexte de l'apparition de l'Art postal

L'Art postal est donc d’abord né d'un besoin de communiquer postalement des messages, non seulement par l’écrit mais aussi et d’abord par l'image, en donnant lieu à des échanges dans lesquels règne une liberté totale de création.

Dans son renouveau au XXème siècle, le contexte des deux guerres mondiales a joué un grand rôle en incitant de nombreux militaires à dessiner sur les enveloppes ou cartes envoyées à leurs proches. Par le biais de l'expression plastique, ils parvenaient plus facilement à décrire ce qui était trop long à écrire. Les philatélistes avancés sont ainsi familiers des Airgraphs et les V-Mails de la seconde Guerre Mondiale. (FIG. 16, 17).

FIG.16.-AirgraphMEAtype4_1944.jpg

Figure 16 - Airgraph britannique, MEA type 4, 1944 (coll. Michel Krempper).

Fig-17.jpg

Figure 17 - V-mail des armées américaines, 1944 (coll. Michel Wagner).


 

Après-guerre des artistes comme Matisse (FIG. 18 a, b) ou Jacques Prévert (FIG. 19, 20) prennent un plaisir gratuit à orner leurs lettres amicales.

FIG.18a.-Matisse_encregouache1943.jpg

Figure 18 a - Henri Matisse, dessin à l’encre et à la gouache, 1943 (Bibliothèque de Copenhague).

FIG.18b.PSProust_lettreMatisse1947.jpg

Figure 18 b - Enveloppe illustrée de Matisse, 1947 (coll. P-S Proust).

 

FIG.19.PSProustEnveloppePrevert1952-jpg

Figure 19 - Enveloppe avec collage de Jacques Prévert, 1952 (coll. P-S Proust).

FIG.-20.PSProustenveloppePrevert1974.jpg

Figure 20 - Enveloppe de Prévert à l'artiste Gérard Fromanger,  1974 (coll. P-S Proust). 

 

Puis, dans les années 1950, des artistes influencés par le futurisme [iv], le dadaïsme [v] et le Fluxus [vi] remettent en cause les conventions esthétiques dominantes et produisent un contre-discours militant. Pour eux, l'Art postal se doit de valoriser les liens sociaux, de privilégier l’échange gratuit et faire entrer la création dans la vie quotidienne. Ses tenants aiment aussi tourner en dérision certaines rigidités institutionnelles. Le chef de file des futuristes, Marinetti, ira jusqu'à proclamer (pompeusement) que le Mail Art conduit «une offensive contre la transition académique, à la conquête de la modernité rêvée» ! De plus, en adressant leurs œuvres  par la poste, ces artistes prétendent aussi détourner les circuits traditionnels des musées, galeries ou institutions diverses et subvertir ainsi le fonctionnement du marché de l'art.

 

 

... à suivre

Michel Krempper - APN décembre 2011

 


 

[i]    Mathilde Ferrer et Marie-Hélène Colas-Adler, Groupes, Mouvements, tendances de l’Art contemporain depuis 1945, E.N.S.B.A., Paris, 1990.

[ii]    Pierre-Stéphane Proust, Les plus belles enveloppes illustrée, de 1750 à nos jours, édité par l'association Normandie Terre des Arts et parrainé par le       Musée de la Poste de Caen (2 tomes).

 

[iii]    La Philatélie Française n° 631, Nov. Décembre 2009. 

[iv]   Futurisme : mouvement littéraire et artistique européen du début du XXème siècle rejetant la tradition esthétique du XIXème et exaltant la civilisation urbaine, le  machinisme, la vitesse.

 

[v] Dadaïsme :  mouvement intellectuel, littéraire et artistique qui, entre 1916 et 1925, entendit remettre en cause, à la manière de la table rase, toutes les contraintes idéologiques, artistiques et politiques. Les dadaïstes ont mis en avant l'esprit d'enfance, le jeu avec les convenances et les conventions,  l'extravagance, la dérision et l'humour.

[vi] Fluxus : mouvement d'art contemporain né dans les années 1960 qui toucha principalement les arts visuels mais aussi la musique et la littérature.

 

[vii]  Fanzine : contraction de fanatic magazine, publication imprimée, périodique ou non, institutionnellement indépendante, créée et réalisée par des amateurs passionnés pour d'autres passionnés.

[viii] Par exemple l’Echo de la Timbrologie en 2010 , n° 1846, Décembre.

[ix] Le site timbresponts.fr témoigne d’une opération ayant associé six Collèges de différents pays européens dans les années 2000 qui a permis la réalisation de 1800 lettres !

 

 

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 20:32

  Les Français n'aimeraient-ils pas leurs trains?  A en juger la rareté des émissions philatéliques qui leur sont consacrées, on pourrait le croire. D'autant que les autres moyens de transports terrestres ne sont pas mieux servis par l'administration postale de notre pays. A ce jour, aucun métro de province, aucun tramway moderne, sans parler car ou bus ne sont sortis des rotatives de l'Institut d'émission.(*). Seuls, le métro de Paris, le RER, le TGV ont été timbrifiés ces dernières décennies. Rien à voir avec le foisonnement d'émissions venues d'Allemagne ou d'Autriche, d'Asie et même d'Afrique, et d'où nous proviennent régulièrement à peu près tous les types d'engins terrestres guidés, mis au point par l'ingénierie ferroviaire.

C'est pourquoi, même si ce timbre n'est pas une réussite esthétique, on peut se réjouir de l'émission du 14 juillet 2000 consacrée au Train Jaune de Cerdagne. A la rencontre de trois domaines, cette émission intéresse en fait aussi bien la thématique des ponts et des viaducs que la thématique régionale et celle des chemins de fer.


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Emission du 14- 07- 2000,  YT n°3338


La ligne de Villefranche-de-Conflent à Latour-de-Carol

  

D'abord un petit rappel d'ordre historique. La Cerdagne est un bassin intérieur situé de part et d'autre de la frontière des Pyrénées, partagé entre la France et l'Espagne par le Traité de1659, dit des Pyrénées. Depuis cette date, sa partie française participe à l'histoire générale du Roussillon, réuni à la couronne de France par ce même Traité de paix. Son blason en a les couleurs: sang et or, qui ont été reprises sur le Train jaune. Le Roussillon constitue la majeure partie des Pyrénées orientales. La Cerdagne est un plateau d'une altitude moyenne de 1200 mètres . La vallée du Têt, très encaissée, offre l'une de ses principales voies d'accès en provenance de Perpignan.


