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Présentation

  • : Amicale Philatélique de Nanterre
  • Amicale Philatélique de Nanterre
  • : Les réunions sont ouvertes à tout philatéliste, même non adhérent, mais qui souhaite partager sa passion autour du timbre et de la lettre. Réunions 1ers et 3èmes dimanches de chaque mois. Villa des Tourelles 9, rue des Anciennes Mairies à Nanterre. Adresse E-mail : apn92@free.fr
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  • APN92
  • Réunions de l'Amicale Philatélique de Nanterre - 1ers et 3èmes dimanches
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L'APN

L’association philatélique est le lieu privilégié pour partager sa passion, développer des échanges trouver la convivialité et l’amitié autour d’un loisir commun. Au-delà, elle permet de véhiculer l’information, de découvrir, d’échanger par l’intermédiaire de services structurés. L’association philatélique rompt l’isolement et intègre le collectionneur dans un groupe de contact.

Téléphone : 01 41 37 71 35 (Répondeur)
apn92@free.fr

Recherche

22 février 2013 5 22 /02 /février /2013 10:22

Une performance artistique :

L’idée étant acquise, reste à restituer le dispositif sur un timbre, certes de grand format, mais le challenge n’en demeurait pas moins intéressant. Pour ce faire, Marc Boukebza, Directeur de la Philatélie des TAAF décide de faire appel à Aurélie Baras, artiste designer graphique expérimentée dans le domaine de la production philatélique. A l’âge de 28 ans, elle entame une collaboration avec La Poste et, depuis 1995, on lui doit plus d’une vingtaine de timbre à l’unité ou en feuillet pour la France et la Nouvelle Calédonie, mais aussi l’illustration d’enveloppes, la création de bloc CNEP, vignettes Lisa et de divers produits philatéliques. 

C’est un grand défi pour un artiste de représenter de façon bien vivante des animaux qu’ils n’ont jamais eu la chance d’observer dans la nature. Aurélie Baras a proposé successivement plusieurs dessins modifiés d’une étape à l’autre en fonction des observations formulées notamment par Yvon Le Maho. Une étape décisive a été franchie lorsque celui-ci à fourni à Aurélie Bras des vidéos de passages de manchots sur la passerelle, lui permettant ainsi de traduire remarquablement bien l’allure des Adélies en mouvement.  

 

7 premaquette passerelle manchots 1 mars 2012

Première prémaquette du bloc : la représentation des manchots n’est pas très naturelle,

le fond de l’image est (volontairement) flou, on ne voit qu’un élément de la passerelle.
Le texte est incomplet.

8 premaquette 2 30 mars 2012

Deuxième prémaquette : les deux passerelles sont représentées, mais la démarche
des animaux reste peu naturelle. Le fond de l’image reste assez effacé.
Le texte proposé par Yvan Le Maho est complet.


9 timbremanchots baras 23 4 2012

Troisième version : le fond du bloc est plus net, restituant mieux
l’environnement des manchots. Le nombre de manchots représentés a été augmenté.


10 timbremanchots21 mai 2012 barasQuatrième version : la représentation des manchots correspond mieux

à leur démarche naturelle, sauf pour celui situé à gauche sur la passerelle descendante.
Six animaux sont dessinés sur le bloc au lieu de 7.


11-timbremanchots3_baras.jpgCinquième version : le manchot de gauche a été redessiné, pour bien faire

apparaître son mouvement. On aperçoit plus à gauche un autre animal
qui vient de franchir la passerelle.

A suivre ...

APN - 2013

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 15:31

Pour une meilleure insertion dans le milieu naturel, de grosses pierres ont été disposées, qui ne touchent pas les plates-formes (pour évidemment ne pas biaiser la pesée), ceci afin que les passerelles soient mieux intégrées à l’environnement. Il est également très important que le manchot qui arrive devant une passerelle ait la vision de son autre extrémité (ce qui n’est pas le cas s’il doit sauter en hauteur pour y accéder).  La passerelle est donc disposée de sorte à ce que la montée ou la descente soit le moins abrupte possible pour les manchots. 


5 Passerelle à manchots 2Le site montrant le trajet des manchots.


La passerelle a une dimension de 100 x 50 cm. Elle est composée de trois plateaux non magnétiques fabriqués en fibre de verre. Le choix de grilles en fibres de verre pour les plateaux a été retenu pour deux raisons essentielles, d’une part  la neige s’accumule moins car elle passe à travers les grilles, et d’autre part, des plateaux métalliques seraient incompatibles avec la RFID (RadioFrequencyIDentification).


6 Passerelle à manchots 4

Gros plan de la passerelle descendante, où l’on peut percevoir le matériau qui la compose.
Le panneau de signalisation reflète l’humour des chercheurs et ingénieurs à l’origine de ce projet, mais pas seulement, car le passage d’un homme détruirait les capteurs de pesée,
qui ne peuvent tolérer une masse supérieure à 5 kg !


L’identification des animaux par radiofréquence et leur pesée électronique sont ainsi assurées à chacun de leur passage. L’augmentation de poids des manchots en mer durant un intervalle de temps donné constitue à la fois une indication sur l’évolution des ressources marines et sur leur accessibilité en fonction de l’étendue de la glace de mer.


7 la démarche du manchotLe manchot Adélie et sa démarche particulière
Photo Manuelle Cottin.

 

A suivre ...

APN 2013

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9 janvier 2013 3 09 /01 /janvier /2013 13:28

Peser les manchots,
pour mieux les protéger !

 

Les timbres des TAAF sont consacrés à des thèmes nombreux et variés : si la nature, faune et flore y sont largement représentées, on  trouve aussi des émissions présentant les initiatives techniques et scientifiques développées dans ces territoires dans des buts de développement des connaissances et plus particulièrement pour une meilleure protection de l’environnement.

A ce point la technique est le relai de la recherche scientifique pour expérimenter les solutions proposées par les chercheurs.

Parmi les moyens techniques ayant eu l’honneur d’être retenus comme sujet d’émission de timbres, figurent des bâtiments, des équipements divers, des matériels, mais pas ou peu d’ouvrages d’infrastructure.

Sans doute, pour réparer cet oubli, le programme philatélique 2013 a retenu l’émission d’un timbre consacré à une passerelle technique destinée à l’identification et à la pesée électronique des manchots.

C’est finalement au titre de «hors programme 2012 » que ce timbre, devenu entre temps un feuillet, a été émis, lors du Salon Timbres Passion à Belfort le 2 novembre 2012.  


1-BF-definitif.jpgBloc feuillet définitif.

 

Un outil scientifique sophistiqué :

Ce type d’ouvrage est particulièrement original en raison même de son usage très particulier que l’on ne rencontre que dans cette région du globe.

L’objet de cette passerelle est de peser les manchots lors de leur séjour en mer afin de mesurer la variation de leur poids entre leur départ à la mer et leur retour dans la colonie. Reflet de l’abondance des ressources marines, ce dispositif   constitue un nouveau type d’observatoire pour étudier l’effet du changement climatique sur la biodiversité.

En fait, en réalisant une pesée automatique, on fait coup double : le premier point est, majeur car il concerne l’éthique : en effet, on évite par ce procédé le stress et donc la perturbation liée à la capture de l’animal pour sa pesée. Le second est l’obtention de mesures 24 h sur 24, et quelques soient les conditions météorologiques résultats que seule la pesée automatique permet d’obtenir. Mais une pesée automatique n’est évidemment rendue possible que par une identification automatique…

Sur l’initiative d’Yvon Le Maho, Directeur de Recherche au CNRS et Membre de l’Académie des Sciences, le premier dispositif de pesée automatique a en fait été installé pour des manchots royaux durant l’été Austral 1991-1992 dans la Baie du Marin, sur l’Ile de la Possession (Archipel de Crozet). Ce dispositif, le premier de ce type, a été rendu possible par la mise au point de l’identification par radio-fréquence (RFID) par Texas Instruments Pays-Bas. Ce développement était encore tout récent puisqu’il faisait encore l’objet de tests. Ainsi, dans le cadre d’un partenariat avant commercialisation avec cette société, les premiers animaux à être identifiés électroniquement dans le milieu naturel ont été des manchots royaux des TAAF.  Pour de telles avancées méthodologiques majeures, le rôle des ingénieurs est évidemment primordial et dans l’équipe de Yvon Le Maho c’est l’ingénieur Jean-Paul Gendner bien connu des radio-amateurs, qui conçut le dispositif de Crozet. Celui-ci fit l’objet d’un premier timbre des TAAF. (YT n°180 de 1993).