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Une desserte ferroviaire établie le long de cette vallée à partir de Villefranche-de-Conflent est assurée depuis 1910-1911. Aujourd'hui la ligne SNCF, dite de Cerdagne, représente une longueur de 63,561km. Mais étant donné la topographie, sa réalisation s'est étalée sur près de 50 ans ! (Villefranche est à 424m d'altitude, La Tour-de-Carol, à l'autre extrémité, est à 1231m ; moyennant quoi, les trains passent 390 courbes ...)

Lancé en 1881 par la compagnie du Chemin de fer de Perpignan à Prades, le projet fut repris par la Compagnie du Midi, à partir de 1883, sous le régime de la concession,  pour une longueur de 56 km de ligne. Celle-ci fut ouverte en deux temps: le 17.7.1910, pour un premier tronçon de 28 km, et le 28.6.1911 pour les 26 km restant. En 1912 fut décidé un prolongement de 6 km en direction de le future gare internationale de Latour-de-Carol. Mais la ligne de Cerdagne ne rejoint cette station  du Transpyrénéen oriental Toulouse -Barcelone que le 6 août 1927.

 

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Carte postale moderne (Ediciones Fisa. Espagne)

 


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Pour des raisons d'économie, et bien que Villefranche-de-Conflent soit desservie depuis Perpignan par une voie à écartement normal de 1.445m, c'est la voie à écartement métrique que l'on choisit en 1902 pour la ligne de Cerdagne. Des rails de type Vignole l'équipent, d'un poids de 30kg/m,  plus légers que les rails double Champignon utilisés par la Compagnie du Midi sur les autres lignes.


Pour des raisons de sécurité, le Ministère des Travaux Publics imposa par ailleurs la traction électrique, certaines déclivités atteignant 6%.L'alimentation électrique en 850 volts s'effectue au moyen d'un troisième rail fixé sur des supports en grès. Ainsi, ce train ne comporte pas de ligne aérienne et pour le béotien, les motrices ont une allure singulière, peu conforme à l'image  classique du chemin de fer électrique muni de son pantographe et surmonté de caténaires. En revanche, il doit plus au métro parisien. Le courant est fourni via sept sous-stations par les quatre unités du complexe hydraulique de La Cassagne, dont la pièce maîtresse est le barrage des Bouillouses. Réservoir de 17.500.000 m3,  ce dernier vit le jour en 1909.


L'ensemble de la desserte compte 6 gares à arrêt obligatoire et 14 haltes. A 1593 m d'altitude, la petite gare de Bolquère-Eyne est la plus haute de France. La ligne comporte aussi 650 ouvrages d'art dont 17 tunnels, 3 galeries. 15 viaducs et 14 ponts.


Deux ouvrages d'art particulièrement remarquables


Sur la ligne de Cerdagne, deux ouvrages sont réellement exceptionnels, en fait deux ponts :


Il s'agit d'un coté du pont GISCLARD*, à l'origine pont de la Cassagne, situé au km 25,250 et établi à 80 m au -dessus de la Têt. Conçu par le commandant Albert Gisclard, c'est un pont suspendu d'une portée de 156 m sur la portée centrale, à laquelle s'ajoutent deux travées de rive de 39 m chacune et une  petite travée à treillis de 19 m de portée pour un tablier d'une longueur totale de 253 m.


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D'un type totalement nouveau pour l'époque, il comporte une ferme de suspension composée de triangles géométriquement indéformables, mais librement dilatables: les haubans qui soutiennent le tablier sont accrochés à des pylones hauts de trente mètres et sont en effet maintenus rectilignes, par un câble de suspension classique.

Cette méthode permit de réaliser un pont à la fois robuste et léger, qui élude les phénomènes de résonance des vibrations au passage d'une charge telle un train et autorise le passage des convois sans oscillations. Le commandant trouva malheureusement la mort le 31 octobre 1909, 26 jours avant l'inauguration, lors des essais de charge et de stabilité.(*)
Mais sa réalisation , qui avait été longtemps auparavant expérimentée par Gisclard lors de ses séjours aux colonies, inspira différents autres ouvrages en France, tous très légers, économiques et néanmoins élégants (par exemple, le viaduc des Rochers - Noirs en Corrèze).


Autre ouvrage remarquable : le viaduc localisé entre Thuès et Fontpédrouse au kilomètre 17,928 et conçu par l'ingénieur des Ponts et Chaussées Paul SÉJOURNÉ (1851--1939), promu plus tard Inspecteur Général.


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Professeur à l'E.N.P.C., cet ingénieur porta l'art des ponts maçonnés à son apogée. On lui doit notamment le traité célèbre "Les Grandes Voûtes" (6 tomes édités de 1913 à 1916) . Il définit et réalisa lui-même de nombreux ouvrages de pierres maçonnées qui firent longtemps référence: ainsi par exemple le Pont Adolphe à Luxembourg achevé en 1903 , qui avec une portée de 84,65m. détint un temps, le record mondial d'ouverture. (Signalons que ce type d'ouvrage sera construit jusque dans les années 50,  puis abandonné en raison du coût excessif du montage des cintres).

 
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Carte postale de 1962

 
Avec le viaduc de Fontpédrouse, Séjourné réalisa un véritable chef d'oeuvre de la construction en maçonnerie, en même temps qu'un magnifique ouvrage d'art. Construit en 1906-1908, il s'étage sur deux niveaux: une première voûte ogivale de 30 mètres d'ouverture est surmontée de 4 arches de 17 mètres avec voûtelettes d'allègement ( destinées à alléger la construction). cette partie centrale est longue de 85mètres et haute de 65. Deux arches côté Villefranche et dix arches côté Latour-de-Carol, toutes de 9 mètres d'ouverture, complètent l'ensemble de 236,70 m de longueur. L'utilisation du granit, la voûte en tiers-point et les piles crénelées des culées évoquent des réminiscences médiévales.

 

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 Schéma d'élévation extrait du livre de Marcel Prade :
"Ponts & viaducs au XIXe siècle: Techniques nouvelles et grandes réalisations françaises
" 1988- Editions Errance Paris - Brissaud Poitiers

 

L'émission du 14.07.2000 ne permet hélas pas d'apprécier  cette splendide construction que l'on ne peut deviner qu'aux voûtelettes d'allègement et aux parties supérieures des voûtes du second étage. Heureusement   pour la philatélie et l'histoire ferroviaire, la SNCF a elle même produit un timbre représentant plus complètement le viaduc. C'était en 1941 pour les colis postaux. ( voir encadré)
Le timbre Fontpédrouse porte la référence YT181 avec une faciale de 1F et existe avec la valeur omise (YT81a) Mais bien qu'émis par l'Institut de gravure pour la SNCF, il comporte une erreur flagrante, à notre connaissance jamais signalée, en tout cas, pas dans le "Mangin", puisqu'on voit le viaduc franchi non par un train électrique mais par une locomotive à vapeur, crachant son panache de fumée ...
 

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Colis postaux YT181 de 1941  et YT198 de 1942   


 

 
LES COLIS POSTAUX
La Convention Internationale signée dans le cadre de l'UPU le 3 novembre1880 avait autorisé les États à confier aux exploitants de chemins de fer la gestion de Services de Colis Postaux, c'est à dire du transport et de la livraison de colis légers appelés postaux par analogie avec les paquets dont la Poste en avait au moins le contrôle.

Une convention de 1892 créa de nouvelle prestations, telles l'apport à la gare, la valeur déclarée et la livraison par exprès. Ces valeurs donnaient lieu à la perception de taxes additionnelles constatées par des timbres spéciaux devant être collés sur les bulletins d'expédition aux cases spéciales. Puis furent créées de nouvelles taxes pour "intérêt à la livraison", "colis encombrant", "remboursement".Jusqu'en 1941 chaque catégorie eut une couleur déterminée: ainsi le violet pour "intérêt à la livraison" jusqu'à 1000F du timbre YT181.

Créée en 1937 la SNCF reprit les prérogatives et les activités des anciennes compagnies ferroviaires concessionnaires.

 

 

 

 

Le Matériel roulant
 

C'est du matériel roulant que le Train jaune de Cerdagne tire son nom et aussi son premier surnom: " le Canari".
14 motrices, 8 remorques fermées et 4 "barques" (voitures découvertes) constituent l'essentiel du parc aujourd'hui en exploitation. S'y ajoute le parc technique (chasse-neige, grue, désherbeur, etc.).


Des 18 automotrices d'origine, 14 ont survécu au prix, bien sûr, de quelques rénovations. Les machines
Z102 à 104 et 106 à 109 furent livrées par la Société Alsacienne de Belfort (S.A.B.) à la Compagnie du Midi en 1909 (la 105 a disparu dans l'accident qui devait coûter la vie au commandant Gisclard). Les automotrices 111, 113, 115 à 118 proviennent de la transformation d'anciennes remorques avec un poste de conduite à chaque extrémité, de 1912 à 1921. Elles affichent une puissance de 300 ch grâce à leurs 4 moteurs, offrent 40 places assises et 10 debout, sont longues de 14.9 m et 14,4 m, pèsent respectivement 32 et 28 tonnes et permettent une vitesse maximale en service de 55 km/h. En fait les vitesses pratiquées oscillent entre 30 et 55 km/h ...

Depuis l'origine, l'effectif des remorques a fluctué. Les plus populaires en été sont les "barques",  remorques panoramiques découvertes offrant 46 places assises avec des sièges restés en lattes de bois.


La composition des rames varie de 1 à 6 "caisses", mais depuis l'origine, une règle reste immuable: une remorque pour une motrice. Une configuration courante est 2+2, comme celle figurée sur le timbre du 14.07.00.


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Quel avenir pour le Train Jaune ?


L'exploitation de la ligne à voie métrique de Villefranche à Latour-de-Carol est aujourd'hui intégrée au réseau T.E.R. géré par la région SNCF de Montpellier dans le cadre d'une convention passée avec la région Languedoc - Roussillon. En été 3 allers-retours sont assurés de Villefranche à La Tour-de-Carol auxquels s'ajoutent 3 relations quotidiennes Villefranche - Font-Romeu.


Sa fréquentation affichée est de l'ordre de 250 000 personnes par an, mais l'exploitation est grevée par un très lourd déficit qui dépasse25 millions de francs par an ( soit près de 100franc par voyageur transporté). D'autre part le trafic connaît une tendance à la baisse. Des correspondances mal assurées, limitent le rôle de desserte locale de cette ligne qui revêt de plus en plus le caractère de ligne touristique. Il est vrai que le Train Jaune est en lui même une attraction offerte dans un site de grande qualité. Malheureusement, le matériel roulant, quasi centenaire et de capacité limitée, n'est pas adapté aux grosses fréquentations et appellerait un renouvellement à brève échéance(
*), mais le financement d'une modernisation d'envergure est parfaitement aléatoire. C'est dire que l'avenir du Train Jaune de Cerdagne est loin d'être garanti en dépit de son ancrage dans le paysage , l'histoire et dans le projet de Parc Naturel Régional des Pyrénées catalanes dont il constitue la colonne vertébrale ...


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Prêt à poster de 2000

 

La promotion nationale à laquelle a donné lieu l'émission philatélique du 14-07-00 rendra t-elle l'avenir plus certain? 


Dans le passé, il a pu être vérifié que les belles années de fréquentation ont correspondu à des efforts de promotion soutenus. Il faudra plusieurs mois avant de mesurer l'impact réel de la campagne 2000. Souhaitons que ce train puisse au moins devenir centenaire. Pour une novelle émission? D'un timbre moins bâclé ? Quoiqu'il en soit, les amoureux de la ligne de Cerdagne comptent beaucoup sur l'inscription du Train Jaune au patrimoine mondial de l'UNESCO pour laquelle un dossier a également été déposé.