2-TP-TAAF-180-1993_rec.jpg Timbre émis par les TAAF en 1993 (YT n°180)
représentant le premier dispositif expérimenté sur l’Ile Crozet.

 

Bien sûr, ce dispositif novateur fut rapidement copié par des chercheurs australiens, anglais et américains, à la fois pour des manchots Adélie en Antarctique, mais aussi pour des manchots subantarctiques et australiens.

Cependant, comme pour tout dispositif pionnier, il avait évidemment des imperfections, qui n’avaient pas été corrigées et n’ont pas été résolues dans les « copies ». Grâce à plusieurs astuces de l’ingénieur Benjamin Friess, le dispositif installé en Terre Adélie est en fait le premier à avoir résolu les difficultés inhérentes à une approche pas si simple qu’elle pourrait paraître. Ecoutons Yvon Le Maho, qui a également supervisé la mise au point du nouveau dispositif : « L’un des principaux problèmes auxquels nous avons été confrontés : faire en sorte que des manchots entrants ou sortants ne se retrouvent pas face à face sur la passerelle. Comme on le voit sur l’image ci-dessous , les oiseaux sortants empruntent le couloir le plus central et sortent par la passerelle correspondante. Ils ne longent pas la partie de rocher droite qui leur ferait se retrouver face à face avec des entrants. C’est l’inverse pour les animaux qui entrent, leur cheminement naturel les amène à utiliser cette même passerelle. Nous avons donc fait en sorte que les passerelles d’entrée et de sortie soient installées en fonction du passage le plus naturel pour les manchots Adélie. Cela fonctionne remarquablement bien. Et pas seulement pour les ‘résidents’ de notre colonie d’étude… Les manchots Adélie qui,  installés dans des colonies aux alentours, ont l’audace de venir voler des  cailloux à  nos résidents pour faire leur nid  utilisent généralement les bonnes passerelles pour entrer et sortir! ».


3-Passerelle-a-manchots.jpg

Photo de la passerelle montrant les deux passages.


Le deuxième défi était d’allonger chaque passerelle afin d’augmenter la durée du passage des manchots et ainsi obtenir une meilleure précision de la pesée. Mais cela augmentait d’autant le risque d’avoir plusieurs manchots passant simultanément sur la passerelle et donc d’avoir des pesées automatiques inexploitables. Chaque passerelle est donc divisée en trois plates-formes, avec un petit espace entre chacune . Deux oiseaux se suivant sur la passerelle peuvent donc être pesés indépendamment. 


4-Passerelle-a-manchots-3.jpg

La passerelle du haut sur laquelle on peut apercevoir les 3 éléments qui la compose.

 

 A suivre ...

APN Janvier 2013

 

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5 janvier 2012 4 05 /01 /janvier /2012 06:12

La Philatélie Française est l’organe officiel de la Fédération Française des Associations Philatéliques (FFAP). Témoignant de l’intérêt porté par cette instance au Mail Art et plus généralement à l’Art Postal, le numéro 644 daté de janvier-février 2012 publie un important dossier à ce sujet. Sous le titre « Mail Art et Philatélie » la place a été donnée à Michel Krempper, membre de l’APN 92 pour cinq pages de texte et vingt-huit illustrations (pages 19 à 24).

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LPF644pagesommaire.jpg

L’article vise naturellement à encourager cette pratique artistique en plein essor. Le Concours international organisé par l’Amicale Philatélique de Nanterre de septembre à décembre 2011 n’a-t-il pas suscité 371 participations ? A partir d’une présentation à caractère historique remontant aux envois illustrés du XVIIIème siècle jusqu’au renouveau  des années 1960 en passant par la correspondance des surréalistes et autres artistes avant-gardistes des années 1920, notre auteur souligne les liens, plus étroits qu’on ne le croit parfois, entre art postal et philatélie. Et de citer quelques uns des nombreux points de tangence. Ainsi :

 Dors et déjà, le règlement des expositions de la FFAP pour la classe « Histoire Postale » offre le droit de présenter des « ensembles d’enveloppes illustrées et décorées ayant transité par le système postal».


L’Art Postal appartient aussi à une solide tradition de la « Philatélie polaire » qui constitue une classe particulière d’exposition.


Une belle pièce de Mail Art peut également trouver sa place en première page d’une présentation en « classe Thématique ».


Les créations d’Art Postal sont naturellement admises (et appréciées) en « classe Ouverte » où les règlements internationaux autorisent jusqu’à 50% de matériel philatélique.


Enfin, témoignant de son ouverture, la FFAP a été jusqu’à proposer une « classe Libre » où chacun à la latitude d’exposer les ensembles d’objets de collections qui lui plaisent.

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Le 28 janvier 2012 sera une occasion de faire le point sur ces avancées et d’autres à venir, à l’occasion d’abord de l’inauguration de l’Exposition des créations rassemblées lors du Concours international de l’APN 92 ainsi que des pièces historiques prêtées par l’Adresse Musée de la poste et des collectionneurs particuliers, puis du Colloque « Mail Art & Philatélie : faits pour s’entendre » organisé le même jour.

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APN Janvier 2012

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11 décembre 2011 7 11 /12 /décembre /2011 11:07

Démarrées en 1997, les émissions philatéliques propres à Mayotte - à présent 101ème département  français - prendront fin le 30 décembre 2011 avec un timbre forcément historique. Son sujet est remarquable : il s’agit du Marion Dufresne, un navire que l’on a surtout l’habitude de voir voguer sous d’autres cieux (Fig.1).


ig 1

Figure 1


Propriété de la compagnie française CMA-CGM, immatriculé à Marseille, le bateau est basé à la Réunion. Ses missions courantes sont de deux ordres. Il assure d’une part la logistique des îles australes françaises pour les Terres australes et antarctiques françaises  (TAAF), d’autre part la recherche océanographique pour l'Institut polaire français - Paul Émile Victor (IPEV). Habituellement, il effectue les relèves de personnels, le ravitaillement en vivres, matériels et carburants sur l’île de la Possession, principale île de l'archipel Crozet, sur les îles Kerguelen et sur l’île Amsterdam. Sur l’île Saint-Paul où il n’y a pas de base, il ne fait qu’un arrêt technique et touristique.

 

Du 1er au 26 avril 2011,  le Marion Dufresne effectuait une mission particulière : une rotation dans chacune des îles Eparses de l’océan Indien. L’appellation recouvre un ensemble de cinq îles : Bassas da India, Europa, Juan de Nova, Glorieuses dans le canal du Mozambique et,  au nord de la Réunion, Tromelin, cogérée avec l’Ile Maurice. Un arrêté du 3 janvier 2005  avait confié leur administration au préfet, administrateur supérieur des Terres australes et antarctiques françaises. Depuis la loi 2007-224 du 21 février 2007, les îles Eparses font partie intégrante des TAAF et constituent son 5ème district. Pour cette rotation spéciale, embarquaient à son bord 72 scientifiques, représentant 17 programmes de recherche concernant aussi bien les sciences de la terre que de la vie (Fig.2).


Fig-2.jpg

Figure 2


Le cachet - non philatélique - de l’un des programmes scientifiques, tamponné sur le courrier posté sur le bateau fait apparaitre la localisation des différentes îles par rapport à Madagascar et la Réunion. Il situe aussi Mayotte, où le Marion Dufresne a fait escale les 15 et 16 avril (Fig. 3).


Fig-3.jpg

Figure 3

C’est cet évènement qui explique la présence un peu surprenante du navire des TAAF dans les eaux de Mayotte que l’ultime timbre mahorais agrémente d’un palmier (Fig. 4).


Fig-4.jpg

Figure 4

 

Celui-ci a été émis en commun avec les TAAF (Fig. 5), ce qui constitue une autre particularité puisque durant  toutes les années du renouveau philatélique mahorais, démarré en 1997, jamais la Poste de Mayotte n’avait participé à ce genre d’opération.


Fig-5.jpg

Figure 5

 

Les deux timbres présentent cependant une différence : leur taille. 52x31 mm pour Mayotte, 48x36 mm pour les TAAF. L’explication est simple. Tous deux imprimés par Phil@poste à Boulazac,  celui pour Mayotte l’est par planches de 25, celui des TAAF par planches de 10, selon les habitudes propres à chacune des deux administrations postales (Fig.6, Fig.7).


Fig-6.jpg

Figure 6

Fig-7.jpgFigure 7


 

Leur réalisation (Fig.8) est due à Claude Perchat, graphiste-illustratrice française née à Paris en 1952 qui a commencé sa collaboration avec la Poste en 2000. Créatrice de nombreux cachets Premier Jour (plus de 80), elle a aussi illustré les documents philatéliques de la Collection historique des timbres- poste et est l’auteur du Carnet de Voyages "La France à Vivre" édité par La Poste en 2004. On lui doit un timbre pour la France : Juliette Dodu (gravé) et cinq pour les TAAF : Dr Jean Rivolier (2010), Pavillon Gabriel (2010), Salon Champerret (2010), Manchots-Papous – Vignette Bignon (sorti au salon de Metz), La Maison Orré (pour les journées du Patrimoine). Claude Perchat a aussi conçu les timbres-à date Premier Jour, très artistiques avec une vue plongeante du Marion Dufresne (Fig.9. Fig. 10).


Fig-8.jpgFigure 8

Fig 9 Figure 9


TAD-TAAF-n--1.jpgFigure 10

 

Remerciements à Marc Boukebza, Directeur de la Philatélie des TAAF, Jean Ketterlin, Directeur des activités de l'Enseigne à Mayotte et Claude Perchat pour leur aide à la rédaction de cet article.

Michel Krempper - APN 1 décembre 2011

 

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 23:36

Techniques et supports

Quantités de supports et matériaux les plus variés peuvent servir de cadre à ces correspondances créatives, finalement ouvertes à tout un chacun. Il peut s’agir d’une simple enveloppe, d’un morceau de carton, de bois, d'écorce, de tissu, de verre ou encore d’un disque, d’une boîte d'allumette ou d’un dessous de bock. L'Art postal s'approprie des disciplines aussi différentes que la sculpture, la peinture, la photographie, la bande dessinée, le collage, le dessin, la broderie (FIG. 21).

FIG. 21. Mme Debove ret

Figure 21 - Enveloppe brodée de Marie-Odile Debove, 2010 (Bulletin de l’APN 92).  

 

Quant aux matériaux, il n'y a pas de limites d’utilisation à la condition qu'ils supportent le voyage par la poste : outre les techniques traditionnelles (peinture, collage...), on trouve ainsi sur les courriers des plumes, fleurs, coquillages, sable, perles, boutons ... ou tout objet de récupération. Les règles du «bien envoyé» ne sont pas toujours respectées : forme de l’objet, place du timbre, fantaisie dans les adresses (sous forme de rébus, de poèmes ...).

Les attributs de La Poste - adresses du destinataire et de l'expéditeur, timbre, oblitération - participent évidemment des matériaux de l'Art postal. Les artistes puisent aussi dans le registre postal pour nourrir leur imagination et réaliser leurs compositions. Ils n'hésitent pas à jouer avec le timbre et à l'intégrer dans leur composition. Certains vont jusqu’à créer leurs propres timbres, fictifs, plus ou moins heureux, le but étant que les guichetiers les tamponnent (FIG. 22). La calligraphie est aussi très prisée.

FIG. 22.PseudotimbresDiotallevi

Figure 22 - Pseudos-timbres Mail Heart de Marcello Diotallevi, 1942.  

 

Malgré cela les courriers se perdent rarement et arrivent presque toujours à destination : merci aux postiers ! L'Art postal est aujourd'hui toujours plus vivace que jamais ; de nombreux réseaux d'artistes échangent entre eux ou par le biais d'invitations et d’appels à projets.

L'Art postal aujourd’hui

Il existe des fanzines [vii] d'art postal, constitués d'œuvres originales. On peut citer Nada Zéro, édité par Christian Alle et mis en ligne par l'artiste Lauranne (FIG. 23) qui diffuse aussi des informations sur des projets et contacts de Mail Art, une entreprise originale entièrement gratuite : il suffit d'envoyer 20 œuvres de petit format pour recevoir un exemplaire. La réciprocité est la règle du Mail Art, non-marchand par essence. Ce magazine a aussi un frère canadien : Circulaire 132. 

FIG.-23-Lauranneadameve1p.jpg

Figure 23 - Adam et Eve, acrylique et pastels de Lauranne (site de l’artiste). 

 

Aujourd’hui, la Toile est le terreau le plus fertile. Plusieurs appels d'art postal (mailart call) y naissent quotidiennement sur les thèmes les plus variés. Le site Mail-Art Across the World, associant divers pays, propose d'allier au Mail Art classique la calligraphie, vecteur par excellence de l'adresse postale. Toujours sur Internet,  des galeries et forums en ligne sont proposés. Des restitutions prennent parfois le relais sous forme d'expositions publiques.

Autre exemple de réseau très actif : celui du Ministère de la Justice. Autours du Pôle Culture de la Protection Judiciaire de la Jeunesse des Yvelines, son partenariat avec Phil@poste vieux de 10 ans, permet un concours annuel  auquel participent plusieurs centaines de créateurs. La presse philatélique nationale n’est pas en reste, qui consacre périodiquement des articles au sujet et lance ses propres appels à projet [viii].  L’institution postale elle-même a investi le champ. Depuis la première grande exposition de Mail Art organisée en 1989, le Musée de la Poste- devenu l’Adresse - a rassemblé plus de 5 000 pièces dans ses collections (FIG. 24). Il développe aussi de très fructueux partenariats.

FIG.-24-EnveloppeChrisBesserEdT2.jpg

Figure 24 - Enveloppe de Chris Besser (coll. L’Adresse Musée de la Poste). 


Pour finir, il serait injuste de ne pas évoquer le travail fait dans l’ombre par de nombreux enseignants, instituteurs ou professeurs d’arts plastiques, qui – via le Mail Art- cherchent aussi à réconcilier les jeunes avec la correspondance écrite : tâche difficile à une époque où portables et SMS règnent sur l’échange de messages [ix].

Et dans les Expositions philatéliques ? 

Les présentations compétitives patronnées par la FFAP autorisent jusqu’à 50% de matériel non-philatélique en «Classe ouverte». Dans ce cadre, les pièces de Mail Art  sont naturellement admises et appréciées car elles aident à bien diversifier le type de documents présentés par des créations originales (FIG. 25).