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MK - APN 2011


 (*) Depuis la parution de cet article dans le Bulletin de l'A.F.T.P. en 2001, deux timbres ont été émis, , notamment le timbre YT3661, tramway de Bordeaux. et celui du tramway de Nantes.

(*)  Deux nouvelles automotrices de 84 places ont été inaugurée par le Président de la Région Languedoc - Roussillon, le 8 décembre 2003 pour soulager le matériel centenaire. Ces rames panoramiques, commandées  à la Société Suisse Stadler pour un montant de 9 millions d’euros,  ont été depuis  mise en service .

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 20:24

Internet aidant, l’article signé Michel Krempper dans le numéro 161 d’ATOUT-timbres des 15 mai-15 juin 2011,  consacré à « l’histoire philatélico-postale de SPM » et signalé sur différents blogs (dont celui de l’APN) n’est pas passé inaperçu localement. Moins de trois jours après la sortie du mensuel dans les kiosques métropolitains, sa parution a été évoquée sur les ondes de la radio SPM 1ère.


Grâce à internet toujours, l’interview accordée par notre membre à cette filiale du Groupe France Télévision  et passée dans son journal matinal peut être entendue sur les archives du site http://saintpierremiquelon.la1ere.fr/radio.


Le chroniqueur y précise d’abord que la parution s’inscrit dans une série consacrée à la philatélie des différentes collectivités ultramarines françaises, publiée par ATOUT à l’occasion de « l’année des Outre-Mer 2011 » http://www.2011-annee-des-outre-mer.gouv.fr. Une série débutée avec Mayotte et appelée à être prolongée avec les Collectivités du Pacifique, des Antilles et l’île de la Réunion.


Pour lui, c’est l’occasion aussi de rappeler le caractère exceptionnellement riche de l’histoire postale de SPM. Cet Archipel de 242 km2 et de 6100 habitants n’a-t-il pas été qualifié de « géant de la Philatélie » ? Moins pour le nombre de timbres émis, qui, bien qu’élevé (un peu plus de 1200),  n’est pas un critère pertinent, ni non plus pour la qualité de ses émissions, certes grande (taille-douce aidant) mais pas unique. Bien plutôt pour la rareté, voire l’extrême rareté de certains des timbres émis durant les 150 dernières années et des plis qu’ils ont servi à affranchir : depuis les premières surcharges apposées dans les années 1885 et suivantes sur les timbres des Colonies Générales de France (les fameux « provisoires de Saint-Pierre ») jusqu’aux émissions plus contemporaines en passant par les émissions de la France Libre des années 1940, toujours très convoitées par les collectionneurs nord-américains.


Fig-1.jpg

 

 

APN 92 mai 2011

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 08:02

Si oui, c’est que la philatélie de Nouvelle-Calédonie n’a sans doute pas beaucoup de secrets pour vous. Si non, prenez connaissance de ce qui suit. Et commencez par examiner de près cette lettre.


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Le timbre-à-date nous apprend que la lettre est partie de Port de France le 23 mars 1862 : une localité fondée huit ans plus tôt, le  25 juin 1854, par les militaires français au sud-ouest de la Grande Terre pour servir de chef-lieu à la colonie de Nouvelle-Calédonie, simple garnison qui deviendra rapidement  une petite ville et prendra le nom de Nouméa le 2 juin 1866.

 Le destinataire demeure à Napoléonville / Kanala (Canala), localité reliée à la capitale par la première route postale de l’île : un service des plus rudimentaires  assuré par le chef de la tribu Titema, sous la surveillance du destinataire de la lettre, un certain Pannetrat,  à la fois colon, juge de paix et introducteur de la perdrix de Californie, établi à Kanala en 1855.

L’affranchissement est de 10 centimes : montant de la taxe instaurée le 1er janvier 1860 sur toute lettre mise à la poste de Port-de-France, selon l’avis paru dans le Moniteur Impérial  des 2 octobre 1859 et confirmé le1er janvier suivant. Un timbre-poste bien singulier la représente :


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Le Catalogue Yvert et Tellier lui a tout naturellement attribué le n° 1 des timbres calédoniens. Il le cote 300 euros en neuf et signale 50 variétés! Particulièrement rare seul sur lettre, il s’échange à beaucoup plus puisque deux plis seulement sont connus [ [i] ].  En revanche, les faux sont très nombreux. Au point qu’un catalogue allemand de 1889 ira jusqu’à remettre en cause la légalité de l’émission, accusant son créateur de l’avoir imprimée pour son compte !

On la doit à un certain Triquera, Louis de son prénom, qui fut sergent de l’Infanterie de Marine, illustrateur et lithographe du Moniteur Impérial, qui avait été démobilisé sur place et nommé commis de l’imprimerie gouvernementale. Il la réalisa en gravant un calcaire argileux, à pâte tendre, sur lequel il reproduisit cinquante fois le profil de l’empereur en s’inspirant du Napoléon III non lauré figurant alors sur les timbres métropolitains (voir plus loin). Dans chacune des cases, d’une largeur variable de 18 à 21 mm., l’artiste traça le visage impérial avec d’infinies variétés : tout diffère donc d’un timbre à l’autre, jusqu’au cadre qui n’est pas toujours identique.

Notons en passant une faute d’orthographe commise par Yvert qui attribue le timbre à un dénommé  Triquérat. Interrogé par nos soins, Yann Paullic, président du Groupement philatélique Le Gagou confirme l’erreur en s’appuyant  sur Georges  Kling, le grand spécialiste de l’histoire postale calédonienne : « Ce "t" final résulte d'une confusion due au paraphe dont l'intéressé terminait sa signature et qui ressemble à la lettre "t". Mais la véritable orthographe est bien Triquera. » nous a t’il écrit [[ii]].  Ajoutons que c’est aussi celle de la rue de Nouméa dédiée au sergent-graveur [[iii]]. A fortiori, les appellations Trinquera ou Trinquerat, parfois rencontrées, sont, pour leur part, complètement fantaisistes.

L’orthographe exacte est d’ailleurs lisible sur le timbre commémoratif des 150 ans émis en 1999 qui apporte en quelque sorte « la preuve par 9 » !  ( voir YT 799 et Bloc 22).