FIG.-25.MailArtMiwagPontMetal.jpg

Le Règlement de la classe «Histoire Postale» est une autre possibilité, cependant peu utilisée. Son article 3.2 offre pourtant le droit d’exposer, dans le cadre d’études historiques, des «ensembles d’enveloppes illustrées et décorées ayant transité par le système postal». L’Art postal appartient aussi à une solide tradition de la «Philatélie polaire» qui constitue une classe particulière d’exposition (FIG. 26). Une belle pièce de Mail Art peut également trouver sa place en première page d’une présentation en classe «Thématique», en guise d’accroche de la collection. Les organisateurs d’expositions FFAP ont enfin la latitude de proposer une «Classe libre». Pourtant, malgré ces ouvertures, on ne voit que fort peu de pièces contemporaines d’Art postal dans les différentes manifestations. Seraient-ce parce qu’elles échappent généralement aux circuits marchands et qu’il n’y aurait de bonnes pièces philatélique qu’acquises en monnaie sonnante et trébuchante ? Ou que les philatélistes n’ont pas la fibre artistique ? Faux, bien sûr ? Mais alors ?

FIG.-26.MAPolairecoll_alainbarbet_rec.jpg

Figure 26 Lettre des TAAF, 2003 (coll. Alain Barbet).   

 

Michel Krempper - APN décembre 2011

 


[i]    Mathilde Ferrer et Marie-Hélène Colas-Adler, Groupes, Mouvements, tendances de l’Art contemporain depuis 1945, E.N.S.B.A., Paris, 1990.

[ii]    Pierre-Stéphane Proust, Les plus belles enveloppes illustrée, de 1750 à nos jours, édité par l'association Normandie Terre des Arts et parrainé par le       Musée de la Poste de Caen (2 tomes).

[iii]    La Philatélie Française n° 631, Nov. Décembre 2009. 

[iv]   Futurisme : mouvement littéraire et artistique européen du début du XXème siècle rejetant la tradition esthétique du XIXème et exaltant la civilisation urbaine, le  machinisme, la vitesse.

[v] Dadaïsme :  mouvement intellectuel, littéraire et artistique qui, entre 1916 et 1925, entendit remettre en cause, à la manière de la table rase, toutes les contraintes idéologiques, artistiques et politiques. Les dadaïstes ont mis en avant l'esprit d'enfance, le jeu avec les convenances et les conventions,  l'extravagance, la dérision et l'humour.

[vi] Fluxus : mouvement d'art contemporain né dans les années 1960 qui toucha principalement les arts visuels mais aussi la musique et la littérature.

[vii]  Fanzine : contraction de fanatic magazine, publication imprimée, périodique ou non, institutionnellement indépendante, créée et réalisée par des amateurs passionnés pour d'autres passionnés.

[viii] Par exemple l’Echo de la Timbrologie en 2010 , n° 1846, Décembre.

[ix] Le site timbresponts.fr témoigne d’une opération ayant associé six Collèges de différents pays européens dans les années 2000 qui a permis la réalisation de 1800 lettres !

 

 

 

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1 décembre 2011 4 01 /12 /décembre /2011 22:48

Le Mail Art est une forme d'art utilisant les éléments de la correspondance postale ainsi que la plupart des disciplines artistiques. Plus précisément, le terme recouvre l'ensemble des créations artistiques voyageant à découvert par la poste, comportant une adresse, un timbre et ayant été oblitérées. A ce titre, ces objets d’art posté intéressent la philatélie. Certains les considèrent  même comme l’un de ses aspects les plus modernes, en dépit des limites imposées à leur présence dans les expositions officielles de la FFAP. L’Art Postal englobe, en plus des pièces d’art posté, des objets artistiques à connotation postale tels les costumes, les sacs postaux ou les boîtes aux lettres décorés.

La naissance de l’Art postal

Les théoriciens de l’art contemporain considèrent généralement les années 1960 comme celles de la naissance officielle du Mail Art [i].  Mais les historiens de la correspondance ont trouvé des origines très antérieures à la pratique de l’Art posté ! Ainsi, dès l'invention de la carte postale (Autriche 1869) et du timbre-poste (Angleterre 1840, France 1848), des premiers envois illustrés apparaissent. De plus, bien avant les premières enveloppes entièrement illustrées à la main, quelques techniques simples ont permis d’embellir les correspondances. Dès le milieu du XVIIIème siècle sont réalisées, au pochoir ou à l’aide de tampons, des décorations qui apparaissent sur le feuillet externe des plis. Ces ornements apposés sur le pourtour des lettres, puis des enveloppes se présentent sous forme de bandes ou de guirlandes de fins motifs unis ou bicolores (FIG. 1). 

FIG.1-EnveloppePochoir1752.jpg

  Figure 1 - Pli orné au pochoir, Clermont, 1752 (coll. P-S Proust).  

 

Ces premières décorations constituent les prémices en France de ce qui deviendra l’Art postal [ii]. Jusqu’au milieu du XIXème siècle, alors que l’intérieur de certains plis se pare de beaux en-têtes imprimés, dessinés ou peints - lettres de soldats dites «de cantinières», correspondances officielles, commerciales, maritimes (FIG. 2.)-, les illustrations à découvert  restent cependant exceptionnelles.

Fig-2.jpg

Figure 2 - Lettre de marin 1947 (Catalogue d’une VSO).

 

A partir de 1840, année de la création mondiale du timbre-poste, les postes britanniques innovent encore en faisant  imprimer des enveloppes à motif allégorique dénommées «Mulready», du nom de l’artiste qui en réalise l’illustration (FIG. 3). Les philatélistes les connaissent bien. Pour eux, ce sont des précurseurs des entiers postaux. En même temps, d’autres enveloppes dites «caricatures de Mulready» (FIG. 4) sont proposées par des commerçants. Aux Etats-Unis, la Guerre Civile (1861-1865) provoque un peu plus tard, l’éclosion d’enveloppes dites «patriotiques» imprimées tant au Nord unioniste qu’au Sud confédéré (FIG. 5).

FIG.3.-Enveloppe-Mulready_1840.jpg

Figure 3 - Enveloppe-entier postal Mulready, 1840 (coll. Michel Krempper).

 

Fig-4.jpg

Figure 4- Caricature de Mulready,  1840. (Catalogue d’une VSO anglaise).

FIG.5-Enveloppe-Patriotsecessionistleavingtheunion7kg.jpg

Figure 5 

Illustration d’une enveloppe patriotique de la Guerre civile américaine, 1861.


 

Mais si ce matériel de correspondance incite de nombreux peintres et dessinateurs d’Outre -Manche à décorer leurs enveloppes d’illustrations aquarellées ou de caricatures à la plume, en France en revanche, cette pratique reste plus limitée, encore qu’on puisse également y trouver des courriers très artistiques, souvent plus tardifs (FIG.6, FIG.7).

Fig-6.jpg

Figure 6  - Calligraphie et enluminures sur enveloppe, 1868 (coll. P-S Proust).  

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Figure 7 - Enveloppe réalisée par Frédéric Pioche, postier, 1910 (coll. L’Adresse Musée de la Poste).


Dans notre pays, voyagent alors surtout de petites enveloppes ornées vendues dans le commerce : «les valentines» (FIG. 8 a, b) dont l’origine vient de la coutume d’échanger des présents entre amoureux à l’occasion de la Saint-Valentin. Adressées par la suite en toute occasion, leurs pourtours au pochoir, imprimés, gaufrés ou faits de dentelles de papier, sont le plus souvent illustrés de fioritures, oiseaux ou petites scènes romantiques. Mais déjà peu courantes pendant la deuxième moitié du XIXème siècle, ces enveloppes se raréfient encore avec la carte postale illustrée, apparue un peu avant 1900 [iii].

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Figure 8 a   Valentine, 1857 (Coll. P-S Proust).

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Figure 8 b  - Enveloppe au décor floral, Tarare, 1840 (coll. L’Adresse).  