 

Les autres timbres postaux à l’effigie de Louis-Napoléon Bonaparte

Empereur des Français sous le nom de Napoléon III, Louis-Napoléon Bonaparte a figuré sur les séries de timbres d'usage courant de France et de ses colonies de septembre 1852 jusqu'à la chute du Second Empire. Ses séries furent remplacées par le type Cérès en urgence pendant la guerre franco-allemande de 1870, type qu'elles avaient elles-mêmes remplacées.


Ci-dessous le timbre non-dentelé des Colonies de l’Empire  

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Chronologiquement  le premier est le Prince-Président Louis-Napoléon Bonaparte, dit « Présidence ». Elu par 74% des suffrages, le 10 décembre 1848, le Prince Louis-Napoléon Bonaparte devient le premier Président de la République Française, pour 4 ans. Après le Coup d'État du 2 décembre 1851, Louis-Napoléon Bonaparte est nommé « Président » pour dix ans, ce qui prélude au retour d'un régime personnel, et à la restauration de l'Empire. Une loi du 3 janvier 1852 prescrit le remplacement de l'effigie de la République (dite « Cérès ») par l'effigie du Président. Ainsi deux valeurs sont émises, conformes à ces nouvelles dispositions, non dentelées et imprimées en typographie : en septembre 1852 un timbre de 25 centimes de couleur bleu puis en décembre 1852, un timbre de 10 centimes de couleur bistre. Dessiné et gravé par Jacques-Jean Barre, le timbre reprend le cadre des Cérès dont l'effigie est remplacée par celle du Prince Louis-Napoléon Bonaparte. De profil, il regarde vers la gauche, tête nue. La légende en est : « REPUB FRANC » et le « B » sous le cou du profil est l'initiale du graveur. Ici ▼

 

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Le suivant est le Napoléon III tête nue, dit « Empire ». À partir de septembre 1853 commence l'émission de timbres de même graphisme que ceux de 1852, avec la même effigie de Louis Napoléon Bonaparte, mais avec deux différences : 1/ une légende nouvelle : « EMPIRE FRANC », moins d'un an après le sénatus-consulte du 7 décembre 1852 créant la dignité impériale 2/ la disparition du « B ». Notons que l'appellation « tête nue » pour l'effigie est plutôt employée par les numismates. Effectivement, ce dessin est aussi celui des monnaies, gravées également par le Graveur général de la Monnaie de Paris Jacques-Jean Barre, et mises en circulation au cours de cette période. Les philatélistes parlent plutôt de série « Empire » pour la distinguer de la série suivante, dite « Empire lauré ». Ici ▼

 

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Napoléon III lauré, dit « Empire lauré ».

Aussi connus sous l'appellation « Empire lauré », ces timbres ont trois graphismes qui reprennent la même effigie de l'Empereur des français, Napoléon III, en lui ajoutant une couronne de laurier sur la tête, commémorant les succès de la « Campagne d'Italie ».

Ils portent  la légende complète « EMPIRE FRANCAIS ». Ici

 

fig-6.jpg

 

Et pour finir cette galerie de portraits :

Cinq francs « Empire » dentelé, effigie de Napoléon III lauré.

Premier timbre français grand format coté 8250 euros ▼


fig-7.jpg


Michel Krempper, APN 92, mai 2011 



|[i]]  Le 10 c. Triquera a aussi servi en complément d’affranchissement sur du courrier vers l’extérieur.  

[[ii] ] Qu’il soit ici remercié pour ses indications.

[[iii] ] Comme cela est  facilement vérifiable sur internet.

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9 mai 2011 1 09 /05 /mai /2011 18:42

fig-1.jpg

 

Lien vers article précédent

 

Plusieurs membres de l’’Amicale Philatélique de Nanterre sont des observateurs attentifs de la philatélie des  territoires français bordés par l’Océan Indien : l’île de la Réunion, Mayotte, les TAAF, élargies aux Îles Eparses en février 2007.  Situées autours de Madagascar au Sud- Ouest  de cet océan, ces dernières sont inhabitées et néanmoins d’un grand intérêt halieutique et scientifique.

 

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Elles viennent de recevoir la visite du « Marion Dufresne », navire utilisé par l’Administration des TAAF pour assurer les liaisons entre les différents territoires qu’elle a en charge. C’était en avril dernier. A bord, une soixantaine de scientifiques, de techniciens et de militaires. Pirates obligent ! Mais aussi des postiers qui ont permis la production de pièces philatéliques dans la plus pure tradition « taffienne ». De retour de l'expédition à la Réunion,  Pascale  Chabanet, biologiste marine à l'Institut de Recherche et Développement (IRD), a raconté son expérience. La scientifique a réalisé un travail exploratoire à Europa, Bassas Da India et Juan de Nova, prélude à une étude plus poussée d'inventaire de la vie marine. L’Administration souhaite  mettre en place une aire marine protégée à Europa, après les Glorieuses en 2010. Car les paradis vierges aussi sont en péril.

 

Pour une meilleure appréciation des enjeux écologiques associés à ces îles, il nous a semblé intéressant de donner connaissance du compte-rendu publié sur le site d’information  http://www.ipreunion.com/  en l’illustrant de quelques courriers caractéristiques produits pendant  l’expédition.

 

Avec pour commencer un cachet de vaguemestre en guise de carte géographique, afin de localiser les Îles Eparses  par rapport à Mayotte, Madagascar et  la Réunion.

 

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Reportage publié le Lundi 02 Mai 2011

 

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•Vous rentrez juste d'une mission scientifique dans les Iles Eparses. Quel était le but de ce projet ?

 

Je suis en charge d'un programme sur la biodiversité marine des récifs coralliens avec un objectif appliqué à la gestion de ces milieux. Une aire marine protégée a été mise en place dans Les Glorieuses en 2010 et il existe un projet pour Europa. Il faut donc faire un plan de gestion adapté aux écosystèmes et récolter des données pour savoir ce qu'il y a sous l'eau à gérer ! Là, nous avons pu passer quelques jours sur chaque île avec, comme but, de mettre en place un système pérenne de suivi du milieu. Nous avons installé sur chaque île quatre stations de surveillance intégrées au réseau mondial de suivi des récifs coralliens, en échantillonnant les coraux et les poissons selon une même méthode appliquée dans le monde entier pour pouvoir estimer globalement l'état de santé des récifs coralliens. Une autre expédition plus longue avec des spécialistes des mollusques, des coraux, crustacés et des algues est prévue à Europa au mois de novembre.

 

•Pourquoi vouloir créer des réserves marines autours d'îles qui ne sont, a priori, pas menacées par l'homme puisqu'elles ne sont pas habitées et que leur accès est contrôlé ?

 

Les menaces existent quand même. Par exemple, en 2006, les plages de Juan de Nova ont été souillées par un navire qui a dégazé. Nous savons également qu'il y a du pétrole autour de cette île. Cela peut susciter les convoitises. Aux Glorieuses, les gens veulent pêcher et certains le font déjà, même si c'est interdit. Il existe aussi une réflexion sur l'ouverture de ces îles au tourisme. Il s'agirait d'éco-tourisme mais cela reste tout de même une pression qu'il faudra contrôler. Il est important de protéger des petits bijoux de biodiversité contre les menaces à venir pour les transmettre dans le même état aux générations futures. En plus, les îles sont aussi touchées par le changement climatique mais ne connaissent pas la pression directe de l'homme. Scientifiquement parlant, elles constituent un site de référence.

 

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•Justement, en 2004, vous participiez au tournage du film de Rémy Tézier sur Juan de Nova. Vous y découvriez un récif presque totalement mort suite à l'impact du courant chaud El Nino. Vous y êtes retournée, qu'en est-il aujourd'hui ?

 

En 2004, c'était effectivement un vrai désert avec tout de même une oasis de vie rencontrée à 30 mètres de profondeur. Et aujourd'hui une très bonne nouvelle, l'oasis a reconquis le désert! Le taux de recouvrement est bon, il y a eu une vraie  reprise corallienne. C'était émouvant pour moi de retourner sur cette île et de voir la vitalité de ses récifs coralliens aujourd'hui.

 

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•Ces îles sont donc ces petits îlots de biodiversité que l'on décrit ?

 

A Juan de Nova par exemple, nous avons observé beaucoup de requins. C'est l'endroit dans le monde où j'en ai observé le plus. Il y a eu une pèche intensive pour les ailerons de requins à l'échelle mondiale et il devient exceptionnel d'en observer une telle densité aujourd'hui. A la Réunion, je n'en vois jamais sur le récif. On a l'impression qu'il y en a beaucoup parce qu'il y a parfois des attaques mais ça se passe dans des conditions bien particulières avec le plus souvent des requins qui affectionnent les eaux troubles. En fait, il y a très peu de requins de récifs ici. Or, normalement, ce sont des poissons éboueurs essentiels pour l'équilibre de l'écosystème. Il y a d'autres particularités que l'on ne voit plus à la Réunion, la présence de gros poissons sur le récif. A Juan de Nova par exemple, j'ai observé sur une zone de 250 m2, huit mérous qui mesuraient près d'un mètre, ce qui est totalement exceptionnel. A la Réunion, si on en observe plus de deux mérous par plongée, on est content. En plus, ils sont curieux, ils s'approchent, c'est le signe qu'ils n'ont pas peur. Comme ils ne sont pas pêchés, ils ont le temps de grandir et atteignent des tailles importantes. A La Réunion, les mérous reviennent sur le récif avec la mise en place de la réserve marine, mais ils n'atteignent  pas encore ni la densité, ni la taille de ceux qu'on observe dans les Iles Eparses o ils ne sont pas pêchés depuis longtemps.

 

•En tant que scientifique, ce type d'environnement est important pour avoir un système de référence. Quel type de relevé allez vous faire lors de vos prochaines expéditions ?

 

Oui, cela nous permet de voir ce que devrait être un écosystème non soumis à l'influence de l'homme. Nous devrons plonger 15 jours sur chaque île pour connaitre l'état de santé du récif et réaliser un point 0 des ressources halieutiques. Pour cela nous allons évaluer les paramètres de diversité, à savoir quelles espèces sont présentes et o. Nous allons ensuite évaluer la densité des populations, donc le nombre d'individus par espèce. Ensuite, nous allons calculer la biomasse, grâce à des relevés de taille des individus. Dans les Iles Eparses, les individus peuvent arriver à l'âge adulte vu qu'il n'y a pas de pêche et certaines espèces comme les mérous, les gaterins ou les carangues peuvent atteindre de grandes tailles, ce qui fait exploser la biomasse en poissons de ces îles, et c'est un signe de bonne santé du récif !

 

•Vous en saurez donc un peu plus sur l'état de santé du récif d'Europa en novembre 2011 ?

 

Oui, nous préparons une mission pour évaluer l'état de santé du récif d'Europa, puis nous le ferons pour chaque île. La piraterie nous complique un peu les choses. Les TAAF ne souhaitent plus que nous nous rendions dans ces îles en bateau comme nous pouvions le faire avant. Les missions scientifiques doivent se faire avec un risque zéro, ce qui se comprend aussi. Lors de notre expédition avec le Marion Dufresne, il y avait 10 militaires avec nous. Là, j'essaie de voir comment faire pour rejoindre Europa ou les Glorieuses en avion privé de Madagascar ou d'Afrique du Sud. Avis aux aviateurs.

 

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Propos recueillis par Marine Veith pour  http://www.ipreunion.com/

Retranscrits par Michel Krempper pour l’APN 92, mai 2011 

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30 avril 2011 6 30 /04 /avril /2011 17:41

Durant l’été 2009, un premier bilan (provisoire) des six premiers mois d’utilisation de  « Mon timbre en ligne » pouvait être dressé[i]. Qu’en est-il aujourd’hui de ce service de fabrication à domicile de timbres imprimés sur ordinateur, proposé en France depuis maintenant plus de 2 ans ? 