Puis des artistes ou personnalités tels qu’Apollinaire ou surtout Marcel Duchamp (FIG. 9 a) décorent leurs courriers. Mallarmé lui, écrit volontiers l’adresse sous forme de quatrain : «Va-t’en, messager, il n’importe / Par le tram, le coche ou le bac / Rue et 2, Gounod, à la porte / De notre Georges Rodenbach.» (FIG. 9 b).

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Figure 9 a - Adresse en quatrain, Stéphane Mallarmé, 1893, (coll. Université de Paris).

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Figure 9 b Carte Premier jour du T-P Marcel Duchamp «Neuf Moules Malic».  

 

Par la suite, des œuvres empruntant les voies postales circulent en différents pays. Le premier qui voit émerger un Art postal organisé est l’Italie, dès 1910, avec les futuristes [iv] et Marinetti leur chef de file (FIG. 10). Pour eux, la lettre doit devenir un support expressif  excluant les matériaux standardisés, utilisant toutes les techniques de la peinture et du collage, mêlant gaîté et humour.

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Figure 10   Marinetti 1914.

 

 

Les refondateurs modernes

Au sein des néo-avant-gardes artistiques, Ray Johnson (1927-1995) est généralement considéré comme le fondateur du Mail Art. Né aux États-Unis, il se tourne très jeune vers l'art et crée en 1962 la «New York School of Correspondance», définie comme une «non-école» où sont encouragées les expressions artistiques en rupture avec les modes antérieurs. Johnson définit le Mail Art comme étant «secret, privé et sans règle», excepté une : «no fee, no jury, technic and size free» (pas de taxe, pas de jury,  liberté de format et de techniques) (FIG. 11a, b). Mais le Mail Art ne restera pas secret et privé bien longtemps. Bien au contraire, il va s'étendre et des réseaux vont se créer, pour connaître un véritable essor dans les années 1970, jusqu’à susciter des expositions spécialisées puis l’entrée des œuvres dans les Musées.

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Figure 11 a - Ray Johnson et autres, composition, sans date.

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Figure 11 b - Ray Johnson, enveloppe aquarellée, 1981 (coll. Guy Bleus). 

 

Simultanément, d'autres artistes, dès les années 1950, développent un Mail Art latino-américain, tels  le poète Augusto de Campos et son frère Haroldo. Leur production artistique se veut tournée vers la modernité ; ils s'inspirent de la publicité, utilisant leur art dans des situations quotidiennes de la vie moderne, inventant aussi des «poèmes logos» (FIG. 12).

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Figure 12 - Augusto de Campos, poème en forme de tour, 1994.  

 

L’artiste belge Jean-Michel Folon (1934-2005), se présentera plus tard comme le véritable inventeur du Mail Art. De fait, ce créateur de timbres pour les postes belges et françaises (FIG. 13) a collectionné de nombreuses enveloppes conçues par des artistes connus et inconnus du monde entier. Sa collection avait débuté dans une abondante correspondance avec son ami Giorgio Soavi, directeur artistique chez Olivetti, en Italie (FIG. 14). Plus tard, il utilisera des cartes postales comme point de départ de dessins (cartes collées sur du papier), ou de peintures, hommage à leurs illustrateurs (FIG. 15). On doit aussi à Folon l’idée que l’art est un échange dans lequel les propositions de l’artiste doivent, à leur tour, être enrichies par le destinataire, chacun apportant sa propre vision.

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Figure 13 - Jean-Michel Folon, T-P du Bicentenaire de la Révolution française, 1999.

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 Figure 14 - Enveloppe de Folon pour Giorgio Soavi, 14 juillet 1970 (coll. Michel Krempper).

 

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Figure 15 - Carte de Folon pour Giorgio Soavi, 1969.

 

 

Le contexte de l'apparition de l'Art postal

L'Art postal est donc d’abord né d'un besoin de communiquer postalement des messages, non seulement par l’écrit mais aussi et d’abord par l'image, en donnant lieu à des échanges dans lesquels règne une liberté totale de création.

Dans son renouveau au XXème siècle, le contexte des deux guerres mondiales a joué un grand rôle en incitant de nombreux militaires à dessiner sur les enveloppes ou cartes envoyées à leurs proches. Par le biais de l'expression plastique, ils parvenaient plus facilement à décrire ce qui était trop long à écrire. Les philatélistes avancés sont ainsi familiers des Airgraphs et les V-Mails de la seconde Guerre Mondiale. (FIG. 16, 17).

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Figure 16 - Airgraph britannique, MEA type 4, 1944 (coll. Michel Krempper).

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Figure 17 - V-mail des armées américaines, 1944 (coll. Michel Wagner).


 

Après-guerre des artistes comme Matisse (FIG. 18 a, b) ou Jacques Prévert (FIG. 19, 20) prennent un plaisir gratuit à orner leurs lettres amicales.

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Figure 18 a - Henri Matisse, dessin à l’encre et à la gouache, 1943 (Bibliothèque de Copenhague).

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Figure 18 b - Enveloppe illustrée de Matisse, 1947 (coll. P-S Proust).

 

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Figure 19 - Enveloppe avec collage de Jacques Prévert, 1952 (coll. P-S Proust).

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Figure 20 - Enveloppe de Prévert à l'artiste Gérard Fromanger,  1974 (coll. P-S Proust). 

 

Puis, dans les années 1950, des artistes influencés par le futurisme [iv], le dadaïsme [v] et le Fluxus [vi] remettent en cause les conventions esthétiques dominantes et produisent un contre-discours militant. Pour eux, l'Art postal se doit de valoriser les liens sociaux, de privilégier l’échange gratuit et faire entrer la création dans la vie quotidienne. Ses tenants aiment aussi tourner en dérision certaines rigidités institutionnelles. Le chef de file des futuristes, Marinetti, ira jusqu'à proclamer (pompeusement) que le Mail Art conduit «une offensive contre la transition académique, à la conquête de la modernité rêvée» ! De plus, en adressant leurs œuvres  par la poste, ces artistes prétendent aussi détourner les circuits traditionnels des musées, galeries ou institutions diverses et subvertir ainsi le fonctionnement du marché de l'art.

 

 

... à suivre

Michel Krempper - APN décembre 2011

 


 

[i]    Mathilde Ferrer et Marie-Hélène Colas-Adler, Groupes, Mouvements, tendances de l’Art contemporain depuis 1945, E.N.S.B.A., Paris, 1990.

[ii]    Pierre-Stéphane Proust, Les plus belles enveloppes illustrée, de 1750 à nos jours, édité par l'association Normandie Terre des Arts et parrainé par le       Musée de la Poste de Caen (2 tomes).

 

[iii]    La Philatélie Française n° 631, Nov. Décembre 2009. 

[iv]   Futurisme : mouvement littéraire et artistique européen du début du XXème siècle rejetant la tradition esthétique du XIXème et exaltant la civilisation urbaine, le  machinisme, la vitesse.

 

[v] Dadaïsme :  mouvement intellectuel, littéraire et artistique qui, entre 1916 et 1925, entendit remettre en cause, à la manière de la table rase, toutes les contraintes idéologiques, artistiques et politiques. Les dadaïstes ont mis en avant l'esprit d'enfance, le jeu avec les convenances et les conventions,  l'extravagance, la dérision et l'humour.

[vi] Fluxus : mouvement d'art contemporain né dans les années 1960 qui toucha principalement les arts visuels mais aussi la musique et la littérature.

 

[vii]  Fanzine : contraction de fanatic magazine, publication imprimée, périodique ou non, institutionnellement indépendante, créée et réalisée par des amateurs passionnés pour d'autres passionnés.

[viii] Par exemple l’Echo de la Timbrologie en 2010 , n° 1846, Décembre.

[ix] Le site timbresponts.fr témoigne d’une opération ayant associé six Collèges de différents pays européens dans les années 2000 qui a permis la réalisation de 1800 lettres !