Première réponse : après un lancement hésitant, le succès s’est affirmé. Ces timbres ont trouvé leur place dans la (trop ?) vaste gamme des produits d’affranchissement proposés par La Poste. Si encore peu de particuliers sont séduits par les facilités qu’il offre, de nombreux émetteurs de courrier professionnel en font maintenant usage.  Pour un volume de lettres expédiées dépassant quelques unités/jour sans pour autant justifier la location d’une machine à affranchir le courrier, l’emploi du MTEL est particulièrement commode : impression sur son ordinateur, chez soi, d’un timbre au tarif calculé selon le poids et la destination, semi-personnalisation de l’illustration des vignettes d’affranchissement, paiement sur un compte facile à réapprovisionner (par carte bancaire), dépôt dans n’importe quelle boîte aux lettres semblent être des avantages appréciés par les professions libérales, les TPE, les associations, qui sont usagers le plus fréquemment rencontrés sur les plis revendus par Internet ou dans le tri du courrier adressé aux mairies et aux caisses de retraite. Ainsi, les dernières factures MTEL émises par le service gestionnaire à La Poste dépassent le n° 540 000, ce qui correspond à un rythme mensuel moyen de 20 000 depuis l’origine.  Il existe certes des limites au nombre de timbres susceptibles d’être imprimés : une TPE peut acheter jusqu’à 250 € de timbres par période de 30 jours ; pour les particuliers, le plafond est à 75 € ; limites auxquelles on peut voir deux explications : inquiétude de La Poste sur les paiements par carte bancaire ?  Volonté de ne pas concurrencer les machines à affranchir ? Quoiqu’il en soit, ces montants correspondent assez bien aux besoins en affranchissements des offices de notaires ou des cabinets d’architectes, de médecins, de comptables, d’ingénieurs-conseils FIG. 1.  Pour reprendre un terme de marketing, les MTEL sont un excellent « produit de niche », bien adapté aux besoins de ce type de professionnels.


Fig-1.jpg FIG. 1 MTEL oblitéré le 3 septembre 2009, machine TOSHIBA TSC 1000,
marque standard 4 vagues longues en w,
ROC 26479A de la Plate-forme Industrielle du Courrier (PIC) de Lognes.  


Deuxième observation : au départ limitée à deux mois, la durée d’emploi de chaque MTEL  a été portée à six mois (exactement 24 semaines, soient 168 jours), ce que le site de La Poste montre depuis le 19 février 2010 FIG. 2.


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FIG. 2  Capture d’écran du site de La Poste : la durée d’emploi figure dans les trois lignes du bas, au centre. 

 

D'après l’opérateur postal, la limitation de validité des « timbres en ligne » avait été décidée pour limiter la taille de la base de données de contrôle. En effet le dispositif de contrôle repose sur la lecture automatique par les MTP (Machines de Tri Préparatoire) de la Data Matrix (code 2D) présente sur chaque marque côté droit. Des tests-clients ayant montré que la limitation initiale à 2 mois était jugée trop courte, obligeant l’usager à la vigilance et freinant les achats, elle a logiquement été augmentée. L’utilisateur devra cependant veiller à ne pas stocker trop de vignettes d’avance qui pourraient s’avérer inutilisables après une modification tarifaire. Encore que les CGV[i] – trop ignorées – le  prévoient explicitement au § 5.3 « Dans le cas d’une augmentation tarifaire de la valeur faciale du Timbre-poste, et si le Client dispose de Marques d’affranchissement imprimées antérieurement, il peut continuer à les utiliser pour l’affranchissement de ses envois à titre exceptionnel pendant la période de transition et ce jusqu’à la date de fin de validité mentionnée sur ses Marques » FIG. 3.


FIG3MTELPerruches_ob2232010.jpg

FIG. 3 MTEL valable jusqu’au 3 septembre oblitéré le 22 mars 2010
par la MTP Toshiba TSC 1000 de la PPDC de Reims.

 

Troisième constat : il concerne ce contrôle des MTEL dans les Centres de Tri. Alors que nos premières observations avaient relevé différents dysfonctionnements dans l’oblitération de ces affranchissements par les machines à grande capacité MTP TOSHIBA TSC 1000, les défauts de jeunesse semblent avoir été corrigés. Un des intérêts des « Mon Timbre en Ligne », c'est leur interaction avec les oblitératrices, celles-ci devant être capables de reconnaître le code 2D, de vérifier la validité du code barre, de vérifier la conformité de la date d'utilisation, de vérifier dans une base de donnée l’existence du timbre en tant que neuf, d'informer la base de l’utilisation. Toutes ces fonctions apparaissent aujourd’hui bien maîtrisées pour peu que les MPT soient correctement programmées[i]. Ainsi, les MTEL disposent à présent d'une annulation spécifique [ii] FIG. 4.


FIG4mtel-tsc1000-normal-copie-1.jpg

FIG. 4 Oblitération spéciale MonTimbrenLigne frappée par une MTP TOSHIBA TSC 1000 : vagues courtes en N ;
indications de services inversées  en deux blocs-texte (La Poste/ France à droite) ;
grand espace entre vagues et textes. Code ROC 38276A de la PIC de Wissous Paris-Sud.

 

Pour le collectionneur, cette empreinte a pour avantage de démontrer que l’affranchissement est un vrai MTEL et non pas une copie ou un faux fabriqué de toute pièce. À ce titre et parce qu'ils sont (assez) faciles à falsifier par des informaticiens un peu habiles,  les « Mon Timbre en Ligne » se collectionnent de préférence sur lettre avec une oblitération spéciale frappée par une TOSHIBA TSC 1000. On peut en effet utiliser une imprimante virtuelle, ou numériser un MTEL imprimé. Aucun moyen ne permettra de différencier ces reproductions des "véritables" ! Ni d'ailleurs de savoir si le  « Mon Timbre en Ligne »  n'est pas une totale invention puisqu’il n'est pas possible de savoir si un code 2D est authentique ou inventé.

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FIG. 5 Exemple de faux MTEL fabriqué de toutes pièces 
à titre démonstratif par un philatéliste, blogueur notoire.


Quatrième remarque, relative aux visuels : Les MTEL sont toujours aussi peu esthétiques qu’à l’origine : la Data Matrix reste d’un poids excessif tout comme les indications de service (La Poste / France, tarif, code alphanumérique).  De ce fait, avec ses 35 x 21 mm l’illustration thématique est réduite à des dimensions congrues. Par ailleurs, la qualité des images est d’autant plus faible que les papiers utilisés pour les produits grand public sont fragiles et ont une durée de vie moindre que ceux utilisés par La Poste. De plus,  l'utilisation d’imprimantes à jet d'encre par rapport aux imprimantes laser  et d'étiquettes ou d'enveloppes autocollantes, (connues pour jaunir rapidement)  donne des images d’un rendu assez médiocre et risque de surcroît de poser un sérieux problème de conservation à moyen terme.