 

 

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 20:32

  Les Français n'aimeraient-ils pas leurs trains?  A en juger la rareté des émissions philatéliques qui leur sont consacrées, on pourrait le croire. D'autant que les autres moyens de transports terrestres ne sont pas mieux servis par l'administration postale de notre pays. A ce jour, aucun métro de province, aucun tramway moderne, sans parler car ou bus ne sont sortis des rotatives de l'Institut d'émission.(*). Seuls, le métro de Paris, le RER, le TGV ont été timbrifiés ces dernières décennies. Rien à voir avec le foisonnement d'émissions venues d'Allemagne ou d'Autriche, d'Asie et même d'Afrique, et d'où nous proviennent régulièrement à peu près tous les types d'engins terrestres guidés, mis au point par l'ingénierie ferroviaire.

C'est pourquoi, même si ce timbre n'est pas une réussite esthétique, on peut se réjouir de l'émission du 14 juillet 2000 consacrée au Train Jaune de Cerdagne. A la rencontre de trois domaines, cette émission intéresse en fait aussi bien la thématique des ponts et des viaducs que la thématique régionale et celle des chemins de fer.


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Emission du 14- 07- 2000,  YT n°3338


La ligne de Villefranche-de-Conflent à Latour-de-Carol

  

D'abord un petit rappel d'ordre historique. La Cerdagne est un bassin intérieur situé de part et d'autre de la frontière des Pyrénées, partagé entre la France et l'Espagne par le Traité de1659, dit des Pyrénées. Depuis cette date, sa partie française participe à l'histoire générale du Roussillon, réuni à la couronne de France par ce même Traité de paix. Son blason en a les couleurs: sang et or, qui ont été reprises sur le Train jaune. Le Roussillon constitue la majeure partie des Pyrénées orientales. La Cerdagne est un plateau d'une altitude moyenne de 1200 mètres . La vallée du Têt, très encaissée, offre l'une de ses principales voies d'accès en provenance de Perpignan.


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Une desserte ferroviaire établie le long de cette vallée à partir de Villefranche-de-Conflent est assurée depuis 1910-1911. Aujourd'hui la ligne SNCF, dite de Cerdagne, représente une longueur de 63,561km. Mais étant donné la topographie, sa réalisation s'est étalée sur près de 50 ans ! (Villefranche est à 424m d'altitude, La Tour-de-Carol, à l'autre extrémité, est à 1231m ; moyennant quoi, les trains passent 390 courbes ...)

Lancé en 1881 par la compagnie du Chemin de fer de Perpignan à Prades, le projet fut repris par la Compagnie du Midi, à partir de 1883, sous le régime de la concession,  pour une longueur de 56 km de ligne. Celle-ci fut ouverte en deux temps: le 17.7.1910, pour un premier tronçon de 28 km, et le 28.6.1911 pour les 26 km restant. En 1912 fut décidé un prolongement de 6 km en direction de le future gare internationale de Latour-de-Carol. Mais la ligne de Cerdagne ne rejoint cette station  du Transpyrénéen oriental Toulouse -Barcelone que le 6 août 1927.

 

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Carte postale moderne (Ediciones Fisa. Espagne)

 


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Pour des raisons d'économie, et bien que Villefranche-de-Conflent soit desservie depuis Perpignan par une voie à écartement normal de 1.445m, c'est la voie à écartement métrique que l'on choisit en 1902 pour la ligne de Cerdagne. Des rails de type Vignole l'équipent, d'un poids de 30kg/m,  plus légers que les rails double Champignon utilisés par la Compagnie du Midi sur les autres lignes.


Pour des raisons de sécurité, le Ministère des Travaux Publics imposa par ailleurs la traction électrique, certaines déclivités atteignant 6%.L'alimentation électrique en 850 volts s'effectue au moyen d'un troisième rail fixé sur des supports en grès. Ainsi, ce train ne comporte pas de ligne aérienne et pour le béotien, les motrices ont une allure singulière, peu conforme à l'image  classique du chemin de fer électrique muni de son pantographe et surmonté de caténaires. En revanche, il doit plus au métro parisien. Le courant est fourni via sept sous-stations par les quatre unités du complexe hydraulique de La Cassagne, dont la pièce maîtresse est le barrage des Bouillouses. Réservoir de 17.500.000 m3,  ce dernier vit le jour en 1909.


L'ensemble de la desserte compte 6 gares à arrêt obligatoire et 14 haltes. A 1593 m d'altitude, la petite gare de Bolquère-Eyne est la plus haute de France. La ligne comporte aussi 650 ouvrages d'art dont 17 tunnels, 3 galeries. 15 viaducs et 14 ponts.


Deux ouvrages d'art particulièrement remarquables


Sur la ligne de Cerdagne, deux ouvrages sont réellement exceptionnels, en fait deux ponts :


Il s'agit d'un coté du pont GISCLARD*, à l'origine pont de la Cassagne, situé au km 25,250 et établi à 80 m au -dessus de la Têt. Conçu par le commandant Albert Gisclard, c'est un pont suspendu d'une portée de 156 m sur la portée centrale, à laquelle s'ajoutent deux travées de rive de 39 m chacune et une  petite travée à treillis de 19 m de portée pour un tablier d'une longueur totale de 253 m.


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D'un type totalement nouveau pour l'époque, il comporte une ferme de suspension composée de triangles géométriquement indéformables, mais librement dilatables: les haubans qui soutiennent le tablier sont accrochés à des pylones hauts de trente mètres et sont en effet maintenus rectilignes, par un câble de suspension classique.

Cette méthode permit de réaliser un pont à la fois robuste et léger, qui élude les phénomènes de résonance des vibrations au passage d'une charge telle un train et autorise le passage des convois sans oscillations. Le commandant trouva malheureusement la mort le 31 octobre 1909, 26 jours avant l'inauguration, lors des essais de charge et de stabilité.(*)
Mais sa réalisation , qui avait été longtemps auparavant expérimentée par Gisclard lors de ses séjours aux colonies, inspira différents autres ouvrages en France, tous très légers, économiques et néanmoins élégants (par exemple, le viaduc des Rochers - Noirs en Corrèze).


Autre ouvrage remarquable : le viaduc localisé entre Thuès et Fontpédrouse au kilomètre 17,928 et conçu par l'ingénieur des Ponts et Chaussées Paul SÉJOURNÉ (1851--1939), promu plus tard Inspecteur Général.


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Professeur à l'E.N.P.C., cet ingénieur porta l'art des ponts maçonnés à son apogée. On lui doit notamment le traité célèbre "Les Grandes Voûtes" (6 tomes édités de 1913 à 1916) . Il définit et réalisa lui-même de nombreux ouvrages de pierres maçonnées qui firent longtemps référence: ainsi par exemple le Pont Adolphe à Luxembourg achevé en 1903 , qui avec une portée de 84,65m. détint un temps, le record mondial d'ouverture. (Signalons que ce type d'ouvrage sera construit jusque dans les années 50,  puis abandonné en raison du coût excessif du montage des cintres).

 
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Carte postale de 1962

 
Avec le viaduc de Fontpédrouse, Séjourné réalisa un véritable chef d'oeuvre de la construction en maçonnerie, en même temps qu'un magnifique ouvrage d'art. Construit en 1906-1908, il s'étage sur deux niveaux: une première voûte ogivale de 30 mètres d'ouverture est surmontée de 4 arches de 17 mètres avec voûtelettes d'allègement ( destinées à alléger la construction). cette partie centrale est longue de 85mètres et haute de 65. Deux arches côté Villefranche et dix arches côté Latour-de-Carol, toutes de 9 mètres d'ouverture, complètent l'ensemble de 236,70 m de longueur. L'utilisation du granit, la voûte en tiers-point et les piles crénelées des culées évoquent des réminiscences médiévales.