Il reste que les gestionnaires du produit à la Direction du Courrier de La Poste [i] font d’incontestables efforts de renouvellement des visuels. Depuis l’origine, 9 catégories sont proposées (animaux, évènements, monuments, métiers, nature, sports et loisirs vie associative, vie de l’entreprise, logos en NB) offrant chacune 16 images couleur (autant en noir et blanc) auxquelles s’ajoute le visuel de la semaine. A l’intérieur de chacune, de nombreuses illustrations ont été retirées, de nouvelles sont apparues. Le « turn-over » est particulièrement élevé dans les catégories « Monuments et terroirs »  « Sports et loisirs » avec au moins une image nouvelle par mois. Pour les collectionneurs « thématistes », ces affranchissements constituent donc une intéressante ressource d’appoint  qui diversifie les présentations, en dépit du caractère parfois « fruste » de certains visuels FIG. 6 & 7. Notons aussi que la recherche de matériel peut aussi conduire à s’intéresser aux timbres mis en ligne par certaines postes étrangères FIG. 8A, 8B.


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FIG. 6 Les MTEL offrent un choix de monuments français et étrangers. 

 

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FIG. 7 Figurine symbolique de l’esprit associatif, également utilisable dans une thématique sur le nombre 5,
marque d’oblitération spécifique aux MTEL issue de la TOSHIBA TSC 1000 de la PIC Wissous Paris Sud ROC 38276A.

 

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FIG. 8A Timbre en ligne de la Poste suisse, appelés Webstamps.   


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FIG. 8B Timbre personnalisé  de la Deutsche Post imprimé sur enveloppe,
commercialisé sous le nom de PlusBrief-Individuel (image de 32 x 27mm).


Cinquième constat, concernant le statut philatélique des timbres en ligne. De nombreux  collectionneurs n’ont pas saisi d’emblée l’intérêt des « Mon Timbres En Ligne » lancés peu après les « MonTimbràMoi » les  « iDtimbres »  autocollants ou imprimés sur enveloppe FIG. 9  ou les « Collectors » en tous genres, vite devenus surabondants. Certains philatélistes ont cependant perçu la parenté des MTEL avec les Empreintes de Machine à Affranchir acceptées dans les collections depuis bientôt un siècle[i]  Certes, les différences sont nombreuses [ii] mais avec les EMA, les MTEL partagent le fait d’être imprimées par le client et chez lui, sur une enveloppe ou sur une étiquette, avec un tarif calculé par la machine en fonction du poids et de la destination du courrier et avec une facturation périodique effectuée par La Poste sur un compte client. Par ailleurs, du fait de la numérisation du tri du courrier, certains opérateurs postaux comme l’US Postage requièrent dans les EMA l'impression  d'un carré de pixels blancs et noirs renfermant les données de l'envoi, sur un principe analogue à celui des timbres en ligne français, le code FIM, également présent permettant le redressage lors du passage dans les MTP[iii] FIG 10.


FIG9MTAMobLP1942010.jpgFIG. 9   IDTimbre imprimé sur enveloppe : offre de timbre 100% personnalisé faite aux entreprises ou aux gros émetteurs. Oblitération du 19 avril 2010 par la TOSHIBA TSC 1000 du CTC Nanterre code ROC 18769A, marque  en 3 blocs-texte « lettre/prioritaire- La Poste/date jjmmaa- n°ROC/France »  4 vagues courtes en N.


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FIG. 10 Empreinte de machine à affranchir des États-Unis
disposant d'une Data Matrix (au centre) et d’un code FIM (à gauche).
   

 

Les « Mon Timbres En Ligne » français ne sont pas non plus sans quelques ressemblances avec les vignettes d’affranchissements issues de distributeurs en libre-service, les  LISA(s): parfaitement entrées dans le domaine des collections, cataloguées et acceptées dans les présentations : Impression d’une étiquette autocollante au tarif de son choix selon le poids et la destination, illustration de couleur pour certaines. Avec des différences évidemment importantes au niveau du service, la moindre n’étant pas que la LISA ne peut être imprimée qu’au bureau de poste (permanent ou temporaire). C’est pourquoi certains spécialistes avertis [i] considèrent les « timbres en ligne » comme un « mix » d’EMA et de LISA.  Avec eux, on peut donc penser que tout comme ces produits, les MTEL arriveront bien un jour à surmonter l’ostracisme dont certains philatélistes font encore preuve à leur égard.

MICHEL KREMPPER Amicale Philatélique de Nanterre Avril 2010



[i]  Mis en ligne le 1er août 2009 sur le blog de l’Amicale Philatélique de Nanterre APN 92, publié dans L’Echo de la Timbrologie n° 1833 octobre 2009 pp. 46-49


[ii]  Conditions Générales de Vente.  Elles doivent être  acceptées par le client avant le bouclage de la transaction

[i]  « Errare humanum est » : les défaillances dans la programmation des MTP font le plaisir des amateurs d’empreintes fautées … et alimentent les blogs philatéliques …

[ii]  Le courrier des lecteurs de l’Echo de la Timbrologie n° 1848 mars 2011 p.8 en présente quatre, en faisant remarquer que ce type de marque d’annulation à deux blocs-texte et à vagues courtes n’a été vu que sur des MTEL


[i]  Au sein de La Poste, les T-P « ordinaires » sont produits par Phil@poste, les MTEL sont développés par la Direction du Courrier


[i]  Les EMA sont apparues dans les années 1920/25 et ont été collectionnées (et cataloguées) dès les années 30

[ii]  La plus importante étant que les affranchissements par empreinte mécanique  ne sont pas oblitérés, au contraire des MTEL

[iii]  L’Echo de la Timbrologie n° 1836 janvier 2010 pp.48-50 « FIM importés des Etats-Unis »


[i]  Par exemple Dominique Stephen sur http://www.blog-philatelie.com


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