 

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 Schéma d'élévation extrait du livre de Marcel Prade :
"Ponts & viaducs au XIXe siècle: Techniques nouvelles et grandes réalisations françaises
" 1988- Editions Errance Paris - Brissaud Poitiers

 

L'émission du 14.07.2000 ne permet hélas pas d'apprécier  cette splendide construction que l'on ne peut deviner qu'aux voûtelettes d'allègement et aux parties supérieures des voûtes du second étage. Heureusement   pour la philatélie et l'histoire ferroviaire, la SNCF a elle même produit un timbre représentant plus complètement le viaduc. C'était en 1941 pour les colis postaux. ( voir encadré)
Le timbre Fontpédrouse porte la référence YT181 avec une faciale de 1F et existe avec la valeur omise (YT81a) Mais bien qu'émis par l'Institut de gravure pour la SNCF, il comporte une erreur flagrante, à notre connaissance jamais signalée, en tout cas, pas dans le "Mangin", puisqu'on voit le viaduc franchi non par un train électrique mais par une locomotive à vapeur, crachant son panache de fumée ...
 

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Colis postaux YT181 de 1941  et YT198 de 1942   


 

 
LES COLIS POSTAUX
La Convention Internationale signée dans le cadre de l'UPU le 3 novembre1880 avait autorisé les États à confier aux exploitants de chemins de fer la gestion de Services de Colis Postaux, c'est à dire du transport et de la livraison de colis légers appelés postaux par analogie avec les paquets dont la Poste en avait au moins le contrôle.

Une convention de 1892 créa de nouvelle prestations, telles l'apport à la gare, la valeur déclarée et la livraison par exprès. Ces valeurs donnaient lieu à la perception de taxes additionnelles constatées par des timbres spéciaux devant être collés sur les bulletins d'expédition aux cases spéciales. Puis furent créées de nouvelles taxes pour "intérêt à la livraison", "colis encombrant", "remboursement".Jusqu'en 1941 chaque catégorie eut une couleur déterminée: ainsi le violet pour "intérêt à la livraison" jusqu'à 1000F du timbre YT181.

Créée en 1937 la SNCF reprit les prérogatives et les activités des anciennes compagnies ferroviaires concessionnaires.

 

 

 

 

Le Matériel roulant
 

C'est du matériel roulant que le Train jaune de Cerdagne tire son nom et aussi son premier surnom: " le Canari".
14 motrices, 8 remorques fermées et 4 "barques" (voitures découvertes) constituent l'essentiel du parc aujourd'hui en exploitation. S'y ajoute le parc technique (chasse-neige, grue, désherbeur, etc.).


Des 18 automotrices d'origine, 14 ont survécu au prix, bien sûr, de quelques rénovations. Les machines
Z102 à 104 et 106 à 109 furent livrées par la Société Alsacienne de Belfort (S.A.B.) à la Compagnie du Midi en 1909 (la 105 a disparu dans l'accident qui devait coûter la vie au commandant Gisclard). Les automotrices 111, 113, 115 à 118 proviennent de la transformation d'anciennes remorques avec un poste de conduite à chaque extrémité, de 1912 à 1921. Elles affichent une puissance de 300 ch grâce à leurs 4 moteurs, offrent 40 places assises et 10 debout, sont longues de 14.9 m et 14,4 m, pèsent respectivement 32 et 28 tonnes et permettent une vitesse maximale en service de 55 km/h. En fait les vitesses pratiquées oscillent entre 30 et 55 km/h ...

Depuis l'origine, l'effectif des remorques a fluctué. Les plus populaires en été sont les "barques",  remorques panoramiques découvertes offrant 46 places assises avec des sièges restés en lattes de bois.


La composition des rames varie de 1 à 6 "caisses", mais depuis l'origine, une règle reste immuable: une remorque pour une motrice. Une configuration courante est 2+2, comme celle figurée sur le timbre du 14.07.00.


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Quel avenir pour le Train Jaune ?


L'exploitation de la ligne à voie métrique de Villefranche à Latour-de-Carol est aujourd'hui intégrée au réseau T.E.R. géré par la région SNCF de Montpellier dans le cadre d'une convention passée avec la région Languedoc - Roussillon. En été 3 allers-retours sont assurés de Villefranche à La Tour-de-Carol auxquels s'ajoutent 3 relations quotidiennes Villefranche - Font-Romeu.


Sa fréquentation affichée est de l'ordre de 250 000 personnes par an, mais l'exploitation est grevée par un très lourd déficit qui dépasse25 millions de francs par an ( soit près de 100franc par voyageur transporté). D'autre part le trafic connaît une tendance à la baisse. Des correspondances mal assurées, limitent le rôle de desserte locale de cette ligne qui revêt de plus en plus le caractère de ligne touristique. Il est vrai que le Train Jaune est en lui même une attraction offerte dans un site de grande qualité. Malheureusement, le matériel roulant, quasi centenaire et de capacité limitée, n'est pas adapté aux grosses fréquentations et appellerait un renouvellement à brève échéance(
*), mais le financement d'une modernisation d'envergure est parfaitement aléatoire. C'est dire que l'avenir du Train Jaune de Cerdagne est loin d'être garanti en dépit de son ancrage dans le paysage , l'histoire et dans le projet de Parc Naturel Régional des Pyrénées catalanes dont il constitue la colonne vertébrale ...


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Prêt à poster de 2000

 

La promotion nationale à laquelle a donné lieu l'émission philatélique du 14-07-00 rendra t-elle l'avenir plus certain? 


Dans le passé, il a pu être vérifié que les belles années de fréquentation ont correspondu à des efforts de promotion soutenus. Il faudra plusieurs mois avant de mesurer l'impact réel de la campagne 2000. Souhaitons que ce train puisse au moins devenir centenaire. Pour une novelle émission? D'un timbre moins bâclé ? Quoiqu'il en soit, les amoureux de la ligne de Cerdagne comptent beaucoup sur l'inscription du Train Jaune au patrimoine mondial de l'UNESCO pour laquelle un dossier a également été déposé.


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MK - APN 2011


 (*) Depuis la parution de cet article dans le Bulletin de l'A.F.T.P. en 2001, deux timbres ont été émis, , notamment le timbre YT3661, tramway de Bordeaux. et celui du tramway de Nantes.

(*)  Deux nouvelles automotrices de 84 places ont été inaugurée par le Président de la Région Languedoc - Roussillon, le 8 décembre 2003 pour soulager le matériel centenaire. Ces rames panoramiques, commandées  à la Société Suisse Stadler pour un montant de 9 millions d’euros,  ont été depuis  mise en service .

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25 mai 2011 3 25 /05 /mai /2011 20:24

Internet aidant, l’article signé Michel Krempper dans le numéro 161 d’ATOUT-timbres des 15 mai-15 juin 2011,  consacré à « l’histoire philatélico-postale de SPM » et signalé sur différents blogs (dont celui de l’APN) n’est pas passé inaperçu localement. Moins de trois jours après la sortie du mensuel dans les kiosques métropolitains, sa parution a été évoquée sur les ondes de la radio SPM 1ère.


Grâce à internet toujours, l’interview accordée par notre membre à cette filiale du Groupe France Télévision  et passée dans son journal matinal peut être entendue sur les archives du site http://saintpierremiquelon.la1ere.fr/radio.


Le chroniqueur y précise d’abord que la parution s’inscrit dans une série consacrée à la philatélie des différentes collectivités ultramarines françaises, publiée par ATOUT à l’occasion de « l’année des Outre-Mer 2011 » http://www.2011-annee-des-outre-mer.gouv.fr. Une série débutée avec Mayotte et appelée à être prolongée avec les Collectivités du Pacifique, des Antilles et l’île de la Réunion.


Pour lui, c’est l’occasion aussi de rappeler le caractère exceptionnellement riche de l’histoire postale de SPM. Cet Archipel de 242 km2 et de 6100 habitants n’a-t-il pas été qualifié de « géant de la Philatélie » ? Moins pour le nombre de timbres émis, qui, bien qu’élevé (un peu plus de 1200),  n’est pas un critère pertinent, ni non plus pour la qualité de ses émissions, certes grande (taille-douce aidant) mais pas unique. Bien plutôt pour la rareté, voire l’extrême rareté de certains des timbres émis durant les 150 dernières années et des plis qu’ils ont servi à affranchir : depuis les premières surcharges apposées dans les années 1885 et suivantes sur les timbres des Colonies Générales de France (les fameux « provisoires de Saint-Pierre ») jusqu’aux émissions plus contemporaines en passant par les émissions de la France Libre des années 1940, toujours très convoitées par les collectionneurs nord-américains.


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APN 92 mai 2011

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22 mai 2011 7 22 /05 /mai /2011 08:02

Si oui, c’est que la philatélie de Nouvelle-Calédonie n’a sans doute pas beaucoup de secrets pour vous. Si non, prenez connaissance de ce qui suit. Et commencez par examiner de près cette lettre.


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Le timbre-à-date nous apprend que la lettre est partie de Port de France le 23 mars 1862 : une localité fondée huit ans plus tôt, le  25 juin 1854, par les militaires français au sud-ouest de la Grande Terre pour servir de chef-lieu à la colonie de Nouvelle-Calédonie, simple garnison qui deviendra rapidement  une petite ville et prendra le nom de Nouméa le 2 juin 1866.

 Le destinataire demeure à Napoléonville / Kanala (Canala), localité reliée à la capitale par la première route postale de l’île : un service des plus rudimentaires  assuré par le chef de la tribu Titema, sous la surveillance du destinataire de la lettre, un certain Pannetrat,  à la fois colon, juge de paix et introducteur de la perdrix de Californie, établi à Kanala en 1855.

L’affranchissement est de 10 centimes : montant de la taxe instaurée le 1er janvier 1860 sur toute lettre mise à la poste de Port-de-France, selon l’avis paru dans le Moniteur Impérial  des 2 octobre 1859 et confirmé le1er janvier suivant. Un timbre-poste bien singulier la représente :


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Le Catalogue Yvert et Tellier lui a tout naturellement attribué le n° 1 des timbres calédoniens. Il le cote 300 euros en neuf et signale 50 variétés! Particulièrement rare seul sur lettre, il s’échange à beaucoup plus puisque deux plis seulement sont connus [ [i] ].  En revanche, les faux sont très nombreux. Au point qu’un catalogue allemand de 1889 ira jusqu’à remettre en cause la légalité de l’émission, accusant son créateur de l’avoir imprimée pour son compte !

On la doit à un certain Triquera, Louis de son prénom, qui fut sergent de l’Infanterie de Marine, illustrateur et lithographe du Moniteur Impérial, qui avait été démobilisé sur place et nommé commis de l’imprimerie gouvernementale. Il la réalisa en gravant un calcaire argileux, à pâte tendre, sur lequel il reproduisit cinquante fois le profil de l’empereur en s’inspirant du Napoléon III non lauré figurant alors sur les timbres métropolitains (voir plus loin). Dans chacune des cases, d’une largeur variable de 18 à 21 mm., l’artiste traça le visage impérial avec d’infinies variétés : tout diffère donc d’un timbre à l’autre, jusqu’au cadre qui n’est pas toujours identique.

Notons en passant une faute d’orthographe commise par Yvert qui attribue le timbre à un dénommé  Triquérat. Interrogé par nos soins, Yann Paullic, président du Groupement philatélique Le Gagou confirme l’erreur en s’appuyant  sur Georges  Kling, le grand spécialiste de l’histoire postale calédonienne : « Ce "t" final résulte d'une confusion due au paraphe dont l'intéressé terminait sa signature et qui ressemble à la lettre "t". Mais la véritable orthographe est bien Triquera. » nous a t’il écrit [[ii]].  Ajoutons que c’est aussi celle de la rue de Nouméa dédiée au sergent-graveur [[iii]]. A fortiori, les appellations Trinquera ou Trinquerat, parfois rencontrées, sont, pour leur part, complètement fantaisistes.

L’orthographe exacte est d’ailleurs lisible sur le timbre commémoratif des 150 ans émis en 1999 qui apporte en quelque sorte « la preuve par 9 » !  ( voir YT 799 et Bloc 22).

 

Les autres timbres postaux à l’effigie de Louis-Napoléon Bonaparte

Empereur des Français sous le nom de Napoléon III, Louis-Napoléon Bonaparte a figuré sur les séries de timbres d'usage courant de France et de ses colonies de septembre 1852 jusqu'à la chute du Second Empire. Ses séries furent remplacées par le type Cérès en urgence pendant la guerre franco-allemande de 1870, type qu'elles avaient elles-mêmes remplacées.


Ci-dessous le timbre non-dentelé des Colonies de l’Empire  

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Chronologiquement  le premier est le Prince-Président Louis-Napoléon Bonaparte, dit « Présidence ». Elu par 74% des suffrages, le 10 décembre 1848, le Prince Louis-Napoléon Bonaparte devient le premier Président de la République Française, pour 4 ans. Après le Coup d'État du 2 décembre 1851, Louis-Napoléon Bonaparte est nommé « Président » pour dix ans, ce qui prélude au retour d'un régime personnel, et à la restauration de l'Empire. Une loi du 3 janvier 1852 prescrit le remplacement de l'effigie de la République (dite « Cérès ») par l'effigie du Président. Ainsi deux valeurs sont émises, conformes à ces nouvelles dispositions, non dentelées et imprimées en typographie : en septembre 1852 un timbre de 25 centimes de couleur bleu puis en décembre 1852, un timbre de 10 centimes de couleur bistre. Dessiné et gravé par Jacques-Jean Barre, le timbre reprend le cadre des Cérès dont l'effigie est remplacée par celle du Prince Louis-Napoléon Bonaparte. De profil, il regarde vers la gauche, tête nue. La légende en est : « REPUB FRANC » et le « B » sous le cou du profil est l'initiale du graveur. Ici ▼

 

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Le suivant est le Napoléon III tête nue, dit « Empire ». À partir de septembre 1853 commence l'émission de timbres de même graphisme que ceux de 1852, avec la même effigie de Louis Napoléon Bonaparte, mais avec deux différences : 1/ une légende nouvelle : « EMPIRE FRANC », moins d'un an après le sénatus-consulte du 7 décembre 1852 créant la dignité impériale 2/ la disparition du « B ». Notons que l'appellation « tête nue » pour l'effigie est plutôt employée par les numismates. Effectivement, ce dessin est aussi celui des monnaies, gravées également par le Graveur général de la Monnaie de Paris Jacques-Jean Barre, et mises en circulation au cours de cette période. Les philatélistes parlent plutôt de série « Empire » pour la distinguer de la série suivante, dite « Empire lauré ». Ici ▼

 

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Napoléon III lauré, dit « Empire lauré ».

Aussi connus sous l'appellation « Empire lauré », ces timbres ont trois graphismes qui reprennent la même effigie de l'Empereur des français, Napoléon III, en lui ajoutant une couronne de laurier sur la tête, commémorant les succès de la « Campagne d'Italie ».

Ils portent  la légende complète « EMPIRE FRANCAIS ». Ici

 

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Et pour finir cette galerie de portraits :

Cinq francs « Empire » dentelé, effigie de Napoléon III lauré.

Premier timbre français grand format coté 8250 euros ▼


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Michel Krempper, APN 92, mai 2011 



|[i]]  Le 10 c. Triquera a aussi servi en complément d’affranchissement sur du courrier vers l’extérieur.  

[[ii] ] Qu’il soit ici remercié pour ses indications.

[[iii] ] Comme cela est  facilement vérifiable sur internet.

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